En Bretagne, ne touche pas à mon patrimoine

La Bretagne des calvaires et de l’intransigeance.

de Yvon OLLIVIER

La justice administrative en a décidé.
Le calvaire de Kerdalaes à Sant Divi n’a pas été rénové, mais simplement reproduit. Il doit donc être dégagé de son lieu d’emplacement originel depuis sa création en 1652.

La lecture intransigeante de la laïcité prônée par le requérant La Libre Pensée a emporté la conviction du tribunal administratif de Rennes / Roazhon.
En effet, le tribunal a décidé que ce calvaire est un emblème religieux édifié postérieurement à la loi de 1905 en ce qu’il ne s’agit pas d’une rénovation.

Mais le Tribunal aurait pu tirer de l’historicité de ce calvaire dont la partie supérieure a été reproduite à l’identique le droit à la remise en place sur son lieu d’origine. Pourquoi faut-il toujours en matière de laïcité retenir la lecture la plus intransigeante ?

Faut-il rappeler que la loi a reconnu le droit pour les communes de consentir un bail emphytéotique portant sur un bien immobilier leur appartenant en vue de son affectation à une association culturelle d’un édifice de culte ?

La loi de 1905 en quelques mots

Adoptée le 9 décembre 1905, la loi concernant la séparation des Églises et de l’État repose sur deux grands principes : la liberté de conscience et la neutralité de l’État à l’égard des religions.

Son article premier garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, sous réserve du respect de l’ordre public.

Son article 2 dispose que « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte », mettant fin au financement public des religions instauré par le Concordat.

Enfin, son article 28 interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer des signes ou emblèmes religieux sur les monuments publics ou les emplacements publics, tout en prévoyant plusieurs exceptions, notamment pour les édifices servant au culte, les terrains de sépulture, les monuments funéraires, les musées et les expositions.

Plus d’un siècle après son adoption, cette loi demeure l’un des fondements du principe français de laïcité.

On peut édifier de nouveaux lieux de culte sur le domaine public.

Et l’on ne pourrait pas remettre en place un calvaire breton datant de 1652 ?
Ainsi, les Bretons sont privés du droit de reproduire à l’identique leur patrimoine religieux.
Surtout, la dimension religieuse de ce calvaire n’épuise pas la question.

C’est de sauvegarde de notre patrimoine breton qu’il s’agit encore et c’est bien l’objectif poursuivi par l’AGIP Association Guipavas Identité et Patrimoine, porteuse du projet.

Qu’on le veuille ou qu’on déplore, notre patrimoine breton est largement d’essence religieuse ou spirituelle, avec ses menhirs, ses fontaines sacrées, ses chapelles et ses calvaires qui attendent leur consécration par l’Unesco.
Nos enclos paroissiaux figurent sur la liste intermédiaire de l’État central français, parmi les candidats à l’inscription au patrimoine immatériel de l’Unesco.

bouvron
Qui que tu sois, ne touche pas à mon patrimoine

Nos calvaires sont uniques au monde.

Au-delà de la dimension religieuse, ces calvaires nous parlent de nos anciens qui peuplèrent cette terre avant nous et qui l’ont marquée de leur foi et de leurs œuvres. Ils nous ramènent à nos racines.
L’enracinement est l’un des premiers besoins de l’âme soulignait la philosophe Simone Weil. La perte des racines voulue ou subie explique une grande part du mal être actuel.

Nos calvaires sont des œuvres d’art qui, à ce titre, doivent être protégées, reproduites le cas échéant et restituées dans leur environnement naturel.
Le pire dans cette affaire est que cette décision risque d’être instrumentalisée par l’extrême droite qui y voit déjà le mépris pour nos cultures d’Occident alors que l’islam multiplie la construction de mosquées en France.

Plus que jamais, nous avons besoin de nos racines bretonne, ne serait-ce que pour les partager et non pour les opposer à ceux qui viennent d’ailleurs.
La Bretagne n’a pas besoin d’intransigeance mais d’ouverture et de respect pour ses racines.

Soutenir NHU Bretagne via HelloAsso
Soutenir NHU Bretagne via PayPal
Soutenir NHU Bretagne via Tipeee

Soutenez votre média breton !

Nous sommes indépendants, également grâce à vos dons.

A lire également

4 commentaires

CHURIE-LE GOAL CHRISTINE 16 juillet 2026 - 19h18

C’est débile . Aller au TA pour un calvaire ! Cachez-moi ce calvaire que je ne saurais voir ! C’est tout ce qu’ils ont à faire à « La libre pensée. »C’est petit , pitoyable .

La guerre des calvaires aura-t-elle lieu ?

Répondre
Anne Merrien 17 juillet 2026 - 11h42

L’affaire est compliquée : le maire s’opposerait à ce que le calvaire original soit transféré à son emplacement historique, tandis que la justice administrative s’oppose à la mise en place d’une copie.

Répondre
Pierrot 26 juillet 2026 - 2h09

Je ne crois pas que le fait que la seule vidéo sur ce sujet provienne du PNB, par la voix du harki Jean-Baptiste Akli, alias Le Croustachon, soit en mesure de motiver les foules qui sont dégoûtées par ce type de gens.

Aucun Breton ne veut être représenté par lui.

Faites du ménage !

Répondre
Kadvael 27 juillet 2026 - 23h29

Laissez Le Croustachon ! Il fait ce qu’il peut !

Répondre

Une question ? Un commentaire ?

Recevez chaque mois toute l’actu bretonne !

Toute l’actu indépendante et citoyenne de la Bretagne directement dans votre boîte e-mail.

… et suivez-nous sur les réseaux sociaux :

Notre mission

NHU veut faire savoir à toutes et tous – en Bretagne, en Europe, et dans le reste du monde – que la Bretagne est forte, belle, puissante, active, inventive, positive, sportive, musicienne…  différente mais tellement ouverte sur le monde et aux autres.

Participez

Comment ? en devenant rédacteur ou rédactrice pour le site.
 
NHU Bretagne est une plateforme participative. Elle est donc la vôtre.
 
Yes.bzh