Autonomie de la Bretagne ou indépendance de la Bretagne

Autonomie de la Bretagne ou indépendance de la Bretagne ?

de NHU Bretagne

Trop souvent, il y a « confusion » entre autonomie de la Bretagne et indépendance de la Bretagne.

Confusion réelle ou volonté de créer un amalgame ?
Ces deux termes, autonomie et indépendance, recouvrent des réalités très distinctes qui ne peuvent et ne doivent être confondues.
Sauf, justement, à vouloir créer un trouble dans l’esprit de personnes moins curieuses ou crédules.

Autant ces concepts d’autonomie ou d’indépendance pour un peuple ou une nation sans État sont facilement acceptés dans toute l’Europe, autant dans deux pays du continent, ces mots sont tabous. Nous voulons parler de la France et de la Turquie d’Erdogan, si tant est que ce pays puisse être considéré comme étant géographiquement sur le continent européen.
Donc deux états hyper-centralisés, tolérant peu, voire pas du tout, toute idée de respect des peuples premiers les composant.

Pourquoi cette « confusion » entre autonomie de la Bretagne et indépendance de la Bretagne ?

Dans ce pays parisiano-centré et hyper-jacobin, toute velléité, ne serait elle teintée que de « régionalisme » tiède à la Chesnais-Girard, d’être différent, est considérée comme du séparatisme, du communautarisme et autres « gros mots » mettant en danger les sacro-saintes « valeurs de la République ». De cette auto-proclamée « une et indivisible » république.
Le pouvoir central a peur du tildé de la troisième lettre du prénom breton Fañch, alors que dire de l’autonomie de la Bretagne ?
Le plus sûr moyen que les jacobins ont trouvé pour interdire au peuple breton de s’exprimer sereinement sur ce sujet est de jeter dans le même sac les notions d’autonomie et d’indépendance. Cela vaut bien entendu également pour les autres minorités ethniques vivant sur le sol de l’Hexagone. Le pouvoir central autorise du bout des lèvres et en freinant des deux pieds, les notions de « régionalisation« , « décentralisation« , « différenciation« , « déconcentration » et autres notions floues et éculées; mais rien de plus.

Tout ce qui va au-delà est comme le tilde de Fañch, une menace pour le « pays des Droits de l’Homme ».

budgets régionaux européens autonomie Bretagne
Encore à quémander une « régionalisation » ou autres « décentralisation » et « différenciation » pour la Bretagne, quand toutes les Démocraties d’Europe accordent de larges autonomies aux peuples et nations : est-ce de la naïveté ou de la complicité ?

Bretagne autonome, Bretagne indépendante : confusion entretenue …

Pour la Bretagne, le pouvoir central veut bien concéder une dose de « régionalisation » et accepter le terme de « différenciation » (Les Bretons et les Bretonnes sont donc différents !).
Mais pas plus.
Le « pouvoir » régional (qui n’a aucun pouvoir ou tellement peu) est prié d’obéir et de traîner le plus possible sur le dossier. Et le Président actuel de cette région Bretagne administrative est en cela un très bon élève bien dévoué à son Maître.

Les Citoyens bretons voient ce qui se passe ailleurs en Europe et dans le monde.
Toutes les Démocraties ont déjà accordé aux régions, peuples et nations les composant, des autonomies plus ou moins larges. Depuis la dernière guerre mondiale, l’Europe entière s’est reconfigurée en fonction de ses peuples, donnant lieu à de nombreuses indépendances. Certains pays membres de l’Union Européenne sont de jeunes trentenaires, souvent plus modestes que la Bretagne en superficie et/ou en population.

Mais les pouvoirs central et régional jacobins continuent à ramer à contre courant de l’Histoire en marche et s’obstinent à entretenir un passé révolu digne de Gaston Deferre, ce politique français mort il y a bientôt quarante ans et « inventeur » de la « décentralisation » à la française.

