Sommaire
L’obésité progresse aussi en Bretagne
Un enjeu majeur de santé publique
L’obésité et le surpoids constituent aujourd’hui l’un des principaux défis de santé publique en Bretagne et en Europe.
Année après année, le nombre de personnes concernées continue de progresser. Cette évolution touche toutes les catégories de la population, même si son ampleur varie selon les régions.
La Bretagne fait partie des zones les moins touchés de l’Hexagone
Cependant, cette situation relativement favorable ne doit pas masquer une réalité préoccupante. Le surpoids gagne lui aussi du terrain chez les Bretonnes et les Bretons, tandis que l’obésité progresse depuis plusieurs décennies. Les conséquences dépassent largement la seule question du poids. Elles concernent également le diabète, les maladies cardiovasculaires, certains cancers ou encore la qualité de vie.
Comprendre pour mieux agir
Pourquoi la Bretagne résiste t-elle mieux que d’autres pays voisins comme l’Irlande par exemple ?
Les habitudes alimentaires traditionnelles jouent-elles encore un rôle protecteur ?
Les jeunes générations suivent-elles la même évolution que leurs aînés ?
Enfin, quelles sont les données les plus récentes disponibles sur le surpoids et l’obésité en Bretagne ?
Dans ce dossier, NHU Bretagne fait le point sur les chiffres les plus récents, analyse les causes de cette progression et met en perspective la situation bretonne avec celle du reste de l’Europe. L’objectif est de mieux comprendre les enjeux sanitaires actuels, mais aussi les défis que devra relever la Bretagne dans les années à venir.
Comprendre le surpoids et l’obésité
Avant d’examiner les chiffres de la Bretagne, il faut d’abord préciser les mots.
Le surpoids et l’obésité sont souvent associés. Pourtant, ils ne désignent pas exactement la même situation. Tous deux traduisent un excès de masse grasse, mais l’obésité correspond à un niveau de risque plus élevé.
L’IMC, un repère simple
Pour mesurer la corpulence, les professionnels de santé utilisent surtout l’indice de masse corporelle, ou IMC. Il se calcule en divisant le poids par la taille au carré.
Chez l’adulte, un IMC compris entre 18,5 et 24,9 correspond à une corpulence considérée comme normale.
À partir de 25, on parle de surpoids. À partir de 30, on parle d’obésité. L’Organisation Mondiale de la Santé utilise cette définition pour comparer les situations entre pays.
L’obésité est ensuite classée en plusieurs niveaux. Elle peut être modérée, sévère ou massive. Plus l’IMC augmente, plus les risques pour la santé progressent.
Un indicateur utile, mais incomplet
L’IMC reste très pratique pour suivre l’évolution d’une population. Cependant, il ne dit pas tout.
En effet, il ne distingue pas la masse grasse de la masse musculaire. Un sportif très musclé peut donc présenter un IMC élevé sans être obèse. À l’inverse, une personne avec un IMC normal peut avoir un excès de graisse abdominale.
C’est pourquoi les médecins regardent aussi d’autres éléments. Le tour de taille, l’âge, le sexe, les antécédents médicaux et le mode de vie permettent une analyse plus juste.
Calculez votre IMC
Pour évaluer la corpulence d’un adulte, les professionnels de santé utilisent principalement l’indice de masse corporelle, plus connu sous son sigle IMC.
Son calcul est très simple :
IMC = poids (en kg) ÷ taille² (en mètre)
Par exemple, une personne pesant 80 kg et mesurant 1,75 m obtient :
80 ÷ (1,75 × 1,75) = 26,1
Son IMC est donc de 26,1, ce qui correspond à une situation de surpoids.
Selon les critères de l’Organisation mondiale de la Santé :
- Moins de 18,5 : insuffisance pondérale.
- 18,5 à 24,9 : corpulence considérée comme normale.
- 25 à 29,9 : surpoids.
- 30 à 34,9 : obésité modérée (classe I).
- 35 à 39,9 : obésité sévère (classe II).
- 40 et plus : obésité morbide ou sévère (classe III).
L’IMC constitue aujourd’hui le principal indicateur utilisé pour comparer les populations à travers le monde. Il reste toutefois un outil statistique qui doit être complété, lorsque c’est nécessaire, par d’autres critères médicaux.
