Compter en breton est souvent plus simple qu’on ne l’imagine.
Les nombres de 1 à 10 se mémorisent rapidement, puis la logique de la langue permet de construire progressivement les dizaines, les centaines et les milliers.
Quelques particularités existent, notamment les formes masculines et féminines de certains chiffres ainsi que le système vigésimal, basé en partie sur le nombre vingt.
Dans ce guide, découvrez comment compter en breton de 1 à 1000, comprendre les principales règles et éviter les erreurs les plus fréquentes.
Sommaire
Comment compter de 1 à 10 en breton ?
Comme dans la plupart des langues, tout commence par les dix premiers nombres.
Une fois ces unités maîtrisées, il devient beaucoup plus facile de former les dizaines, les centaines et les nombres plus élevés.
| Français | Breton | Prononciation |
|---|---|---|
| Un | Unan | [‘yːnãn] |
| Deux | Daou / Div | [‘dɔw] / [di(w)] |
| Trois | Tri / Teir | [‘triː] / [‘tɛjr] |
| Quatre | Pevar / Peder | [‘peːvar] / [‘peːdɛr] |
| Cinq | Pemp | [‘pɛmp] |
| Six | C’hwec’h | [‘xwɛːx] |
| Sept | Seizh | [‘sɛjs] |
| Huit | Eizh | [‘ɛjs] |
| Neuf | Nav | [‘naw] |
| Dix | Dek | [deːk] |
Les chiffres deux, trois et quatre méritent déjà une attention particulière.
Contrairement au français, ils possèdent deux formes : une utilisée avec les noms masculins, l’autre avec les noms féminins.
- Daou et div signifient tous les deux « deux ».
- Tri et teir signifient « trois ».
- Pevar et peder signifient « quatre ».
Cette particularité peut surprendre les francophones. Pourtant, une fois la règle comprise, elle devient vite naturelle. Le plus délicat n’est pas de retenir ces doubles formes, mais de connaître le genre des noms en breton, qui ne correspond pas toujours à celui du français.
C’est justement cette spécificité que nous allons découvrir dans la suite de cet article.
Pourquoi certains nombres ont-ils un masculin et un féminin ?
L’une des premières surprises lorsque l’on apprend à compter en breton concerne les nombres deux, trois et quatre. Contrairement au français, ils possèdent chacun une forme masculine et une forme féminine.
| Français | Masculin | Féminin |
|---|---|---|
| Deux | Daou | Div |
| Trois | Tri | Teir |
| Quatre | Pevar | Peder |
La règle est simple : on choisit la forme du nombre en fonction du genre du nom qui l’accompagne.
Quelques exemples :
- Daou baotr (deux garçons)
- Div blac’h (deux filles)
- Tri den (trois hommes ou trois personnes, den étant masculin)
- Teir gador (trois chaises, kador étant féminin)
Le plus difficile pour un francophone n’est donc pas de retenir ces six mots, mais de connaître le genre des noms en breton. En effet, celui-ci ne correspond pas toujours à celui du français.
Cette particularité ne concerne que les nombres deux, trois et quatre.
À partir de cinq, chaque nombre possède une seule forme, quel que soit le genre du nom.
Les genres et les pluriels en breton
Les différences de genre entre le français et le breton réservent parfois quelques surprises. Certains mots changent en effet de genre d’une langue à l’autre.
Par exemple, maison est un nom féminin en français, alors que ti est masculin en breton.
De même les féminins français la mer, la terre et l’eau deviennent respectivement mor, douar et dour, trois noms masculins en brezhoneg.
Ces différences expliquent pourquoi il est indispensable de connaître le genre d’un nom pour employer correctement daou/div, tri/teir ou pevar/peder.
Le breton possède également une autre particularité qui déroute souvent les débutants : l’emploi du pluriel après un nombre.
Ainsi, on écrit :
- Ur fest-noz (un fest-noz)
- Festoù-noz (des festoù-noz)
En revanche, dès qu’un nombre précède le nom, celui-ci reste généralement au singulier :
- Tri fest-noz (trois fest-noz)
- Pemp devezh (cinq jours)
- Dek bloaz (dix ans)
Cette règle est commune à plusieurs langues du monde, même si elle peut sembler inhabituelle aux francophones. Une fois assimilée, elle devient rapidement naturelle et facilite la lecture comme l’expression orale.
Comment compter de 11 à 19 en breton ?
Une fois les dix premiers nombres mémorisés, la suite est relativement facile à retenir.
Les nombres de 11 à 19 se construisent à partir de dek (dix), même si leur forme a évolué au fil du temps.
| Français | Breton |
|---|---|
| 11 | Unnek |
| 12 | Daouzek |
| 13 | Trizek |
| 14 | Pevarzek |
| 15 | Pemzek |
| 16 | C’hwezek |
| 17 | Seitek |
| 18 | Triwec’h |
| 19 | Naontek |
Les nombres 12, 13 et 14 constituent une exception intéressante : contrairement à deux, trois et quatre, ils ne possèdent plus de forme masculine ou féminine. On utilise donc daouzek, trizek et pevarzek dans tous les cas.
