L’hirondelle ne fera plus le printemps en Bretagne.

L’hirondelle ne fera plus le printemps en Bretagne.

Depuis la nuit des temps, les premières hirondelles reviennent en Bretagne au début du printemps. Elles ont passé l’hiver en Afrique, bien au chaud. Selon leur migration, nos hirondelles bretonnes auront parcouru plus de dix mille kilomètres aller et retour. Nous rappelons que cet oiseau pèse une vingtaine de grammes.
L’hirondelle, quelle soit Hirondelle des fenêtres, Hirondelle rustique ou Hirondelle des rivages, se nourrit exclusivement d’insectes chassés en vol.
Et en Bretagne, les insectes sont de plus en plus rares et de plus en plus toxiques.

L’hirondelle est tout simplement en voie de disparition en Bretagne.

Il est plus aisé de s’en rendre compte pour les moins jeunes d’entre nous. Quand nous étions enfants, les ciels de Bretagne étaient striés de toutes parts d’hirondelles et de martinets. Aujourd’hui il faut être plus qu’attentif pour les apercevoir. Si d’une année sur l’autre, la population de ces superbes oiseaux ne diminue que de 3% par exemple, personne ne s’en aperçoit. Il est impossible pour quiconque de se rendre compte d’une si faible diminution.

Maintenant, prenez votre calculette.

Soit cent hirondelles la première année en 1987. Seulement moins 3% l’année suivante, soit quatre-dix sept oiseaux.  Cent hirondelles dans le ciel, ou quatre-vingt dix sept : personne ne voit la différence. Puis encore moins 3% l’année suivante. Ainsi de suite pendant trente années. Le résultat en 2017 est dramatique : il n’en reste plus que quarante. En seulement trente ans, 60% des hirondelles ont tout simplement disparu en Bretagne.
Alors gardez votre calculette et continuez : dans trente ans il ne restera que seize hirondelles !
Mais en fait elles auront totalement disparu.

Disparition totale annoncée de l’hirondelle du ciel breton.

Parce que cette triste cadence de diminution de population de 3% est l’hypothèse basse. Les insectes dont se nourrissent ces oiseaux annonciateurs de printemps subissent le même sort. Nos pollutions atmosphériques et chimiques les déciment chaque année un peu plus. Puis il y a les conséquences sur la reproduction de leur intoxication. Il y a de moins en moins de lieux de nidification adaptés pour ces oiseaux. Ces quelques facteurs s’aggravant, ce petit 3% est sera malheureusement vite dépassé. De fait ce calcul théorique et linéaire ne teindra plus très longtemps.

Les enfants qui naissent aujourd’hui ne verront plus d’hirondelles dans le ciel de Bretagne quand ils fêteront les trente ans. Voire avant.

l'hirondelle

Gwennili (Br.), Swallow (En.), Hirondelle (Fr.)

Alors, on fait quoi ?

Notre indifférence, en Bretagne comme dans d’autres pays du monde, est une des raisons majeures de la disparition de la biodiversité.
Il est temps, en espérant qu’il ne soit pas déjà trop tard, de prendre collectivement conscience du réel. Les Bretonnes et les Bretons sont capables de se rassembler pour d’autres causes. Et ils ne le seraient pas pour leur environnement ?

Depuis 1958, sur nos cinq départements de Bretagne, Bretagne Vivante, l’ex SEPNB Société pour l’Étude et la Protection de la Nature en Bretagne, oeuvre pour sauvegarder notre patrimoine naturel.
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Rémy PENNEG
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13 commentaires

