Celtique ? : l’exposition contreversée du Musée de Bretagne, par Koun Breizh

Celtique ? : l’exposition contreversée du Musée de Bretagne, par Koun Breizh

Musée de Bretagne : la Bretagne ne serait plus celtique ?

Alan Stivell vient de retirer son parrainage à l’exposition celtique du Musée de Bretagne au motif que celle-ci, de manière partiale, conclut au «mythe» de l’identité celte.
L’association Koun Breizh dont l’objet est la défense de la mémoire bretonne dénonce cette nouvelle entreprise de manipulation identitaire, ici proposée par le Musée de Bretagne.

Libre à chacun d’interpréter l’histoire à sa guise.

Mais nous remarquons qu’à chaque fois que les autorités officielles ou rémunérées sur fonds publics évoquent la manière dont nous nous percevons, nous Bretons, c’est pour nier aussitôt l’existence de tout ce qui déroge à l’identité officielle française et républicaine.
Exit le celtisme et les liens qui nous unissent aux peuples de l’ancienne île de Bretagne, exit notre festival interceltique qui ne reposerait que sur du mythe, exit notre musique celtique reconnue comme telle dans le monde entier, exit encore ces millions de personnes qui se perçoivent peu ou prou en tant que Celtes à travers le monde.
Qui plus est, l’exposition, en omettant les actes de résistance menés par de nombreux nationalistes bretons durant l’occupation allemande, comme l’a démontré Jean Jacques Monnier, avance une présentation très orientée de l’Histoire.

Koun Breizh

La France s’est construite sur l’assujettissement et la disparition de nos vieux peuples breton, basque, occitan, catalan, pour permettre à Paris de rayonner au mieux et d’exploiter librement nos richesses et nos territoires.
Pour un peuple dominé, privé de l’enseignement de son Histoire, méprisé au quotidien dans ses langues, il n’est d’autre moyen pour perdurer dans l’être que de lutter pour défendre sa mémoire et la manière avec laquelle il se perçoit
Koun Breizh appelle les Bretonnes et les Bretons à faire connaître leur mécontentement en contactant le musée de Bretagne ainsi qu’au boycott de cette exposition très orientée.

Musée de Bretagne

Le Musée de … Bretagne ? ou une tentative de déconstruction de notre Histoire de Bretagne

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9 Comments

  1. guerin
    juin 10, 09:07 Reply

    Comment une théorie historique peut-elle réfuter l’origine celtique des bretons alors que ceux-ci présentent une langue appartenant aux langues celtiques? Je trouve vraiment très désagréable et fatiguant le fait que nous devions à chaque fois, perpétuellement nous battre face à des discours dévalorisants et quasi négationnistes. Tout est à chaque fois fait pour que le flou règne. Nous affichons quelque chose et nécessairement un discours viendra pour contredire l’affirmation pour la discréditer. C’est vraiment pénible!

  2. Yannick Lecerf
    juin 10, 11:16 Reply

    Travaillant depuis plus de cinq décennies sur la préhistoire et l’histoire de la Bretagne, si je partage cet engagement à défendre l’identité régionale, je préfère m’appuyer sur les avancées de la recherche plutôt que sur des poncifs éculés. Je n’arrive pas à comprendre cet enfermement qui nie aux armoricains l’incapacité d’être à l’origine de leur propre identité.
    L’identité d’une nation, d’un peuple,résulte de la concordance de plusieurs paramètres étalés dans le temps. En diffusant, dès le début du néolithique, le mégalithisme sur une large façade atlantique par les échanges maritimes, les Armoricains affichaient déjà la puissance de leur identité culturelle.
    En commerçant largement autant par voies maritimes ou terrestres, ils se sont enrichis d’apports extérieures sans pour autant se dissoudre dans des influences exportées..
    Les derniers travaux archéologiques comme le grand programme d’études hématologiques sur les populations d’Europe occidentale mettent en évidence le particularisme breton dans lequel on reconnaît des influences avec les peuples du Croissant fertile anatolien, ceux de la péninsule ibérique, ainsi qu’avec les nombreuse migrations des Îles Britanniques; sans oublier l’épisode Viking clairement identifié
    Comme dans tous les domaines, les avancées de la recherche nous imposent d’adapter notre interprétation de l’histoire. En refusant de s’engager dans une réflexion faisant la distinction entre les légendes, le mythe et l’Histoire, on fait le jeu d’un pouvoir jacobin qui, pour ne pas entendre les justes revendications, nous cantonne à notre folklore des binious cornemuses et autres visions simplistes de l’identité bretonne. Il sembler plus productif d’entreprendre des échanges constructifs prenant en compte les réalités de la connaissance actuelle. Cette identité, construite sur les légendes et sur l’Histoire, doit cependant distinguer les deux

    • Ratabois 1er
      juillet 19, 07:58 Reply

      Il faut lire “………qui nie aux Armoricains la CAPACITE de …”

  3. Goldoblack
    juin 19, 10:51 Reply

    Il nous faut admettre que la Bretagne et les Breton(ne)s ne sont pas 100 % celtiques, quand bien même une de leurs langues l’est.
    Les Armoricains ont sans doute constitués un ensemble culturel cohérent avant l’arrivée des Celtes, sont le fruit de mélanges sans cesse renouvelés avec les “Gaulois” – furent-ils jamais gaulois ? – les cousins de l’île de Bretagne, les Français.
    C’est sans doute ce qui donne cette puissance à notre culture, à notre irrédentisme, à notre sentiment national.
    C’est grâce à ces mélanges, ces influences que nous constituons une nation à part entière, que nous avons le droit de disposer de nous-mêmes, de choisir nous-mêmes notre destin.
    Les Celtes ont cependant laissé une empreinte durable et profonde dans notre âme et notre identité. Sans doute parce que convergeaient l’imaginaire celte et l’imaginaire armoricain.