Une maladie chronique aux causes multiples
L’obésité ne résulte pas seulement d’une alimentation trop riche. Elle dépend aussi de la sédentarité, du sommeil, du stress, de certains traitements, de la génétique et des conditions sociales.
Cette complexité explique pourquoi les autorités sanitaires parlent aujourd’hui d’une maladie chronique. Elle nécessite donc une approche globale, et non une simple injonction à « manger moins ».
En Europe, l’enjeu est considérable.
Selon l’OMS Europe, le surpoids et l’obésité concernent près de 60 % des adultes dans la région européenne de l’OMS. Près d’un enfant sur trois est également concerné.
Cette réalité dépasse donc largement la Bretagne. Elle touche l’Irlande, la Croatie, le Danemark, l’Italie, les Pays-Bas, mais aussi l’Amérique du Nord.
Aux États-Unis, l’obésité adulte atteint environ 40 % selon les données récentes disponibles.
Comprendre ces définitions permet donc de mieux lire les comparaisons internationales. La question n’est pas seulement de savoir si la Bretagne va mieux ou moins bien qu’un autre pays européen. Elle est aussi de comprendre où elle se situe dans une Europe confrontée au même défi sanitaire.
L’obésité progresse aussi en Bretagne
Un pays longtemps mieux placée que la moyenne
Pendant de nombreuses années, la Bretagne a figuré parmi les pays européens les moins touchées par l’obésité. Cette situation demeure globalement vraie aujourd’hui. Toutefois, elle ne doit pas masquer une évolution de fond : le surpoids et l’obésité progressent également chez les Bretons.
Comme dans la plupart des pays développés, cette hausse s’est installée progressivement depuis les années 1990. Les professionnels de santé constatent une augmentation régulière du nombre d’adultes concernés, mais aussi une progression chez les enfants et les adolescents. La Bretagne conserve donc un relatif avantage, sans pour autant échapper à une tendance observée dans toute l’Europe occidentale.
Une progression continue depuis plus de vingt ans
L’augmentation de l’obésité ne s’est pas produite brutalement. Elle résulte d’une accumulation progressive de changements dans les habitudes de vie.
Les repas pris à l’extérieur, les aliments ultra-transformés, la diminution de l’activité physique quotidienne et l’allongement du temps passé devant les écrans expliquent en partie cette évolution. Dans le même temps, la population vieillit, ce qui favorise également la prise de poids.
Cette progression concerne pratiquement toutes les classes d’âge. Les adultes restent les plus touchés. Cependant, les professionnels de santé s’inquiètent particulièrement de l’évolution observée chez les plus jeunes. En effet, un enfant obèse présente davantage de risques de le rester à l’âge adulte.
Un enjeu sanitaire majeur pour la Bretagne
L’obésité ne constitue plus un phénomène marginal. Elle concerne désormais plusieurs centaines de milliers de Bretonnes et de Bretons.
Cette évolution représente un défi majeur pour les années à venir. Le vieillissement de la population, l’augmentation du diabète de type 2 et des maladies cardiovasculaires ou encore la pression exercée sur le système de santé rendent indispensable une politique de prévention ambitieuse.
La Bretagne possède néanmoins plusieurs atouts. Son environnement naturel, son important tissu associatif sportif et une tradition d’activités de plein air constituent des leviers précieux pour limiter la progression du phénomène.

Où se situe la Bretagne en Europe ?
À l’échelle de l’OCDE, plus d’un adulte sur deux est aujourd’hui en surpoids ou obèse.
En moyenne, 54 % des adultes sont concernés et près de 19 % présentent une obésité.
Dans ce contexte, la Bretagne se situe plutôt dans la partie favorable du classement européen, même si la progression observée depuis vingt ans invite à la vigilance.
L’exemple de l’Irlande, l’Angleterre et de la Croatie
Plusieurs pays européens affichent des taux d’obésité nettement supérieurs à ceux observés en Bretagne.
L’Irlande et l’Angleterre figurent parmi les pays d’Europe occidentale les plus concernés. En Angleterre, environ 66 % des adultes sont aujourd’hui en surpoids ou obèses, tandis que près de 30 % sont obèses.
