« Nouvelle » politique linguistique de la Région Bretagne : de la poudre de Perlimpimpin

« Nouvelle » politique linguistique de la Région Bretagne : de la poudre de Perlimpimpin

Perlimpimpin vous connaissez ?

C’est une très vieille expression Chtimi (patois du nord de l’Hexagone) venant de « vin donc per lin mon pinpin« . Pour « Vient donc par là mon lapin » en langue française.

Les élus du Conseil Régional de Bretagne s’apprêtent cette semaine à approuver « les orientations régionales sur la nouvelle politique en faveur des langues de Bretagne ». Ce texte est une véritable démonstration de l’art de brasser du vent pour que surtout rien ne bouge!

En effet, Loig Chesnais Girard explique dans le document proposé qu’il est bien plus important de conserver de bonnes relations avec les services de l’État plutôt que d’agir réellement en faveur de la langue bretonne. Or, il est évident que l’État continuera, comme il l’a toujours fait, de détruire la langue bretonne. Quelques exemples récents nous le montrent encore. Comme l’ttaque d’une famille bretonne en cour de cassation pour avoir prénommé leur fils « Fañch ». Également aucun panneau de signalisation bilingue sur les voies express malgré les engagements du préfet. Puis les multiples obstacles pour l’ouverture de classes bilingues avec une nouvelle rectrice peu favorable aux langues dites « régionales » …

Faire de belles déclarations en faveur de la langue bretonne d’un côté.

Et en même temps accompagner l’Etat dans sa politique de destruction tout an appliquant une politique de soins palliatifs.

La « nouvelle » politique linguistique est à côté de la plaque. Que des mots. Aucun objectif détaillé, ni daté, ni chiffré. Nous sommes très loin du plan « Lingua 2020 » par exemple, adopté en 2014 en Corse où il est précisé comment et quand sera atteint chaque engagement jusqu’en 2040. Ceux-ci étant bien sûr quantifiables et mesurables. Il est incompréhensible que ce qui est fait par d’autres régions en France ne le soit pas en Bretagne. La mise en place d’annonces bilingues sonores dans les TER en Alsace en est un autre exemple concret.

Un élément illustre bien la vision de la majorité régionale concernant la langue bretonne.

Il est en effet prévu de conditionner les aides de la Région…. pour la culture et le patrimoine uniquement ! Rien concernant les entreprises et les collectivités. Visiblement, la langue bretonne doit rester cantonnée au passé et son utilisation dans la vie de tous les jours doit rester marginale.

Bien évidemment, l’augmentation pourtant indispensable, du budget consacré à la langue bretonne n’est pas abordée. Il est pourtant clair, comme cela l’a été demandé par plus de cinquante associations travaillant pour la langue bretonne qu’une augmentation conséquente est nécessaire. Tant que la Région Bretagne consacrera seulement 2 € /habitant / an à la langue bretonne, celle-ci est vouée à disparaître dans les 20 ans qui viennent.

La Région ne répond ainsi pas du tout aux attentes des associations.

Même le Conseil Culturel de Bretagne a rendu un avis très critique : « Il est clair que des expressions telle que : « la Région continuera à soutenirpoursuivra ses politiques », maintes fois répétées, ne constituent pas une réponse adaptée à la situation de nos langues, qui ne peuvent se contenter de la seule « adaptation » des politiques menées. La mise en œuvre de ces nouvelles orientations nécessite donc une augmentation conséquente du budget consacré aux langues de Bretagne.

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Aïta Breizh
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Ai’ta! est un collectif qui milite de manière pacifique pour que la langue bretonne vive : que l’on puisse la voir, l’entendre et la parler dans la vie quotidienne. Des festoù-noz dans les gares, des « die-in » dans les bureaux de poste, etc. Des actions originales pour attirer l’attention des citoyens.

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