Bretons From Abroad, Bretons de l’étranger : se connecter au monde.

Bretons From Abroad, Bretons de l’étranger : se connecter au monde.

Bretons from abroad, pour connecter la Bretagne au reste du monde grâce aux Étudiant

Imaginez un réseau de plus de 200 000 Bretons à l’étranger. Répartis dans la plupart des pays du monde, parfaitement intégrés dans leur communauté, occupant des postes de haut niveau dans tous les secteurs de l’économie. En outre fermement attachés à la Bretagne, à son identité et à ses valeurs (de progrès, d’ouverture et de fraternité, en particulier).
Ça pourrait être un doux rêve, mais c’est un projet tout à fait concret : Bretons From Abroad. Il ne s’appuie pas sur une vaste campagne d’émigration, mais sur la formation d’une communauté internationale de bretons d’adoption, à partir des étudiants étrangers en Bretagne. C’est pourquoi les objectifs à terme peuvent être si ambitieux. Car plus de 12 000 personnes viennent chaque année du monde entier pour étudier en Bretagne, et les chiffres augmentent régulièrement. Ces jeunes gens sont par définition dynamiques, volontaires, doués, et feront généralement des parcours brillants dans leur pays (ou là où ils iront) puisqu’ils s’en sont donnés les moyens.

L’idée a germé il y a quelques années à Global Brittany.

Avant tout une association qui aide la Bretagne à mieux se connecter à l’économie globale. Le constat est que les étudiants étrangers qui viennent chez nous repartent forcément un peu bretons. Mais qu’ils sont traités à peu près comme n’importe quels étudiants. Ni plus ni moins (des efforts sont faits par les établissements d’enseignement supérieur et les collectivités locales, mais avec des moyens limités). Pourquoi ne pas les accueillir d’une façon plus fraternelle, comme des membres de la communauté bretonne à part entière ? Après tout, ils ont parfois franchi la moitié de la planète pour venir. Alors il ne reste qu’à boucler la boucle en témoignant notre reconnaissance à leur motivation.

Une étude de faisabilité a été achevée cette année avec l’aide du conseil régional de Bretagne et des métropoles de Rennes et de Brest. Elle a analysé différentes initiatives en France et dans le monde. Puis recensé les activités existantes en Bretagne. Enfin l’équipe a longuement échangé avec les nombreuses parties prenantes. Dont entre autres des établissements d’enseignement, des collectivités locales, entreprises, instituts culturels, agences de développement. Ainsi que des volontaires potentiels, et bien sûr les étudiants eux-mêmes (étrangers et locaux).

bretons from abroad

Bretons From Abroad – Bretons de l’étranger

Il en est ressorti trois conclusions essentielles :

  • Les parties prenantes sont très intéressées par le projet. Les retombées potentielles sont très importantes et beaucoup d’acteurs en ont pleinement conscience depuis longtemps.
  • Aucune partie prenante n’a réellement de mandat pour coordonner le projet. La plupart sont prêtes à s’impliquer mais doivent rester dans le champ de leurs missions, qui ne couvre évidemment pas un projet aussi large et diversifié.
  • Un effort initial soutenu sera nécessaire. Même si tout le monde comprend que quelque chose d’énorme peut émerger, ça reste un sujet périphérique pour chaque partie prenante prise individuellement. La dynamique sera stable au-delà d’une masse critique, mais il faudra un élan fort et appuyé pour la mise en place.

Bretons From Abroad est un projet majeur pour la Bretagne.

Donc il vaut la peine qu’on fasse cet effort. La constitution de cette communauté est évidemment une fin en soi. Mais le programme a aussi un impact sur la région elle-même, dans une logique chère à l’équipe de Global Brittany. Il s’agit de sensibiliser les bretons aux activités à l’étranger, de confronter les organisations à l’international, d’établir des réseaux et des liens, de parler d’autres langues, de s’ouvrir à de nouvelles idées, etc …
C’est un accès direct au monde, depuis le coin de la rue.

