Être Breton de Thierry Guerin

Pourquoi être Breton est bien plus qu’une origine

de Thierry GUERIN
Publié le Dernière mise à jour le

La principale richesse des Bretons : résister en aimant !

La principale richesse des Bretons n’est-elle pas la manière par laquelle nous aimons notre Bretagne, ce lien d’attachement si singulier et si permanent ?
Il est si facile d’aimer une culture, un pays fort d’institutions, reconnu sur le plan international, maniant la puissance d’un dominant et imposant ses vérités afin de les mettre au service de ses intérêts propres. Cela peut être valorisant d’être à l’ombre d’une identité forgée et magnifiée par une légion d’historiens appliqués.

Les Bretons aiment eux, et depuis des siècles dans des conditions où tout est fait pour qu’ils oublient, pour qu’ils négligent ce qu’ils sont, et ils aiment encore … Nous ne gagnons rien à cela, mais nous aimons car nous entendons servir une idée, un souvenir, une réalité que nous refusons de voir étouffer.

Nous essayons donc tout bonnement d’appliquer cette notion promise au moment de l’annexion de la Bretagne à la France lorsqu’il leur avait été accordé leurs libertés armoriques et donc leurs droits d’être encore Breton.

Tout logiquement donc, certains, dont moi, avons même l’impertinence de nous sentir Bretons avant d’être français puisque c’était la promesse initiale et aussi tout simplement parce que c’est ainsi. Anna Vreizh ne s’est-elle sacrifiée de la sorte en acceptant d’être reine française tout en gardant un cœur breton ?

Un sentiment qui ne se discute pas

Quand on est Breton, on ne discute pas sur ce que l’on ressent.
C’est ainsi, on aime et dans de telles circonstances il n’est pas vraiment utile d’en faire une dissertation. Cela s’impose à nous-mêmes aussi simplement que le fait de respirer. Nous n’avons besoin de disséquer les raisons à cela. C’est naturel.

Des racines profondément ancrées

Nos racines sont ici, sur les terres de Bretagne et nous l’aimons malgré toutes les pressions exercées jusqu’à cette honte qui avait été inculquées aux générations précédentes pour qu’elles ne revendiquent plus rien, qu’elles ne puissent plus crier mais juste baisser la tête. Certains ne comprennent pas ce lien à la Bretagne car ils ne savent rien en vérité, de tout ce qu’il suppose, de ce que beaucoup de silences portent en valeurs, en profondeur.

J’ai pour ma part plein d’images dans la tête, de ses petits murs de pierre qui serpentent sur les falaises du Cap Sizun cachant mal les formes d’anciens se promenant dans le mystère de ce qui les emporte pendant que l’océan se gonfle de scintillements, jusqu’aux landes de bruyères et d’ajoncs de Liscuis où les Korrigans prospèrent entre des chênes aux branches tortueuses et tapissées de mousses et les fougères flamboyantes qui jaillissent d’entre nos rivières de chaos.

J’ai la Bretagne dans le cœur et nous l’aimons sans qu’il ne soit possible de l’expliquer.

Plus on est enraciné, plus on est universel - Charles Le Goffic
Plus on est enraciné, plus on est universel – Charles Le Goffic

Une Bretagne ouverte à ceux qui aiment

Nous aimons de si belle manière que nous savons accepter parmi nous des personnes qui ne seraient Bretonnes d’origine mais qu’importe, elles aiment, elles comprennent, elles ressentent, elles se donnent à la Bretagne. Car c’est cela, aimer.

Aimer la Bretagne ne donne aucune valorisation, aucun avantage, bien au contraire, en ces jours individualistes, il faut parfois affronter les jugements, les incompréhensions, les remarques car on nous regarde comme s’il était ridicule de se donner à une cause… gratuitement.

Nous résistons à l’erreur nationaliste et privilégions le romantisme. Nous voulons gagner avec tolérance, avec dévouement, avec entêtement.

Ce que nous avons déjà perdu

Nous savons faire cela et cela me semble être une grandeur, une noblesse et jamais je ne voudrais perdre cela. Jamais je ne voudrais connaître ce jour où les bretons oublieraient totalement d’être ce qu’ils sont.

Nous avons perdu déjà beaucoup car notre Histoire n’est pas enseignée, elle est même tronquée, notre langue est écrasée et la France sut même coupée la Bretagne pour que chacun oublie par une frontière factice qui était breton.

Ma grand-mère de Loire Atlantique l’était avant qu’une décision administrative lui dise qu’elle ne devait plus l’être.

Quand la Bretagne manque

Aujourd’hui certains peuvent avoir des patronymes parfaitement bretons, être né au plus loin du Finistère et ne pas être Breton au quotidien. Cet état se rappelle à nous, souvent, comme pouvait l’expliquer Morvan LEBESQUE lorsque l’on dépasse les frontières de la Bretagne et que l’on s’aperçoit à quel point, elle nous manque foncièrement puisqu’elle est si particulière.

