politique linguistique en Bretagne

Politique linguistique en Bretagne : comparaison intéressante entre la Bretagne et la canton suisse du Valais.

de Yves François LE COADIC MAHEO
Publié le Dernière mise à jour le

Faisons l’hypothèse que le français ne soit pas utilisé en Bretagne.

Politique linguistique en Bretagne.
Deux langues seraient alors parlées: le breton dans la partie occidentale, le gallo dans la partie orientale.
La situation serait similaire à celle du Valais, canton suisse, où le français est parlé dans la partie occidentale et l’allemand dans la partie orientale. Les deux langues ont le statut de langue officielle suisse. Les noms de lieu sont en français dans la partie occidentale et en allemand dans la partie orientale. A l’exception de la zone frontière, sur quelques kilomètres, où les noms sont bilingues. L’allemand n’est pas utilisé dans la partie occidentale où les noms sont en français, comme le français ne l’est pas dans la partie orientale où les noms sont en allemand. La signalétique routière est alors allemande dans la partie orientale, française dans la partie occidentale et bilingue à la frontière linguistique.

Dans cette hypothèse, pour la Bretagne, le résultat serait le suivant.

Les noms de lieu seraient en breton dans la partie occidentale et en gallo dans la partie orientale. A l’exception de la zone frontière, sur quelques kilomètres, où les noms seraient bilingues. Le gallo ne serait pas utilisé dans la partie occidentale où les noms seraient en breton, comme le breton ne le serait pas dans la partie orientale où les noms seraient en gallo. La signalétique routière serait alors bretonne dans la partie occidentale, gallo dans la partie orientale et bilingue à la frontière linguistique.

politique linguistique en Bretagne

Politique linguistique en Bretagne : Bretagne occidentale et Bretagne orientale

Politique linguistique en Bretagne : revenons à la réalité.

Le français a été imposé dans les deux parties de la Bretagne.
C’est la seule langue officielle. Elle est parlée dans toute la Bretagne. Ce qui n’est pas le cas du breton ni du gallo. Comment alors gérer ce trilinguisme français, breton, gallo avec une langue forte officielle et deux faibles langues non-officielles très peu parlées et écrites?
Logiquement, pour la signalétique routière, il y aurait un bilinguisme breton-français dans la partie occidentale et bilinguisme gallo-français dans la partie orientale. Malheureusement, les supporteurs du breton essaient d’imposer le breton dans la partie orientale ce qui déclenche, logiquement, de vives oppositions.

Pour conclure, il existe actuellement en Bretagne une langue, le français, langue officielle omniprésente et deux langues non-officielles, le breton et le gallo, peu utilisées dans la vie quotidienne et mises en concurrence.
Démunies de statut officiel, ces deux langues ne seront de ce fait jamais reconnues et utilisées comme langues d’usage.
Et si elles obtenaient ce statut, la route serait longue, très longue avant que le breton ne soit parlé et écrit par tous les habitants de Basse-Bretagne et que le gallo ne soit aussi parlé et écrit par tous les habitants de Haute-Bretagne. Ces langues garderont alors, comme il est souhaitable, un statut de langues patrimoniales, protectrices de la toponymie et de l’anthroponymie.
Et la Bretagne poursuivra son compagnonnage avec le français, comme l’Irlande , l’Écosse et le Pays de Galles poursuivent leur compagnonnage avec l’anglais.

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5 commentaires

Un sien de Vitrë 14 avril 2023 - 9h01

Quelle dérive du mouvement breton a réussi à faire que des gens qui se battent contre l’aliénation culturelle à l’ouest du pays se battent avec la même énergie pour aliéner la moitié de leur propre population à l’est ? Le breton à Vitré ? Mais c’est d’une connerie et d’une malhonnêteté intellectuelle et identitaire sans nom ! A Vitré, la langue vernaculaire est le gallo ! Et les enfants des écoles bilingues vont faire quelle tête quand ils vont passer des années à apprendre une langue soit disant écho de leurs origines et qu’ils apprendront à l’âge adulte que cette langue n’a jamais été parlée par leurs ancêtres. C’est de l’ESCROQUERIE. Le mouvement breton est devenu DINGUE !
Le breton à l’ouest, le gallo à l’est et le bilinguisme dans les villes d’importance comme Rennes, Nantes ou Brest car tous les Bretons, hauts ou bas, s’y retrouvent. C’est compliqué l’évidence ?

