✅ Un cheval breton arme de guerre – Nominoë et les Rois de Bretagne

Le cheval breton qui trotte à l’amble : une prodigieuse arme de guerre.

Bonjour Anne.
Bonjour Olivier.
Bon, après l’effort … Donc qu’est-ce que vous nous avez montré ? Alors j’ai montré comment on pouvait se mettre à l’envers parce que les guerriers de l’époque tiraient des flèches à l’envers.
Avec la tenue d’époque.
Voilà, on a trouvé une tunique qui se rapprochait beaucoup de l’illustration du Xe siècle, et puis le bleu c’est un bleu Moyen-Âge. Donc on a voulu rentrer comme à l’époque. Le bidet breton avait la particularité d’aller à l’amble. C’est à dire qu’il se déplaçait par bipèdes latéraux, contrairement au trot qui est une allure ou là le cheval se déplace par bipèdes diagonaux. A l’amble, finalement, il n’y a pas cet effet de rebond qu’on peut ressentir quand on est au trot. La colonne vertébrale reste au même niveau, ce qui est d’un très grand confort. Et c’est une allure qui était recherchée aussi pour les dames qui montaient en amazone. Du coup cela simplifie la figure, la stratégie, pour vaincre.
On comprend mieux parce qu’on voit que c’est très difficile. Mais s’ils ont un cheval qui est adapté, et qui marche à l’amble, du coup cela rend les choses tout à fait faciles. Exactement.

Donc il n’y a plus de chevaux qui marchent à l’amble maintenant naturellement ?

Alors si, l’islandais. C’est apparemment le dernier. Puis ceux qui sont issus du cheval islandais peuvent parfois garder l’amble.
A quoi faut-il penser en premier lieu quand on est en train de monter un cheval, qu’on va le monter à l’envers et qu’on va tirer à l’arc ?
Qu’est-ce qui se passe alors dans la tête du cavalier ?
En fait, d’abord, l’objectif de ce qu’on a à faire, et le corps va suivre. A force de s’entraîner le corps connaît et le corps fait les exercices.

Donc cela demande quand même une sacrée symbiose avec ce cheval breton ?

En effet, il y a cela aussi, parce que le cheval doit savoir qu’on réalise ce genre de figure. Car la première fois, cela peut le surprendre un peu. Alors, il peut entamer une petite allure de fuite parce qu’il se demande ce qui se passe. Donc oui, il faut l’entraînement avec le cheval.
Les chevaux aiment travailler en général ?
Ils aiment beaucoup servir l’homme en fait. Parce qu’au cours de l’évolution, ils ont été sélectionné pour travailler avec l’homme. Et quelque part, au fil des millénaires, ils ont besoin de travailler avec l’homme.

 

cheval breton

La Bataille de Jengland opposant les armées bretonnes de Erispoë, Roi de Bretagne, aux armées franques et mercenaires Saxons de Charles le Chauve. Cer derniers seront vaincus.

Forts de leurs avantages, et bénéficiant de l’initiative du combat, les Bretons lance leur cavalerie.

C’est l’armée d’élite. Les fantassins sont en retrait pour assurer le camp d’Erispoë. Avec force et précision, les cavaliers Bretons déciment les Saxons par une pluie incessante de javelines. Les assauts viennent de toutes parts. Ils sont furtifs et imprévisibles. Les Saxons désorientés refluent vers les troupes franques. Ils sont poursuivis par les Bretons qui trouent les défenses de ces derniers. Les soldats de Charles le Chauve sont désemparés.

L’ennemi est partout, rapide, puissant.

Cette technique de combat bien adaptée au terrain lui donne un avantage certain. Les cavaliers de l’ouest, une fois qu’ils ont épuisé leurs trois ou quatre javelines, et asséné quelques coups d’épée au passage, repartent vers leurs lignes pour faire le plein et changer de monture. Par vagues successives, ils ne laissent aucun répit aux Francs. Jusqu’à la nuit.
On savait qu’ils étaient de très bons combattants.
Ils ont toujours eu cette réputation. Il ne faut pas oublier qu’ils ont participé à la Bataille d’Hastings en 1066. Ils ont combattu pendant les guerres d’Italie avec François Ier. Ce sont eux qui ont gagné quand même la Guerre de Cent Ans, ce qui n’est pas rien. Donc ce sont de très bons combattants. Aujourd’hui encore, il suffit de voir dans l’armée française le nombre de Bretons.

 

cheval breton

La Bataille de Jengland opposant les armées bretonnes de Erispoë, Roi de Bretagne, aux armées franques et mercenaires Saxons de Charles le Chauve. Cer derniers seront vaincus.

Le jour suivant, même peine, même punition.

Les Francs sont battus à plate couture. Alors dans cette nuit du 23 au 24 Août 851, en terre bretonne, Charles le Chauve va compter ses abattis. Il va prendre une décision fatidique pour ses troupes. Il va s’enfuir avec son trésor, et laisser ses attributs royaux sur place. Au matin du 24 Août les Bretons observent la fébrilité des Francs due à l’absence de leur chef. Ils comprennent car Charles le Chauve s’était déjà enfui à Ballon. Alors ils foncent sur les Francs. C’est la curée, l’hallali. Les Saxons encore en vie sont passés par le fil de l’épée, et les fuyards rattrapés par les hommes d’Erispoë.

La mort faisait partie de la vie.

