Renaissance, de Claude CHAMPAUD : un texte puissant à lire absolument

Renaissance, de Claude CHAMPAUD : un texte puissant à lire absolument

Renaissance, de Claude CHAMPAUD.

Dans notre série Bouts de Livres … ce texte Renaissance est la retranscription des quatre dernières pages de l’ouvrage de Claude CHAMPAUD intitulé Quand les Bretons éveillèrent la Bretagne : le CELIB.

« Aucune politique, tendant à adapter nos économies et nos territoires régionaux aux défis du XXIe siècle, ne pourra être menée à bien sans ou contre les responsables politiques régionaux et locaux.
Mais en revanche, aucune ne pourrait être couronnée de succès sans une ample mobilisations des forces vives armoricaines.

Peut-on penser que pour affronter les périls de XXIe siècle dont naît le nouveau défi lancé à la Bretagne et plus largement aux Armoricains, un nouveau CELIB pourrait renaitre ?

Dans ces dernières années de la seconde décennie du premier siècle du troisième millénaire de notre ère, la France va mal et la Bretagne s’approche des bords d’un gouffre dont elle s’était extraite il y a deux-tiers de siècle sous l’action du CELIB. Elle risque d’être dépassée par les bouleversements d’une imparable mondialisation, par les effets collatéraux d’une politique européenne à la dérive et par les impuissances d’un état français financièrement exangue et de toute évidence, déboussolé par l’ampleur et la diversité des défis politiques et sociétaux auxquels il est confronté. Actuellement, dans un monde qui vacille sur ses bases, tout est menacé. Cependant, beaucoup peut encore être sauvé en ce qui concerne notre Bretagne par un volontarisme et un dynamisme propres aux Bretons. La dislocation du modèle agro-industriel breton qui se fait jour n’est pas le seul front sur lequel nous devrons nous battre même s’il n’est pas le moindre tant s’en faut.

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Quand des Brerons éveillèrent la Bretagne : le Celib – de Claude Champaud

Néammoins, c’est aujourd’hui l’absolue priorité.

Entre 30% et 50% de notre économie régionale (exploitations agricoles, industries de transformation, producteurs d’aliments du bétail, services tertiaires divers, banques, artisanat et commerces, grandes surfaces et autres, etc …) seraient directement, durement et durablement impactés par la ruine de l’agriculture bretonne.
Il serait gravement illusoire de croire que d’un coup de baguette magique les laissés-pour-compte de cette débâcle pourraient trouver refuge dans la web-économie. Compter sur une expansion de l’économies purement présentielle serait trompeur car nous savons, par des exemples d’actualité, combien sont fragiles les développements sociétaux entièrement basés sur le tourisme ou les loisirs. De même, les circuits courts et l’économie collaborative demeureront des palliatifs utiles, voire sympathiques, mais de portée limitée. Il ne s’agit plus de quémander des abonnements de crédits étatiques à un État providence qui n’a fait que manger le pain de nos petits-enfants.

Il convient d’exiger d’obtenir au niveau régional les moyens de libérer les énergies et les intelligences pour qui soient initiées des spirales vertueuses et parcimonieuses.

Des spirales économes de moyens mais productrices de richesses nouvelles mieux réparties que ne le fait (ou plus, ne le fait pas) le financialisme qui s’est emparé de la mondialisation.
Seule une mobilisation comparable à celle qu’impulsa le CELIB en son temps, pourra nous permettre de sauver ce qui peut l’être encore, et de reconstruire sur cette ase un modèle économique armoricain qui, redonnant la priorité à la création de valeurs et tournant le dos au financialisme, assurera à nouveau l’avenir des générations montantes et une vie décente et paisible sur nos territoires ancestraux.

Les temps ont changé et les mots s’usent.

Il pourrait être décidé de faire renaître le nom du CELIB mais aussi en choisir un autre. Peu importe l’étiquette pourvu qu’on ait l’ivresse. Par contre, il conviendra de tenir pleinement compte de que sont actuellement nos environnements économiques, sociétaux, politiques et même géopolitiques. Nous devons admettre, notamment, que ce n’est pas à l’État qu’il conviendra d’agir à notre place pour sauver la Bretagne. Il ne s’agira pas de lui « arracher » des crédits. Ce ne sera essentiellement que sur la mobilisation de nos propres forces que nous devrons compter. Une mobilisation citoyenne et bretonne de forces rassemblées pour une vision commune de l’avenir qui recréera la confiance collective, suscitera l’esprit d’entreprise et ressussitera l’élan célibien qui redonna naguère son éclat à notre chère et antique province.
Demandant plus à la démocratie et moins à la République, il conviendra néammoins que cette dernière donne à nos régions les marges de liberté et d’expérimentation sans lesquelles cette mobilisation donnerait un fruit sec.

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Monsieur Claude CHAMPAUD (1929-2019)

Ce sera un combat difficile.

Une telle voie ne sera parcourue avec succès que si, retrouvant intégralement l’esprit célibien, cet élan vers l’avenir est fondé sur le sens des solidarités économiques et sociales et la reconnaissance de la primauté de l’intérêt régional, prévalant sur les comportements localistes, les aveuglements partisans et les égoïsmes corporatistes.
Pour cela, il faut qu’une poignée d’hommes et de femmes, résolus et représentatifs, se lèvent  et montrent le chemin.

Si l’esprit du CELIB souffle encore en Bretagne, ils partiront dix mais ils seront  des milliers en arrivant au port …

Sinon, notre Bretagne vivra un triste sort !
La voie est étroite mais elle s’impose impérieusement. Elle seule peut prévenir les graves désordres qui s’annoncent si au travers des absurdités d’un présent où l’avenir n’apparaît plus que sous les couleurs de la ruine, de l’échec et de la misère. Demain le CELIB sera la vie pour la Bretagne. A défaut, elle s’endormirait pour un nouveau et pesant sommeil bercée par la nostalgie du kousk Breizh Izel.

Monsieur Claude CHAMPAUD était né en 1929 et nous a quitté en 2019.

Professeur d’université, écrivain, entrepreneur, personnage politique … et militant d’une Bretagne entière résolument tournée vers un avenir meilleur

Ce texte Renaissance de Claude CHAMPAUD est la retranscription des quatre dernières pages de son dernier  ouvrage intitulé Quand les Bretons éveillèrent la Bretagne : le CELIB.
Éditions Centre d’Histoire de Bretagne/Kreizenn Istor Breizh. Série Découverte de l’Histoire de la Bretagne.
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