La Croatie fait également partie des pays européens les plus touchés.
Cette situation montre que le niveau de richesse, à lui seul, ne protège pas contre l’obésité. Les habitudes alimentaires, la sédentarité et les politiques de prévention jouent également un rôle déterminant.
Les enseignements venus du Danemark, des Pays-Bas et de l’Italie
À l’inverse, plusieurs pays obtiennent de meilleurs résultats.
Le Danemark mise depuis longtemps sur les mobilités actives. Le vélo occupe une place centrale dans les déplacements quotidiens, tandis que les infrastructures favorisent la marche et l’activité physique. Les Pays-Bas suivent une logique comparable. Ces choix d’aménagement produisent des effets mesurables sur la santé publique.
L’Italie constitue un autre exemple intéressant.
Malgré une population vieillissante, elle conserve l’un des taux d’obésité les plus faibles d’Europe occidentale. Les spécialistes mettent souvent en avant le régime méditerranéen, une consommation plus importante de produits frais et une forte culture des repas familiaux.
Enfin, le contraste avec l’Amérique du nord reste spectaculaire.
Aux États-Unis, environ 35 à 40 % des adultes sont obèses selon les méthodes de mesure retenues.
Au Mexique, plus de 70 % des adultes sont en surpoids ou obèses. Ces chiffres illustrent l’ampleur que peut prendre le phénomène lorsqu’il s’installe durablement.
La Bretagne ne se trouve donc pas dans la situation des pays les plus touchés.
Elle n’appartient pas non plus au groupe des meilleurs élèves européens. Son défi consiste désormais à préserver ses atouts avant que la progression observée depuis plusieurs décennies ne l’entraîne vers des niveaux comparables à ceux de ses voisins les plus concernés.
Une Bretagne disposant de compétences plus larges en matière de santé publique pourrait définir ses propres priorités, adapter ses politiques de prévention aux réalités locales et expérimenter des approches inspirées d’autres pays européens.
Qui est le plus concerné ?
Le surpoids et l’obésité ne touchent pas toutes les catégories de la population de la même façon.
L’âge, le sexe, le niveau de revenu, le niveau d’études ou encore l’environnement de vie influencent fortement le risque de prise de poids. Cette réalité se retrouve dans la plupart des pays européens, y compris en Bretagne.
Les hommes plus souvent en surpoids
Les études montrent que les hommes sont, en moyenne, plus nombreux à être en situation de surpoids que les femmes. Cet écart s’explique notamment par des différences de morphologie, de répartition des graisses et de comportements alimentaires.
En revanche, lorsqu’il s’agit d’obésité, les écarts entre les sexes sont moins marqués. Selon les pays et les classes d’âge, les femmes peuvent même présenter une prévalence comparable, voire légèrement supérieure.
Les spécialistes observent également des comportements différents face à la prévention. Les femmes consultent généralement plus tôt les professionnels de santé et participent davantage aux campagnes de dépistage ou d’accompagnement nutritionnel. Les hommes, quant à eux, ont souvent tendance à consulter plus tardivement, lorsque les premières complications apparaissent.
Le risque augmente avec l’âge
L’âge constitue l’un des principaux facteurs de risque.
Chez les jeunes adultes, le métabolisme reste généralement plus élevé et l’activité physique est souvent plus importante. Avec le temps, les besoins énergétiques diminuent alors que les habitudes alimentaires évoluent peu.
À partir de la quarantaine, la masse musculaire commence progressivement à diminuer. Si cette évolution ne s’accompagne pas d’une activité physique régulière et d’une alimentation adaptée, la prise de poids devient plus probable.
Les seniors sont eux aussi concernés.
Toutefois, les médecins rappellent qu’un amaigrissement important peut également représenter un risque après 70 ans. L’objectif n’est donc pas de rechercher systématiquement la minceur, mais de conserver une composition corporelle compatible avec une bonne santé et une autonomie durable.

Obesity/Obesidad/Obésité. Respectivement en anglais, castillan et français. Teuregezh en breton (brezhoneg).
Les inégalités sociales jouent un rôle majeur
Le surpoids ne résulte pas uniquement de choix individuels. Les conditions de vie influencent également le risque d’obésité.
