classement scolaire Europe _ Photo FreePik

Classement scolaire Europe : la France décroche

de NHU Bretagne

TIMSS, PISA, PIRLS : la France glisse lentement dans les classements européens

Le classement scolaire Europe publié à travers les études TIMSS, PISA et PIRLS montre désormais une réalité difficile à ignorer : la France recule dans plusieurs domaines fondamentaux. Mathématiques, lecture, compréhension écrite ou orthographe, plusieurs nations européennes dépassent désormais nettement l’Hexagone malgré des populations parfois beaucoup plus modestes.

En mathématiques, en lecture ou en compréhension écrite, plusieurs pays européens désormais mieux classés ont pourtant des populations bien plus modestes que l’Hexagone. Certains ressemblent même fortement à la Bretagne par leur taille démographique, leur identité culturelle ou leur histoire périphérique.

Les résultats de TIMSS 2023 ont particulièrement frappé l’opinion publique. La France se classe presque dernière parmi les pays européens comparables en mathématiques au collège. Dans plusieurs domaines fondamentaux, elle se retrouve désormais derrière l’Irlande, l’Estonie, la Finlande ou encore la Lituanie.

Et ce constat dépasse largement un simple problème de chiffres.

Pour mémoire, la Bretagne compte 5 millions d’habitants

TIMSS 2023 : la France presque au fond du classement européen en mathématiques

Le classement TIMSS mesure le niveau des élèves en mathématiques et en sciences. Les résultats publiés en 2023 ont provoqué un véritable choc en France.

Pour les élèves de 4e, la France obtient seulement 479 points en mathématiques. Elle arrive presque dernière parmi les pays européens participants.

À l’inverse, plusieurs petits pays européens affichent des performances impressionnantes

L’écart devient immense. Il ne s’agit plus d’une simple variation statistique. Désormais, certains pays européens dominent clairement la France dans les apprentissages fondamentaux.

Le plus inquiétant reste cependant le niveau des élèves en difficulté. Une part importante des collégiens français ne maîtrise plus correctement les bases du calcul, du raisonnement logique ou de l’algèbre élémentaire.

En lecture et en orthographe, la situation française reste fragile

La situation n’est guère meilleure concernant la lecture et la maîtrise de la langue.

L’étude PIRLS, qui mesure les capacités de lecture des élèves de primaire, place également plusieurs petits pays européens largement devant la France : Irlande (encore), Finlande, Pologne, Suède …

La France reste sous la moyenne européenne. Pourtant, elle possède l’un des systèmes éducatifs les plus centralisés et coûteux du continent.
De plus, les enseignants français constatent depuis longtemps une dégradation du niveau orthographique. Les fautes de conjugaison, les accords grammaticaux et les difficultés de compréhension écrite augmentent régulièrement.

Le problème touche désormais une partie importante des jeunes générations.

L’Estonie : le petit pays européen devenu une référence scolaire mondiale

Parmi les pays qui impressionnent le plus, l’Estonie occupe une place particulière.

Avec seulement 1,3 million d’habitants (Bretagne : 5 millions) , ce pays balte est devenu l’un des meilleurs systèmes éducatifs du monde. Dans plusieurs études PISA, les élèves estoniens arrivent désormais parmi les tout premiers en Europe.

Pourtant, l’Estonie :

  • est plus petite que la Bretagne,
  • possède une langue minoritaire à l’échelle européenne,
  • a retrouvé son indépendance seulement en 1991,
  • dispose de moyens financiers plus limités que la France.

Comment expliquer un tel succès ?

Le système estonien repose sur plusieurs principes simples :

  • priorité aux fondamentaux,
  • valorisation des enseignants,
  • autonomie locale,
  • numérique intelligent,
  • apprentissage progressif,
  • culture de lecture très forte.

