✅ Nominoë et les Rois de Bretagne : épisode 20 de la série à succès

Nominoë et les Rois de Bretagne

Nous sommes en 925 …

Et l’homme que vous allez voir sur cette image se prénomme Athelstan. Athelstan est considéré par les historiens britanniques comme le premier roi d’Angleterre. Il règne sur le royaume de Mercie, globalement situé au centre de l’Angleterre. Il reçoit à sa cour beaucoup de vassaux et d’autres rois. Notamment le roi du Pays de Galles. Également des échanges avec l’Irlande. Et il a aussi des problèmes avec les Vikings.
Il a conscience d’un rôle important à jouer dans le concert des nations de cette Europe du Moyen-Âge. Alors il reçoit des souverains et notamment deux super-puissants en devenir que sont Alain Barbetorte de Bretagne et Louis d’Outre-Mer, futur roi Louis de Francie. Athelstan va jouer de toute façon un rôle déterminant dans la suite des événements pour la Bretagne et pour la Francie occidentale. Alain Barbetorte, même s’il se plaît à la cour du roi Athelstan, se languit de la Bretagne, et les événements vont lui donner l’occasion de revenir. Car en 919 le chef viking Rollon assiège Nantes/Naoned, et la possède. Du coup il va en faire une principauté. De toute façon les Vikings règnent sur la Bretagne qui n’a plus d’élites ni de roi pour la défendre.

Les Vikings connaissent forcément très bien le système politique et géopolitique de leur moment.

Ils ne s’implantent jamais par hasard, ils n’arrivent jamais complètement au petit bonheur la chance. Ou s’ils le font, c’est parce qu’ils savent très bien ce qu’ils font. Surtout un détail important qu’on concède de plus en plus,  notamment par la génétique, c’est que les Vikings ne sont pas forcément scandinaves. Je rappelle qu’être Viking c’est une fonction. Ils sont implantés en Irlande, en Écosse et partout depuis des décennies. Les Vikings des première, deuxième et surtout de troisième générations sont déjà des gens qui se sont mélangés avec des populations de l’époque. Ce ne sont déjà plus des Scandinaves. Ce sont des sang-mêlés avec toutes les populations de cette époque-là. Donc on a aussi bien des Irlandais, des Anglais, des Cornouaillais; de là où tous les Vikings sont allés, ce qui est logique. On a certainement, et d’ailleurs on le voit dans l’Histoire, des alliances qui se font entre Bretons et Vikings très régulièrement. Certainement que des Vikings, tels qu’on a pu les voir s’installer à Nantes/Naoned, étaient peut-être même tout simplement des Bretons. Peut-être des nobles qui se sont associés aux Vikings pour pouvoir régner plus facilement. L’Histoire n’en a gardé ni trace ni nom, parce que je rappelle que ce sont les moines qui écrivent à ce moment là. Hors, les moines, avec l’implantation viking de la première moitié du Xe siècle ont déserté l’Armorique.

 

Nominoë et les Rois de Bretagne

Nominoë et les Rois de Bretagne – La Mercie du Roi Athelstan

En 921 c’est un certain Comte Robert, le frère de Eudes, fils de Robert le Fort qui va attaquer les Vikings.

Cela va donner l’envie aux élites de revenir. Dont Alain Barbetorte. Il s’installe pendant quatre ans, mais finalement la tentative de Robert va échouer et les élites bretonnes vont devoir repartir en Angleterre en 931.
Cela va donner aussi un autre signal puisque la population bretonne de Cornouaille va se soulever contre les chefs Vikings.

Effectivement les premières révoltes arrivent en Cornouaille.

Le peuple éreinté ne supportant plus les Vikings finit par se révolter et ces troupes vont être littéralement massacrées par la révolte contre l’occupant. Donc soutenu par Guillaume Longue-Épée, Icon et les Vikings vont reprendre un peu du poil de la bête et vont chercher à s’imposer. Et c’est là que va intervenir un autre personnage. C’est un ecclésiastique : Jean de Landevenneg. Jean de Landevenneg a fui l’abbaye sous les assauts des Vikings, et il décide de revenir en 935. Puis arrivé à Landevenneg il s’aperçoit que sur Crozon/Kraozon on mène la vie dure aux Vikings . Notamment deux chefs qui mènent des raids successifs contre les Vikings.

 

Nominoë et les Rois de Bretagne

Nominoë et les Rois de Bretagne – Jean de Landevenneg

Alors, que fait Jean de Landevenneg ?

D’abord il monte une ambassade pour aller rendre compte de cet état des lieux à Alain Barbetorte. Puis il monte une armée. Un peu comme ces marins qui à l’appel de de Gaulle son partis en Angleterre. Eh bien là, avant l’heure donc, il y a des Bretons partis en Angleterre rejoindre les forces d’Alain Barbetorte et prêter main forte à son armée constituée en Angleterre avec en partie des soldats anglais et peut-être même des soldats francs.
Dans ce système de pillage, dans ce système de coups de main sur les côtes bretonnes, il est évident que les Vikings ne vont pas prendre de temps à fabriquer une forteresse. Ou à fabriquer un habitat. Ils vont tout simplement faire comme les coucous : ils vont se mettre là où cela existe déjà. La société bretonne du haut Moyen-Âge est une société structurée. Il y a déjà beaucoup de bâtiments, beaucoup de lieux … Donc nul besoin d’en fabriquer de nouveaux. On le voit dans un lieu comme le Camp de Peran à côté de Pledran vers Saint Brieuc/Sant Brieg où dans une forteresse, probablement de l’époque carolingienne, on va retrouver des artefacts. Artefacts probablement scandinaves. Si ce sont bien les Vikings qui ont amené là ces artefacts, ce n’est certainement pas eux qui ont construit cette forteresse. Ils deviennent un danger parce que tout le commerce qu’ils font est un commerce que ne font pas les élites bretonne.

