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Les Progressistes Bretons, un cheval de Troie en Bretagne ?

de Rémy PENNEG
Publié le Dernière mise à jour le

Les élections européennes approchent et il va falloir ressortir le Cheval de Troie.

« La Bretagne a toujours été au rendez-vous des grandes échéances européennes. Le combat pour l’Europe nécessite un grand rassemblement en Bretagne et aussi toutes les unions des bonnes volontés » twittait récemment Laurence Maillard-Méhaignerie.

En effet la Bretagne a toujours plutôt voté en faveur de l’UE (et non pas de l’Europe) depuis de nombreux scrutins. Territoire périphérique de cette Europe économique et financière, il fut aisé au pouvoirs centraux de Paris et Bruxelles de nous faire penser que sans UE, point de salut pour cette Bretagne si petite, si défavorisée, si reculée …

Les prochaines élections européennes vont être une totale bérézina pour les tenants de cette Union Européenne telle que nous la connaissons aujourd’hui. On est à six mois de l’échéance et les problèmes s’accumulent. Le mot d’ordre est maintenant de limiter au mieux la casse qui se profile.

Et là, la Bretagne doit jouer un rôle particulier.

La Bretagne est loyaliste, très souvent, trop souvent. Ce territoire a été parmi ceux qui ont acclamé l’Union Européenne. Tant cette dernière lui avait promis monts et merveilles. Et ces promesses furent en partie tenues, mais à quel prix.
Il faut impérativement que les Bretonnes et les Bretons votent « bien » au prochain scrutin européen. L’État français veut apparaître comme le leader dans cette Union Européenne en déliquescence totale.

Notre leader maximo, notre Président soleil, doit avoir de bons résultats, être le premier de la classe UE. Et là on se rappelle que les Bretonnes et les Bretons votent plutôt « bien ». Mais pour compenser les résultats catastrophiques des autres territoires, la Bretagne va devoir faire encore mieux que d’habitude.

Les Progressistes Bretons sont un Cheval de Troie.

Ce nouveau mouvement politique n’est pas un parti … tiens on a déjà entendu cela avec En Marche à leurs débuts. La supercherie a fonctionné il y a deux ans en France. Pourquoi ne fonctionnerait-elle pas à nouveau ? En Bretagne cette fois. Venez vers nous, on ne fait pas de politique, parce que nous ne sommes pas un parti politique. Juste un mouvement. Un rassemblement de tous les amis de la Bretagne, youkaidi youkaida …

On ne voudrait pas que vos chèques en blanc … pardon, vos bulletins de vote, aillent s’égarer vers des mouvements, eux véritablement bretons et oeuvrant d’abord pour l’intérêt général de la Bretagne.

Aujourd’hui il existe au Conseil régional administrant quatre des cinq départements bretons divers mouvements politiques. Dont l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates de Bretagne fondé en 2017. Un Cheval de Troie doit être communiquant à notre époque. Et cette appellation à rallonge est mauvaise. Il y a deux mots repoussants : « socialiste » parce que plus personne n’en veut; et « démocrate » parce qu’ils savent pertinemment qu’ils ne le sont pas. Et que cela se sait, et se voit. Il reste donc l’Alliance progressiste de Bretagne. Le mot « alliance » est peu porteur : terme guerrier des dernières guerres mondiales. Terme que l’on retrouve aussi dans Star Wars : l’Alliance Rebelle. Les Progressistes Bretons sont tout sauf rebelles, bien sûr.
Il reste Les Progressistes Bretons, ou comment faire du neuf avec du vieux.

Relooker le produit.

Pour tromper le client, le Citoyen, l’électeur, la recette est assez simple. Vous prenez le produit EnMarche super marketé qui s’est bien vendu lors de son introduction sur le marché. Depuis son lancement, les clients se sont rendus assez rapidement compte de nombreux problèmes et les ventes sont en chute libre. Alors que faire ? Simple : vous le relookez en le régionalisant. Cette méthode de régionalisation consiste à différencier un produit générique selon le marché retenu à conquérir.

Vous souhaitez atteindre le marché breton : vous le bretonnisez !

Vous évacuez les mots qui peuvent effrayer le client … pardon, l’électeur. Dans ce cas, ce sont les mots « alliance », « socialistes » et « démocrates ». Pour ne garder que le mot-clé « progressiste » face au produit concurrent que vous décrétez « nationaliste ». Et vous ajoutez, c’est très important, le mot magique qui différencie : breton ou Bretagne. Là c’est vendeur. Vous élargissez votre cible.

Et vous embauchez de bons commerciaux.

Il se trouve que le meilleur commercial de la République française est aussi Breton et toujours connu et respecté en Bretagne, par une large frange de l’opinion publique. C’est Jean Yves LE DRIAN. Il est en ce moment ministre mais sait mieux que quiconque que ce gouvernement ne fera pas de second mandat. Faudra t-il déjà qu’il puisse terminer celui en cours. Sa carrière politique d’envergure va donc s’achever. L’homme a soixante et onze ans. Mais avant de rentrer au pays, le pouvoir central lui a confié une dernière mission : participer à sauver le soldat UE dans sa péninsule reculée.

Et le Cheval de Troie se construit.