Le nombre 18, quant à lui, attire souvent l’attention. Il se dit triwec’h, une forme héritée de l’ancien système de numération breton. : tri c’hwec’h pour trois (fois) six.
Après naontek (19), on arrive à une étape importante : ugent, le nombre vingt.
Comment se forment les dizaines en breton ?
Le breton appartient aux langues celtiques et utilise en partie un système vigésimal, c’est-à-dire fondé sur le nombre vingt. Cette logique peut surprendre au premier abord, mais elle devient très cohérente une fois comprise.
Voici les principales dizaines :
| Français | Breton | Signification littérale |
|---|---|---|
| 10 | Dek | Dix |
| 20 | Ugent | Vingt |
| 30 | Tregont | Trente |
| 40 | Daou-ugent | Deux fois vingt |
| 50 | Hanter-kant | Moitié de cent |
| 60 | Tri-ugent | Trois fois vingt |
| 70 | Dek ha tri-ugent | Dix et trois fois vingt |
| 80 | Pevar-ugent | Quatre fois vingt |
| 90 | Dek ha pevar-ugent | Dix et quatre fois vingt |
| 100 | Kant | Cent |
On remarque que plusieurs nombres rappellent d’ailleurs le français traditionnel. Notre quatre-vingts correspond exactement au pevar-ugent breton, c’est-à-dire quatre fois vingt.
Le nombre 50 constitue une autre particularité. Plutôt que de s’appuyer sur le vingt, il se construit à partir de kant (cent). Hanter-kant signifie ainsi littéralement la moitié de cent.
Une fois cette logique assimilée, il devient beaucoup plus simple de construire les nombres compris entre 20 et 99, que nous allons découvrir dans la partie suivante.
Comment compter de 20 à 99 en breton ?
Une fois les dizaines connues, former les autres nombres devient beaucoup plus intuitif.
En breton, on ajoute généralement l’unité à la dizaine à l’aide de la particule ha (« et »). Entre 20 et 29, on emploie en revanche l’expression warn-ugent, qui signifie littéralement sur vingt.
Voici quelques exemples :
De 21 à 29
| Français | Breton |
|---|---|
| 21 | Unan warn-ugent |
| 22 | Daou / Div warn-ugent |
| 23 | Tri / Teir warn-ugent |
| 24 | Pevar / Peder warn-ugent |
| 25 | Pemp warn-ugent |
| 26 | C’hwec’h warn-ugent |
| 27 | Seizh warn-ugent |
| 28 | Eizh warn-ugent |
| 29 | Nav warn-ugent |
À partir de 30, le principe est identique, mais on remplace warn-ugent par la dizaine correspondante.
Quelques exemples courants :
| Français | Breton |
|---|---|
| 32 | Daou / Div ha tregont |
| 44 | Pevar / Peder ha daou-ugent |
| 56 | C’hwec’h ha hanter-kant |
| 67 | Seizh ha tri-ugent |
| 79 | Naontek ha tri-ugent |
| 81 | Unan ha pevar-ugent |
| 96 | C’hwezek ha pevar-ugent |
Cette construction peut sembler inhabituelle au premier abord. Pourtant, après quelques exercices, elle devient très naturelle. Les mêmes mécanismes se retrouvent d’ailleurs dans de nombreux nombres du quotidien.
Par exemple, une personne âgée de 66 ans (soixante-six ans) dira en breton c’hwec’h bloaz ha tri-ugent, soit littéralement six ans et trois fois vingt. On remarque au passage que bloaz reste au singulier malgré le nombre, conformément à la règle présentée précédemment.
Comment compter de 100 à 1000 en breton ?
Après les dizaines, les centaines suivent une logique assez simple.
Le nombre 100 se dit kant, mais les mutations consonantiques, caractéristiques du breton, viennent parfois modifier son écriture.
Voici les principales centaines :
| Français | Breton |
|---|---|
| 100 | Kant |
| 200 | Daou c’hant |
| 300 | Tri c’hant |
| 400 | Pevar c’hant |
| 500 | Pemp kant |
| 600 | C’hwec’h kant |
| 700 | Seizh kant |
| 800 | Eizh kant |
| 900 | Nav c’hant |
On remarque que kant ne mute pas systématiquement.
Selon le nombre qui le précède, il devient parfois c’hant, tandis qu’il conserve sa forme d’origine dans d’autres cas. Ces mutations constituent l’une des particularités les plus emblématiques de la langue bretonne et feront l’objet d’un article dédié.
Le passage aux milliers est ensuite beaucoup plus simple. Mille se dit mil.
Quelques exemples :
| Français | Breton |
|---|---|
| 1 000 | Mil |
| 1 200 | Mil daou c’hant |
| 1 500 | Mil pemp kant |
| 2 000 | Daou vil |
Une fois ces principes assimilés, vous êtes capable de construire la très grande majorité des nombres utilisés dans la vie quotidienne. Il ne reste plus qu’à pratiquer régulièrement pour les mémoriser naturellement et gagner en aisance, aussi bien à l’oral qu’à l’écrit.

Comment bien prononcer les nombres en breton ?
Savoir écrire les nombres est une première étape.