C’est de l’argent qui ne vient plus dans leur poche.

Donc ils deviennent en effet un ennemi dangereux puisque ennemi militaire et économique. Donc les élites de Bretagne vont commencer à travailler là-dessus.
Arrivé à la cour du Roi Athelstan en Angleterre, l’Abbé Jean ne manque pas de faire son rapport. Bien sûr il donne le pouls de la population à Alain Barbetorte qui connaît bien la situation. En effet, il semble qu’il aurait prêté main forte au coup de main des Cornouaillais contre les Vikings le jour de la Saint Michel. C’est ce qui lui aurait valu son expulsion de Bretagne par Guillaume Ier de Normandie en 931. Donc Alain Barbetorte connaît bien la situation. Mais motivé par cet apport nouveau de troupes, et sûrement par la ferveur de Jean de Landevenneg, Alain Barbetorte va prendre la grave décision de monter l’opération. On met du temps a affréter les navires. Puis un beau jour de 936 les nefs vont prendre la mer et traverser la Manche. Pour Alain Barbetorte, les Bretons, les Anglais et les Francs qui constituent cette armée. C’est quitte ou double.

 

Nominoë et les Rois de Bretagne

Nominoë et les Rois de Bretagne – Le Roi Athelstan de Mercie

Et Alain Barbetorte va réussir son opération.

A partir du moment où Alain Barbetorte va revenir d’Angleterre et va organiser la révolte pour monter une armée contre les Vikings, il va y avoir un certain nombre de grandes batailles où les Vikings vont reculer.
Ainsi, il va y avoir la Bataille de Plourivo/Plourivioù, la Bataille de Dol de Bretagne et on finira par la fameuse Bataille du Camp de Trans qui verra le départ définitif des Vikings.
Alain Barbetorte va vouloir reprendre ses terres pour des enjeux de pouvoir. Donc il va devoir décapiter l’organisation scandinaves qui s’est installée là depuis quelques décennies. C’est plutôt l’est de la Bretagne quand même qui est concerné par la problématique viking, puisque si on en croit le périple de Alain Barbetorte en Bretagne on est plutôt sur la Haute Bretagne que sur la Basse. Donc de Sant Brieg jusqu’à Nantes/Naoned, et de Naoned à  Dol.

C’est sur ce triangle-là que l’influence viking est la plus forte.

Ce qui est logique là encore si l’on regarde les entrées fluviales de la Bretagne. En effet, on entre en Bretagne par ces voies.  Puis la Loire qui reste le fleuve maître, non seulement de la Bretagne, mais de la Francie. Car qui détient la Loire détient tout l’arrière-pays français. Donc c’est pour cette raison qu’il va foncer sur Nantes/Naoned. Toujours le  même lieu de pouvoir. Donc en désorganisant les Scandinaves à cet endroit-là, cela va produire un effet domino qui va complètement désorganiser le reste. Les Scandinaves n’auront pas la puissance, surtout militaire, pour pouvoir s’installer là durablement, par rapport au maillage breton qui va se remettre en place très facilement, et qui, à mon sens, n’avait pas complètement disparu.

Nominoë et les Rois de Bretagne – avec la participation de Jérôme NEDELEC, Auteur; de Yannick LECERF, Archéologue.

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Á propos de l'Auteur

Olivier CAILLEBOT
Olivier CAILLEBOT 24 posts

Homme de radio depuis ses débuts à Radio Kreiz Breizh en 1983. Manager des groupes Ar re Yaouank, Kern, Dibenn. Coordinateur d’actions de préventions contre la drogue et le SIDA pour la DDASS. Directeur de tournée pour le Cirque Royal de France en Afrique. Directeur des programmes Trégor FM, Variation (Lannion). Réalisateur du DVD : « Connaissance de la Bretagne ». (Skol Vreizh). Réalisateur de la série « La Bretagne en Histoire » (TEBEO-TEBESUD-TVRENNES 35-TELE NANTES). Auteur/Réalisateur du documentaire « Nems et châtiments » (France 3 / Candela production). Producteur/Réalisateur du documentaire : « Nominoë et les Rois de Bretagne » (L.T.W.) .Producteur/Réalisateur des documentaires :"Les Chemins d'espérance", "Vies et morts de Mallargé" (L.T.W.). Auteur avec Jean-Jacques Monnier et Réalisateur du Livre-Audio 4CD "Histoire de Bretagne pour tous". (Skol Vreizh). Cadreur pour la série Komzoù Brezoneg de Laurent Jouin (Skol Vreizh, BCD). Coordinateur technique de projets ERASMUS en Pologne.

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