L’excellence industrielle bretonne

L’excellence industrielle bretonne

L’excellence industrielle bretonne brille dans l’actualité

L’actualité récente regorge d’exemples emblématiques de l’excellence industrielle bretonne (vidéo). Des réussites qui ne demandent qu’à se pérenniser en Bretagne.
Avec un fort réseau de PME-PMI, des collaborateurs de grande qualité, un entrepreneuriat dynamique et talentueux, un dialogue social plus constructif qu’en France, une R&D et une innovation de haut niveau, l’économie de la Bretagne possède de nombreux atouts. Malgré l’inertie hexagonale, l’industrie bretonne (vidéo) n’échappe pas à cette tendance peu connue.

Le lait breton pour le marché chinois.

L’industrie agro-alimentaire est la plus connue des filières bretonnes. Malgré la crise économique et sociale qu’elle traverse, l’implantation à Carhaix de deux, voire trois grandes usines à lait en poudre pour nourrisson et lait UHT pour le marché chinois, sonne comme une aubaine.
D’abord, parce que l’entreprise chinoise Synutra investit beaucoup dans ce projet. Soit plus de 200 millions d’euros pour la première usine. Qui vient de livrer ses premiers conteneurs au port de Brest il y a deux jours, direction Qingdao. Et son PDG Zhang Liang vient de déclarer qu’elle investit 100 millions d’euros pour une deuxième usine dans la ville du Poher. Usine dont la construction va bientôt commencer. Une troisième usine serait dans les cartons. Totalisant un méga-investissement de 400 millions d’euros…

Chiffre d’affaire annoncé : 1,2 milliard d’euros.

Ensuite, et par voie de conséquence, cette implantation chinoise en Cornouaille va représenter près de 700 emplois dans une commune de 8000 habitants. Car cela va bien au-delà de Carhaix. Ne serait-ce que pour le port de Brest où l’on se frotte les mains, avec une hausse annoncée de 30% du trafic de conteneurs ! Cela va en fait irriguer de nombreuses activités : élevage, transformation, transport et même hôtellerie (2000 touristes industriels sont attendus chaque année) essentiellement en Basse-Bretagne.
Enfin, du point de vue macro-économique, cela participe à l’internationalisation extra-européenne de l’économie bretonne. Qui doit plus se connecter à la mondialisation. En particulier avec son cœur qui est aujourd’hui en Asie. Le marché chinois du lait explose. Il est heureux que la Bretagne y joue ce rôle.
L’excellence de la filière laitière bretonne et la proximité du port de Brest, deuxième port breton après Saint-Nazaire, ont joué dans la balance pour cette décision chinoise saluée par la présence à Brest et Carhaix de l’ambassadeur chinois Monsieur Zhai Jun, en avril dernier.

Bretagne agroalimentaire industrielle

L’agroalimentaire est un des piliers économiques de la Bretagne

Mais l’industrie bretonne va bien au-delà de l’agro-alimentaire

D’autres exemples récents, pris parmi les gros acteurs industriels souvent à forte valeur ajoutée,  illustrent aussi l’excellence industrielle bretonne.
L’annonce est tombée le 25 avril dernier. L’Australie choisit la DCNS pour négocier « le contrat du siècle ». Livrer douze sous-marins Shortfin Barracuda commandés par Canberra pour un total de 34,5 milliards d’euros. On estime la durée du futur contrat à… cinquante années !

Des sous-marins.

Parce que ces sous-marins sont les meilleurs du monde technologiquement. Restait à être performant sur le plan commercial et diplomatique. Surtout face aux concurrents allemands et japonais. Ainsi qu’aux acteurs australiens et américains. Hervé GUILLOU, le patron de la DCNS, et ses équipes ont su garder la foi et l’entêtement nécessaires. Et emporter le marché bien qu’étant clairement challenger dans cette compétition mondiale de longue haleine.
Après le couac en 2014 des Mistrals construits à Saint-Nazaire, non livrés à la Russie et refilés à l’Égypte, la construction navale militaire bretonne repart de l’avant pour longtemps. On parle de 4000 emplois créés les sites de Brest, Lorient, Indret et Cherbourg, surtout dans les bureaux d’études. Cette pérennité de la vieille entreprise industrielle française va s’accompagner, dans les années à venir, d’une intégration européenne de plus en plus poussée dans la construction de sous-marins.

