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Le kilt breton : histoire, légendes et renaissance des tartans de Bretagne
Le kilt est généralement associé à l’Écosse.
Pourtant, depuis plusieurs décennies, il est également présent en Bretagne. Lors des festivals celtiques, des défilés ou des rassemblements culturels, il n’est plus rare d’apercevoir des Bretons portant un kilt aux couleurs de leur pays historique.
Cette pratique intrigue souvent les visiteurs.
Existe-t-il réellement un kilt breton ?
S’agit-il d’une tradition ancienne ou d’une création récente ?
Quel rôle Marie Stuart aurait-elle joué dans cette histoire ?
Enfin, pourquoi les neuf pays historiques de Bretagne possèdent-ils aujourd’hui leurs propres tartans ?
Entre histoire, légende et renaissance culturelle, le sujet mérite que l’on s’y attarde.
Quand Bretagne et Écosse partageaient une même mer
Bien avant la naissance des États modernes, les peuples celtiques de la façade atlantique entretenaient déjà des relations étroites. La Bretagne et l’Écosse faisaient partie d’un vaste espace maritime où circulaient marchands, marins, soldats et religieux.
Au Moyen Âge, les échanges étaient fréquents entre les ports bretons et écossais. Des familles nobles entretenaient également des liens de part et d’autre de la mer. Par ailleurs, plusieurs dynasties écossaises revendiquaient des origines bretonnes plus ou moins lointaines.
Les Bretons et les Écossais partageaient aussi un héritage culturel commun.
Tous deux appartenaient au monde celtique. De plus, leurs langues, leurs traditions et leurs récits populaires présentaient de nombreuses ressemblances.
Ainsi, lorsque l’on évoque aujourd’hui les liens entre Bretagne et Écosse, il ne s’agit pas d’une invention récente. Ces relations s’inscrivent dans une histoire pluriséculaire.
Marie Stuart et son arrivée à Roscoff
L’un des épisodes les plus célèbres de cette histoire commune remonte à l’année 1548. Quelques années seulement après l’annexion de la Bretagne par son voisin français.
À cette époque, la jeune reine d’Écosse Mary Stuart est menacée par les ambitions anglaises. Afin d’assurer sa sécurité, il est décidé de l’envoyer en France où elle doit être élevée à la cour royale.
Au mois d’août 1548, une flotte quitte l’Écosse. Après une traversée difficile, les navires atteignent finalement la Bretagne. La future reine débarque alors à Roscoff / Rosko, sur la côte nord du pays.
Cet événement est parfaitement documenté par les historiens. Il constitue encore aujourd’hui l’un des symboles les plus connus des relations entre la Bretagne et l’Écosse.
Pendant plusieurs semaines, la jeune souveraine séjourne en terre bretonne avant de poursuivre sa route vers la cour parisienne. Selon de nombreux récits locaux, elle aurait gardé un souvenir particulièrement favorable de l’accueil reçu dans le pays.
La légende du droit au kilt
C’est ici qu’apparaît l’une des plus célèbres légendes bretonnes.
Selon une tradition populaire largement diffusée dans certains cercles culturels, Marie Stuart aurait accordé aux Bretons le droit de porter le kilt en remerciement de l’hospitalité dont elle avait bénéficié lors de son passage à Roscoff / Rosko.
L’histoire est séduisante. Elle renforce les liens symboliques entre les deux nations celtiques.
Cependant, certains historiens demeurent prudents.
À ce jour, aucun document connu ne confirme officiellement l’existence d’un tel privilège.
Aucun texte royal ni aucune archive ne permettent de démontrer qu’une telle autorisation a réellement été accordée.
Pour autant, cette légende continue de vivre. Elle est régulièrement évoquée dans les festivals, les rassemblements celtiques et certains ouvrages consacrés aux relations entre la Bretagne et l’Écosse.
Même sans preuve définitive, elle participe désormais à l’imaginaire collectif breton.
Les Bretons portaient-ils un kilt autrefois ?
La réponse est généralement non.
Contrairement aux Highlands écossais, la Bretagne ne possède pas de tradition historique attestée de port du kilt comparable à celle de l’Écosse.
Les costumes bretons traditionnels étaient très différents.
Chaque pays possédait ses propres coiffes, ses propres broderies et ses propres vêtements. Les hommes portaient généralement des vestes, des gilets, des pantalons ou des braies selon les périodes.
Cependant, il faut éviter les simplifications excessives.
Dans plusieurs régions d’Europe occidentale, des vêtements drapés ou proches de la tunique ont existé à différentes époques. Néanmoins, rien ne permet d’affirmer qu’un vêtement identique au kilt écossais ait été porté de manière traditionnelle en Bretagne.
Le kilt breton actuel relève donc davantage d’une réappropriation culturelle moderne que d’une continuité historique directe.
La naissance des tartans bretons
Le véritable essor du kilt breton est relativement récent.
À partir de la seconde moitié du XXe siècle, plusieurs passionnés de culture celtique souhaitent renforcer les liens entre la Bretagne et les autres nations celtiques. Ils s’inspirent alors du modèle écossais des tartans.
Peu à peu apparaissent des motifs spécifiques à la Bretagne. Certains reprennent les couleurs du Gwen ha Du. D’autres s’inspirent des paysages, des traditions ou des armoiries locales.
Cette démarche rencontre rapidement un certain succès.
Aujourd’hui, plusieurs tartans bretons sont utilisés lors des festivals, des cérémonies ou des événements culturels.

