Budgets régionaux européens : indigence de la région Bretagne administrative

Budgets régionaux européens : indigence de la région Bretagne administrative

Les budgets régionaux européens sont riches … d’enseignement.

Budgets régionaux européens.
On nous parle souvent de la taille critique que devrait faire telle ou telle région en Europe. Ceux qui rêvent de dissoudre la Bretagne dans une « super région » de type grand ouest mettent en avant la taille trop modeste de la seule Bretagne, pour essayer d’étayer leur chimère.

Préalable : nous différencions ici deux entités territoriales que sont la Région Bretagne administrative et la Bretagne.

Pour cette étude comparative, nous avons retenu douze régions européennes. Dont trois länder allemands : Rhénanie nord Westphalie, Bavière et Bade Wurtenberg. Puis les deux entités administratives belges, que sont les Flandres et la Wallonie. Quant au sud de l’Europe, nous avons retenu trois régions italiennes que sont la Sicile, la Lombardie et la Latium autour de Rome. Et pour la péninsule ibérique, la Communauté Autonome de Madrid, l’Andalousie et la Catalogne autonome.

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Douze régions européennes : budgets global et par habitant, population et superficie

Sur le montage d’illustration, nous avons essayé de conserver une relative échelle de grandeur entre les riches Flandres, et l’indigente Région Bretagne administrative. Mais cette dernière est tellement décrochée des autres régions européennes, que même en l’agrandissant un peu, on n’y voit toujours rien.
Voici les chiffres

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Région Bretagne administrative exsangue et très pauvre, dont la bourse est gérée par Paris avec l’accord tacite de ses administrateurs

Les régions les plus riches sont les plus habitées ?

Faux !
Si on retient le budget régional par habitant, la Sicile affiche 3560 euros pour seulement 5 millions d’habitants, soit à peine plus que la Bretagne à 4,8 millions habitants.

Les régions les plus riches sont les plus vastes ?

Faux !
La région européenne disposant du budget le plus important de ce tableau est la Rhénanie nord Wesphalie en Allemagne. Ce lander autonome allemand affiche un budget de 61,4 milliards d’euros. Pour une superficie de 34095 kilomètres carrés. Très précisément la superficie de la Bretagne.

Les régions les plus riches sont autour des capitales ?

Faux !
La Latium italien autour de Rome et la Communauté Autonome de Madrid en Espagne ne sont pas les mieux placés. Ni en termes de budget global, ni en termes de budget par habitant.

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Budget en euros par habitant pour douze régions européennes

 

Parmi ces budgets régionaux européens, la très pauvre région Bretagne administrative !

Avec un budget de … 1,5 milliard d’euros (oui, oui, il y a bien une virgule :), la région Bretagne administrative est 40 fois plus pauvre que le länder autonome de Rhénanie Westphalie qui a précisément la même superficie. Également plus de cinq fois plus pauvre que la Wallonie avec une population quasi identique. Ou encore plus de dix fois plus pauvre que la Sicile autonome italienne qui a une population pratiquement identique à celle de la Bretagne.
La moyenne de budget régional par habitant est de 3135 euros pour les onze régions ici citées, hors la Région Bretagne n’administrant que quatre des cinq départements de Bretagne. C’est sept fois plus que le dérisoire, pour ne pas dire ridicule, budget de cette entité artificielle administrative.
Vous aurez beau triturer les chiffres dans tous les sens, la même conclusion ne cesse de s’imposer : la région Bretagne administrative n’est rien sur l’échiquier européen.
Quand on sait par ailleurs que le PIB, de la Bretagne cette fois, est quand même de 119 millards d’euros !

 

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A qui la faute ?

Je vois trois responsabilités dans cet état de fait …

D’abord, la responsabilité de l’état central.

A Paris, depuis des siècles, tout est organisé pour réduire les pouvoirs des régions. Cet Hexagone doit être un et indivisible, et le pouvoir central ne fait jamais confiance à ses populations. C’est une des principales tares de cette République. Et on le voit, une fois encore, durant cette crise sanitaire du Covid19. Comme c’est celui qui a l’argent qui a le pouvoir, Paris collecte tout et redistribue le moins possible. Le but est d’empêcher toute velléité d’autonomie des « provinces ». C’est le seul pays en Europe, avec la Turquie, qui reste ainsi dans cette position passéiste du repli sur soi. Toutes les vraies Démocraties modernes d’Europe et en général du monde, donnent aux régions et aux peuples les constituant des moyens et des pouvoirs.