C’est peu connu, la Bretagne brille dans les domaines des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication).

La Bretagne possède même plusieurs pépites parmi les PME leaders dans les réseaux très haut-débit, la TNT, la fibre optique et la 3D. Début 2017 va s’ouvrir le futur campus innovation de Nokia à Lannion. En réalité trois bâtiments pensés en termes de performance écologique et de management « à la Google » pour attirer les jeunes cerveaux. Ce campus du XXIe siècle axera son travail sur la 4G et la gestion des données sur les réseaux. Cela conforte la cité du Trégor comme un centre TIC important en Bretagne, avec Rennes, Nantes et Brest.

Un dialogue social breton ?

Le 20 juin, le PDG de PSA (Peugeot-Citroën) Carlos Tavares s’est rendu à l’usine La Janais de Chartres-de-Bretagne, près de Rennes. Il a annoncé que l’usine bretonne avait été choisie face à quatre autres sites européens et chinois pour construire la nouvelle Citroën crossover SUV, un 4×4 urbain. Coût de l’investissement : 100 millions d’euros. Pourquoi Rennes et pas Vigo en Espagne, Mulhouse ou Sochaux en France ? Réponse : les compétences professionnelles des ouvriers et employés, mais aussi le dialogue social constructif (accord de modération salariale sur 3 ans signé par tous les syndicats sauf la CGT, reconduction du congé senior…). Après des baisses successives d’effectif, les 3000 emplois sont pérennisés, et la production industrielle va repartir à la hausse pour dépasser les cent mille véhicules par an, dans un secteur jusqu’ici en panne en Europe.

construction navale industrielle

Paquebot MSC Precioza construit à Saint Nazaire, Bretagne

Direction le sud du pays.

Pour finir ces exemples, direction les Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire où les contrats s’enchainent. Ainsi quatre milliards avec l’italo-suisse MSC Croisières le 6 avril dernier. Puis 2,5 milliards d’euros avec l’américain Royal Caribbean Cruises le 25 mai… Ainsi cela représente sept paquebots à construire dans les prochaines années. En plus des sept déjà prévus dans le carnet de commande des mythiques Chantiers navals bretons. Cela représente aussi des milliers d’emplois directs et indirects avec les sous-traitants en Loire-Atlantique, Ille-et-Vilaine et Morbihan. Là encore les ingrédients du succès sont réunis : d’excellentes compétences professionnelles à tous les niveaux, une coopération européenne en réseau… Et surtout, en amont, un accord social intelligent de tous les acteurs qui a permis d’emporter ses différents contrats.
Car on pourrait encore parler d’Airbus dont l’usine de Montoir-de-Bretagne, près de Saint-Nazaire, qui va embaucher 240 personnes en 2016. Encore le groupe Le Duff, la Bluecar du groupe Bolloré, Armor-Lux…
Ces exemples emblématiques montrent que la Bretagne est capable de redevenir un pays puissant économiquement (vidéo). Elle possède déjà un PIB par habitant supérieur à l’Espagne ou le Portugal (25 500 euros par habitant).

Parce qu’elle a la réactivité économique des petits pays par rapport aux mastodontes.
Le Tigre celtique va-t-il rugir de nouveau ?

 

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A propos de l'auteur

Mathieu GUIHARD
Mathieu GUIHARD 3 articles

Je suis formateur de profession et m'intéresse à divers aspects de la Bretagne : économie, vie des entreprises, société, relations internationales, géographie, sport, musique, gastronomie... Persuadé que les Bretons doivent retrouver confiance en eux, je m'efforce de réfléchir avec d'autres aux pistes d'avenir pour que la Bretagne utilise son immense potentiel de développement économique et de progrès social.

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