Notre nouvelle série Savez-vous que je suis Breton(ne) est consacrée aux personnages illustres dont on sait trop peu qu’ils sont Bretons.
Nous rencontrerons ainsi d’illustres Bretonnes et Bretons dont peu d’entre nous en connaissent véritablement l’origine bretonne. Des personnages du passé mais également des contemporain(e)s.
Qui d’autre que NHU Bretagne pour vous le dire ?
Sommaire
Jules Verne, le rêve du large venu de Nantes
Jules Verne naît à Nantes / Naoned, dans le sud du pays, en 1828. Il grandit dans le plus grand port de Bretagne, une ville tournée vers l’Atlantique et les routes lointaines. Très tôt, l’enfant observe les navires qui descendent la Loire vers l’océan. Déjà, son imaginaire s’élargit au rythme des marées.
Né dans une famille d’armateurs, il baigne dès l’enfance dans l’univers maritime. Les quais, les départs, les récits de traversées façonnent son regard. Ainsi, avant même de devenir écrivain, il devient rêveur du large.
Cependant, rien ne le destinait officiellement à une carrière littéraire. Son père, avocat respecté, souhaite qu’il suive la même voie. Pourtant, le jeune Jules nourrit d’autres ambitions. Il veut écrire. Il veut explorer. Il veut comprendre le monde.
L’enfance nantaise et l’identité assumée
À Nantes / Naoned, au XIXᵉ siècle, la mer structure la vie quotidienne. Les navires partent vers l’Irlande, l’Écosse, l’Afrique ou les Amériques. Par conséquent, le jeune Verne grandit dans une atmosphère ouverte sur l’ailleurs.
Plus tard, il revendique clairement cette origine. Il écrit :
« Ma mère était Bas-Bretonne de Morlaix, et donc j’ai dans les veines un mélange de sangs breton et parisien. […] Je ne puis dire avoir beaucoup fréquenté les chambres des autres étudiants, car nous autres Bretons sommes, vous le savez, un peuple à l’esprit de clan, et presque tous mes amis étaient des amis de lycée de Nantes, montés à l’Université de Paris en même temps que moi. […] Eh bien, parce que, comme je vous ai dit, j’ai du sang breton et que j’aime la tranquillité, et ne pourrais jamais être plus heureux que dans un cloître.«
Ces mots sont sans ambiguïté. Il se situe lui-même. Il parle d’un “nous”. Il revendique un héritage, celui d’appartenir à un peuple.
Ainsi, Jules Verne ne naît pas seulement en Bretagne. Il assume une appartenance intime, familiale et culturelle.
Le départ pour Paris : ambition et construction
En 1847, il quitte Nantes / Naoned pour Paris afin d’étudier le droit. Toutefois, il se détourne progressivement de la carrière juridique. Il fréquente les milieux littéraires. Il découvre le théâtre. Il écrit sans relâche.
Pourtant, les débuts sont difficiles. Il peine à vivre de sa plume. Il multiplie les projets. Il cherche un éditeur capable de croire en lui.
La rencontre avec Pierre-Jules Hetzel marque un tournant décisif. Ensemble, ils imaginent une collection ambitieuse destinée à instruire tout en divertissant. C’est la naissance des Voyages extraordinaires.
Dès lors, sa carrière prend une ampleur considérable.
L’explorateur de l’imaginaire
En 1863 paraît Cinq semaines en ballon. Le succès est immédiat. Ensuite viennent Voyage au centre de la Terre, Vingt mille lieues sous les mers, Le Tour du monde en quatre-vingts jours ou encore De la Terre à la Lune.
Cependant, Jules Verne ne se contente pas d’écrire des récits d’aventure. Il s’appuie sur une documentation scientifique rigoureuse. Il consulte des revues spécialisées. Il échange avec des ingénieurs. Il anticipe les évolutions techniques de son époque.
Ainsi, il imagine le sous-marin moderne à travers le Nautilus. De même, il pressent les voyages spatiaux.
Pourtant, il reste romancier avant tout.
Son génie consiste à transformer la science en rêve accessible.
Le navigateur du Saint Michel III
Toutefois, Jules Verne ne voyage pas uniquement par l’écriture. Il devient aussi navigateur. Passionné de mer, il possède successivement plusieurs yachts, dont le célèbre Saint Michel III.
À bord de ce navire, il parcourt les côtes européennes. Il navigue vers l’Irlande et l’Écosse. Il met le cap sur le Portugal. Il explore également l’Afrique du Nord.
Ainsi, le Nantais rêveur devient voyageur véritable. Il connaît la mer non seulement par l’imagination, mais aussi par l’expérience.
Pourtant, malgré ces traversées, il reste attaché à une forme de retrait. Il écrit un jour qu’il ne pourrait jamais être plus heureux que dans un cloître. Ce paradoxe le définit bien. D’un côté, l’appel du large. De l’autre, le goût de la solitude et du calme.
Une œuvre universelle, un homme enraciné
Installé à Amiens dans le nord de la France, il devient conseiller municipal. Il participe à la vie publique locale. Cependant, son imaginaire reste habité par l’exploration et l’inconnu.
Au fil des années, son œuvre s’assombrit. Il se montre plus critique envers le progrès technique. Néanmoins, l’élan initial demeure.
Sa santé commence à décliner dès 1902. Peu à peu, les forces l’abandonnent. Finalement, il meurt le 24 mars 1905 à Amiens, en France.
Des obsèques à la mesure de sa renommée
Ses funérailles rassemblent plus de cinq mille personnes. La foule se presse pour rendre hommage à l’écrivain breton. Plusieurs discours sont prononcés tant le personnage est illustre.
L’Empereur Guillaume II envoie un émissaire officiel aux obsèques. En revanche, aucun représentant du gouvernement français ne daigne s’y rendre. Ce contraste surprend. Il témoigne pourtant de la portée internationale de l’auteur.
Ainsi disparaît l’un des écrivains les plus lus au monde.
Le Nantais voyageur
Jules Verne restera dans l’histoire comme un explorateur de l’imaginaire. Pourtant, il fut aussi un homme de mer. Né dans une famille liée au commerce maritime, dans le principal port de Bretagne, il ne pouvait qu’être voyageur.
Voyageur vrai sur les océans. Voyageur immense dans l’esprit.
Son œuvre appartient désormais au patrimoine mondial. Toutefois, son élan initial prend racine quelque part. Il naît sur les quais d’une ville bretonne de Loire Atlantique tournée vers l’Atlantique.
Ainsi, derrière les fusées lunaires et les sous-marins fantastiques, demeure l’enfant observant les navires partir vers l’horizon. Un enfant devenu écrivain universel. Un Nantais devenu figure planétaire.
Et peut-être, au fond, un rêveur qui n’a jamais cessé d’écouter l’appel du large.
#JeSuisBreton
2 commentaires
Ce qui est intéressant dans l’extrait cité, c’est que Jules Verne associe Nantes et la Bretagne. A son époque, il ne faisait aucun doute que Nantes était breton, donc nul n’éprouvait le besoin de le signifier, puisque c’était l’évidence même.
Notre époque se caractérise par le déni et la déconnection de la réalité, paradoxalement dans une société qui se dit « hyper connectée ».