Dans la plupart des pays européens, comme en Bretagne, les personnes disposant des revenus les plus modestes sont davantage exposées. Une alimentation équilibrée peut représenter un coût important, tandis que certaines familles disposent de moins de temps pour cuisiner ou pratiquer une activité physique régulière.
Le niveau d’études intervient lui aussi.
Les campagnes de prévention, les recommandations nutritionnelles ou les messages de santé publique sont généralement mieux connus et davantage appliqués par les populations les plus diplômées.
Enfin, l’environnement quotidien joue un rôle essentiel. La présence d’espaces verts, de pistes cyclables, d’équipements sportifs ou encore de commerces proposant des produits frais facilite l’adoption d’un mode de vie plus actif.
Les enfants, un enjeu pour les décennies à venir
Les professionnels de santé portent une attention particulière aux enfants et aux adolescents.
En effet, un jeune en situation d’obésité présente un risque nettement plus élevé de conserver cet excès de poids à l’âge adulte.
Cette évolution est préoccupante.
Les premières complications, autrefois observées principalement chez les adultes, apparaissent désormais plus tôt. Le diabète de type 2, l’hypertension artérielle ou certaines difficultés psychologiques concernent un nombre croissant de jeunes dans plusieurs pays européens.
Pour cette raison, la prévention commence dès les premières années de vie. L’éducation alimentaire, la pratique régulière d’une activité physique et la limitation du temps passé devant les écrans constituent aujourd’hui les principaux leviers d’action.
En Bretagne, comme ailleurs en Europe, préserver la santé des jeunes générations représente sans doute le meilleur investissement pour limiter durablement la progression du surpoids et de l’obésité au cours des prochaines décennies.
Pourquoi le surpoids progresse-t-il ?
L’augmentation du surpoids et de l’obésité ne résulte pas d’une cause unique.
Au contraire, plusieurs évolutions de notre société se sont combinées au cours des cinquante dernières années. Les habitudes alimentaires ont changé. Les déplacements sont devenus moins actifs. Le travail est plus sédentaire. Enfin, le sommeil et le stress influencent également notre équilibre métabolique.
Cette évolution ne concerne pas uniquement la Bretagne. Elle touche la quasi-totalité des pays développés, même si son intensité varie d’un territoire à l’autre.
Une alimentation profondément transformée
L’offre alimentaire a considérablement évolué depuis les années 1970.
Les produits ultra-transformés occupent désormais une place importante dans les rayons des supermarchés. Souvent riches en sucres, en graisses, en sel et en additifs, ils apportent beaucoup d’énergie tout en procurant une sensation de satiété moins durable.
Parallèlement, les portions ont progressivement augmenté. Les boissons sucrées, les plats préparés et les produits de restauration rapide sont devenus plus accessibles et plus largement consommés.
Pour autant, aucun aliment ne peut être désigné comme seul responsable. C’est avant tout l’accumulation quotidienne de petits excès, associée à une dépense énergétique insuffisante, qui favorise la prise de poids.
Une société de plus en plus sédentaire
Notre mode de vie a profondément changé.
De nombreux métiers qui exigeaient autrefois un effort physique sont désormais exercés devant un ordinateur. Les trajets quotidiens s’effectuent plus souvent en voiture qu’à pied ou à vélo.
Les loisirs ont eux aussi évolué.
Les plateformes de streaming, les jeux vidéo, les réseaux sociaux et le télétravail augmentent le temps passé en position assise. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la sédentarité constitue aujourd’hui l’un des principaux facteurs de risque pour la santé dans les pays développés. Elle favorise non seulement le surpoids, mais aussi les maladies cardiovasculaires, le diabète et certaines formes de cancer.
Cette évolution concerne également les plus jeunes.
Les écrans occupent une place croissante dans les loisirs, réduisant parfois le temps consacré aux activités physiques ou aux jeux en extérieur.
Le sommeil, le stress et notre environnement
Les chercheurs savent aujourd’hui que le poids dépend aussi de facteurs moins visibles.
Dormir trop peu modifie les hormones qui régulent la faim et la satiété. Les personnes en manque de sommeil ressentent davantage l’envie de consommer des aliments riches en sucre ou en matières grasses.
