Canal de Nantes à Brest photo NHU Bretagne

Le Canal de Nantes à Brest : guide complet pour découvrir la Bretagne intérieure

de Rémy PENNEG

Sommaire

Qu’est-ce que le Canal de Nantes à Brest ?

On appelle Canal de Nantes à Brest un ensemble fluvial d’une succession de portions de canaux et de rivières plus ou moins naturelles. « Plus ou moins naturelles » parce que ces rivières, qui furent vraiment naturelles, ont été plus ou moins creusées lors de la réalisation du Canal de Nantes à Brest pour faciliter le passage des navires. Cette succession de rivières et de canaux débute au centre de Nantes / Naoned, la plus grande ville de Bretagne au sud du pays, et traverse toute la Bretagne en diagonale, pour déboucher sur la partie maritime de l’Aulne avant son entrée en Rade de Brest.

Le Canal de Nantes à Brest, pris dans sa globalité, est un site extraordinaire, une des voies d’eau fluviale parmi les plus remarquables d’Europe, et on va vous expliquer pourquoi.

Canal de Nantes à Brest
Canal de Nantes à Brest – carte de Bretagne

Pourquoi avoir creusé ce Canal de Nantes à Brest ?

Ce sont les États de Bretagne qui font creuser ce qu’on peut considérer comme le premier kilomètre du futur Canal de Nantes à Brest, en 1538. La Bretagne vient d’être annexée par la France mais conserve un statut d’autonomie. Les premiers creusements se déroulent entre Rennes / Roazhon et la Vilaine maritime via Redon. Il s’agit alors de développer le commerce breton par une voie sécurisée de la capitale bretonne jusqu’à la mer.

Plus tard, l’idée de creusement d’un canal est de mettre tout point du Kreiz Breizh (centre du pays) à moins d’un quart d’heure d’une voie d’eau. Pour les quelques 2700 kilomètres, c’est plus facile. Pour toute la partie intérieure, l’Argoat, le gouvernement breton de l’époque imagine ce canal transversal.

Finalement ce seront les blocus militaires des Anglais qui finiront par convaincre Napoléon Ier d’entreprendre le grand chantier du Canal de Nantes à Brest, pour pouvoir approvisionner en vivres et munitions ce dernier port cité en partant de Nantes, l’autre grand port maritime breton, sans passer par la mer sous domination anglaise.

Le gouvernement de Bretagne pensait économie de la Bretagne avant la Révolution française et la perte de son autonomie, quand l’état central pensait à ses intérêts militaires en se servant de la Bretagne.

Une idée bretonne devenue un chantier napoléonien

L’histoire du Canal de Nantes à Brest ne commence pas avec Napoléon.
Elle débute en réalité plusieurs siècles auparavant. Dès le XVIe siècle, les autorités bretonnes réfléchissent à améliorer les communications à l’intérieur du pays. À cette époque, les déplacements terrestres sont lents et difficiles. Les routes sont souvent en mauvais état, particulièrement dans l’intérieur de la Bretagne.

En 1538, les États de Bretagne financent les premiers aménagements permettant de relier Rennes / Roazhon à la Vilaine maritime via Redon. L’objectif est alors essentiellement économique. Il s’agit de faciliter les échanges entre les différentes régions de Bretagne et d’offrir aux marchands un accès plus rapide aux grands ports du pays.

Durant les siècles suivants, l’idée d’une grande voie d’eau traversant la Bretagne continue de progresser. Les ingénieurs observent les vallées de l’Erdre, de l’Isac, de l’Oust, du Blavet, de l’Hyères et de l’Aulne. Peu à peu, un projet prend forme : relier entre eux ces cours d’eau afin de créer une véritable colonne vertébrale fluviale bretonne.

Cependant, le chantier reste longtemps à l’état de projet. Les moyens techniques sont limités et les investissements nécessaires sont considérables. Il faut attendre le début du XIXe siècle pour que la situation évolue.

À cette époque, la marine britannique domine les mers.

Les guerres napoléoniennes perturbent fortement les échanges maritimes. Brest, principal port militaire sur l’Atlantique, subit régulièrement le blocus de la Royal Navy. Pour Napoléon Ier, disposer d’une liaison intérieure entre Nantes / Naoned et Brest devient alors une priorité stratégique.