Ça ne pourra se faire qu’à travers des relations authentiques et profondes. Bretons From Abroad veut toucher tous les étudiants étrangers (même si on ne pourra pas s’occuper des 12 000 dès le départ…), sans élitisme, sur la base du volontariat, et il est basé sur la fraternité. Parce qu’il n’est pas question d’instrumentaliser les étudiants et d’en faire des commerciaux de la Bretagne. Plutôt de les intégrer comme membres de la communauté au même titre que les autres.

Bretons From Abroad est profondément collaboratif.

Pour que le dispositif soit durable, la logique est que chaque partie prenante apporte et reçoive. Ainsi un bénévole aide un étudiant en le parrainant, et apprend de son filleul (la langue, des connaissances professionnelles sur un pays, des contacts locaux). Les établissements dynamisent leurs programmes d’échange. Les entreprises impliquent les équipes locales dans leurs activités internationales, et non pas seulement les dirigeants et les commerciaux, en échange de visites de leur site, de stages ou de projets tutorés. Les hôtels se confrontent à l’accueil de touristes étrangers en offrant des nuitées en basse saison.

Bretons From Abroad est profondément collaboratif. Aujourd’hui ce sont les Centres de Mobilité Internationale qui sont en charge de l’accueil des étudiants étrangers. Les établissements d’enseignement sont évidemment les interlocuteurs les plus importants. Les programmes sont soutenus par le Conseil Régional de Bretagne, et le développement économique international est la mission de Bretagne Commerce international. Toutes ces organisations doivent être soutenues dans leur action par le projet. L’objectif est de les aider là où ils manquent de moyens ou ne peuvent pas agir. Surtout pas de faire doublon ou de les gêner.

Il faudra se retrousser les manches.

Le projet est donc stable sur le long terme et ne requiert en propre que des ressources modestes. Car son moteur est l’échange entre les parties prenantes. Sans surprise, il faudra toutefois se retrousser les manches. Global Brittany peut prendre en charge la coordination mais il lui faudra un soutien important pour atteindre la fameuse masse critique. Les collectivités locales peuvent apporter des financements. Mais ce ne sera que partiel et pas à fonds perdus, car la gestion de leur budgets devient complexe. Au final, la participation des bénévoles, le mécénat, peut-être le crowdfunding et la réalisation de prestations seront indispensables pour faire la différence.

Paradoxalement, cette contrainte est l’un des plus grands enjeux de Bretons From Abroad. La Bretagne, comme toutes les régions du monde, est confrontée aux gigantesques défis de la mondialisation et aux transitions profondes du 21ème siècle. Elle ne réussira pas sur la base de plans quinquennaux ou de conventions avec l’Etat. C’est l’engagement des bretons eux-mêmes qui est la clé.

Construire la Bretagne.

Construire la Bretagne d’aujourd’hui ne se fait pas en allant simplement travailler le matin. Ou en prenant part à une manifestation ou par quelques likes sur les réseaux sociaux. Les Bretons doivent prendre conscience de l’ampleur de la tâche et s’y mettre. La bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas si difficile. D’abord accorder un entretien à un étudiant étranger ou organiser un évènement dans son entreprise. Aussi prendre part à un atelier ou faire une donation modeste. Également s’impliquer dans un projet avec les anciens de son école, faire circuler l’information…
Il ne manque pas de gestes simples pour aller dans le bon sens et faire de la Bretagne une réussite exemplaire.
Faisons-les.

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A propos de l'auteur

HUBER François
HUBER François 1 articles

François HUBER est le président de Global Brittany, une association à but non lucratif dont la mission est d'aider la Bretagne à se connecter à l'économie globale. Ingénieur de formation et diplômé de l'IGR (MAE), il a fait un parcours professionnel essentiellement dans l'industrie, le plus souvent impliqué dans des activités internationales, mais il a aussi enseigné dans différents établissements d'enseignement supérieur à Rennes (parcours internationaux le plus souvent). Il a participé à différents projets liés à la Bretagne, contribuant par exemple aux travaux de Bretagne Prospective sur les énergies renouvelables, et au montage du projet .bzh. Il dirige une startup technologique.

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