Hé oh le Rectorat de Rennes, il va falloir s’adapter à notre époque !

Hé oh le Rectorat de Rennes, il va falloir s’adapter à notre époque !

C’est quand même totalement aberrant qu’au XXIe siècle, en Europe, dans un état dit de droit qui se targue d’être « le pays des droits de l’Homme », et dont la devise est « Liberté, Égalité, Fraternité », il soit encore interdit de passer ses examens dans sa langue d’origine.
Les droits de quel Homme ? De quelle Liberté, de quelle Égalité et de quelle Fraternité parlons-nous ?

Quinze étudiants du lycée Diwan de Karaez/Carhaix.

Quelle leçon de courage et de maturité citoyenne nous donne ces quinze jeunes Bretons. Également quelle claque et quelle leçon pour nous autres, Citoyens.
Car ils étaient persuadés  de vivre dans cet état dit de droit, dans ce « pays des droits de l’Homme ». Également convaincus que cette devise, même en breton, « Frankiz, Ingalded, Breudeuriezh » était respectable et respectée. Alors ces quinze étudiants ont écrit au Rectorat pour obtenir l’autorisation de passer leur épreuve de maths du baccalauréat en breton. La langue de leurs aïeux, la langue de leur pays. Cette langue dont ils ont choisi de faire la langue de toutes leurs études. En s’inscrivant au lycée Diwan de Karaez. Vous savez, ce lycée qu’une récente étude du magazine l’Étudiant place meilleur lycée de tout l’Hexagone pour la qualité de ses résultats.

Refus du Rectorat de Rennes/Roazhon.

Alors, ne voyant en ce refus aucune concordance avec les beaux mots des frontons de nos mairies, ils ont décidé de braver l’interdiction du maître. Et ils ont eu la belle audace de rendre quinze copies en breton. Le Rectorat de Rennes les menace d’un zéro et feint de ne pas trouver de correcteurs en breton. Pour le premier étranger qui passe dans un tribunal hexagonal, la République trouve rapidement un traducteur. Mais ici en Penn ar Bed, ici en Bretagne, impossible de trouver un correcteur qui parle le breton.
Il faut savoir que le Rectorat de Bordeaux autorise de passer certaines épreuves du baccalauréat en euzkara (basque). Pourquoi cette discrimination entre Basques et Bretons ? Ne sommes-nous pas administrés par la même tutelle ?
Page Facebook de Baz e brezhoneg.

Pétition et Défenseur des Droits.

Ces étudiants ont alors eu un premier autre bon réflexe : organiser une pétition sur change.org pour faire pression sur l’administration. Afin qu’elle trouve un ou deux correcteurs brittophones.
Rendez vous compte ce qui est demandé à ce Rectorat, à cette administration : corriger … quinze (15) copies ! Pas 1500, pas 15000 … non 15 seulement.
Second réflexe : en appeler à Monsieur TOUBON, Défenseur des Droits de la république.
Ce pouvoir central soutient à grands coups d’argent public la promotion du français dans la partie bilingue du Canada anglophone, mais invente des prétextes ridicules et risibles pour empêcher des jeunes de mener leurs études en breton, en Bretagne.

Onze collégiens du collège Diwan de Gwened/Vannes et une douzaine de celui de Kemper.

Mesdames et Messieurs du Rectorat, vous allez sûrement devoir vous adapter à la devise des frontons.
En effet, ce sont maintenant plus de vingt jeunes collégiens des collèges Diwan de Gwened et Kemper qui viennent de rédiger en brezhoneg (breton) leur épreuve de SVT Sciences et Vie de la Terre au brevet des collèges.
Parce qu’il faut savoir que seules les épreuves d’histoire-géographie et de … maths sont autorisées en breton. Oui, vous avez bien lu : passer son épreuve de maths en breton au brevet est accepté. Par contre pas au baccalauréat. Et c’est le même Rectorat qui l’a décidé !
Puis ironie supplémentaire ! Certains collégiens ont demandé une dérogation au Rectorat pour ne pas passer l’épreuve d’histoire-géographie en breton, mais en français : Accepté !
Décidemment, il y a deux poids et deux mesures, et c’est intolérable.

Les Basques le font !

En 2017, des collégiens basques ont passé leur épreuve de SVT en euskara malgré l’interdiction … et ont bien été corrigé.
Alors pourquoi en Bretagne, il y aurait là aussi, comme pour les quinze Diwan de Karaez, ce refus discriminatoire ?
En fait cet état hyper centralisé est au bout du rouleau et totalement sclérosé. Y compris au niveau de l’enseignement. Ainsi, depuis plusieurs années, le système français d’enseignement coule vers les bas de tableaux en Europe. Il existe en Bretagne une autre démarche, Diwan, qui affiche des résultats hors-normes. Mais le pouvoir central ne veut pas le reconnaître et préfère nuire à son développement.
Ces quinze et onze jeunes Breton(ne)s nous donnent là un vrai et bel exemple de citoyenneté et doivent être encouragés et soutenus.

Arrêter de s’accrocher au passé et vivre ensemble.

Le Rectorat de Rennes, et la république toute entière vont devoir s’adapter au vrai monde dans lequel nous vivons.
Il est grand temps de s’ouvrir aux autres cultures, de cesser toutes discriminations envers les minorités, quelles qu’elles soient. Parler du vivre-ensemble c’est bien. Le traduire dans les faits c’est mieux. Car vivre ensemble, c’est aussi vivre en parlant librement plusieurs langues, y compris et peut-être surtout celle de ses Ancêtres.
Car cette violation du droit européen n’est plus compatible avec notre époque. S’arc-bouter sur le passé ne durera plus longtemps. Et le comportement civique et citoyen de ces jeunes gens est un des cailloux qui va rapidement gripper ce système inadapté.
Enfin, le Président français récemment en visite à Kemper en Cornouaille a évoqué la « pérennisation » du breton à l’école. N’est-ce pas une occasion de démontrer cet engagement. A moins que ce ne soit qu’une promesse ?

Diwan veut dire « germe » en langue française. Les germes ont bien poussé et la récolte sera belle.
Et les tous dernières messages que nous recevons nous informent que d’autres collégiens Diwan rejoignent cette initiative citoyenne dans toute la Bretagne.

Rectorat de Rennes

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