En 1811, l’empereur lance officiellement les grands travaux. Des milliers d’ouvriers participent au chantier. Parmi eux figurent des prisonniers de guerre espagnols, des travailleurs recrutés localement et des paysans réquisitionnés. Les conditions de travail sont particulièrement difficiles. Tout est réalisé à la main, à la pelle, à la pioche et à la brouette.

Le chantier se poursuit pendant près d’un demi-siècle.
Il faut creuser des canaux, construire des écluses, édifier des ponts et aménager des biefs de partage capables d’alimenter l’ensemble du réseau. Lorsque l’ouvrage est finalement achevé au milieu du XIXe siècle, la Bretagne dispose alors de l’un des plus impressionnants réseaux fluviaux d’Europe.

Aujourd’hui encore, le Canal de Nantes à Brest témoigne de cette ambition exceptionnelle. Il constitue à la fois un exploit technique, un héritage historique majeur et l’un des plus grands ouvrages de génie civil jamais réalisés en Bretagne.

Où démarre le Canal de Nantes à Brest ?

Comme son nom l’indique, le Canal de Nantes à Brest commence à Nantes / Naoned, en Loire Atlantique dans le sud du pays.
Le Canal de Nantes à Brest commence par emprunter l’Erdre, rivière d’une centaine de kilomètres qui vient se jeter dans la Loire, entre Nort sur Erdre / Enozh et Nantes / Naoned.

Canal de Nantes à Brest
Canal de Nantes à Brest – Quais de Nantes – ©NHUBretagne

Quelle est la longueur du Canal de Nantes à Brest ?

Officiellement, la longueur du Canal de Nantes à Brest est de 364 kilomètres, de la première écluse Saint Félix à Nantes / Naoned, jusqu’à la dernière écluse de Guily Glas / Ar Gilli C’hlas près de Châteaulin / Kastellin.
Ainsi, le Canal de Nantes à Brest traverse toute la Bretagne.
De son port le plus important au sud du pays, jusqu’à son deuxième port maritime en importance, face à la Mer Celtique. Cette diagonale zigzague souvent en méandres, ce qui allonge d’autant la longueur totale de l’ouvrage.

Combien d’écluses sur le Canal de Nantes à Brest ?

Cela peut paraître incroyable mais le Canal de Nantes à Brest compte 238 écluses. En fait, nulle part ailleurs dans le monde, n’existe un canal fluvial avec autant d’écluses sur une telle distance. La première écluse est l’écluse de Saint Félix dans la ville de Nantes, et la dernière celle du Guily Glas / Ar Gilli C’hlas.

En fait les écluses sont numérotées de 1 à 237, mais il existe une écluse à Redon une écluse numérotée 17bis.

Ces écluses sont pour la plupart de véritables oeuvres de génie civil.
Il faut penser aux conditions de construction de ces monumentales constructions à l’époque de la réalisation du Canal de Nantes à Brest. Sur un tronçon du canal, certaines écluses se suivent tous les cent mètres, ce qui ajoute à la dimension impressionnante de ces constructions.

Canal de Nantes à Brest
Canal de Nantes à Brest – détails d’une écluse – ©NHUBretagne

Combien de rivières se jettent dans le Canal de Nantes à Brest ?

Sur toute la longueur, huit rivières et gros ruisseaux se jettent dans le Canal de Nantes à Brest.
D’abord l’Erdre vers Nantes / Naoned , puis l’Isac, l’Oust, le Blavet, le Doré, le Kergoat, l’Hyères et l’Aulne / Ster Aon.
Ce sont ces cours d’eau qui alimentent le canal afin de maintenir autant que possible le niveau et la débit pour permettre la navigation fluviale.

Tout savoir sur les rivières et les fleuves de Bretagne

Ouvrages annexes au Canal de Nantes à Brest.

Pour relier deux rivières naturelles coulant dans leurs vallées respectives, et séparées de hauteurs plus ou moins élevées, les ingénieurs ont dû organiser trois biefs de partage. Ces biefs de partages du Canal de Nantes à Brest sont Bout du Bois (altitude : 20 mètres), Hilvern (altitude : 129 mètres) et Glomel / Groñvel (altitude : 184 mètres).

Pour alimenter ces biefs de partage, il aura fallu construire trois barrages de retenue : Vioreau a une capacité de huit millions de litres d’eau, Bosméléac / Bosveleag et Korong de trois millions de litres chacun.

