Notre sous-sol breton est-il à offrir ?

Notre sous-sol breton est-il à offrir ?

Dans l’Hexagone, le propriétaire du sous-sol de votre terrain ou du sous-sol d’une commune c’est l’État central. Dès lors qu’il existe dans votre sous-sol des minerais, ce n’est plus vous le propriétaire. Et s’il y a une forêt en surface, elle sera détruite …

Main-mise de l’État sur notre sous-sol.

Il existe une autorité très compétente pour la recherche minière dans l’Hexagone. Il s’agit du BRGM, très réputé. Le Bureau de Recherche Géologique et Minière. Autorité publique placée sous une tutelle combinée. A la fois du Ministère de l’Éducation, de l’Enseignement et de la Recherche. Également du Ministère de l’Environnement, de l’Énergie de de la Mer. Enfin du Ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique.

Toute société minière internationale peut faire une demande au Ministère parisien compétent pour obtenir un PER Permis Exclusif de Recherche. On appelle aussi « concessions » ces PER. Dès lors qu’il est accepté par quelques bureaucrates après quelques réunions et déjeuners d’affaires, cette société minière vient chez vous faire ses recherches.

De qui s’agit-il en Bretagne ?

L’acteur le plus important en Bretagne est Variscan Mines, importante compagnie minière australienne.
Il est plus facile d’obtenir des PER miniers pour trouer l’Hexagone quand on y a des bureaux. Qu’à cela ne tienne ! Variscan Mines a créé une filiale à Orléans en 2010.
Et qui recruter pour dynamiser cette filiale privée d’une entreprise australienne ?
Deux ingénieurs du BRGM ! Et la boucle est bouclée.

Le contribuable finance les dépenses et une société privée empoche les bénéfices.

L’argent public a financé les recherches depuis des années. Pour savoir où sont les gisements bretons d’or, de zinc, de cuivre.
Et c’est Variscan Mines qui va en profiter par le transfert du BRGM de deux de ses Responsables. En l’occurrence  Jack TESTARD et Michel BONNEMAISON. Monsieur TESTARD a été haut responsable du BRGM, et est vice président de Variscan Mines Australia. Également à une période il fut Directeur de EUROGOLD. Tristement célèbre en Turquie à la fin des années 90. Plus précisément vers Bergama. Quelques 60000 habitants, de superbes vestiges archéologiques dont un théâtre antique et une acropole très bien conservés. En deux ans, plus de cinq milles pins et oliviers furent détruits par l’emprise des installations. Les eaux souterraines ont été pollué pour longtemps au cyanure.

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Projets miniers en Bretagne et Massif Armoricain.

Mais le gouvernement français ne s’arrête pas là.

Il prend actuellement des mesures pour assouplir (comme il le fait pour la Loi Littoral) les mesures de protection de nos espaces forestiers. Autrement dit pour que des compagnies minières puissent venir y creuser.
Exemple très concret avec le PER dit de Loc-Envel dans le nord de la Bretagne, sur vingt cinq communes et plus de trois cent kilomètres carrés. Comme tous les massifs géologiques anciens, la Bretagne est riche de minerais. Le BRGM y a localisé du Tungstène, du Molybdène et du Plomb. Mais également de l’Étain et du Cuivre. Et du Zinc, de l’or et de l’Argent. C’est dans ce secteur que se trouve la magnifique Forêt de Koat an Noz.
Des PER seraient également activés sur les communes de Pleyben, Brasparts et Lopereg. Au total, plus de 143000 hectares sur l’ensemble de la Bretagne.

Et notre environnement ?

Qu’adviendra t-il de cette forêt si par malheur, une exploitation minière s’y installait ?
Et nos terres agricoles, nos landes et nos tourbières ? Notre biodiversité ?
Allons-nous sacrifier tout cela sur l’autel de ce que certains appellent le « développement économique » ?

Ils feraient en Bretagne ce qu’ils ne font pas ailleurs !

Bien sûr, le gouvernement français, comme les compagnies minières, affirment qu’ils exploitent proprement. Certainement dans un total respect de l’environnement.
Que font-ils en Guyane et en Amazonie ?
Qu’ont-ils fait en Turquie ou en France (Mine de Salsigne sur cette photo) ?
Pourquoi feraient-ils différemment en Bretagne ?

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Puisqu’on vous dit que tout est fait dans le respect de l’environnement ! Mine d’or de Salsigne dans le sud de la France.

La conjoncture internationale

En outre, les minerais voient leurs cours globalement à la hausse. La Chine et d’autres pays dits émergents sont de plus en plus consommateurs de tous ces métaux. Le gouvernement français souhaite moins dépendre de l’importation pour ses approvisionnements. Donc veut privilégier la production hexagonale.
Il y a fort longtemps, dans nos zones bretonnes riches en minerais, il a existé une vraie exploitation. Qui a fermé face à l’exploitation moins coûteuse de l’étranger.
Ainsi assiste t-on, semble t-il, à un retour. Et tout d’un coup, on semble découvrir les incroyables richesses minières de la Bretagne.
Étonnant non ? On nous a tellement affirmé que la Bretagne était pauvre de partout, incapable de s’assumer.
D’ici que l’on vienne à savoir bientôt que nous possédons des gisements de pétrole en Mer d’Iroise, et qu’on nous l’aurait caché ?

Sommes-nous en cohérence ?

A priori, nous ne voulons pas laisser détruire nos paysages, nos terres agricoles, nos forêts ancestrales et déjà trop rares. Soit.
Mais nous consommons chaque jour, et sans doute de plus en plus, de ces minerais.
Alors, nous ne voulons pas chez nous, en Bretagne, ce que nous participons à créer à l’étranger. Si nous refusons de donner notre sous-sol breton pour nous fournir des minerais, ne devrions-nous pas commencer par moins en consommer ?

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N’est-ce pas au peuple de Bretagne de décider de l’avenir de son sous-sol ?

C’est au peuple de Bretagne de décider.

Pourquoi devrions-nous accepter que quelques individus, à l’intérieur de leur périphérique, décident dans un bureau feutré, ce que sera l’avenir du sous-sol de Bretagne ?
Car la Bretagne a parmi ses multiples atouts un sous-sol généreux en minerais et métaux précieux. C’est au peuple de Bretagne de décider de ce qu’il souhaite en faire. L’exploiter, et par qui; ou laisser là ces richesses minérales et millénaires.
Alors, nous pensons révolue cette époque où un état central hors-sol, lointain d’un demi millier de kilomètres, doit pour nous décider de l’avenir de nos gisements sabliers ou de nos richesses souterraines.

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Rémy PENNEG
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