galettes saint sauveur

La galette Saint Sauveur de LU ment sur l’emballage ?

de Yann LUKAS
Publié le Dernière mise à jour le

Quand LU réécrit l’histoire des Galettes Saint-Sauveur

LU est le propriétaire des galettes Saint-Sauveur, qui furent une des fiertés industrielles de Lorient. Du moins, croyait-on…

Au dos des paquets de galettes Saint-Sauveur, un produit de la « collection LU », on peut lire le commentaire suivant : « Depuis 1950, les galettes Saint Sauveur sont fabriquées dans notre biscuiterie dans l’Aisne à partir d’ingrédients de qualité, soigneusement sélectionnés, pour votre plus grand plaisir. » Et un peu plus bas : « La galette Saint Sauveur est une galette bretonne pur beurre. »
Les galettes bretonnes de LU sont donc fabriquées « près de Reims » (C’est écrit, et même deux fois).
Les Lorientais leur trouveront un goût amer, et on peut s’étonner que Mondelez France, propriétaire de la marque, se permette de ré-écrire ainsi l’histoire.

C’est un étonnant exemple de négationisme d’entreprise.

Car la réalité est tout autre…
Créée à Lanester / Lannarstêr dans les années 1950, cette société familiale connut un fort développement grâce à la vogue des biscuits bretons pur beurre. Le 25 août 1965, elle s’installa sur la zone industrielle de Keryado à Lorient. Elle comptait alors 120 employés. En 1968, elle fusionne avec cinq autres biscuiteries pour former le groupe LU, Brun et associés. La gamme de spécialités est réduite. Saint-Sauveur produit les fameuses galettes, mais aussi quatre gâteaux en pâte feuilletée : Palmito, Sirtaki, Allantine et Tortillon. En 1974, LU-Brun devient par alliance une des composantes du futur groupe Générale Biscuit, dont Lorient n’est qu’une des trente-deux sociétés. Mais tout va bien. Saint-Sauveur va employer jusqu’à 270 personnes. Elle investit dans un pétrin qui produit 500 kilos de pâte en 90 secondes : il n’en existe que cinq modèles au monde.

En 1987, Antoine Riboud – le PDG de BSN (Danone) – rachète Générale Biscuit.

C’est un « patron de gauche », favorable à la semaine de trente deux heures !
Mais c’est d’abord un capitaliste. En 1992, il décide de fermer le site d’An Oriant / Lorient, jugé « pas assez rentable ». Il transfère l’activité à Champagnac en Dordogne. Une vingtaine de salariés resteront sur le carreau. Les trois chaînes de production lorientaises s’arrêtèrent le 26 juin 1992. Une chose est sûre : les galettes Saint Sauveur n’ont pas pu être fabriquées dans l’Aisne avant cette année-là. Par ailleurs, l’usine LU qui les produit est située à Jussy « près de Reims », qui n’est qu’à 94 kilomètres… C’est comme si on parlait d’une entreprise de Muzillac « près de Nantes », qui fabriquerait des brioches vendéennes !

On peut penser que c’est du détail, et que ça ne change rien au contenu du paquet. C’est juste de la « réalité alternative », hé oui. Et cette réécriture ne plaira pas aux anciens salariés lorientais de Saint Sauveur, si fiers de la qualité de leurs biscuits, que M. Riboud est allé produire ailleurs pour se faire un peu plus de galette…

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