Le bonimenteur vend un produit, le polimenteur un programme.

Le bonimenteur vend un produit, le polimenteur un programme.

Le bonimenteur est une personne qui raconte des boniments.
Et un boniment est un propos dont l’objectif est de plaire, convaincre ou séduire. L’origine de ce mot français est à retrouver dans « bon ». Comme dans l’expression « en raconter de bonnes ! »

Vous en avez tous vu au moins une fois, un bonimenteur.

Et le polimenteur ?
En particulier dans certains westerns ou bandes dessinées. C’est ce marchand qui arrive en fin de journée dans le village. Il dresse à la hâte une estrade pour haranguer la foule. Une sorte de batteleur qui vante les mérites de son élixir guérisseur. Ou de tout autre produit de foire. Ainsi, des personnes crédules, naïves ou faibles se laisseront convaincre. Puis repartiront chez elles avec le précieux élixir.
Tout un programme : une cuillerée à soupe matin et soir et les maux dont vous souffrez disparaîtront.
Au mieux pour le patient, il ne se passera rien. Au pire il sera pris de convulsions et d’une fièvre passagère dès le lendemain. Mais le charlatan aura pris la poudre d’escampette le soir même. Juste après son numéro de bonimenteur. Pour s’en aller vers une autre bourgade. Dans quatre ou cinq ans, il reviendra avec un autre produit aux autres vertus.

Finalement rien n’a changé !

Les bonimenteurs sont toujours là. Le vocabulaire a évolué et de nos jours on les nomme « les politiques ». Les quatre ou cinq années d’achèvent et ils commencent à revenir. Ils ont tous leur élixir et le programme de bienfaits escomptés notés sur l’étiquette. Également souvent sur une estrade ou devant un micro (les techniques évoluent) le polimenteur haranguera la foule. Les siècles passent et globalement les foules sont toujours aussi naïves et crédules. Les mêmes promesses pour régler nos nouveaux maux : chômage, déficit, sécurité, environnement, culture … On n’achète plus une fiole d’élixir de nos jours.

polimenteur

Il est des langues plus originales que d’autres !

On place un bulletin de vote dans une urne.

Sorte de chèque en blanc offert contre promesses de guérison. Que croyez-vous qu’il se passe ensuite ?
Le polimenteur s’en ira prestement vers une autre estrade, vers un autre micro, pour promouvoir son programme miracle. Les effets seront cette fois plus longs à survenir. Il faut en général laisser passer quelques mois après la prise collective que l’on nomme élections. Alors, au mieux, rien ne se passe. Le placebo est à l’œuvre. Au pire, cas le plus fréquent, les maux nous accableront toujours. Ce sera déjà une chance qu’ils ne se soient pas aggravés. Le polimenteur nous expliquera alors que la faute est ailleurs. Ainsi seront dénoncés la conjoncture internationale, les vilains compétiteurs étrangers, votre incapacité à comprendre … et tant d’autres excuses.
La foule grondera, un peu. Mais pas trop. Pas suffisamment pour que le polimenteur ne revienne pas quelques années plus tard. Nouveau produit, nouvelle étiquette … Entre temps le bon peuple aura fait plusieurs fois le tour du bocal. Le polimenteur est bon vendeur. D’année en année les crédules sont de moins en moins nombreux. Mais le coût de revient du produit est très bas, et la rentabilité toujours bonne. Suffisamment bonne pour que le polimenteur continue à fabriquer son élixir trompeur. Et vous à l’acheter.

Note

Non, bien sûr, tous les hommes et femmes exerçant des métiers liés à la Politique, ne sont pas des polimenteurs. Et j’en connais.
Beaucoup nous proposent de bons produits. Mais trop d’entre eux savent que leur programme est intenable.
Et c’est bien connu, les promesses engagent bien plus ceux qui les croient que ceux qui les tiennent.

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