La montée des eaux en Bretagne et ailleurs : qui croire ?

La montée des eaux en Bretagne et ailleurs : qui croire ?

La montée des eaux est-elle en cours ? Y a t-il encore débat ?

La Bretagne possède 2700 kilomètres de côtes maritimes et il s’agit donc pour nous d’une question importante.

Comme toutes les zones côtières, nos côtes bretonnes sont perpétuellement perturbées par les phénomènes naturels : marées, courants, vents, tempêtes automnales et hivernales, érosion du trait de côte et variations du niveau océanique. Il en est de même des côtes landaises, particulièrement vulnérables car sableuses, sans protections rocheuses, et soumises de plein fouet aux tempêtes.

Traits de côte en Bretagne.

Je connais bien les plages de Concarneau, Trégunc, Névez, Bénodet. Et elles n’ont guère bougé en cinquante ans. Par contre, la grande plage de Trévignon, qui a la même configuration que les plages landaises, plein ouest, sans enrochement, a été pas mal bousculée par l’océan. Et les blockhaus qui étaient au sec sont à présent entourés d’eau à marée haute. En fait, il est difficile de sortir un comportement général de nos traits de côte, d’autant que certains sont protégés par des ouvrages contre la furie de l’océan. Ce document très intéressant, élaboré par le CEREMA montre les évolutions de nos côtes depuis une soixantaine d’années environ.
www.geolittoral.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/3-Indicateur_national_erosion-Bretagne-oct_2015_cle217c31.pdf
Vous verrez qu’il y a de grandes diversités de comportement, parfois pour des traits de côte peu éloignés. De plus, n’oublions pas que des ouvrages, par exemple une jetée, peuvent aussi changer localement les courants et modifier la circulation du sable. Et là, les causes sont à 100% anthropiques.

Niveaux océaniques.

On nous parle sans cesse de la montée de niveau des océans. Et le Grand Prophète Al Gore prévoit une montée terrifiante de +6m pour 2100. Ce qui ne l’a pas empêché de se construire une belle villa au bord du Pacifique. Les politiques et les médias parlent sans cesse de la montée de l’océan, qui serait cataclysmique, mais ils se gardent bien de donner les mesures des marégraphes. Notre techno-bureaucratie, qui semble ignorer les observations, se préoccupe de légiférer sur la protection de nos côtes contre une terrifiante montée de l’Atlantique et de la Manche. On nous parle aussi de réfugiés climatiques fuyant les îles du Pacifique englouties, telle la ville d’Ys, par les flots. Bref, nous sommes soumis à une propagande d’un alarmisme délirant, qui ne tient aucun compte des faits observés et se complait dans le catastrophisme outrancier. Plutôt que de verser dans un alarmisme aussi irrationnel qu’infondé, tâchons d’y voir clair et voyons quelles sont les observations et quelles sont les tendances globales et locales.

Remontons à la dernière glaciation.

A la fin de la dernière glaciation, les océans sont montés d’environ 120 mètres. Puis cette montée a continué, mais doucement, à raison de quelques mm/an.

niveaux oceaniques

Évolution des niveaux océaniques depuis la dernière glaciation

Depuis environ 200 ans, selon les mesures des marégraphes, le niveau des océans continue à monter régulièrement. Sans accélération, de 1-1,5 mm/an et sans corrélation avec les évolutions du taux global de CO2 atmosphérique et sans corrélation avec les petites fluctuations de température (réchauffement global de +0,7°C en 150 ans, mais qui a cessé depuis le début des années 2000. Voici le lien pour les évolutions des niveaux océaniques sur le site www.climate4you.com/ onglet « oceans ». Qui montre les tendances pour diverses côtes et la tendance générale de 1-1,5 mm/an selon les mesures par marégraphes. L’analyse se termine par une critique « diplomatique » des mesures par satellites. Car ces dernières montrent une accélération à plus de 3 mm/an. Alors qu’aucune accélération n’a été observée par les marégraphes.

Conclusion d’origine en anglais.