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Girard 19 avril 2023 - 18h22

Si on regarde un peu la réalité le breton se développe par la volonté des habitants, d’un OPLB qui travaille, démarche les élus, fait des campagnes de communication, implante des écoles. C’est ce genre d’action que j’attends en tant qu’élu de la part des gallo au lieu d’une guerre stérile entre breton et gallo. Pour ma part j’attends encore un contact avec association gallèse alors qu’avec l’OPLB nous travaillons ensemble depuis 2016.

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hervé Brétuny 14 avril 2023 - 9h21

arretez de prendre une limite Breton / Gallo pour toujours figée à 1945 !
prenons une autre date 1886 et ça sera different .
une autre 1835 encore different
je ne parle pas du XVIeme ou … XIeme siecle .

de plus apres 1918 les regions qui ont perdu le breton ne sont pas passées au Gallo mais directement au français , certes ce sont des zones peu étendues mais c’est le cas .

« Malheureusement, les supporteurs du breton essaient d’imposer le breton dans la partie orientale ce qui déclenche, logiquement, de vives oppositions. »
en fait ce monsieur reprend la rhétorique des 3 militants gallo qui veulent régenter la politique linguistique bretonne ………..très moyen

de plus toute la Bretagne a la légitimité d’avoir le droit à la langue bretonne . un peu marre de ce « zonage » qui a vécu .

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Anne Merrien 14 avril 2023 - 13h56

Il y a (au moins) trois types de toponymes de langue bretonne en pays gallo :
– des toponymes historiques d’avant le recul de la frontière linguistique (souvent des noms de communes)
– des noms de lieu réinventés (comme Gwitreg pour Vitré, avec ici peu de cohérence : en zone bretonnante, Rédéné, Berné et Séné sont écrits en breton Redene, Berne et Sene et non pas Radeneg, Brenneg ni Seneg)
– des noms historiquement attestés en breton, employés en zone bretonnante pour désigner une ville qui ne s’y trouve pas, comme Roazhon (issu sans discontinuité de la tribu gauloise des Reidones).

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An Erminig 16 avril 2023 - 15h50

Les deux langues historiques de bretagne sont indéniablement le Breton (avec toutes ses différences tel que le Vannetais par exemple) et le Gallo. Ces deux langues ont toutes leurs places sur leur territoire d’origine. Le Gallo est effectivement parlé dans l’Est de la Bretagne et est issu du contact entre langue Celtique et langue Romane. S’il y a eu contact entre langue Celtique et Romane, c’est bel et bien parce qu’une langue « Brittonique » était parlée sur l’ensemble de la Bretagne actuelle. Cela l’est attesté par exemple avec certains toponymes, dont l’un d’entre eux se trouve même en dehors des frontières bretonnes actuelles: St Hilaire du Harcouët. Ce contact a ensuite engendré un recul de la langue Bretonne ou brittonique, laissant ça et là quelques ilots bretonnants, pour en arriver à la carte connue de tous délimitant la Bretagne linguistique en deux parties presque égales. Ainsi, le Gallo n’a jamais été parlé dans l’Ouest de la Bretagne et donc, seul le Breton devrait y figurer en signalisation bilingue, et avec ses nuances Vannetaises, Léonarde, Trégoroise…Dans l’Est de la Bretagne, c’est une signalisation trilingue qui devrait figurer systématiquement. Ainsi, les Bretonnants qui sont contre le Gallo dans cette partie de la Bretagne ou les Galésants qui sont contre le Breton dans cette partie de la Bretagne renient complètement l’histoire linguistique d’une région qu’ils défendent à première vue, se comportant chacun comme des jacobins de Bretagne, des « jacobreizh »…. Le respect de ces deux langues et de l’histoire linguistique de la Bretagne nécessite une reconnaissance des deux langues, la présence du Breton sur toute la Bretagne historique et la présence du Gallo dans sa partie orientale.

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