Canal de Nantes à Brest
Canal de Nantes à Brest – bief de partage

Que sont les maisons éclusières du Canal de Nantes à Brest ?

Parmi les autres ouvrages remarquables le long du Canal de Nantes à Brest, il y a normalement une maison éclusière à chaque écluse le long du Canal de Nantes à Brest. Mais actuellement, seulement 163 maisons éclusières sont encore en activités.

Autrefois, la maison éclusière abritait l’éclusier et sa famille. Cet éclusier avait la charge des manoeuvres des portes éclusières pour les nombreux passages de bateaux. Il était également en charge de l’entretien courant de l’écluse. Certaines maisons éclusières étant assez isolées, la famille de l’éclusier entretenait un potager, élevait quelques animaux et pêchait pour améliorer sa subsistance.

Aujourd’hui, quelques maisons éclusières ont été transformé  en lieux d’exposition ou en centre d’hébergement. De nombreuses sont devenues des propriétés privées, souvent d’Anglais ou d’Irlandais.

Le Canal de Nantes à Brest et sa riche biodiversité

Les quelques 364 kilomètres du Canal de Nantes à Brest nous offrent une biodiversité très riche qu’il faut absolument préserver.

Déjà 614 espèces animales ont été recensées sur l’ensemble des canaux de Bretagne, très majoritairement le long du Canal de Nantes à Brest. Des mammifères bien sûr, de la chauve-souris à la loutre, mais également de très nombreux oiseaux qui y trouvent un milieu tranquille pour y nicher et y vivre. Des poissons bien sûr : perches, anguilles, saumon migrateur
Sans oublier les batraciens et la foultitude d’insectes, dont de très beaux papillons.
On y trouve même quelques ratons-laveurs !

Pour la flore, les recensements font état de plus de sept cents espèces végétales, dont malheureusement une trentaine sont menacées.
Le Canal de Nantes à Brest est un milieu fragile. Vous qui allez l’emprunter, à pied, à vélo ou en bateau, respectez-le, ainsi que son environnement et sa riche biodiversité.

Le Canal de Nantes à Brest en chiffres

Longueur totale : 364 kilomètres.

Nombre d’écluses : 238.

Départements traversés : 5.

Point culminant : Glomel / Groñvel (184 mètres).

Début des travaux napoléoniens : 1811.

Mise en service progressive : XIXe siècle.

Maisons éclusières encore présentes : plus de 160.

Espèces animales recensées le long des canaux bretons : plus de 600.

Combien aurait coûté la construction du Canal de Nantes à Brest ?

Construit dans la première moitié du XIXe siècle, il est assez difficile de dire avec précision le coût de construction de ce Canal de Nantes à Brest. Cependant, il existe des chiffres : 160 millions de francs-or de 1860. On pourrait traduire ce montant de 1860 par quelques 240 millions d’euros d’aujourd’hui. Ramené au kilomètre de canal, écluses incluses, le coût serait d’environ un million d’euros.

A titre de seule comparaison, aujourd’hui le budget annuel cumulé des cinq mêmes départements qui composaient déjà la Bretagne à cette époque atteint à peine cinq milliards d’euros. Le budget de la région administrative dite de Bretagne atteint péniblement 1,7 milliard d’euros. Quand celui du Pays de Galles atteint les onze milliards d’euros. Pour un pays d’une superficie et d’une population d’un tiers moindre.

Qui a construit le Canal de Nantes à Brest ?

Ce sont des prisonniers de guerre espagnols qui creusent dès 1811.
Puis des paysans des alentours, ceux-là même que l’état central vient d’exproprier. Autant dire que ces ouvriers, voire bagnards, ne mettront pas beaucoup d’entrain à l’ouvrage. Les conditions de travail sont extrêmement pénibles durant toute la durée du chantier. Il faut rappeler que tous les travaux de terrassements furent entièrement réalisé à la main, à la pioche, à la pelle, à la hotte et à la lourde brouette de bois.

Sur le chemin de halage en construction, la terre et la roche sont évacués par des tombereaux que tirent de solides chevaux. Tout est humide, été comme hiver; et détrempé le plus souvent. Les conditions de vie, ou de survie, ne sont guère meilleures. Les ouvriers bagnards sont hébergés dans des camps très proches, dans des conditions de confort et de promiscuité dignes de prisons, gardés par des gendarmes.
Malgré cette surveillance ce tout instant, les évasions sont nombreuses. Les maladies et les accidents font partie du quotidien de ces bougres.