Le stress chronique agit également sur l’organisme.
Chez certaines personnes, il favorise une alimentation émotionnelle, caractérisée par une consommation accrue d’aliments très caloriques. À cela s’ajoutent parfois les contraintes professionnelles, les difficultés financières ou un rythme de vie particulièrement soutenu.
Enfin, l’environnement quotidien influence fortement les comportements. Un quartier disposant de commerces de proximité, d’espaces verts et d’infrastructures favorisant la marche ou le vélo encourage naturellement une vie plus active.
Les enseignements venus d’Europe
Les comparaisons européennes montrent que l’obésité ne dépend pas uniquement du niveau de richesse d’un pays.
L’Irlande ou l’Angleterre affichent des taux d’obésité nettement supérieurs à ceux de l’Italie ou des Pays-Bas. Pourtant, ces pays disposent tous d’économies développées et de systèmes de santé performants.
Les spécialistes mettent en avant plusieurs explications : les habitudes alimentaires, l’organisation des villes, la place accordée aux déplacements actifs, la pratique sportive, mais aussi les politiques publiques de prévention.
Pour la Bretagne, ces exemples sont riches d’enseignements.
Ils montrent qu’une augmentation du niveau de vie ne garantit pas une meilleure santé. En revanche, une alimentation de qualité, un environnement favorable à l’activité physique et une prévention précoce peuvent limiter durablement la progression du surpoids.
Un défi qui dépasse les choix individuels
Longtemps, le surpoids a été présenté comme la conséquence d’un simple manque de volonté. Les connaissances scientifiques conduisent aujourd’hui à une analyse beaucoup plus nuancée.
Le poids résulte d’une interaction complexe entre la génétique, l’alimentation, l’activité physique, le sommeil, le stress, les conditions sociales et l’environnement dans lequel chacun évolue.
Cette réalité explique pourquoi les politiques de santé publique privilégient désormais une approche globale.
Encourager une alimentation équilibrée, développer les mobilités actives, favoriser la pratique sportive, améliorer l’information nutritionnelle et réduire les inégalités sociales constituent autant de leviers complémentaires.
La progression du surpoids ne pourra donc être freinée par une seule mesure. Elle suppose une mobilisation des pouvoirs publics, des collectivités, des professionnels de santé, des associations, mais aussi de chaque citoyen. C’est à cette condition que la Bretagne pourra préserver sa situation relativement favorable dans les décennies à venir.
Quelles conséquences sur la santé ?
Le surpoids et l’obésité ne se limitent pas à une augmentation du poids corporel. Lorsqu’ils s’installent durablement, ils favorisent l’apparition de nombreuses maladies chroniques et peuvent réduire progressivement la qualité de vie. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, l’excès de poids est aujourd’hui l’un des principaux facteurs de risque de décès prématuré et de perte d’années de vie en bonne santé dans de nombreux pays européens.
Un risque accru de maladies chroniques
L’obésité augmente le risque de développer un grand nombre de maladies non transmissibles. La plus connue est le diabète de type 2. En effet, l’excès de graisse corporelle perturbe progressivement l’action de l’insuline et favorise une élévation durable du taux de sucre dans le sang.
Les maladies cardiovasculaires constituent une autre conséquence majeure. L’hypertension artérielle, les accidents vasculaires cérébraux, les infarctus du myocarde ou encore l’insuffisance cardiaque sont plus fréquents chez les personnes souffrant d’obésité.
Les recherches scientifiques ont également établi un lien avec plusieurs cancers. Parmi eux figurent notamment les cancers du côlon, du foie, du rein, de l’œsophage, de l’endomètre ainsi que le cancer du sein après la ménopause. L’obésité n’est évidemment pas la seule cause de ces maladies, mais elle en augmente significativement le risque.
Des conséquences sur la vie quotidienne
Les effets du surpoids ne concernent pas uniquement les maladies graves. Ils peuvent également rendre certaines activités quotidiennes plus difficiles.
Les articulations supportent une charge plus importante. Les douleurs au niveau des genoux, des hanches ou de la colonne vertébrale deviennent alors plus fréquentes. Chez certaines personnes, elles limitent progressivement la mobilité.