Les neuf tartans des pays historiques de Bretagne
L’une des initiatives les plus remarquées consiste à attribuer un tartan à chacun des neuf pays historiques de Bretagne.
On retrouve ainsi des créations spécifiques pour :
- le Léon / Bro Leon
- le Trégor / Bro Dreger
- la Cornouaille / Bre Gerne
- le Vannetais / Bro Gwened
- le pays nantais / Bro Naoned
- le pays rennais / Bro Roazhon
- le pays de Dol / Bro Zol
- le pays de Saint Brieuc / Bro Sant Brieg
- le pays de Saint Malo / Bro Sant Maloù.
Chaque motif possède ses propres couleurs et sa propre identité visuelle. Certains rappellent les paysages locaux. D’autres évoquent des éléments historiques ou culturels propres à chaque pays.
Ces tartans ne sont pas des héritages médiévaux. En revanche, ils constituent aujourd’hui des symboles culturels appréciés par de nombreux Bretons.
Un symbole de la Bretagne historique
Le succès des tartans bretons s’explique aussi par une autre raison.
Ils permettent de mettre en valeur la diversité interne de la Bretagne. Derrière une identité commune existent en effet plusieurs pays historiques possédant chacun leur personnalité.
Ainsi, porter un tartan du Léon / Bro Leon, du Trégor / Bro Dreger ou du Vannetais / Bro Gwened revient à affirmer un attachement à une partie particulière de la Bretagne tout en restant membre d’un ensemble plus vaste.
Cette logique rappelle d’ailleurs celle des clans écossais.
Bien entendu, la comparaison possède ses limites. Toutefois, elle contribue à expliquer l’engouement croissant pour ces créations contemporaines.

Pourquoi le kilt breton séduit-il aujourd’hui ?
Depuis plusieurs années, le kilt breton connaît un regain d’intérêt.
Le Festival interceltique de Lorient / An Oriant joue notamment un rôle important dans cette popularisation. Chaque été, des milliers de visiteurs découvrent les différentes expressions du monde celtique.
Les réseaux sociaux participent également à cette diffusion. Désormais, les photos de mariages, de festivals ou de rassemblements permettent de faire connaître ces tartans à un public toujours plus large.
Enfin, la diaspora bretonne contribue elle aussi à leur visibilité dans plusieurs pays du monde.
Plus qu’un vêtement, un lien entre nations celtiques
Le kilt breton n’est pas un héritage ancestral comparable au costume traditionnel breton. L’histoire ne permet pas de soutenir une telle affirmation.
En revanche, il constitue aujourd’hui un symbole culturel bien réel. Il témoigne de la volonté de nombreux Bretons de renouer avec leur appartenance au monde celtique.
De Roscoff / Rosko à Édimbourg / Dùn Èideann, de Lorient / An Oriant à Glasgow / Glaschu, les échanges entre Bretagne et Écosse continuent ainsi d’alimenter un imaginaire partagé.
Qu’il soit porté lors d’un festival, d’un mariage, d’une cérémonie, ou sur un marché, le kilt breton raconte finalement une histoire contemporaine : celle d’une Bretagne qui regarde à nouveau vers les autres nations celtiques tout en affirmant sa propre identité.

1 commentaire
Ce vêtements apportent de la gaieté par leurs couleurs vives ou chatoyantes vive le kilt !