Le dragon gallois debout, et l’hermine bretonne couchée …

Le dragon gallois debout, et l’hermine bretonne couchée …

Le dragon gallois.

Le titre et le contenu de cet article du Télégramme me ramènent plus de quinze ans en arrière. Quand, en qualité de vice-président du Conseil régional de Bretagne chargé des affaires européennes et internationales, je participais à une délégation bretonne conduite par Jean-Yves Le Drian. En faisaient notamment partie mon collègue Yann-Bêr Thomin. Alors en charge de la politique linguistique à la Région. Mais aussi Lena Louarn, en sa qualité de présidente d’Ofis ar Brezhoneg. Ou encore Alan Stivell.

Cette visite avait été l’occasion de signer un programme d’actions avec l’Assemblée nationale et le gouvernement du Pays de Galles. Un document quadrilingue en gallois, anglais, français et… breton. C’était alors le tout premier accord de coopération internationale jamais signé en langue bretonne. J’avais eu l’honneur de piloter la négociation de ce programme d’actions… Et obtenir qu’il soit signé aussi en breton n’avait posé aucune difficulté auprès de nos interlocuteurs gallois, bien au contraire 🙂

En cet automne 2004, l’enthousiasme était grand chez plusieurs d’entre nous.

Hélas, il n’a jamais pu se concrétiser dans une mobilisation du Conseil régional pour l’obtention d’un statut politique en faveur de la Bretagne qui soit comparable à celui dont les Gallois disposent depuis vingt ans maintenant. Sans même parler du statut politique, plus puissant encore, qui est celui des Écossais et qui leur a notamment permis:
– de faire barrage à une augmentation très élevée des droits d’inscription à l’université que le gouvernement conservateur de Londres a imposé dans le reste du Royaume uni.
– et de faire de l’Écosse un leader mondial dans la production d’énergies renouvelables.

Pourquoi les belles intentions affichées lors du déplacement breton au Pays de Galles à l’automne 2004 ne se sont-elles pas concrétisées en termes d’avancées politiques pour la Bretagne?
Les liens de sujétion des élus bretons du PS vis-à-vis du système politique parisien étaient prédominants. Et quand, après l’arrivée de François Hollande à l’Elysée en 2012, une « fenêtre » a semblé enfin s’ouvrir pour une réforme institutionnelle, rapidement la ligne de conduite centralisatrice et jacobine dictée par le gouvernement et les leaders de la majorité parlementaire socialistes à Paris a pris le pas sur les revendications bretonnes.

En 2020, le constat est là, implacable.

– de tous les États de l’Union européenne de grande dimension, la France est toujours celui où les pouvoirs des régions sont les plus faibles (les régions ne gèrent que 4% du total des dépenses publiques en France),
– et la Région Bretagne est restée une région de droit commun. Bien loin même du statut particulier de la Corse qui remonte à 1982 et qui a connu plusieurs renforcements au fil du temps. Aujourd’hui, la Collectivité territoriale de Corse gère un budget par habitant qui est quatre fois supérieur à celui de la Région Bretagne.

CQFD

Il nous faut en Bretagne des décideurs affranchis du système politique parisien. La liberté politique sera la condition d’une négociation réussie avec l’État.
Mais la liberté ne se quémande pas.
Elle résulte d’un travail de réflexion sur soi-même et d’un combat de tous les instants.

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Lire aussi.

La trop molle présidence de la Région Bretagne.

Lettre à ceux qui ont renoncé à la Bretagne

Le budget de la Bretagne : une question de taille ?

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Á propos de l'Auteur

Christian GUYONVARC'H
Christian GUYONVARC'H 3 posts

Biographe et créateur graphiste. Un citoyen libre de sa parole, Union démocratique bretonne (UDB), parti membre de la fédération Régions et Peuples Solidaires

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1 Comment

  1. Gilles Bretagne
    mars 09, 14:43 Reply

    Les alliances et soutients de l’UDB aux municipales et particulièrement à Nantes avec madame Johanna Rolland tendrait à prouver que la leçon n’a pas été comprise.
    N’est-on pas la encore dans un double discours ?

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