Les troubles respiratoires apparaissent également plus souvent. Le syndrome d’apnées du sommeil touche une part importante des personnes présentant une obésité sévère. Il provoque des réveils répétés durant la nuit, une fatigue persistante et une diminution de la vigilance pendant la journée.
Enfin, certaines personnes rencontrent des difficultés dans leur vie sociale ou professionnelle. Les discriminations liées au poids, parfois qualifiées de grossophobie, restent une réalité. Elles peuvent avoir des conséquences sur l’estime de soi, les relations sociales ou encore l’accès à l’emploi.
Une espérance de vie en bonne santé réduite
Grâce aux progrès de la médecine, l’espérance de vie continue d’augmenter en Bretagne et dans la plupart des autres pays européens. Toutefois, les spécialistes s’intéressent désormais à un autre indicateur : l’espérance de vie en bonne santé.
L’objectif n’est plus seulement de vivre plus longtemps, mais aussi de conserver le plus longtemps possible son autonomie, sa mobilité et sa qualité de vie.
Or l’obésité peut accélérer l’apparition de maladies chroniques et favoriser une perte d’autonomie plus précoce. Chez les personnes âgées, elle augmente notamment le risque de limitations fonctionnelles, de difficultés de déplacement et de certaines formes de dépendance.
Pour cette raison, la prévention du surpoids ne constitue pas uniquement un enjeu médical. Elle vise aussi à permettre aux citoyens de vieillir dans de meilleures conditions, avec davantage d’années vécues en bonne santé.
Un enjeu majeur pour les décennies à venir
L’obésité représente aujourd’hui l’un des plus grands défis sanitaires des pays développés. Sa progression exerce une pression croissante sur les systèmes de santé et s’accompagne d’une augmentation des maladies chroniques.
La Bretagne demeure, à ce jour, relativement moins touchée que plusieurs pays européens.
Toutefois, les tendances observées montrent que cette situation favorable ne pourra être préservée sans une vigilance constante.
Au-delà des chiffres, le véritable enjeu consiste à améliorer durablement la santé de la population. Car chaque année vécue sans maladie chronique représente un bénéfice considérable, non seulement pour la personne concernée, mais aussi pour l’ensemble de la société.
Pour réfléchir ensemble à ce problème de santé publique en Bretagne, rejoignez le Comité de Réflexion dédié de Yes Breizh

Comment inverser la tendance ?
La progression du surpoids et de l’obésité n’a rien d’inéluctable.
Plusieurs pays européens ont démontré qu’il était possible de ralentir cette évolution grâce à des politiques publiques cohérentes et à une mobilisation de l’ensemble de la société. Aucun dispositif ne constitue une solution miracle. En revanche, l’association de plusieurs mesures produit des résultats durables.
Faire de la prévention une priorité
Les spécialistes considèrent aujourd’hui que la prévention représente l’investissement le plus efficace à long terme.
Informer le public sur la nutrition, améliorer l’étiquetage des aliments, favoriser une restauration collective de qualité ou encore accompagner les personnes les plus vulnérables permettent d’agir avant que les problèmes de santé ne s’installent.
Plusieurs pays européens ont ainsi adopté des stratégies nationales combinant information, éducation et accompagnement des populations. Si les résultats varient selon les États, tous montrent que la prévention reste plus efficace et moins coûteuse que la prise en charge des complications.
Le rôle essentiel des collectivités
Les collectivités territoriales disposent de nombreux leviers d’action.
L’aménagement des villes et des communes influence directement les habitudes de déplacement. Des trottoirs sécurisés, des pistes cyclables continues, des espaces verts accessibles ou encore des équipements sportifs de proximité encouragent naturellement une vie plus active.
Les collectivités interviennent également dans les écoles, les cantines, les marchés locaux ou les actions de sensibilisation.
Ces initiatives contribuent à créer un environnement favorable à une meilleure santé, sans reposer uniquement sur les comportements individuels.
Pour la Bretagne, cet enjeu concerne aussi bien les grandes agglomérations que les campagnes, où l’accès aux services, aux commerces et aux infrastructures reste parfois plus limité.