L’Estonie démontre qu’un petit pays européen peut obtenir des résultats exceptionnels sans posséder une énorme population.
Imaginez un instant ce qu’une Bretagne autonome de 5 millions d’habitants pourrait réaliser si elle n’était pas contrainte par le pouvoir central. Imaginez …

L’Irlande : un pays de taille comparable à la Bretagne qui dépasse largement la France

Le cas irlandais mérite également l’attention.

Avec environ 5,3 millions d’habitants, la République d’Irlande possède une population proche de celle de la Bretagne et de plusieurs autres pays européens périphériques.
Pourtant, les résultats scolaires irlandais dépassent désormais très nettement ceux de la France.

Dans plusieurs études internationales :

  • l’Irlande figure parmi les meilleurs pays européens en lecture,
  • les élèves irlandais réussissent également très bien en mathématiques,
  • les écarts sociaux y restent souvent moins marqués.

Le contraste devient saisissant.

Pendant longtemps, l’Irlande était considérée comme un pays plus pauvre et moins développé que la France.
Aujourd’hui, elle attire pourtant des entreprises technologiques mondiales, développe massivement la recherche et forme des étudiants très compétitifs.

L’éducation joue évidemment un rôle central dans cette évolution.

Pourquoi ces petits pays européens réussissent-ils mieux ?

La question dérange parfois, mais elle mérite d’être posée clairement.
Pourquoi des pays plus petits, parfois moins riches, obtiennent-ils désormais de meilleurs résultats scolaires que la France ?

Plusieurs éléments reviennent régulièrement dans les analyses internationales.

Des programmes plus lisibles

Dans plusieurs pays européens performants, les programmes restent plus simples et progressifs. Les élèves consolident davantage les bases avant de passer à des notions complexes.

Une valorisation des enseignants

En Finlande ou en Estonie, le métier d’enseignant conserve un fort prestige social. Le recrutement reste exigeant, mais les professeurs bénéficient souvent d’une confiance plus importante.

Moins de centralisation

La France possède un système extrêmement centralisé. À l’inverse, plusieurs pays performants laissent davantage de liberté aux établissements et aux collectivités locales.

Une culture du livre plus forte

Dans les pays nordiques ou baltes, la lecture reste profondément ancrée dans les habitudes familiales et culturelles.

Une approche plus pragmatique

Enfin, plusieurs systèmes éducatifs européens semblent privilégier davantage l’efficacité concrète que les grandes réformes idéologiques permanentes.

L’éducation « nationale » dans l’Hexagone est une machine à broyer, dont le ministre de tutelle change pratiquement chaque année. En effet, pas moins de dix ministres se sont succédés dans les bureaux parisiens depuis 2017.

La France conserve une élite brillante… mais le niveau moyen baisse

Il faut cependant nuancer le tableau.
La France continue de produire d’excellents ingénieurs, de grands scientifiques, des chercheurs reconnus et des écoles supérieures prestigieuses. Mais les chercheurs, les ingénieurs et les scientifiques fuient ce pays qui s’étouffe.

Le problème concerne surtout le niveau moyen global : une partie croissante des élèves décroche progressivement des fondamentaux.
C’est d’ailleurs l’un des constats les plus fréquents dans les études internationales : les inégalités scolaires françaises figurent parmi les plus fortes d’Europe occidentale.

Le système parvient encore à produire quelques très bons élèves. En revanche, il peine davantage à faire progresser l’ensemble des jeunes générations. Et depuis dix ans, au moins, rien ni personne ne semble prendre ces problèmes à bras le corps.

La Bretagne peut-elle regarder vers ces modèles européens ?

Pour la Bretagne, ces comparaisons européennes soulèvent une réflexion intéressante.

Plusieurs pays aujourd’hui très performants présentent des caractéristiques proches :

  • forte identité culturelle,
  • taille démographique modérée,
  • périphérie géographique,
  • langues historiques,
  • ouverture maritime,
  • importance de la culture locale.

L’Irlande, l’Estonie ou la Finlande montrent qu’un « petit » pays européen peut parfaitement :

  • développer une éducation efficace,
  • valoriser sa culture,
  • préserver sa langue,
  • former des élèves compétitifs à l’échelle mondiale.