On estime que pour construire les écluses et autres ouvrages, le cubage de pierre utilisé est d’environ 2,3 millions de mètres cubes. C’est autant de pierres qu’il aura fallu aux Égyptiens pour construire la pyramide de Kéops.

Canal de Nantes à Brest
Canal de Nantes à Brest – brume matinale – ©NHUBretagne

Quand a commencé la construction du Canal de Nantes à Brest ?

La construction du Canal de Nantes à Brest a précisément commencé le 07 Septembre 1811 à l’écluse du Guily Glaz / Ar Gilli C’hlas. Au même moment, sous l’impulsion de Napoléon, commence le creusement d’un tronçon de huit kilomètres du bief de partage du Bout du Bois entre Redon et Nantes / Naoned.

Peut-on longer en vélo le Canal de Nantes à Brest ?

Oui, absolument.
Il existe un chemin de halage tout au long du Canal de Nantes à Brest.
Selon les départements et les communes traversés, ce chemin de halage est plus ou moins praticable en vélo. Il n’est pas rare de rencontrer quelques ornières. Quoiqu’il en soit, à part quelques secteurs parfaitement équipés, le cycliste qui longe le Canal de Nantes à Brest doit rester vigilant et prudent. Le canal traverse parfois des villes et des villages, où les conditions de circulation pour un vélo sont meilleures.

Entre Carhaix / Karaez au centre du pays, et Nantes / Naoned, sur la Loire, le tracé de la Vélodyssée emprunte le halage du Canal de Nantes à Brest. Cette Vélodyssée est un des plus importants itinéraires cyclistes d’Europe, d’Espagne à la Grande Bretagne sur plus de 1300 kilomètres, en passant donc par la (Petite) Bretagne.

Peut-on faire du bivouac le long du Canal de Nantes à Brest ?

Il y a peu d’aires spécialement conçues pour pratiquer le bivouac le long du Canal de Nantes à Brest.
Cependant, et à condition de rester discret, c’est un vrai plaisir de bivouaquer au bord du canal.
Il y a toujours quelques mètres carrés pour poser sa petite tente ou son tarp, et pour s’allonger pour écouter la nature environnante. Évitez de faire du feu, de casser des branches et en partant le lendemain matin, ne laissez rien traîner derrière vous.

Canal de Nantes à Brest
Canal de Nantes à Brest – bivouac – ©NHUBretagne

Combien de jours faut-il pour longer le Canal de Nantes à Brest ?

Cela dépend de votre forme physique et de votre projet. Voulez-vous prendre le temps le long d’un des plus beaux canaux d’Europe, ou avez-vous un temps imparti précis ?
Avez-vous un gros sac à dos ou une cariole derrière votre vélo ?

Le chemin de halage du Canal de Nantes à Brest est plat sur toute sa longueur. C’est là un incomparable avantage pour le randonneur.

A pied, en prenant son temps, sur une base de 25 à 30 kilomètres quotidiens, vous mettrez treize jours pour aller de Nantes / Naoned à la dernière écluse au début de l’Aulne maritime. En vélo, selon votre équipement et votre qualité de cycliste, vous mettrez une petite semaine.

Peut-on naviguer sur le Canal de Nantes à Brest ?

Oui, certaines portions du Canal de Nantes à Brest sont aménagées pour pratiquer le bateau.
La navigation fluviale sur le Canal de Nantes à Brest est en général ouverte sur les tronçons accessibles des vacances de Pâques à la mi Octobre.

Canal de Nantes à Brest
Canal de Nantes à Brest – miroir, mon beau miroir- ©NHUBretagne

Quelle est la profondeur du Canal de Nantes à Brest ?

C’est évidemment, comme vous l’imaginez, très variable. La profondeur du Canal de Nantes à Brest peut varier selon les conditions météorologiques, entre étés très secs et hivers très pluvieux. Le Canal de Nantes à Brest déborde régulièrement de son lit à certains moments.

Là où le Canal de Nantes à Brest est le plus profond c’est dans la fameuse Tranchée de Glomel / Groñvel. Cette tranchée a été creusée à main d’homme durant neuf longues années, sur trois kilomètres et large de cent mètres. Là, la profondeur d’eau est d’environ vingt trois mètres.