Une Bretagne à minima autonome pourrait décider et agir plus rapidement et au plus près des besoins spécifiques des 5 millions d’habitants que compte le pays.
S’inspirer des réussites européennes
L’Europe offre plusieurs exemples intéressants.
Les Pays-Bas et le Danemark ont fait du vélo un véritable mode de transport quotidien. Cette politique ne repose pas uniquement sur des campagnes de communication. Elle s’appuie avant tout sur des infrastructures adaptées, sécurisées et largement utilisées par la population.
D’autres pays ont renforcé l’information nutritionnelle, développé des programmes de prévention ou amélioré la qualité des repas servis dans les établissements scolaires.
Ces expériences montrent qu’une politique efficace s’inscrit dans la durée. Les changements de comportement nécessitent souvent plusieurs années avant de produire des effets mesurables sur la santé de la population.
Une opportunité pour la Bretagne
La Bretagne possède déjà plusieurs atouts.
Son important réseau associatif, ses milliers de kilomètres de sentiers, son littoral, ses voies vertes et son patrimoine naturel favorisent les activités de plein air.
L’agriculture bretonne, la filière des produits de la mer et les nombreux producteurs locaux offrent également des ressources précieuses pour promouvoir une alimentation diversifiée et de qualité.
L’enjeu consiste désormais à préserver ces atouts tout en répondant aux nouveaux défis liés à l’évolution des modes de vie. La prévention du surpoids ne relève donc pas uniquement du système de santé. Elle concerne aussi l’aménagement du territoire, l’éducation, les mobilités, le sport, l’alimentation et, plus largement, les choix de société.
Pour la Bretagne, agir aujourd’hui représente une occasion de conserver l’un de ses principaux avantages sanitaires en Europe occidentale et d’améliorer durablement la qualité de vie de ses habitants.
Pour cela, il nous faut des pouvoirs et des budgets adaptée, mais nous sommes sous tutelle du pouvoir central parisiano-centré qui décide de tout.
Une population en meilleure santé est-elle aussi plus active dans la société ?
La lutte contre le surpoids est généralement présentée comme un enjeu médical.
Pourtant, ses effets dépassent largement le domaine de la santé. Une population en meilleure forme physique contribue également au dynamisme économique, à la vie associative, à l’engagement citoyen et, plus largement, à la vitalité d’un territoire.
Cette dimension est rarement mise en avant. Elle mérite pourtant d’être prise en considération lorsque l’on réfléchit à l’avenir de la Bretagne.
Le capital humain, une richesse souvent sous-estimée
Les économistes parlent de capital humain pour désigner l’ensemble des connaissances, des compétences et de l’état de santé d’une population. Plus ce capital est élevé, plus une société dispose de ressources pour innover, entreprendre, transmettre ses savoirs et faire vivre ses territoires.
La santé occupe une place centrale dans cet équilibre.
Elle favorise l’autonomie, la mobilité et la capacité de participer pleinement à la vie quotidienne. Elle permet également de prolonger la vie active et de préserver l’indépendance des personnes âgées.
Dans un pays où le vieillissement de la population constitue un défi majeur, préserver ce capital humain représente un enjeu stratégique autant que sanitaire.
Une société plus engagée
Les travaux consacrés à la participation citoyenne montrent qu’une bonne santé facilite généralement l’implication dans la vie collective. Les personnes disposant d’une plus grande autonomie prennent davantage part, en moyenne, aux activités associatives, culturelles, sportives ou bénévoles.
Naturellement, il existe de nombreuses exceptions.
Des personnes vivant avec une maladie chronique ou un handicap jouent un rôle essentiel dans la société. Toutefois, à l’échelle d’une population, un meilleur état de santé favorise la disponibilité, les échanges et l’engagement collectif.
Ces liens renforcent la cohésion sociale, contribuent au dynamisme des communes et participent à la qualité de vie d’un pays.
Un enjeu pour l’avenir de la Bretagne
La Bretagne bénéficie d’un tissu associatif particulièrement dense, d’une forte culture de l’engagement local et d’un environnement naturel qui favorise les activités de plein air. Ces atouts constituent un véritable patrimoine collectif.
Préserver la santé des habitants contribue également à préserver cette richesse humaine.