Autonomie de la Bretagne ou indépendance de la Bretagne
81% des Bretons souhaitent l’autonomie de la Bretagne; 18% des Bretons et 33 des plus jeunes souhaitent l’indépendance de la Bretagne, et 60% des Bretons réclament la fin de la partition de leur pays

Le mot autonomie est un mot très positif, sauf …

Autonomie régionale : quelle est la situation ailleurs en Europe ?
Par rapport à la situation dans l’Hexagone où tout se décide à Paris, voire même directement par le Maître de l’Élysée, la situation dans les Démocraties d’Europe et du monde est limpide. Tous les peuples, nations et régions de toutes ces Démocraties bénéficient de statuts d’autonomie plus ou moins larges.
Tous!
Finlande, Norvège, Suède, Allemagne … fédérale, Royaume Uni, Belgique, Suisse … fédérale, Portugal, Autriche, Italie .. en Europe.
États Unis, Canada (« Vive le Québec libre » du Général de Gaulle), Mexique, Brésil, Australie, Inde, etc …

Diop Anta
« L’aliénation culturelle consiste à encroûter l’âme nationale d’un peuple dans un passé pittoresque et inoffensif parce que suffisamment falsifié » – Anta Diop

Alors, pour la Bretagne, une autonomie ou l‘indépendance.

Pour un statut d’autonomie, il en existe de multiples niveaux.
Si l’on regarde l’Europe, où, sauf dans notre Hexagone, tous les états centraux ont déjà accordé des pans entiers d’autonomie aux régions les composant, il y a une très grande variété de statuts d’autonomie. En Allemagne, état fédéral, les seize länder ont tous un statut d’autonomie très similaire. Par contre, Madrid  a accordé (ou s’est parfois fait imposé) des statuts d’autonomie souvent très différents d’une région à une autre.

Quelles différences entre une autonomie pour la Bretagne et l’indépendance de la Bretagne ?
Pour faire simple, la différence entre une autonomie de la Bretagne et l’indépendance de la Bretagne, ce sont les pouvoirs régaliens.

On parle d’autonomie territoriale quand un pouvoir central délègue au dit territoire des compétences.
Plus les compétences sont concentrées au niveau de l’état central (à Paris concernant la Bretagne) et plus on parle d’un état centralisé à hyper-centralisé. Dans l’Hexagone on parle tout au plus de « régionalisation » quand le pouvoir central parisien accorde aux régions quelques miettes de responsabilité. Alors qu’au Portugal ce sont des régions autonomes, en Italie des régions autonomes à statut spécial, au Royaume Uni des nations à autonomie large, comme en Espagne, en Finlande …

Quelles sont ces fonctions régaliennes, ces pouvoirs régaliens ?

Les fonctions régaliennes sont celles qui restent aux mains de l’État central, toutes les autres fonctions ayant été confié aux régions.
Ces pouvoirs régaliens sont classiquement au nombre de trois :
– Assurer la sécurité extérieure par la défense et la diplomatie : notons que le pouvoir central dont dépend la Bretagne et basé à Paris vient de supprimer le Corps Diplomatique par décret du 16 Avril 2022. La France serait-elle de moins en moins indépendante ?
– Définir le droit et rendre la justice : sachant que la Justice Française est de plus en plus contrainte par le droit émanant de l’Union Européenne et de sa capitale Bruxelles. La France serait-elle de moins en moins indépendante ?
– Sécurité intérieure et maintien de l’ordre
Et il en existait un quatrième pour la France … du temps de son indépendance entière : la souveraineté monétaire en émettant sa monnaie. Ce pouvoir a été transféré à Bruxelles. La France serait-elle de moins en moins indépendante ?

Il est quand même étonnant qu’un État qui se laisse dépouiller peu à peu de son indépendance, refuse l’autonomie à une des nations et peuples le composant.