Data from tide-gauges suggest an average global sea-level rise of 1-1.5 mm/yr. While the satellite-derived record suggest a rise of more than 3 mm/yr. The rather marked difference between the two data sets has still no broadly accepted explanation, but some of the difference is likely due to administrative changes introduced into the raw data obtained by satellites. Se the paragraph below on temporal stability of the satellite-derived data. Another factor that may explain some of the difference between tide-gauge and satellite data is probably that while any temperature-driven volume expansion is recorded by the satellites, this change is not affecting tide-gauges at coastal locations, as the water depth here decreases towards zero

Et traduction en français.

Les données des marégraphes suggèrent une élévation moyenne mondiale du niveau de la mer de 1-1,5 mm / an. Tandis que les données satellitaires suggèrent une augmentation de plus de 3 mm / an. La différence plutôt marquée entre les deux ensembles de données n’a toujours pas d’explication largement acceptée. Mais une partie de la différence est probablement due à des changements administratifs introduits dans les données brutes obtenues par les satellites. Voir le paragraphe ci-dessous sur la stabilité temporelle des données satellitaires. Un autre facteur pouvant expliquer une partie de la différence entre les données marégraphiques et les données satellitaires est probablement celui-ci. Même si les satellites enregistrent une expansion volumique entraînée par la température, ce changement n’affecte pas les marégraphes aux endroits côtiers. Car la profondeur de l’eau diminue ici vers zéro ».

Le mythe des réfugiés climatiques des îles du Pacifique;

Quant à ces pauvres îles du Pacifique et à cette fable des réfugiés climatiques, voyons ce que donnent les mesures des marégraphes. Mesures gérés par le BOM (Bureau Of Meteorology australien) – voir page 28 : www.bom.gov.au/ntc/IDO60101/IDO60101.201408.pdf
L’engloutissement prochain des pauvres îles du Pacifique et les millions de réfugiés climatiques annoncés relèvent de la chimère mais pas des observations. Il apparaît clairement que l’alarmisme prôné par les dirigeants de ces îles, qui veulent en fait récupérer plein de gros €€€€ et de gros $$$$ de la part des méchants pays occidentaux, est parfaitement injustifié. Il serait donc bon que nos politiques et nos médias cessent de répercuter cet alarmisme infondé. Et fournissent enfin les chiffres des mesures des marégraphes aux citoyens. Ce qui serait leur travail normal.

Évolution des niveaux océaniques sur nos côtes.

Voyons à présent ce que donnent les mesures des marégraphes sur nos côtes. Et le mieux est d’observer la tendance de montée mesurée par l’un des plus anciens marégraphes du monde. En l’occurrence celui de Brest (bravo les Bretons !), mis en service en 1807.

niveaux océaniques

Évolution d niveau moyen de marée à Brest depuis 1807

La tendance de montée océanique sur nos côtes bretonnes est linéaire. Indépendante des variations de température et des variations du taux de CO2, et très faible. Il n’y a aucune raison de s’alarmer, ou de mettre en place des plans de protection particuliers en prévision d’une montée plus importante et accélérée.

La Méditerranée monte-t-elle plus rapidement que l’océan ?
Pour nos amis de la côte méditerranéenne, il n’y a pas plus de péril. La Bonne Mère ne risque pas d’avoir les pieds dans l’eau…

niveaux oceaniques

Évolution du niveau moyen des marées à Marseille (France) depuis 1880

Températures océaniques.

Les températures océaniques (et d’autres grandeurs physiques : salinité…) sont mesurées en surface. Puis jusqu’à une profondeur de 2000 m par environ 3500 sondes océaniques ARGO. Il s’agit d’un vaste programme auquel participent de nombreux pays, dont la France. Les résultats montrent que les températures océaniques sont en légère baisse depuis 2003, année de leur mise en service.

Schéma d’une balise Argo.
Au sommet se trouvent l’antenne et les capteurs. Les éléments horizontaux assurent la stabilité et les cylindres sombres sont les batteries

niveaux oceaniques

Schéma d’une balise Argo

Répartition des balises dans les océans.

niveaux oceaniques

Répartition des balises Argo sur l’ensemble des océans de la planète.