  1. Klock
    mars 24, 18:50 Répondre
    Je nourris des centaines d oiseux tous les jours j essaie de leur apporter proteine graines fruits ect et pourtant ils meurent sous mes yeux tues et incapables de resister aux pesticides j en ai deja sauves qq uns qui ont des difficultes respiratoires les autres je les rentrent dans ma maison pour qu ils ne meurent pas en plus dans le froidje les garde dans ma main les yeux dans les yeux ca va souvent tres vite heureusement c est un vrai dechirement que puis je faire
    • La Rédaction
      mars 25, 09:34 Répondre
      Merci de ce poignant témoignage. La vraie question : "que puis-je faire" maintenant ? N'aurions-nous pas dû ouvrir les yeux avant, tous, autant que nous sommes ? Sans doute. Mais on a laissé, collectivement, faire le mal. Maintenant est-ce trop tard ? Il n'est jamais trop tard pour mieux faire. Chacun d'entre nous peut agir au quotidien, pour essayer d'inverser la tendance. Rejoignez des comités ou des associations de défense du milieu naturel en Bretagne (au ailleurs) et mettez-vous à leur disposition avec un peu de votre temps, par exemple. Arrêtez net de consommer des produits faisant trop appel aux pesticides et venant de l'autre bout du monde à coup de pollution atmosphérique (connaissez-vous www/locavore-de-Bretagne.bzh ?). Connectez-vous sur les réseaux sociaux à des groupes évoquant ce sujet pour rencontrer d'autres personnes concernées afin d'organiser des actions. Chaque Citoyen(ne) que nous sommes a une petite partie de la solution en mains. Il faut l'utiliser. #CroirePlusEnNous - Merci de nous suivre
  2. Flaneur
    mars 26, 11:15 Répondre
    Dommage de faire la promotion pour un site www.locavore-de-Bretagne.bzh qui n'est qu'une coquille vide pour la partie Trégor et Léon. Car je ne risque plus d'y retourner perdre mon temps. Attendez d'avoir quelques producteurs au moins avant d'en faire la pub. On n'a jamais deux fois l'occasion de faire une bonne impression. C'est l'annonce d'un échec. Dommage l'intention était bonne et correspond à une demande.
    • La Rédaction
      mars 26, 12:21 Répondre
      Dommage de ne pas avoir été sur www.locavore-de-cornouaille.bzh pour se rendre mieux compte de ce que cela peut être ! Si, si, on a plusieurs fois l'occasion de faire bonne impression. Il y a des personnes qui comprennent parfaitement qu'une plateforme qui vient d'ouvrir ne peut être très garnie. Ces plateformes citoyennes et totalement gratuites sont réalisées par des Bénévoles qui les font avec leurs propres fonds, sans aucune aide; sur leur propre temps en soirée avec leur boulot, en week end. Après c'est aux Citoyens, dont vous êtes, de les faire vivre pour les garnir. En parler autour de vous ... Ce n'est en aucun cas une entreprise commerciale. Vous regardez la partie vide du verre et les plateformes vides. Vous devriez regarder et apprécier la partie pleine et les six autres plateformes. C'est tellement plus facile de critiquer que de crocher dedans ! Vous êtes dans lequel de nos pays de Bretagne ? Les Locavores recherchent des bénévoles ...
  3. Soukenn
    avril 23, 18:10 Répondre
    Bonjour Je suis très inquiet pour la colonie d'hirondelles rustiques (entre 40 et 50 couples) que nos bâtiments de ferme hébergent chaque année depuis des dizaines d'années. (j'ai plus de 60 ans et j'ai toujours vu cette colonie arriver entre le 15 mars et le 15 avril) Nous sommes le 23 avril et seuls 2 couples ont pris possession de leur nid; elles ne sont pas en bonne état physique.
  4. alain
    avril 23, 18:34 Répondre
    bonjour, j'ai toujours de un à deux couples d'hirondelles dans mon grenier. l'an dernier, j'ai eu 2 couples et 8 petits cette année il n'y en qu'une seule d'arrivée sur 10 qui ont migrées aie, aie
  5. olmo29
    mai 17, 10:47 Répondre
    Bonjour, depuis que nous avons rénové un ancien moulin, un couple d'hirondelles nichait chaque année dans une longère attenante (2 nichées par an).Il y avait quelques couples dans le secteur. Cette année, elles ne sont pas revenues et aucune autre hirondelle visible aux alentours.
    • La Rédaction
      mai 17, 15:35 Répondre
      Merci de votre triste témoignage. Preuve, s'il en fallait encore, ce ce qui est en train de se passer, lentement mais sûrement.
  6. Coline 22
    mai 17, 19:12 Répondre
    Bonjour. Curieusement, mon témoignage va à l'encontre de la disparition des hirondelles. Voilà plus de 10 ans que j'habite en campagne, près de Paimpol, et aucune hirondelle n'a traversé mon jardin pendant toutes ces années. L'an dernier, une colonie s'est groupée sur la ligne électrique devant chez moi, à l'époque de la migration. Et ce printemps, il ne se passe pas une journée sans survol du jardin ou "perchage" d'une petite dizaine d'hirondelles...!! Le comptage tient compte de la vue pratiquement au même moment. J'ai plus de 3000m² de jardin, sans aucun désherbant, et avec des parties naturelles (ronces, orties et mauvaises herbes). Mais je suis cernée par des champs où on ne se prive pas de déverser des produits chimiques, tant pour fertiliser que pour assainir. Quelle explication ? Moi, je n'en ai pas !
    • La Rédaction
      mai 17, 20:35 Répondre
      Nous non plus nous n'avons pas d'explication. Tant mieux et profitez-en. Merci de votre témoignage et de nous suivre.
  7. Weep
    mai 20, 14:55 Répondre
    Bonjour , Tous les ans je surveille l'arrivée de mes hirondelles et cette année , un seul couple s'est installé tardivement . Mais malheureusement j'ai retrouvé une des hirondelles morte , sans doute tuée par un chat. Donc à partir de cette année , je n'aurai jamais plus d'hirondelles chez moi et c'est un vrai crève-coeur .Cela me rend malade. Et d'année en année , j'observe la campagne autour de la maison et je vois les arbres puis les talus disparaitre , les pâturages se transforment en plan d'épandages de lisier de cochons et que je te balance sur le blé ou les maïs leurs poisons herbicide et autres insecticides .Les agriculteurs sont intouchables , ils ont les terres et une seule chose les intéresse , agrandir leur ferme et récupérer les subventions de l'Europe. Si l'Europe ne change pas les règles rapidement , la biodiversité est mal en point et nous aussi en passant. A suivre ..
    • La Rédaction
      mai 21, 17:56 Répondre
      Bonsoir et merci de votre poignant témoignage. Le problème est qu'il ne suffirait pas de stopper ces épandages de poisons autour de chez vous pour voir revenir les oiseaux en général et les hirondelles en particulier. Le problème est global, mondial. Nous devons penser global, mais agir local. L'Europe va devoir dans les prochaines années réduire ses subventions PAC d'argent public - https://www.nhu.bzh/pac-politique-agricole-commune-bretagne/ - et ceux qui en profitent aujourd'hui seront peu à peu contraints de changer de modèle, pour revenir à plis raisonnable. En attendant, privilégier les circuits courts alimentaires. Merci de nous lire et de nous suivre.
  8. meurise
    août 10, 09:42 Répondre
    survolant la ville je vois beaucoup d'hirondelles sur Quimper,en promenade sur les sentiers de Gouesnach,proches de Bénodet,également un grand nombre d’hirondelles. par contre à saint-Evarzec pour la première fois depuis des années il n'y en a pas...

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