Puis la responsabilité des élus.

A quelques trop rares exceptions, l’ensemble des élus en Bretagne (Région Bretagne administrative et Loire Atlantique) acceptent cette situation. Ne pas lutter vraiment contre cette situation équivaut à l’accepter. Il est tellement plus facile de profiter des privilèges et autres verroteries jetés en aumône par Paris, que de s’opposer frontalement. Je dis bien « s’opposer frontalement ».
Parmi ces élus exerçant en Bretagne, les pires sont à la Région Bretagne administrative. Je ne dis pas qu’ils le sont tous, mais les pires sont bien là. Ceux qui acceptent de l’état central parisien tout ou presque sans broncher. Bien sûr, de temps à temps, la presse régionale quotidienne souvent complice, met en avant le courrier courroucé du Président de région à un Ministre parisien, ou nous informe que celui-ci ou un(e) de ses collègues a joint le Président de la République pour lui dire toute sa colère sur telle ou telle question. La belle jambe … !

Enfin, nous sommes tous co-responsables … surtout nous d’ailleurs !

En effet, tous les Citoyens et Citoyennes de Bretagne sont responsables de cette situation déplorable et honteuse du budget de la région administrative.
A deux titres …
D’abord, parce que nous avons élu, collectivement, ces responsables précités. Et surtout, parce que nous n’agissons pas assez, ou mal, pour inverser cette situation.
Les élus précités, globalement, ne bougeront que si les Citoyen(ne)s, donc leurs Électeurs, exercent sur eux une pression suffisamment forte pour les déranger véritablement et durablement dans leur relatif confort. Et en deux scrutins, une pression quotidienne par l’intermédiaire de réseaux sociaux qui peuvent tant nuire à leur image.

L’avenir …

A la vue de ces quelques chiffres, on constate l’ampleur de la pauvreté de la Bretagne en moyens financiers. Là, je dis « Bretagne » parce que même en y ajoutant le budget de la Loire Atlantique et sa population de 1,4 million d’habitants, rien ne changerait dans ce classement.
C’est Paris qui tient les cordons de notre bourse. Qui collecte largement nos impôts d’une main ferme, et nous accorde chichement quelques dotations de l’autre. Ce n’est plus de l’aménagement territorial, mais de l’aumône.
Face à ce dédain permanent, à ces innombrables  promesses non tenues, à cette hyprocrisie … nous n’avons qu’un seul chemin possible pour qu’un jour chacun(e) des Bretonnes et Bretons puissent aussi bénéficier de 3135 euros de budget au lieu des actuels 441 euros. Ce chemin a un nom : c’est l’autonomie.
Toutes les autres régions citées dans cette analyse sont autonomes. Toutes.
Ne nous parlez plus de « différenciation » et autres synonymes creux : nous voulons l’autonomie.

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#CroirePlusEnNous
#JeSuisAutonome
#FaireNousMemes
#DeciderNousMemes
#NiHonUnan

Article inspiré par un journal de la presse quotidienne régionale.

Budgets régionaux européens – Lire aussi

La trop molle présidence de la Région Bretagne.

Le ridicule budget de la Région Bretagne administrative

Le budget de la Bretagne : une question de taille ?

Conflit entre État central et collectivités locales.

Population bretonne : au 1er Janvier, nous sommes plus de 4,8 millions.

 

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Á propos de l'Auteur

Rémy PENNEG
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"Essayer ou ne rien faire". Quand on aime la Bretagne corps et âme, à un moment, il faut essayer d'agir et de créer pour participer, même très modestement, à son rayonnement et à son avenir. Avec l'aide avisée d'une poignée de volontaires, nous créons NHU Bretagne.

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1 Comment

  1. Boulu
    juin 01, 20:07 Reply

    Kest, kest a bad pell !
    Yar glemmus yar badus !
    E Breizh n’omp ket fallkoutan ag hor lec’h d’am sonj. Tu a zo d’ober gwell sur awalc’h hag evit er brezhoneg e ketan penn med er Vretoned n’o deus ket c’hoant d’er salvin. Ohpenn se eh eus muioc’h a C’hallaoued e Breizh evid (eget) Bretoned ha paot mad anezho a zo kozh awalc’h. Ne vo ket graet an dispac’h e Breizh hiniv. Ite Missa est.

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