Comment vivait-on en Bretagne en l’an mille ?

Comment vivait-on en Bretagne en l’an mille ?

Vivre en Bretagne en l’an mille.

De l’autre côté de la frontière, le roi franc Hugues Capet meurt en 996. Charlemagne était mort en 814.
Plus au nord l’Écosse se bat contre l’Angleterre. En Bretagne, les ennemis sont les Vikings qui pillent les côtes de l’ensemble du pays. Des luttes intestines entre les grandes maisons de Bretagne sont permanentes. Ainsi par exemple s’imposera la Cornouaille à la tête du pays de 1066 à 1166.
A la tête du Duché, nos souverains sont alors Conan Ier de Bretagne, puis Alain IV, Conan III …
Un léger réchauffement climatique s’amorce, améliorant un peu les conditions de vie. C’est aussi le temps des abbayes et du système féodal. Les mottes castrales apparaissent. Puis viendront les châteaux forts en pierre. Autour de ces châteaux se forment de petites villes.

Bretagne en l'an mille

L’Europe en 1092

Le village de l’an mille

En 1902, un archéologue découvre sur la commune de Melrand en Morbihan plus d’un hectare de vestiges enfouis sous la nature. Plusieurs campagnes de travaux et d’études ont été mené ensuite. Ainsi se sont succédés des dendrologues spécialistes de l’étude des vieux bois. Puis des palynologues pour étudier les pollens. Vers l’an mille, vivait là quelques familles. Grâce aux résultats des recherches, un village presque à l’authentique a été reconstitué : le Village de l’An Mille.
Ainsi, vous pouvez traverser des jardins comme ils devaient être à l’époque. Et y retrouver, selon les saisons, les légumes et plantes médicinales que consommaient ces Bretons vers l’an mille. Il y a également les enclos avec de vrais moutons et de vraies chèvres. Puis, il y a surtout les habitations.

Bretagne en l'an mille

Bretagne en l’an mille – Photo www.villagedelanmil-melrand.fr

 

La Bretagne en l’an mille : allons-y !

Dans l’odeur prégnante de la fumée du foyer central qui devait tout noircir, vous marchez sur de la terre battue.

Dans les maisons, hommes et animaux domestiques vivent sous le même toit. Pour cette raison ces maisons sont appelées par les archéologues des maisons mixtes. A une extrémité de la maison est regroupé le bétail. A l’autre la vie familiale s’organise autour d’un foyer central. Ce type d’habitation est très répandu dans les pays celtiques. La maison mixte est simplement la forme d’habitat la mieux adaptée à une économie agricole pauvre, dépendant d’une culture céréalière et d’un élevage modeste.

L’équipement de ces maisons est très limité.

On y retrouve très peu d’objets métalliques. Plutôt de la vaisselle en céramique. Par contre les objets en bois sont très nombreux. Dans les sols acides de Bretagne, le bois ne se conserve pas bien longtemps. Cependant les recherches font état de restes de cuillères, de peignes, de batteurs et de fuseaux.
L’alimentation se compose principalement de bouillies et de potées. Le pain est cuit dans un four commun situé à proximité. La chasse et éventuellement la pêche apportent des compléments appréciables. Les enfants jouent aux dés, à la métrelle et au tric-trac.

Bretagne en l'an mil

Bretagne en l’an mille – intérieur d’une habitation – Bretagne en l’an mille – Photo www.villagedelanmil-melrand.fr

Les maisons ont un plan rectangulaire avec des pignons droits ou arrondis.

Les murs de soubassement sont construits avec du granit local, en deux parements et un remplissage de pierre liées par de la terre argileuse.
Évidemment, la charpente que recouvrait ces maisons ne s’est pas conservé depuis le Moyen Âge breton. Mais les fouilles permettent d’en imaginer la structure. La charpente est constituée de chevrons plutôt rapprochés et maintenus à leur base par la lice, une perche de bois. Ces perches et chevrons sont grossièrement taillées alentours à l’aide de haches et d’herminettes. L’ensemble est fixé à l’aide de tresses végétales et recouvert d’un épais chaume pratiquement jusqu’au sol. Une seule ouverture dans le toit pour laisser échapper la fumée et une porte basse pour entrer et sortir. Obscurité garantie en toutes saisons.

Bretagne en l'an mille

Bretagne en l’an mille – Photo – vue d’ensemble du site – www.villagedelanmil-melrand.fr

Bientôt d’autres découvertes …. ?

Le village de Lann Gozh (Vieille Lande en langue française) est construit au sommet d’une petite colline comme le voulait la tradition à l’époque. Il devait être protégé par un talus, peut-être surmonté d’une palissade de bois.
Les maisons et dépendances dégagées pendant les fouilles montrent une place centrale.

C’était là que se trouvait le four commun à pain. En fait à ce jour, seules neuf constructions ont été fouillé, qui abritaient hommes et bétails. La plus grande d’une cinquantaine de mètres carrés, est daté de la fin du Xe siècle.
Les chercheurs ont trouvé des restes de meules, d’ustensiles de cuisine, d’outils agricoles.

 

Bretagne en l'an mille

Bretagne en l’an mille – les constructions – Photo www.villagedelanmil-melrand.fr

 

Tout le village n’a pas encore été fouillé et les prochaines recherches pourraient livrer quelques secrets enfouis là depuis plus de mille ans.
La Bretagne en l’an mille …

Bretagne en l'an mille

Bretagne en l’an mille – site de Melrand – Photo NHU Bretagne

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1 Comment

  1. Loeiz Le Bras
    décembre 08, 11:20 Reply

    j’ai visité le site archéologique de Melrand avant qu’il ne soit mis en valeur . Et les gens du coin ne parlaient pas de Lann gozh (vieille lande) mais de Lann Goh-Velrand , (la lande du Vieux Melrand) . On dit en effet que le premier site du bourg de Melrand se situait à cet endroit et qu’il fut transféré au lieu actuel par suite de problème climatique.

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