  4. Jean-Pierre
    juin 21, 07:19 Reply

    Oui, le celtisme est bien une approche mythique, élaborée à l’époque romantique, comme plusieurs autres approches mythiques qui perdurent.. Certes, les langues celtiques sont un point commun entre six peuples (les Galiciens eux parlent une langue romane proche du portugais). Mais de nombreux éléments culturels sont très distincts, en particulier leurs musiques et leurs danses. Parmi les musiques traditionnelles d’Europe, peu sont aussi éloignées que la musique irlandaise et la musique bretonne. Les chants bretons sont bien plus proches des chants gascons que des chants irlandais. Il n’y a qu’à entendre les Chieftains, pourtant excellents musiciens, jouer une gavotte bretonne d’une manière lamentable pour comprendre l’écart culturel. Croire que la cornemuse est un élément de la culture celtique est une partie du mythe. La cornemuse, qui se jouait chez les Romains, se retrouve dans toute une partie de leur ancien empire, en Pologne, Sicile, Afrique du nord…

    • Ratabois 1er
      juillet 17, 10:18 Reply

      Approche “Mythique” ? Relisons d’abord quelques classiques; -“Aux sources de la tradition celtique” d’ Yvan Guéhennec; du même auteur: “Les langues celtiques & le début de leur littérature” ; “LES CELTES ” de Venceslas Kruta (un auteur Tchèque) ; “De bello gallico” en trad. française, d’un criminel de guerre notoire latin. “Les Gaulois et nous” (F.Favereau.) etc etc… ; Après on pourra causer de musique , irlandaise ou non ; mais surtout de la thématique des chants .
      Et non, les fils de Tuatha dé Danaa ne sont pas de la même vague que les Celtes de Grande ou de petite Bretagne.; et oui, avant d’^etre Celtes on a été fils du Bronze et du Néolithique, c’est notoire; et qu’ensuite on a connu d’autres influences.Mais le Celtisme des origines (et de la suite) n’a jamais été rien d’autre, semble-t-il,; toute ” époque romantique” mise de côté. Merci de bien vouloir rectifier. Cordialement, R.R.

  5. Pcosquer
    juin 24, 11:23 Reply

    Et que fait on par exemple des territoires qu’on appelle les ” pays” en Bretagne? Ne sont-ils pas les traces d’organisations plus anciennes telles que celui des clans? … Par ailleurs, l’importance de la mer entre les Pays Celtiques d’aujourd’hui qui vivaient aussi gâce à la mer de Bretagne ( et non pas la Manche qui permet de gommer l’appellation celtique justement) Cette mer était si importante dans la communication que l’université Rennes 2 parle de thalossocratie. Les rapports entre petite Bretagne et grande Bretagne de l’époque est une réalité que ce soit économique mais aussi politique…

  6. yannick lecerf
    juin 25, 08:36 Reply

    La notion de clans sur la péninsule armoricaine pourrait remonter à des périodes très anciennes (Mésolithique ou Age du Bronze). Puis, elle semble fortement renforcée par les migrations venues du Pays de Galles et d’Irlande durant le haut Moyen Âge. En créant les paroisses et autres territoires religieux (Plou, Plé, Lan, etc.) ces organisations territoriales ont donné le schéma des communes actuelles. Comme je l’explique dans mon message plus haut, le bras d’Atlantique nord-est , qui sépare aujourd’hui la Bretagne des Îles Britanniques, a plus joué un rôle de liaison que celui de séparateur. Pour autant c’est une très forte exagération d’utiliser le qualificatif Thalassocratie (qui désigne un état de domination sur un secteur maritime). Les peuples de la péninsule n’ont jamais dominé ce secteur maritime. Ils s’en sont servis pour commercer et diffuser le mégalithisme: c’est sans doute à ce moment qu’apparait les prémices de l’identité du peuple armoricain.
    Par ailleurs, multiplier sans cesse le qualificatif “celtique” sans apporter aucune preuve ni démonstration autre que les affirmations
    non démontrées du XVIII° siècle me parait bien imprudent quand le grand programme d’étude du peuplement de l’Europe occidentale montre sans discussion possible le particularisme de l’ADN des populations de Bretagne où n’apparait aucun gène venu d’Europe centrale?

  7. alan stivell
    septembre 01, 07:00 Reply

    Yannick Lecerf, comme d’autres, évitent toujours d’aller voir ce que disent les plus grands défenseurs de l’idée celtique. Je pense difficile de m’exclure de ce groupe (depuis non pas 50 mais près de 70 ans). Donner des concerts et des disques, ça doit me donner l’image d’un animateur pas sérieux…L’expression “Nous les latins” qui fait ses ravages, même en Bretagne, ne semble pas leur poser problème. Les doubles sens et ambigüités imposés par un vocabulaire à notre disposition brouillent les esprits, en particulier le leur. Et la juste observation de Y.Lecerf sur l’ADN montre qu’il a du mal à discerner le fait qui nous intéresse principalement: aujourd’hui encore, sous l’énorme influence imposée par Paris et Londres, ce qui reste d’identités bretonne, galloise, écossaise, irlandaise, est commun pour une énorme part. Et j’attends toujours des arguments opposés aux miens (résumés par exemple dans “Telenn, la harpe bretonne”).

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