Les prononcer correctement permet ensuite de gagner rapidement en assurance. Même sans être brittophone, quelques repères suffisent pour éviter les erreurs les plus courantes.
Le son c’h, présent dans c’hwec’h (six), n’existe pas en français. Il se prononce comme le ch allemand de Bach ou le j espagnol de José. C’est un son légèrement guttural, caractéristique de la langue bretonne.
La combinaison zh, que l’on retrouve dans seizh (sept) ou eizh (huit), varie selon les régions. Dans une grande partie de la Bretagne, elle se prononce comme un z. Dans d’autres secteurs, notamment en vannetais, elle peut se rapprocher davantage d’un h. Les deux prononciations appartiennent au patrimoine vivant du brezhoneg.
Enfin, ne cherchez pas à prononcer les nombres trop rapidement.
Comme dans toute langue, il est préférable d’articuler chaque mot avant d’accélérer progressivement. Quelques minutes d’entraînement quotidien suffisent pour mémoriser les principaux nombres.
Si vous souhaitez aller plus loin, nous vous invitons également à découvrir nos articles consacrés à l’alphabet breton et aux mutations, deux notions essentielles pour progresser en brezhoneg.
Questions fréquentes pour apprendre à compter en breton
Pourquoi existe-t-il deux façons de dire 2, 3 et 4 ?
Parce que ces trois nombres s’accordent avec le genre du nom qu’ils accompagnent. Le breton distingue une forme masculine (daou, tri, pevar) et une forme féminine (div, teir, peder).
Le breton utilise t-il vraiment un système basé sur vingt ?
Oui. Comme d’autres langues celtiques, le breton emploie en partie un système vigésimal.
Ainsi, quarante signifie littéralement deux fois vingt, tandis que quatre-vingts se dit pevar-ugent, c’est-à-dire quatre fois vingt.
Pourquoi les noms restent-ils souvent au singulier après un nombre ?
En breton, lorsqu’un nom est précédé d’un nombre, il reste généralement au singulier. On dira donc tri fest-noz et non tri festoù-noz, ou encore dek bloaz pour « dix ans ».
Comment dit-on 99 en breton ?
Le nombre 99 se dit naontek ha pevar-ugent, soit littéralement dix-neuf et quatre fois vingt.
Comment dit-on 1 000 en breton ?
1 000 se dit mil. Les milliers se construisent ensuite très simplement, par exemple mil daou c’hant pour 1 200 ou daou vil pour 2 000.
Faut-il connaître les mutations pour apprendre à compter ?
Pas immédiatement.
Il est tout à fait possible d’apprendre les principaux nombres avant d’étudier les mutations. En revanche, celles-ci deviennent rapidement indispensables pour écrire et parler un breton correct, notamment à partir des centaines.
Est-il difficile d’apprendre à compter en breton ?
Non. Les dix premiers nombres s’apprennent rapidement et les règles de construction sont très régulières. Avec un peu de pratique, il est possible de maîtriser les nombres les plus courants en quelques jours seulement.
Pour aller plus loin dans l’apprentissage du breton
Vous savez désormais compter en breton de 1 à 1000 et vous connaissez les principales règles qui permettent de construire la plupart des nombres. Avec un peu de pratique, ces mécanismes deviennent rapidement naturels.
L’apprentissage d’une langue ne se limite toutefois pas à la numération.
Pour progresser en brezhoneg, il est également utile de découvrir son alphabet, sa prononciation, les mutations consonantiques ou encore quelques mots et expressions du quotidien. Toutes ces notions se complètent et permettent de mieux comprendre le fonctionnement de cette langue celtique.
Si ce sujet vous intéresse, nous vous invitons à poursuivre votre découverte avec d’autres articles publiés sur NHU Bretagne, notamment :
- L’alphabet breton et la prononciation des lettres.
- Les mutations en breton, l’une des particularités les plus originales de la langue.
- Pourquoi apprendre le breton aujourd’hui ?
- Les mots bretons les plus utilisés au quotidien.
- Les langues parlées en Bretagne et leur histoire.
Enfin, si vous souhaitez réellement mémoriser les nombres, la meilleure méthode reste la pratique.
Essayez de lire les dates, les heures, les prix ou les numéros de téléphone en breton. Quelques minutes d’entraînement chaque jour suffisent pour acquérir progressivement les bons réflexes.
Compter en breton = Kontañ e brezhoneg

3 commentaires
L’exemple de 66 ans n’est pas très heureux, bloaz subit une mutation particulière: neuze e brezhoneg e vefe lavaret c’hwec’h vloaz ha tri-ugent – sellit ouzh ar reolenn : http://www.arkaevraz.net/dicobzh/index.php?hmut=1&ifr=&b_mut=2
§ évolution: Noter bloaz :
(ur) bloaz, daou vloaz, tri bloaz, pevar bloaz, pemp bloaz (sandhi /p/), c’hwec’h vloaz, seizh vloaz, eizh vloaz, nav bloaz, dek vloaz etc …, & mil bloaz,
Corrigé. Trugarez vras deoc’h
Je propose d’employer : divzek, teirzek, pederzek (au féminin donc).
Une langue vivante peut évoluer.