La moule qui fabrique des perles en Bretagne

La moule qui fabrique des perles en Bretagne

La moule perlière de Bretagne : une espèce parapluie

Elle est nommée kregen dour dous en breton et moule ou mulette perlière en français.
En fait les scientifiques la nomment Margaritifera margaritifera. A vrai dire, elle est aujourd’hui en voie d’extinction dans les rivières bretonnes. D’ailleurs, un programme européen LIFE coordonné par Bretagne vivante a organisé jusqu’en Août 2016 la survie de ce fragile bivalve.
Si les perles de mulettes ornaient déjà des bijoux préhistoriques, elles connurent un véritable engouement à travers toute l’Europe à partir de la Renaissance. Ainsi, un célèbre portrait montre François Ier vêtu d’une cotte entièrement ornée de perles. Pour le baptême de son fils,  la robe de Marie de Médicis était cousue de trente deux mille perles. Cet engouement, pour ne pas dire cette frénésie, dura jusqu’au XIXe siècle. Les perles furent ainsi collectées jusqu’au début des années cinquante en Bretagne. Cette mode est à l’origine de la raréfaction de la mulette perlière : une moule sur mille en moyenne contient une perle !
perlère

François Ier

La moule perlière est en voie d’extinction.

En outre, la seconde raison de cet effondrement des populations bretonnes est intrinsèquement liée à la qualité des eaux. Ainsi donc, la mulette perlière peut même constituer une sorte de baromètre de la bonne santé d’un cours d’eau. En effet, elle a besoin d’une eau fraîche ne dépassant pas les 15 °C et pauvre en nutriments. Une variation infinitésimale des taux de nitrate et/ou de phosphate provoque le trépas du bivalve. Une moule adulte filtrerait environ cinquante litres d’eau chaque vingt-quatre heures. Son taux de mortalité est naturellement important. Les scientifiques affirment qu’une dizaine de moules sur un million parviendra à maturité sexuelle.

Le cycle de reproduction de la mulette est fort singulier.

Au début de la période estivale les mâles libèrent une semence qui sera aspirée par les femelles. Puis les œufs fécondés seront relâchés entre Juillet et Septembre sous forme de larves nommées glochidies. Ces dernières vont achever leur maturation dans les branchies du saumon atlantique ou de la truite fario. Enfin, l’année suivante, la larve se laisse tomber dans le lit de la rivière et s’enfouit  dans les fonds sablonneux pour une durée de quatre à dix ans. Afin de protéger la mulette perlière, il est donc nécessaire de protéger tout un écosystème. Elle est ainsi considérée par les naturalistes comme une espèce parapluie.

perlière

Cycle de reproduction de la moule perlière – Payson Breton Juin 2014

La mulette perlière est présente sur toute la façade atlantique, depuis la Scandinavie jusqu’à la Péninsule ibérique en passant par les Iles britanniques. En France, des populations sont retrouvées dans les Vosges, dans le Massif Central ainsi que dans les Pyrénées Atlantiques. Elle est également présente en Amérique du Nord. Une étude de 2004 affirmait qu’il ne restait pas plus de cent mille individus dans l’Hexagone.

La culture de la moule perlière pour la sauver.

Le Programme LIFE visant à mettre en culture l’espèce – un centre de culture a été ouvert à Brasparts – et à maintenir des écosystèmes prospères a été diligenté avec succès en Bretagne (Loch, Ellez, Bonne – Chère). Ainsi qu’en Basse – Normandie de 2010 à 2016.  La mulette perlière est aujourd’hui intégralement protégée par la loi et toute atteinte à ses populations est passible d’une peine d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende : art. L 415-3 du code de l’environnement.

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Mulette perlière – Photo Juergen GEIST

Biométrie de la moule/mulette perlière en Bretagne

Longueur : de 11 à 16 cms
Largeur : 4 à 5 cms
Maturité sexuelle : 7 ans
Longévité : de 30 à 180 ans
Pour aller plus loin …
Un site : www.life-moule-perliere.org/accueilmoule.php
Un documentaire en trois parties : www.youtube.com/watch?v=nXWTj1uOP7s
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Á propos de l'Auteur

Stéphane BROUSSE
Stéphane BROUSSE 37 posts

Je ne suis pas un naturaliste au sens strict du terme mais plutôt un raconteur d’histoires naturelles. Mes premières chroniques ont été publiées dans Horizons Nature et Religions et Histoires. Je participe depuis quelques années à la création d’une collection ayant pour sujet la faune en Bretagne aux éditions Yoran Embanner

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