Alors quittez là pour ouvrir les yeux.
Quittez là pour revenir ensuite auprès d’elle comme lorsque l’on revient auprès de grands-parents, rendus inutiles de par leurs vieillesses mais pourtant tellement essentiels pour les richesses qu’il nous propose pour qui sait les entendre, pour qui sait perdre du temps à les écouter.

Résister en aimant

Notre attachement pour la Bretagne est notre richesse.
Notre manière d’aimer est belle car elle est ouverte, elle n’est pas prétentieuse contrairement à ce que peuvent dire certains au contraire, elle entend juste être et si nous le crions parfois c’est tout simplement quand certains voudraient nous la retirer ou juste ramener la Bretagne à un statut de vulgaire produit duquel il serait possible de consommer des paysages et des plaisirs gastronomiques.

Nous résistons donc en aimant. Nos armes sont nos binious, nos bombardes car alors que Saint Pôl Roux disait que la Bretagne est univers, moi je dirais qu’elle est musique. Elle transpire de musiques, des cris des mouettes de la côte quand les chalutiers arrivent ou que le soleil est au plus haut, aux bouillonnements des festoù-noz battant de leurs pieds un parquet en bois usé pour avoir porté bien des générations de sauts et de piétinements.

La liberté d’aimer

Aimez donc, aimez encore…
Car personne ne peut interdire quiconque d’aimer. C’est la meilleure des liberté.
Personne ne peut changer de telles profondeurs. Aucune arme ne peut empêcher quelqu’un d’être ce qu’il est.

Cette réalité du cœur me paraît plus vraie que celles d’origine qui ne veulent parfois rien dire car trop engluée d’ignorance. Nous ouvrons nous les horizons à tout ceux qui peuvent aimer de la sorte. Nous refusons d’être un groupuscule fermé qui ne manquerait pas de sombrer dans le rejet de l’autre.

A chacun cependant de se mettre au service de ce qu’il entend aimer, sinon cela n’aurait pas de sens. Cela doit être un don, une offrande de soi, pas une appropriation.

Nous aimons nous depuis des siècles, c’est ainsi que nous maintenons ainsi les battements d’un cœur de menhir et de falaises, le cœur de la Bretagne. Aimez alors, aimez toujours car en vérité, nous n’avons pas le choix. Si ce cœur devait s’arrêter, nous mourrons aussi un peu avec lui.

Aimer la Bretagne, c’est aimer la vérité

En me reliant à la France, j’aurais l’impression de me lier à des mensonges, à tous ces discours qui voudraient faire croire que Nantes ne serait pas Bretonne alors que le château du règne des Ducs de Bretagne y trône depuis toujours, que les Bretons ne seraient pas celtes malgré pourtant une langue qui elle le serait… toute seule.

En aimant la Bretagne, j’aime la vérité, celle qui en partie nous a été volée.

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3 commentaires

Anne Merrien 25 juin 2026 - 15h02

Bien des gens aimeraient (sic) que la Bretagne soit réunifiée, mais lorsqu’il s’agit d’étudier les lois qui permettraient cette réunification, grosse fatigue !

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Dominique David 25 juin 2026 - 18h10

Aimer n’autorise pas à travestir la réalité historique.
« Nantes ne serait pas Bretonne alors que le château du règne des Ducs de Bretagne y trône depuis toujours »
Fake new!
Le principe de résidence de la cour ducale était l’itinérance.
Elles se déplaçait dans différentes villes, dont Nantes, mais aussi Rennes, Vannes et autres.
Le château de Nantes était, avant les Monfort et surtout François II, un ouvrage de défense.
François II (1458-1488) l’a transformé en résidence quasi permanente , avec un style architectural préfigurant la Renaissance
Donc le château de Nantes n’a été celui (résidence principale, voire exclusive) des ducs de Bretagne que pendant une petite partie de l’époque du duché.
Aimer la bretagne, c’est aimer la vérité???????

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guerin 25 juin 2026 - 18h25

Merci pour votre démonstration. La vérité est sauve car il me semble que lorsque vous dites que la résidence de la cour ducale était l’itinérance et qu’elle se déplaçait entre Nantes, Rennes et Vannes, vous venez donc d’attester que les souverains bretons se déplaçaient chez eux, dans leur Bretagne et donc à Nantes. Par extension, cela signifie bien que Nantes était bretonne.
Nous savons très bien que Nantes a été la capitale de la Bretagne pendant des siècles en alternance avec principalement Rennes. Aimer la Bretagne est aimer la vérité, alors ne rejetons pas cette réalité.

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