chacal doré en Bretagne

Un Chacal doré en Bretagne ?

de NHU Bretagne

Le Chacal doré est-il présent en Bretagne ?

Un Chacal doré en Bretagne
Nous sommes le 18 mars 2022 à Plonéour-Lanvern petite commune du Finistère. Il est 23 heures 52. Un piège photographique capture une silhouette élusive qui apparait parmi les herbes hautes. Un canidé sans aucun doute. Un loup gris ou un renard roux ?
Ni l’un ni l’autre ! Les experts seront formels. Nous avons à faire à un Chacal doré.
Première observation de ce canidé en Bretagne.

Canis aureus autrement dit Chacal doré ou Chacal commun.

Génétiquement proche du Loup gris (Canis lupus), son comportement évoque plus celui du Renard roux (Vulpes vulpes). Solitaire et discret, le Chacal doré ne vit que très rarement en meute. Les scientifiques font état de clans pouvant compter une dizaine d’individus. Canis aureus apprécie cependant la vie en couple. Une famille comprend donc, papa et maman, les nouveaux- nés, trois à quatre, et parfois des jeunes de la saison précédente, jamais plus de deux. Ces derniers ne tarderont pas à être expulsés, manu – militari si nécessaire, contraints à se trouver de nouveaux territoires et de nouveaux partenaires.

chacal doré en Bretagne
Tableau comparatif entre Chacal doré, Loup et Renard – Source ONCFS – OFB

Aire de répartition et biotope du Chacal doré

Son expansion géographique aurait débuté, nous disent les scientifiques, il y près de 20.000 ans, depuis le sous-continent indien. Notre canidé aurait ensuite colonisé le Moyen-Orient, puis la Turquie, et la presque totalité du Maghreb. Son aire de répartition européenne se situe originellement, entre les Balkans et le Caucase. Sa dispersion en occident aurait débuté au cours du XIXe siècle, et se serait accélérée dans la seconde moitié du XXe siècle. Pour quelle (s) raison(s) ? Probablement, avancent les scientifiques, parce que les biotopes habituels de Canis lupus ont été laissés vacants.

Peut-être aussi parce que les empoisonnements de Canis aureus ont été interdits partout en Europe. Des populations reproductrices sont désormais présentes en Bulgarie, Grèce, Hongrie, Slovaquie, Autriche, Allemagne … Au cours du XXIe siècle, son expansion se poursuit vers des zones plus occidentales et plus septentrionales. Des individus erratiques, auraient ainsi été observés, dans les Pays – Baltes et en Finlande.

Le Chacal doré serait arrivé en France en 2017.

Il aurait été observé en Haute-Savoie (2017 & 2018) dans les Bouches du Rhône (2021) et les Alpes Maritimes (2021) puis dans les Deux Sèvres en 2020 et 2023. Il a aussi été observé sur la commune de Oberbronn dans le Bas Rhin le 04 mai 2023.

En Bretagne, le Chacal doré a donc été observé dans le département du Finistère en mars 2022 et dans le département de Loire Atlantique en avril 2023 sur la Commune de Sant Molf (44) près de Guérande / Gwenrann, grâce encore une fois, à un piège photographique placé pa la Fédération de Chasse de Loire Atlantique.

Source ONCFS – OFB
Source ONCFS – OFB

Le Chacal doré n’est guère pointilleux quant à son lieu de vie ce qui explique cette dynamique migratoire. Il sera retrouvé dans une multitude de biotopes, bois, prairies, landes, garrigues, maquis … Les zones agricoles ne le rebutent pas. Il semble cependant avoir une certaine attraction pour les milieux humides, marais, tourbières, et, sous d’autres cieux, mangroves. L’altitude ne le dérange guère. Il a été observé au- dessus de 2000 mètres !

Régime alimentaire du Chacal doré

Opportuniste, le Chacal doré réside là où se trouve son ordinaire. Omnivore, sans aucun doute, comme notre renard. Oiseaux et micromammifères constituent des mets de choix. Mais aussi batraciens et reptiles. Insectes aussi, assortis fruits de saison. Il ne dédaigne pas, loin de là, les charognes, qu’il disputera aux corvidés et / ou aux rapaces. Le monde paysan bien sûr s’inquiète de son arrivée sur notre territoire. Il se peut que le Chacal doré, comme notre goupil national, prédate les basses – cours. Sa technique de chasse est le plus souvent la billebaude. Les attaques en meutes coordonnées seraient rarissimes.

Menacé ou nuisible ?

L’Europe a diligenté plusieurs études visant à évaluer son incidence sur notre faune. Le Ministre de la Transition Écologique et de la Cohésion des Territoires a missionné l’Office Français de la Biodiversité (OFB) de centraliser les données sur cette espèce. C’est le Réseau Loup-Lynx qui a la charge de cette mission, en collectant sur le terrain, des indices de présence, excréments, poils, photos, vidéos …. Le Chacal doré bénéficie pour lors de l’Annexe V de la Directive Habitats. Il n’est ni chassable ni piégeable ! Ces population sont stables au niveau mondial et au niveau européen. L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) le considère ainsi en préoccupation mineure. Enfin rappelons ici qu’aucune attaque sur l’Homme n’a été répertorié !

Bibliographie

Andru, J. N. Ranc., M. Guinot-Ghestem, Le Chacal doré fait son chemin vers la France. (2018).
ONCFS, Unité prédateurs – animaux déprédateurs, Harvard University. N°320

Iconographie

Figure I : Distinction entre le Loup gris, le Chacal doré et le Renard roux. Source ONCFS – OFB
Figure II : Carte répartition du Chacal doré. Source ONCFS

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