Chaque balise, d’environ deux mètres de hauteur (avec l’antenne), dérive librement en fonction des courants. Elle plonge à mille mètres de profondeur. Puis tous les dix jours plonge à 2000 mètres avant de remonter lentement à la surface en faisant ses mesures le long de la colonne d’eau. Elle reste à la surface une dizaine d’heures, transmet ses mesures via satellite, et replonge pour le cycle suivant.

niveaux oceaniques

Évolution des températures des euax océaniques

Grâce à ce magnifique projet transnational des balises ARGO, pour la première fois, nous avons une idée un peu plus précise des températures océaniques et de leurs évolutions, depuis la surface jusqu’à une profondeur de 2000 m. La tendance montre qu’il y a une très légère diminution des températures. Mais il faut rester prudent, car, compte tenu de l’immensité des surfaces marines (2/3 de la surface de la planète, soit 340 millions de km2), 3500 balises ne sont pas suffisantes pour avoir une vision globale satisfaisante, chaque balise couvrant une surface de 97 000 km2. C’est comme si la température moyenne de la France était mesurée par 5 centrales de mesure…

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A propos de l'auteur

Jean Pierre BARDINET
Jean Pierre BARDINET 5 articles

Ingénieur ENSEM (Ecole Nationale d'Electricité et de Mécanique, promotion 1969, Nancy). Dernier emploi : directeur d'usine dans le Doubs.

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3 commentaires

  1. Emilie Le Berre
    janvier 11, 15:45 Répondre
    Debunker tout l'article prendrait trop de temps, je me contenterai d'un seul point, l'augmentation du niveau de la mer. L'évolution du niveau de la mer n'est pas homogène sur tout le globe, la dérive des continents peut dans certaines régions compenser cette évolution ce qui est le cas en atlantique. De plus le nord de la Bretagne a tendance à s'élever tandis que le sud plonge vers l'océan. Se baser sur un seul maréegraphe pour tirer des conclusions globales est un peu limite scientifiquement. Pour la Méditérranée, mer quasi fermée, l'augmentation des températures provoque plus d'évaporation, on note également des précipatations en baisse sur tout le pourtour méditerranéen.
    • Glazec
      mai 14, 07:51 Répondre
      @Émilie Le Berre. Monsieur JP Bardinet est un climatosceptique convaincu, mais sa rigueur scientifique est pour le moins légère ou de mauvaise foi. Je vous laisse ci dessous un lien vers un article écrit, par 2 chercheurs au Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement, Francois-Marie Breon et Jean Poitou, qui démonte point par point les "certitudes" de JPB. https://www.sauvonsleclimat.org/fr/base-documentaire/climat-22-contre-verites-qui-exasperent Ça vous donnera une idée du sérieux scientifique du monsieur !
  2. Jean-Pierre Bardinet
    janvier 17, 10:48 Répondre
    @Emilie Le Berre. 1) Il est exact que le niveau des océans n'est pas identique sur tout le globe, car il varie notamment selon les courants, les champs de pression et les gradients de température. Il est exact que les sols ne sont pas toujours stables et peuvent être soumis à la subsidence (enfoncement ou élévation). Mais ce qui nous importe, ce sont les mesures et les observations en zones côtières, car il importe de savoir quels sont les risques éventuels pour pouvoir y faire face suffisamment tôt. 2) Je ne me base pas sur un seul marégraphe pour tirer des conclusions globales, ce que vous semblez n'avoir pas relevé. Bien sûr je cite les mesures du marégraphe de Brest car cet article est dédié à l'océan sur nos côtes. Mais si vous preniez le temps de lire mon article, vous verriez que je donne 2 liens : le site Climate4you du climatologue Ole Humlum, où vous trouverez sous l'onglet "océans" nombre de mesures régionales par marégraphes et une synthèse globale à 1-1,5 mm/an, et le rapport du BOM (Bureau Of Meteorolgy australien) qui présente les mesures par marégraphes pour les îles du Pacifique. 3) Le régime des précipitations sur le pourtour méditerranéen dépend de la dynamique des échanges d’air et d’énergie, pilotée par les trajectoires des AMP (anticyclones mobiles polaires, modèle du regretté climatologue Marcel Leroux - voir son ouvrage "la dynamique du temps et du climat"). Le Sahel qui a connu une période de terrible sécheresse a retrouvé pluie et végétationgrâce à des trajectoires favorables des AMP et de leurs dépressions associées. Tout cela procède de la météo, non du climat. Notez que, malgré une évaporation plus forte en Méditerranée, la montée de niveau mesurée à Marseille reste faible (1,25 mm/an) et linéaire, sans accélération.

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