Les plus beaux sites à découvrir le long du Canal de Nantes à Brest

Long de 364 kilomètres, le Canal de Nantes à Brest traverse certains des plus beaux paysages de Bretagne.
Entre villes historiques, châteaux, vallées boisées, villages de caractère et ouvrages d’art remarquables, chaque portion possède sa propre personnalité. Voici dix sites incontournables à découvrir le long de cet exceptionnel itinéraire fluvial.

Nantes / Naoned, point de départ du canal

Le Canal de Nantes à Brest débute au cœur de Nantes / Naoned, la plus importante ville de Bretagne.
L’écluse Saint Félix marque le véritable départ de cette grande aventure fluviale. Avant de quitter la ville, les promeneurs peuvent profiter des quais de l’Erdre, régulièrement considérée comme l’une des plus belles rivières de Bretagne.

Redon, le grand carrefour fluvial breton

Redon occupe une position stratégique unique. La ville se situe à la rencontre de la Vilaine, de l’Oust et du Canal de Nantes à Brest. Depuis des siècles, elle constitue un important centre d’échanges commerciaux. Son port, ses quais et son abbaye témoignent encore aujourd’hui de cette riche histoire fluviale.

Malestroit / Malastred, la perle de l’Oust

Classée parmi les plus belles petites cités de Bretagne, Malestroit / Malastred séduit par ses maisons anciennes, ses ruelles pavées et son agréable port fluvial. Le canal traverse ici un environnement particulièrement paisible qui attire chaque année de nombreux randonneurs et cyclistes.

Josselin / Josilin et son château dominant le canal

Peu de sites offrent une image aussi spectaculaire que Josselin / Josilin.
Son imposant château se reflète dans les eaux du canal tandis que la basilique et les maisons à colombages complètent un ensemble patrimonial remarquable. Pour beaucoup, il s’agit de l’un des plus beaux panoramas de toute la Bretagne intérieure.

Rohan / Roc’han, au cœur du canal

La petite cité de Rohan / Roc’han entretient depuis toujours une relation étroite avec le canal. Son port, ses écluses et ses chemins de halage offrent une atmosphère typiquement bretonne. Le secteur constitue également un excellent point de départ pour découvrir les paysages du centre Bretagne.

Pontivy / Pondi, la ville voulue par Napoléon

Pontivy / Pondi occupe une place particulière dans l’histoire du canal. Sous l’impulsion de Napoléon Ier, la ville devait devenir un centre administratif et militaire majeur. Son quartier napoléonien, ses larges avenues et son château médiéval en font une étape incontournable.

L’abbaye de Bon Repos

Située dans un écrin de verdure, l’abbaye de Bon Repos est l’un des joyaux patrimoniaux du Canal de Nantes à Brest. Fondée au XIIe siècle en Bretagne indépendante, elle domine un secteur particulièrement apprécié des promeneurs. Les anciennes pierres de l’abbaye contrastent avec la douceur des paysages environnants.

Le lac de Gwerledan, site emblématique de Bretagne

Le quatrième plus grand lac de Bretagne constitue aujourd’hui l’un des sites touristiques majeurs du pays. Ses rives boisées, ses plages et ses points de vue attirent chaque année des milliers de visiteurs. Sous les eaux du lac reposent également plusieurs anciennes portions du Canal de Nantes à Brest, englouties lors de la construction du barrage.

Carhaix / Karaez, au cœur du Kreiz Breizh

Située au centre géographique de la Bretagne, Carhaix / Karaez est une étape importante pour les randonneurs et les cyclistes. La ville possède un riche passé gallo-romain et constitue un excellent point de départ pour explorer le Kreiz Breizh et les Montagnes Noires.

Châteaulin / Kastellin, porte de l’Aulne maritime

À l’approche de la rade de Brest, le canal rejoint progressivement l’Aulne maritime.
Châteaulin / Kastellin marque cette transition entre les eaux intérieures et les paysages maritimes de Bretagne occidentale. La ville offre de belles promenades le long des quais et constitue souvent la dernière grande étape avant la fin du parcours.

De Nantes / Naoned à Châteaulin / Kastellin, le Canal de Nantes à Brest traverse ainsi une remarquable diversité de paysages et de patrimoines. Chaque étape raconte une partie de l’Histoire de la Bretagne et contribue à faire de cette voie d’eau l’un des plus beaux itinéraires de découverte du pays.

