Kalan-Hañv ou le Rameau de Mai

Kalan-Hañv ou le Rameau de Mai

Le calendrier celtique ne connaît que deux saisons.
L’hiver et l’été.
Les transitions entre ces deux saisons (31 Octobre et 30 Avril) sont des dates clés où les passages entre le monde réel et le monde surnaturel sont possibles.

Kalan-Hañv, Kalan-Mae ou le rameau de Mai.

N’avez-vous jamais sillonné le Bro-Gwened* lors du premier jour de Mai, appelé Kalan-Mae ou Kalan-Hañv ?
Alors, vous n’ avez jamais vu le pays décoré comme pour faire la fête à la belle saison qui démarre.
Des rives de Guerlédan aux portes de Vannes, sur les maisons des bourgs, sur les bâtiments de ferme, parfois aussi dans les potagers et les champs, sur les ruchers … fleurit le bois de Mai.
Cette tradition est encore vivante en sud Côtes d’Armor comme à Perret et Lescouët-Gouarec. Mais elle est surtout perpétuée en Morbihan comme à Kerfourn, Locminé, Baud, Bubry, Saint Jean-Brevelay, Grandchamp, Belz, Langonnet. Donc dans toute la zone du Morbihan brittophone jusqu’au golfe, la côte, et même les îles.
Si le rituel ne semble pas dépasser, à l’est, la ligne séparant le breton du gallo, jusqu’où est-il suivi vers le sud. Par exemple vers la Presqu’ île de Rhuys et vers l’ouest et la Cornouaille ?

Il serait intéressant que les lecteurs nous informent de ce qui est fait chez eux.

En tous les cas, chacun se pique, le 30 Avril au soir, avant le coucher du soleil, d’accrocher la branche feuillée de hêtre, plus rarement de bouleau** sur sa façade ou ses volets ou de la planter sur sa terre, dans les jardins et dans les champs. Les possesseurs d’abeilles la posent sur leurs ruches.
Parfois, lorsque la mobilisation fléchit, il y a un ancien ou une ancienne pour se charger de faire le tour du hameau ou du bourg, comme à Silfiac ou à Grandchamp.

*Pays de Vannes ou Vannetais en langue française
**Sur la côte et les îles, le hêtre, absent, est remplacé par une branche fleurie d’aubépine.

 

kalan-hañv

Kalan-Hañv, la tradition du rameau de Mai

Entre traditions et croyances …

Lorsqu’à travers le pays on interroge les gens sur les justifications de cette démarche, les réponses sont souvent les mêmes : « par tradition », sans qu’en soient évoquées les raisons.
Parfois, les réponses se font plus précises :
Par exemple, pour fêter le retour des beaux jours ou pour exprimer sa joie devant le renouveau de la nature. Également parce que Mai est le mois de Marie et de la fertilité et pour porter bonheur. Aussi pour protéger les maisons ou les cultures contre la foudre ou les catastrophes. Le plus souvent, c’est pour chasser les fantômes ou les mauvais esprits, les mauvais sorts et la malédiction, pour protéger contre les sorcières…

Ainsi un couple de Guémené fixe la branche de Mai sur sa boîte à lettres pour ne jamais recevoir de mauvaises nouvelles. Puis un autre, de Locmalo, le fait sur sa voiture pour prévenir des accidents.
Un troisième couple, lui de Cléguérec, la pose sur son antenne parabolique pour n’avoir que des informations positives…
Près de Pontivy, une famille d’agriculteurs observe la tradition pour protéger le bétail contre la maladie et pour éviter le tarissement des sources.
Souvent, le rameau de Mai est accroché pour « empêcher les serpents ou les crapauds d’entrer dans la maison ».
Qui ou quoi alors, qu’on n’ose pas nommer, se cache derrière ce qu’on appelle « crapauds » ?

Après enquêtes faites à travers le Morbihan en 2009, 2010 et 2011.
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Mikel LE BILLAN
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Je suis un type ordinaire. Je n'ai même pas fait d'études scientifiques, de biologie ou de sociologie. Encore moins d'ethnologie... J'ai un Master de Droit. Donc rien à voir avec le sujet. Je suis naturaliste seulement de passion depuis ma tendre enfance, et autodidacte. Mon père m'a initié, jeune enfant, à la nature. En breton ou/et en français, selon les moments et sa connaissance en français des plantes et des arbres, dans les Landes de Lanvaux et en forêt de Colpo. Je suis, par ailleurs, apiculteur amateur depuis mon adolescence et je conduis, depuis 25 ans, à Sainte Brigitte, mon petit bois, mon verger, ma pelouse fleurie et mes talus boisés; en favorisant au maximum la biodiversité locale.

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