✅ Bretagne colonie, chapitre 1 : constat amer, par Alan Le Cloarec

✅ Bretagne colonie, chapitre 1 : constat amer, par Alan Le Cloarec

Bretagne colonie, chapitre 1

Nous vous proposons une série de trois extraits des trois chapitres de l’indispensable petit livret que vient de publier Alan Le Cloarec chez Yoran Embanner, l’Éditeur des Peuples Oubliés.
Oui la Bretagne a tout d’une colonie, d’une colonie intérieure, et l’UDB Union Démocratique Bretonne l’affichait déjà à la fin des années 60.

Extrait ….

“C’est là l’autre aspect commun de toutes ces histoires coloniales. Après l’annexion, la mise à bas des élites locales, la stigmatisation, l’assimilation, s’ajoute toujours la répression des résistances. Quand le phénomène est presque achevé, ce sont des colonisés eux-mêmes qui dénigrent leurs droits à la liberté et s’en vont réprimer les révoltes d’autres colonisés, comme l’organisait déjà la Rome antique. Ainsi, des Bretons partaient en réprimer en Afrique, quand des Africains réprimaient en Asie et ainsi de suite.

Quand l’empire colonial vacille dans tous les coins du monde, la résistance déjà ancienne de la Bretagne ne s’en trouve que plus revigorée. Le nom de FLB fait dire à la presse parisienne que des « fellaghas » bretons reprennent l’exemple du FLN algérien ou de l’IRA irlandaise, qui fit tomber le premier domino de l’empire colonial anglais.

Sauf qu’en Bretagne, la résistance a jusqu’à présent toujours été vaincue.

Violente ou pacifique, la Bretagne s’est défendue, elle à posé un statut quo, dans lequel le pays reste bien vivant mais avec une domination française toujours en place. L’assimilation perdure donc et elle perdurera sans doute jusqu’à la disparition ou la résurrection de la Bretagne, mais nous y reviendrons.

En attendant, que peut-on voir aujourd’hui dans ce vieux pays qui refuse toujours de mourir ?

On y voit un peuple abîmé, fatigué d’une oppression française solide et bien ancrée ; une terre saccagée, une mémoire oubliée, des pans entiers du territoire spoliés et mis à la disposition des élites françaises comme une aire de loisir bonne à consommer. Les autochtones s’y tiennent sages, bien entourés de casernes et de camps militaires. Ils doivent faire place pour les caprices de la bourgeoisie, sourire et servir avec joie de leur folklore si charmant. On peut aussi y croiser une jeunesse qui, las d’allumer les feux de la révolte, préfère entretenir ceux de l’autodestruction ou du reniement.

On peut y voir parfois une résistance bretonne à bout de souffle,

Combattue de toute part depuis des générations, qui peine à rajeunir ses rangs et à revenir sur certains choix, que l’on peut aujourd’hui qualifier d’erreurs profondes. Nous y reviendrons.

Dans les mots qui s’entremêlent sur ces pages, ne voyez pas l’unique sentiment d’une jeune génération nationaliste rancunière envers ses aînés. La comparaison entre la Bretagne et d’autres pays d’Europe de l’ouest aux destins proches suffit à mesurer l’étendue du problème.

Au Pays de Galles, en Écosse, au Pays Basque ou en Catalogne, là où la lutte avait également commencé il y a bien longtemps, partout l’autonomie a été obtenue.

Partout, un cadre idéologique clair a été posé sur l’existence de tous ces pays comme nations, même si cela ne signifie pas toujours une volonté d’indépendance totale par rapport à l’Espagne ou au Royaume-Uni.

En Corse, un pays qui a lui aussi longtemps résisté dans son histoire et dont la lutte moderne renaît véritablement dans l’Après-guerre, la forme d’autonomie la plus poussée pour un territoire « français » d’Europe de l’ouest a été atteinte par la création de la Collectivité unique. Là-bas, le mouvement nationaliste s’est installé durablement dans la vie politique du pays, y compris dans la sphère institutionnelle, sur des idées claires de droit de décider, pour la Corse comme pour toute autre nation, que l’on soit pour l’autonomie ou l’indépendance. Partout, la lutte pour le pays s’y mène la tête haute, avec inspiration, énergie et créativité que nous avons pu connaître par le passé.

Dans le passé seulement, car pour l’Emsav l’époque est loin d’être à la fête.

En Bretagne, le territoire n’est toujours pas réunifié, l’idée d’autonomie n’est même pas installée dans le débat et si la conscience nationale est restée vivante, elle porte encore en elle bien trop de honte pour oser s’affirmer sur le plan politique.
Les combats et les succès du nationalisme breton existent, mais ils n’ont pas été suffisants pour installer une résistance indéboulonnable, qui n’a plus qu’à travailler pour avancer vers l’autonomie et l’indépendance…”

 

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Bretagne colonie

Bretagne Colonie : l’UDB Union Démocratique Bretonne l’affichait déjà à la fin des années 60

Alan Le Cloarec publie régulièrement dans nos colonnes.

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Á propos de l'Auteur

Alan LE CLOAREC
Alan LE CLOAREC 16 posts

Militant indépendantiste et membre de Douar ha Frankiz - Pour une Bretagne Libre. Ouvrier du bâtiment, je mène également des recherches de façon indépendante sur le nationalisme breton, après avoir déjà travaillé le sujet lors d'un doctorat de science politique. En 2016 j'ai publié chez Coop Breizh "Aux origines des mouvements bretons".

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