Le barrage de Gwerledan a coupé le Canal de Nantes à Brest en deux

Lors de son inauguration au XIXe siècle, il était possible de naviguer sans interruption entre Nantes / Naoned et l’Aulne maritime. Cette situation a cependant changé au début du XXe siècle avec la construction du barrage de Guerlédan / Gwerledan (lorsque le nom original en breton est suffisamment approchant du nom francisé, nous n’écrivons que le nom original en brezhoneg).

Mis en service en 1930, ce barrage hydroélectrique est alors présenté comme un symbole de modernité. Il permet de produire de l’électricité pour une partie de la Bretagne. Cependant, sa construction entraîne une conséquence majeure : plusieurs kilomètres du Canal de Nantes à Brest sont engloutis sous les eaux du futur lac de Gwerledan.

Le nouvel ouvrage interrompt définitivement la navigation sur l’ensemble du canal. Depuis lors, il n’est plus possible de parcourir intégralement le Canal de Nantes à Brest en bateau. Les navigateurs doivent s’arrêter de part et d’autre du lac.

Sous les eaux de Gwerledan reposent encore aujourd’hui plusieurs écluses, maisons éclusières, portions de halage et ouvrages d’art construits au XIXe siècle. Ces vestiges réapparaissent temporairement lors des vidanges exceptionnelles du lac. Les visiteurs peuvent alors découvrir un paysage spectaculaire souvent comparé à une cité engloutie.

Si le barrage a mis fin à la continuité de la navigation, il a également donné naissance à l’un des sites touristiques les plus fréquentés de Bretagne. Le lac de Gwerledan attire aujourd’hui randonneurs, cyclistes, plaisanciers et amateurs de sports nautiques.

Paradoxalement, ce qui constitue la principale rupture du Canal de Nantes à Brest est également devenu l’un de ses paysages les plus célèbres. Entre patrimoine industriel, mémoire du canal et tourisme de nature, Gwerledan occupe désormais une place unique dans l’histoire de cette grande voie d’eau bretonne.

Où peut-on dormir le long du Canal de Nantes à Brest ?

On trouve toujours de quoi dîner et dormir le long du Canal de Nantes à Brest.
Le canal traverse des villes et des villages qui proposent différents types d’hébergement, de l’hôtel à la maison communale. En vous éloignant un peu du canal, et donc en montant sur ces rives, vous pouvez rencontrer des gîtes et des campings. Et si vous êtes équipés, il vous reste la possibilité de bivouaquer.
En saison estivale et durant les jours fériés, il est conseillé de réserver à l’avance son hébergement.

Canal de Nantes à Brest
Canal de Nantes à Brest – Lac de Guerlédan – ©NHUBretagne

Le Canal de Nantes à Brest va t-il vraiment de Nantes à Brest ?

Non, pas tout à fait.
Le Canal de Nantes à Brest commence bien à Nantes / Naoned mais ne va pas réellement jusqu’à Brest.
L’écluse du Guily Glaz / Ar Gilli C’hlas, la numéro 238, est installée à Port Launay / Meilh ar Wern, au début de l’Aulne maritime.
A partir de là, l’Aulne est sauvage et ne nécessitait pas de travaux de canalisation pour les navires. C’est toujours le cas. A partir de cette dernière écluse, l’Aulne serpente jusqu’à son embouchure dans le fond de la Rade de Brest, face à Landevenneg et à sa réputée abbaye millénaire.
Puis c’est la Rade de Brest.
A pied ou en vélo, vous pouvez aller jusqu’à cette écluse de Guily Glaz / Ar Gilli C’hlas. Plus après.

Pourquoi dit-on Canal de Nantes à Brest et non pas Canal de Brest à Nantes ?

Il y a plusieurs explications plausibles pour répondre à cette question.
Notre réponse est la suivante.
Dans l’esprit de Napoléon Ier qui est celui qui a réellement commencé le grand chantier, il s’agissait d’acheminer au départ du port breton de Nantes / Naoned, des marchandises, des vivres et des munitions aux troupes militaires à Brest qui subissaient le blocus naval des Anglais au large du Finistère.
On allait donc de Nantes à Brest !

Canal de Nantes à Brest
Canal de Nantes à Brest – guides de randonnée

Le Canal de Nantes à Brest a-t-il contribué à rapprocher les Bretons ?