Dans l’antiquité le Cheval de Troie fut une grandiose statut de cheval mobile permettant d’introduire sournoisement dans la ville de Troie quelques-uns de ses ennemis. Aujourd’hui cette expression cheval de troie est un virus malin que l’on inocule dans les systèmes informatiques pour voler des données et tromper les utilisateurs.

Les Progressistes Bretons sont-ils un Cheval de Troie ?

La presse régionale subventionnée d’argent public nous annonce les noms des commerciaux qui vont devoir vendre ce pseudo nouveau produit. Et là aussi on essaye de faire du neuf avec du vieux. Tous les commerciaux du nouveau produit sont ceux qui vendaient déjà le premier produit, celui dont les ventes s’écroulent. Les arguments de vente sont globalement les mêmes. Il y aura sans doute un bzh et un gwenn ha du par-ci par-là pour « paraître » de Bretagne (« être » est plus compliqué et non prévu dans le plan marketing).

Pourquoi voulez-vous qu’une équipe commerciale vieillissante et dépassée par les nouveaux outils de communication, qui n’a pas faire prospérer le produit d’origine, soit meilleure cette fois avec le produit relooké ? Les résultats seront au mieux les mêmes, et sans doute pire.
Les électeurs ne veulent plus de ce jacobinisme méprisant où Paris dicte le moindre fait et geste à « ses » provinces. Mais la pouvoir central est jacobin dans ses moindres pores. Comment rester jacobin et malgré cette tare, emporter le vote d’électeurs de plus en plus girondins ?

cheval de troie

Message aux femmes et aux hommes qui font de la politique en Bretagne : il va falloir choisir !

Ou alors …

Les Progressistes Bretons parmi lesquels figurent de farouches et très anciens jacobins seraient devenus, tout d’un coup, girondins. D’ici le scrutin de fin de printemps, ces Progressistes Bretons iront-ils hurler à Paris pour que la Loire Atlantique retrouve le reste de la Bretagne. Également, exigeront-ils un vrai statut pour la langue bretonne auprès de la région Bretagne. Puis exiger de Paris et de Bruxelles que le trafic maritime de l’Irlande soit prioritairement réorienté vers les ports bretons après le Brexit. Que la Bretagne puisse obtenir quelques droits à la différenciation comme celui d’organiser une Assemblée unique de Bretagne.
Et aussi de ….
Vous y croyez, vous ?

Dans l’Antiquité le premier Cheval de Troie avait fonctionné sous l’effet de la surprise. C’était une première. Ces Progressistes Bretons sont tout sauf une surprise. La supercherie est tellement visible que même sa naissance n’est pas certaine. Son échec, lui par contre, l’est.

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6 commentaires

Penn kalet 30 novembre 2018 - 19h13

Décidément on n’en sort pas d’ erreurs historiques qui ont le vie dure, à savoir girondinisme et jacobinisme ,alors que les girondins ont été également membre de ce , club breton à l’origine ,et usurpé par la bourgeoisie parisienne ,épisode d’une tragédie bretonne qui a démarrée avec l’élimination du Pierre Landais visionnaire, malgré son coté tyran, plus de deux siècles auparavant .

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Reun Allan 1 décembre 2018 - 11h58

Au départ ce projet avait ma sympathie tel que présenté comme un nouveau CELIB du 21ème siècle pour la Bretagne. Jusque là ça passait mais en deuxième lecture le terme « progressiste » contredit le premier et incite à une autre lecture plus partisane et clivante du projet sous entendant qu’il fallait être dans le courant « bien pensant ». Ces critères signifiant que des Bretons qui ne seraient dans ce courant en devraient être exclus condamne d’avance l’initiative. L’adhésion quasi exclusive des LREM confirme le défaut du cuirasse et en pleine crise de fiscalités confiscatoires le moment est mal choisi.

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erwan 3 décembre 2018 - 21h05

Monsieur Bernard Poignant, ancien maire de Quimper, sèchement battu aux dernières municipales, conseiller très avisé de monsieur Hollande, a rejoint monsieur Le Drian. Les Quimpérois seront certainement très curieux d’entendre ses prochains discours sur la Bretagne, lui qui est plutôt jacobin convaincu, qui a milité pour une région « Bretagne-Pays de Loire » ou quelque chose comme cela. Etonnant pour un professeur d’Histoire-Géographie de défendre des options opposées à ces disciplines. Mais peut-être que par opportunisme il changera son fusil d’épaule ? Il se prétendait bien socialiste dans le passé…

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Yann 4 décembre 2018 - 13h07

Avec de tels boulets et cadeaux empoisonnés que sont Richard Ferrant et Bernard Poignant, Mr Le Driant aura du mal à convaincre et en plus, on attend la réclamation ferme du retour du 44 en Bretagne administrative .

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Gurvan Mével 5 avril 2019 - 18h50

Je proteste ! Jean-Yves le Drian, quand il passe par New York, fait un détour chez les Bretons de là-bas, entre deux ventes d’armes à l’Arabie Saoudite, pour manger une bonne galette et boire un coup d’cid’ . Vive le nouveau CELIB !

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La Rédaction 6 avril 2019 - 8h45

C’est de l’humour, n’est ce pas Gurvan ?

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