Ces exemples démontrent également qu’il n’existe pas de fatalité liée à la taille ou à la périphérie géographique.

Au contraire, certains petits pays semblent aujourd’hui plus agiles, plus réactifs et parfois plus efficaces que les grands États très centralisés.
L’Hexagone est devenu trop complexe, trop fermé, trop frileux, trop endetté, … Ce pays est déjà mort !
La Bretagne n’a que deux solutions : ou couler avec le bateau France ou quitter le navire au plus vite, pour sauver notre jeunesse, notre agriculture, notre économie, notre langue; … notre avenir.

Derrière les chiffres scolaires, une question de société

Les classements TIMSS, PIRLS ou PISA dépassent largement le simple domaine scolaire.
Ils interrogent aussi et peut-être surtout sur la transmission culturelle, la confiance collective, la capacité d’un pays à préparer l’avenir, le rapport au savoir et la cohésion sociale.

Lorsqu’un pays voit son niveau moyen reculer durablement, ce phénomène finit souvent par toucher l’économie, l’innovation, la recherche et la Démocratie elle-même.

À l’inverse, plusieurs petits pays européens montrent qu’il reste possible de bâtir des sociétés très éduquées malgré des moyens limités.

L’Europe du Nord et les petits pays européens redessinent la carte éducative du continent

Pendant longtemps, les grandes puissances d’Europe occidentale dominaient naturellement l’imaginaire éducatif européen.
Aujourd’hui, la situation évolue rapidement.

Les meilleurs résultats viennent désormais souvent des pays nordiques, des pays baltes, de l’Irlande bientôt réunifiée ou de petites nations européennes mieux organisées.

Cette évolution change profondément la géographie éducative du continent.

Et elle rappelle surtout une chose essentielle : la qualité d’un système scolaire ne dépend pas uniquement de la taille d’un pays ou de son poids historique.
Elle dépend avant tout de la stabilité des priorités collectives, du respect du savoir et de la capacité à transmettre efficacement les fondamentaux aux nouvelles générations.

Libertés bretonnes
La Bretagne ignore son vrai pouvoir

La France face à un choix historique

Le décrochage français n’est peut-être pas irréversible. Cependant, les signaux d’alerte s’accumulent depuis plusieurs années.
Mathématiques, lecture, orthographe, compréhension écrite : dans presque tous les domaines fondamentaux, plusieurs petits pays européens dépassent désormais clairement une France qui s’effondre de toutes parts.

Et beaucoup d’entre eux possèdent des populations comparables à celle de pays historiques comme la Bretagne.

Cette réalité devrait probablement pousser à une réflexion plus large sur :

  • l’organisation du système éducatif,
  • la centralisation,
  • la transmission culturelle,
  • et la place réelle accordée au savoir dans la société française contemporaine.

Car derrière les classements scolaires, c’est aussi la capacité d’un pays à préparer son avenir qui se joue.
Et clairement, l’avenir de la Bretagne et de sa jeunesse est ailleurs que dans cet Hexagone finissant.
Regardons les Gallois et les Écossais, et réfléchissons …

Luc’hskeudenn bennañ gant / Photo principale par Magnific ex.FreePik

Soutenez votre média breton !

Nous sommes indépendants, également grâce à vos dons.

A lire également

Une question ? Un commentaire ?

Recevez chaque mois toute l’actu bretonne !

Toute l’actu indépendante et citoyenne de la Bretagne directement dans votre boîte e-mail.

… et suivez-nous sur les réseaux sociaux :

Notre mission

NHU veut faire savoir à toutes et tous – en Bretagne, en Europe, et dans le reste du monde – que la Bretagne est forte, belle, puissante, active, inventive, positive, sportive, musicienne…  différente mais tellement ouverte sur le monde et aux autres.

Participez

Comment ? en devenant rédacteur ou rédactrice pour le site.
 
NHU Bretagne est une plateforme participative. Elle est donc la vôtre.