Il est donc hors de question, et cela peut sembler très cohérent, qu’une région puisse à terme agir seule dans ces trois domaines.
Par contre, tous les autres pouvoirs décisionnels sont sous l’entière responsabilité des régions autonomes.

En Espagne ou en Italie les régions autonomes bénéficient du pouvoir exécutif mais également du pouvoir législatif.
C’est à dire deux des trois pouvoirs réputés d’une régime démocratique. Le troisième pouvoir étant le pouvoir judiciaire, qui comme nous l’avons précisé, reste du ressort de l’état central.
Le pouvoir législatif consiste à voter les lois et le budget.
Le pouvoir exécutif est chargé de la mise en application des décisions émanant du pouvoir législatif.

Les régions autonomes, toutes, en parfait accord avec l’état central, lève l’impôt et en conserve une part plus ou moins importante pour leur bon fonctionnement. Chez nous, la quasi intégralité des prélèvements, quels qu’ils soient, vont dans les caisses du pouvoir central à Paris. Puis celui-ci, selon une part fixe et une part variable (pour ne pas dire « à la gueule ») sont concédées aux régions, sous la forme des dotations.
Par exemple le pouvoir central lève en Bretagne annuellement quelques 67 milliards d’euros, et n’en reverse à terme qu’une vingtaine de milliards.

Quelles sont les actuelles compétences de la région Bretagne administrative ?

L’article L4433-1 du Code Général des Collectivités territoriales précise :
«  … promouvoir le développement économique, social, sanitaire, culturel et scientifique de la région, le soutien à l’accès au logement et à l’amélioration de l’habitat, le soutien à la politique de la ville et à la rénovation urbaine et le soutien aux politiques d’éducation et l’aménagement de son territoire, ainsi que pour assurer la préservation de son identité et la promotion des langues régionales« 

Mais avec quels moyens financiers ?

La région Bretagne administrant quatre des cinq départements de Bretagne est sous tutelle de l’État central et ne dispose, pour l’année 2023, que d’un indigent budget de 1,86 milliard d’euros. De l’argent de poche !
Estimation de budget 2023 pour les cinq départements bretons vers 2,3 milliards d’euros, pour 4,9 millions d’habitants. A population quasi égale, la Sicile autonome bénéficie d’un budget de près de 18 milliards d’euros.
Le budget 2023 de la ville de Paris dépasse les 10 milliards d’euros pour 2,1 millions d’habitants.

Pour arracher une autonomie, à fortiori l’indépendance pour celles et ceux qui la souhaitent, il faut d’abord conquérir le pouvoir régional. L’actuel président de la région Bretagne administrative n’est qu’un supplétif du pouvoir central, en charge de nous imposer la vision jacobine du gouvernement français.
Loïg Chesnais-Girard est aux ordres de Paris et ses « voeux » et autres déguisements en « autonomiste » n’existent que pour nous tromper.

Les idées autonomistes bretonnes progressent vite dans l’opinion publique, et ils ne savent mieux que nous.

Mais on est encore loin de nos cousins Gallois par exemple.
Pour gagner bientôt, une seule solution : poussons, poussons, et poussons encore … betek an trec’h !
En Bretagne, « nos » politiques ne sont que des suiveurs : ils iront là où l’opinion publique les mènera.
A cette opinion publique, expliquons, expliquons et expliquons encore …

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Loïg Chesnais-Girard, jacobin modéré

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1 commentaire

Jean-Luc Laquittant 7 février 2024 - 20h51

Peut-être que je me trompe, mais pour moi être autonome c’est être responsable soit même de tout ce qui fait la vie d’un pays ou d’une personne. En dépendants pour certaines choses des relations permanentes avec le monde extérieur.
Etre indépendant, c’est être responsable soit même de tout ce qui fait la vie d’un pays ou d’une personne. Sans avoir besoin de personne, c’est l’autarcie .
Même la Corée du nord n’est pas indépendante, elle a besoin de la Chine.

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