C’était très très bien intégré dans les familles. On savait qu’on perdrait des enfants en bas âge, que les plus anciens ne vivrait pas très longtemps. Alors quand on parle de la moyenne d’âge, cela ne veut rien dire parce qu’on parle de moyenne d’âge très basse. Mais il y a des gens qui ont vécu plus de quatre vingt ans. On peut le constater à travers l’étude des nécropoles de cette période-là.
Mais c’est vrai que les plus faibles disparaissaient très vite. La mort était donc traitée par les familles, dans un premier temps, dans le haut Moyen-Âge, entre 476-987. Puis c’est seulement à partir des VIIIe, IXe et Xe siècles, surtout du XIe, que le clergé s’est emparé de la gestion de la mort au détriment des familles.

 

cheval breton

Le coeur de Anne de Bretagne – Nominoë et les Rois de Bretagne

Là, il y a un changement profond.

C’est à dire que le clergé, pour soumettre les familles à leurs dogmes, a présenté la mort comme le jugement dernier. Donc cela sous-entendait qu’il fallait se soumettre à tous les préceptes de l’église. Alors qu’avant la mort était vécue d’une façon acceptée. On ne pourrait pas dire sereine, mais cela faisait partie de la vie. C’était le dernier acte de la vie, mais c’est intégré dans la vie. Dès lors que le clergé prend en charge la gestion de la mort, la conception de la mort change complètement dans les populations qui la voient comme pratiquement une damnation du Très Haut. Avec un jugement où il y a séparation de l’âme et du corps. De fait cela implique.

Il y a des rituels qui sont élaborés par le clergé.

Puis il y a aussi toute une série de cérémonials avec des chants qu’on appelle des planctus qui permettent de rythmer la cérémonie religieuse. Puis la mort est théâtralisée à cette époque-là, pour lui donner plus d’impact sur les vivants. On enterre les gens selon les moyens des familles. Les riches, les très riches ont même récupéré des sarcophages plus anciens. Parfois de très beaux sarcophage gallo-romain sculptés pour pouvoir se faire enterrer dedans. Ceux qui n’ont pas trop de moyens vont se contenter de sarcophages en pierre locale. Puis il va y avoir les cercueils en bois. Enfin, quelquefois, seulement un linceul. Par contre quand on va quitter le haut Moyen-Âge pour arriver au bas Moyen-Âge (1300-1400), après le XVe siècle, on va voir des évolutions. Ainsi, on va arriver à dissocier les éléments du corps ou couper le corps. On va ouvrir le corps et en extraire le coeur comme celui d’Anne de Bretagne pour le placer dans de petits coffres. Le choeur sera enterré dans un endroit et le corps dans un autre.

 

cheval breton

La mort en Bretagne au Moyen-Âge, par Yannick LECERF

La couleur du deuil n’était pas le noir à l’époque ?

En effet, le noir apparaît beaucoup plus tardivement. Le noir apparaît vers la fin de XIVe siècle, XVe siècle, seulement. Pour la simple raison que le noir est très très difficile à faire tenir sur un tissu. Donc les couleurs les plus anciennes de l’inhumation, du deuil, sont le blanc. Puis après on va passer doucement au parme et au gris, pour arriver au noir. Mais le noir ne sera utilisée dans les premiers temps que par la haute noblesse,par les rois dans les cours royales. Anne de Bretagne sera effectivement habillée en noir. Ainsi ce sera une des premières veuves à être habillée en noir Ce n’est pas une défaite pour Charles le Chauve.
C’est Waterloo. Car dans cette bataille, nombreuses sont les élites franques qui ont mordu la poussière. Dont Vivian, comte de Tours, Gauzbert le jeune comte du Maine, Hilmerad, comte du Palatin … Et bien d’autres. C’est un cataclysme. Charles le Chauve a tout perdu. Même l’honneur. Nous sommes fin Août et les Bretons pensent à moissonner leur blé. Ils ont aussi moissonné une sacrée victoire.
Erispoë sera reconnu enfin Roi des Bretons.
Une exception dans la Carolingie.

Avec la participation de Anne WELDON, journaliste équestre à Kommana; de Frédéric MORVAN, Historien et de Yannick LECERF, Archéologue.

 

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Á propos de l'Auteur

Olivier CAILLEBOT
Olivier CAILLEBOT 20 posts

Homme de radio depuis ses débuts à Radio Kreiz Breizh en 1983. Manager des groupes Ar re Yaouank, Kern, Dibenn. Coordinateur d’actions de préventions contre la drogue et le SIDA pour la DDASS. Directeur de tournée pour le Cirque Royal de France en Afrique. Directeur des programmes Trégor FM, Variation (Lannion). Réalisateur du DVD : « Connaissance de la Bretagne ». (Skol Vreizh). Réalisateur de la série « La Bretagne en Histoire » (TEBEO-TEBESUD-TVRENNES 35-TELE NANTES). Auteur/Réalisateur du documentaire « Nems et châtiments » (France 3 / Candela production). Producteur/Réalisateur du documentaire : « Nominoë et les Rois de Bretagne » (L.T.W.) .Producteur/Réalisateur des documentaires :"Les Chemins d'espérance", "Vies et morts de Mallargé" (L.T.W.). Auteur avec Jean-Jacques Monnier et Réalisateur du Livre-Audio 4CD "Histoire de Bretagne pour tous". (Skol Vreizh). Cadreur pour la série Komzoù Brezoneg de Laurent Jouin (Skol Vreizh, BCD). Coordinateur technique de projets ERASMUS en Pologne.

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