La crise du Covid est révélatrice de l’obsolescence de la Ve République

La crise du Covid est révélatrice de l’obsolescence de la Ve République

L’obsolescence de la Ve République.
La Ve République repose sur un pouvoir personnalisé, incarné par un Président infaillible, relayé par une administration centralisée, dans une logique descendante. Les élus locaux sont considérés comme de simples relais de la volonté centrale. Si les formes démocratiques sont respcetées, l’esprit s’en éloigne.
L’adresse solennelle du Président de la République le 13 Avril en est asseze révélatrice. Le Président a décidé un déconfinement pour le 11 Mai. Sur quoi a reposé cette décision ? Nul ne le sait vraiment. Les ministres sont sommés d’appliquer et le Conseil scientifique se soumet. Nous avons eu là un exercice hors-sol du dirigeant qui prend des décisions sur le fondement de so intime conviction comme s’il était omniscient et infaillible.

La méthode française interroge.

Il ne s’agit pas pour l’exécutif de co-construire et fédérer les synergies mais de faire appliquer ce qui aura été décidé dans les ministères. Certains diront que c’est un gage d’efficacité dans une période de crise. Or, ce type de fonctionnement est celui qui est adopté par l’administration en temps normal et dont la démonstration de l’inefficience a gagné en consistance durant cette crise.
La gestion dans la durée des stocks de masques en est une preuve : les commandes du gouvernement n’ont eu lieu qu’après celles des collectivités locales et des entreprises. Pour les tests, il a fallu attendre plus de trois semaines pour que le ministre de la Santé réponde aux laboratoires d’analyses de villes et vétérinaires capables de faire de grandes séries.

Le monde ancien, mais en plus vertical.

Célérité et efficience sont pas le propre de l’administration centrale lorsqu’il s’agit d’octroyer des libertés d’action. Alors qu’à l’inverse il n’a fallu que trois jours pour dessaisir par ordonnance le Parlement.
Cette crise n’est finalement que le révélateur d’un système à bout de souffle. La promesse macroniste d’un nouveau monde n’est en fait que la pérennisation du modèle de la Ve République en accentuant encore sa faiblesse. Le monde ancien, en plus vertical.
Pourtant une autre façon de faire est possible et souhaitable. Les transitions économiques, énergétiques, agricoles et écologiques sont des enjeux formidables. C’est notre nouvelle frontière. Le changement induit par ces transitions sera comparable à ce que nous avons vécu lors des Trente Glorieuses.

Une nouvelle frontière …

Pourtant, le monde de la finance est favorisé, l’impôt sur la fortune est supprimé, mais les investissements dans les énergies renouvelables sont laborieux et il faudra batailler pour qu’ils ne soient pas encore amoindris.
Les objectifs de cette nouvelle frontière ne seront atteints qu’avec le renforcement de l’autonomie des collectivités locales, au premier rang desquelles les régions ont montré leur capacité à s’organiser en toute souplesse, à pallier certaines déficiences de l’État dans la fourniture des masques ou encore à mettre en place des fonds d’accompagnement des tissus économiques locaux, tels qu’en Bretagne ou dans la région Grand est.

Car à portée d’engueulade …

Elles ont été plus réactives et ont su fédérer.
Puis elles font preuve d’innovation et mettent en place des plateformes d’approvisionnement pour les circuits courts, pourtant avec des moyens limités et souvent en évitant les obstacles de l’administration centrale. Elles sont proches des citoyens car à portée d’engueulade. C’est bien ce qui manque à nos décideurs parisiens qui ne sortent de leur d’ivoire que pour s’offrir une fenêtre médiatique.
Cette crise révèle également la confusion des pouvoirs que dénonçait Montesquieu. Une telle concentration des pouvoirs au sein de l’exécutif est à remettre en question. Cela nécessite de revoir nos institutions et redonnant du pouvoir au Parlement pour le rendre véritablement indépendant du pouvoir exécutif.
La démocratie c’est l’équilibre des pouvoirs entre exécutif et législatif, entre le centre et les territoires.
Y parvenir est notre horizon pour renouer avec l’efficacité publique.

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Paul MOLAC
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Paul MOLAC, député régionaliste du Morbihan et Conseiller régional de Bretagne.

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1 Comment

  1. Penn kalet
    juin 08, 17:54 Reply

    Cependant le plus grand risque pour 2022 est l’arrivée de Mélenchon au pouvoir,surtout si la crise économique et sociale s’aggrave ,il va trouver du grain à moudre .C’est une des personnes les plus dangereuse d’Europe en ce moment .Une répression terrible contre le milieu breton est annoncée dans ce cas , sans compter les autres dérives totalitaires .par contre , j’ai de plus en plus l’impression que le lepenisme appartient au passé .Je peux aussi me tromper mais …

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