Une population en meilleure santé participe plus facilement à la vie économique, transmet davantage de compétences, accompagne les jeunes générations et renforce la solidarité entre les habitants.
Dans un contexte marqué par le vieillissement démographique et l’augmentation des maladies chroniques dans l’ensemble de l’Europe, cet enjeu prendra une importance croissante au cours des prochaines décennies.
Au fond, la lutte contre le surpoids ne consiste pas uniquement à améliorer des statistiques de santé publique. Elle participe à un objectif plus vaste : permettre aux habitants de vivre plus longtemps en bonne santé, de rester autonomes et de continuer à prendre toute leur place dans la société.
Une population en meilleure santé est généralement plus autonome, plus mobile, plus active économiquement et plus engagée dans la vie associative et citoyenne. Investir dans la prévention du surpoids ne consiste donc pas seulement à réduire les dépenses de santé : c’est aussi renforcer le capital humain d’un pays.
Ce qu’il faut retenir
Longtemps considérée comme relativement préservée, la Bretagne est désormais confrontée, elle aussi, à la progression du surpoids et de l’obésité. Si le pays conserve encore une situation plus favorable que plusieurs autres pays européens, les tendances observées montrent qu’aucun territoire n’est véritablement à l’abri.
Ce dossier met également en évidence une réalité essentielle : l’obésité ne résulte jamais d’une cause unique.
L’alimentation, la sédentarité, le sommeil, les inégalités sociales, l’environnement de vie ou encore les politiques publiques interagissent et expliquent la complexité du phénomène.
Les comparaisons européennes montrent toutefois qu’il est possible d’agir. Certains pays ont réussi à limiter la progression de l’obésité grâce à une prévention précoce, des aménagements favorisant les mobilités actives et une politique de santé menée sur le long terme.
La Bretagne dispose, elle aussi, de nombreux atouts pour relever ce défi.
Au-delà de la seule question du poids, l’enjeu consiste à préserver ce qui constitue la première richesse d’un pays : la santé de ses habitants. Car une population en meilleure santé est aussi plus autonome, plus active, plus solidaire et mieux préparée à construire l’avenir.
L’obésité illustre les limites d’une politique de santé uniforme appliquée à des territoires très différents.
Les besoins d’une région rurale et maritime comme la Bretagne ne sont pas nécessairement les mêmes que ceux d’une métropole très dense ou d’un territoire ultramarin.
Une plus grande capacité de décision permettrait d’adapter les priorités de santé publique aux réalités locales, tout en conservant un cadre national ou européen lorsque cela est pertinent.
Sources :
OMS, OCDE, World Obesity Foundation, Global Nutrition Report, The Lancet

2 commentaires
Comme dit dans un autre commentaire les bretons font partis du monde occidentale, outre se gaver de divertissements, crédits, il n’y a pas de raison pour que leur c_l et leur bide ne prennent pas le chemin de ceux d’outre-atlantique.
Il est remarquable que malgré tous les messages de prévention : « mangez moins gras, salé, sucré et bougez plus », cela continue d’augmenter. Paradoxalement la Bretagne compterait le plus de personnes possédant une licence sportive. Et dans le sport il y aurait encore des choses à dire.
Faire le parallèle avec « préférez la marche à pied, le vélo, les transports en commun« , en fin de pub pour les voitures, et les émission de C02 continue d’augmenter.
En ce moment ça se bouscule dans les aéroports tout en déplorant dans les bavardages « z’avez vu cette chaleur, c’est quand même inquiétant ».
Je serais curieuse de savoir quelle proportion encore capable ne serait-ce de monter sur un vélo (pas électrique).
Vous dites, Je serais curieuse de savoir quelle proportion encore capable de monter sur un vélo (pas électrique).
Cela dépend de l’usage que l’on en fait, c’est-à-dire, utiliser l’assistance que dans les côtes longues, cahoteuses, sans compter que parfois arrive le vent en face. Le vélo à assistance électrique peut inciter des personnes à pratiquer cette activité, il permet aussi dans ce sens d’allonger les parcours, par contre pour ceux qui utiliseraient en assistance maximum sans faire d’effort, cela n’a plus d’intérêt.