Au-delà de ses fonctions économiques et militaires, le Canal de Nantes à Brest a également joué un rôle important dans l’histoire humaine de la Bretagne. Avant l’arrivée du chemin de fer puis de l’automobile, il constituait l’un des rares axes de circulation permettant de traverser une grande partie du pays.

Au XIXe siècle, les déplacements restent lents et parfois difficiles. Les routes sont souvent médiocres, particulièrement dans les régions les plus rurales du centre Bretagne. Le canal offre alors une alternative plus régulière pour le transport des marchandises, mais également pour les déplacements des personnes.

Grâce à cette voie d’eau, des produits agricoles, du bois, des ardoises, du sable, du charbon ou encore des matériaux de construction circulent entre différentes régions bretonnes. Les échanges deviennent plus fréquents. Des populations qui vivaient parfois relativement isolées se retrouvent davantage connectées aux grands centres urbains.

Le Canal de Nantes à Brest contribue également à l’ouverture du Kreiz Breizh.

Longtemps éloigné des grands ports et des principaux axes commerciaux, le centre de la Bretagne bénéficie alors d’une liaison directe avec Nantes / Nantes, Redon, Pontivy / Pondi ou encore Châteaulin / Kastellin. Le canal participe ainsi à l’intégration économique de nombreuses communes rurales.

Les maisons éclusières, les ports fluviaux et les haltes de navigation deviennent autant de lieux de rencontres. Bateliers, commerçants, artisans et voyageurs se croisent quotidiennement le long du parcours. De nouveaux échanges humains et culturels se développent progressivement.

Aujourd’hui, le rôle du canal a profondément changé. Les péniches de marchandises ont disparu. Cependant, le Canal de Nantes à Brest continue de relier symboliquement les différentes régions de Bretagne. Les randonneurs, les cyclistes et les plaisanciers empruntent désormais cet itinéraire qui traverse successivement la Loire Atlantique, le pays de Redon, le pays de Pontivy / Pondi, le Kreiz Breizh et la vallée de l’Aulne.

Peu d’ouvrages permettent ainsi de parcourir la Bretagne sur une aussi longue distance tout en découvrant la diversité de ses paysages, de ses villes et de son patrimoine. Plus de deux siècles après le début de sa construction, le Canal de Nantes à Brest demeure l’un des plus puissants traits d’union entre la Bretagne orientale et la Bretagne occidentale.

Le Canal de Nantes à Brest : guides de randonneur

Nous avons sélectionné deux ouvrages indispensables pour longer le Canal breton de Nantes à Brest, que ce soit à pied, en vélo, à cheval ou en bateau

  • Le Canal de Nantes à Brest, Guide du Randonneur, Collection Miam Miam Dodo, Les Éditions du Vieux Crayon.

    Des croquis pour chaque étape, des adresses utiles, des informations diverses, des conseils … C’est vraiment le guide de base pour randonner le long du Canal de Nantes à Brest.

    Petit souci : il devient très difficile à trouver. Renseignez vous chez l’éditeur : www.levieuxcrayon.com
  • Canal de Nantes à Brest et Le Blavet, Tourisme Bretagne

    Guide moins détaillé que le précédent mais malgré tout très utile.

    Édité par www.tourismebretagne.com

Visitez notre galerie photos que nous lui consacrons …

Retrouvez le Canal de Nantes à Brest en (belles) photos dans cette galerie que nous lui consacrons.
Si vous souhaitez y exposer vos plus belles photographies du Canal de Nantes à Brest, contactez-nous et on les exposera en votre nom. Merci / Trugarez

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4 commentaires

Io 4 mai 2025 - 15h37

Super article, présentation claire et bonne contextualisation

Répondre
nhu Bretagne nhu Brittany
NHU Bretagne 4 mai 2025 - 17h23

Trugarez deoc’h

Répondre
Bourlay gwenhael 24 février 2026 - 17h39

De quel sans coule le canale de nente a breste

Répondre
Penn kaled 8 juin 2026 - 11h24

Imaginez ce projet aujourd’hui, je vois toutes les organisations écologistes vent debout, pourtant on ne peut pas dire que cet ouvrage a été dégradant pour l’environnement. Il en va de même par exemple pour le barrage de Guerlédan, aujourd’ hui vu les oppositions sa construction serait impossible, et pourtant on le voit bien la nature reprend ses droits.

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