✅ La douloureuse agonie de la Vème République, par Marc Louboutin

✅ La douloureuse agonie de la Vème République, par Marc Louboutin

La douloureuse agonie de la Vème République

N’en déplaise aux défenseurs acharnés de notre République actuelle, cette dernière est bien dans un coma avancé, tellement avancé d’ailleurs que les effluves de la gangrène émanent de son corps, presque cadavre, tenu à quelques signes de vie, quelques constantes vitales dirait le docteur House, grâce aux illusionnistes des médias et aux professionnels de la politique auxquels tribune permanente est offerte. Les soubresauts observés de la gisante sont d’ailleurs autant liés aux marionnettistes qui lui agitent les membres depuis les médias qu’aux vers parasites politiques à l’origine de sa maladie mortelle, de sa décomposition. Une autre cause de ses tremblements convulsifs pourrait être identifiée. Nous la verrons en conclusion.

Qu’on juge de sa santé moribonde par les deux derniers votes à l’Assemblée Nationale.

Et cela sans même avoir à rentrer dans le débat technique des sujets des deux lois observées.
Reprenons le calcul effectué dans le texte suivant par une internaute : « Le texte de première lecture concernant le pass sanitaire a été voté vers 6h du matin . 117 députés ont voté pour, 86 contre…ce qui fait un taux de participation de 35% des 577 députés. 65% d’absents sur ce texte pourtant majeur dans la gestion des libertés publiques et individuelles ! L’Histoire retiendra donc que ce texte majeur a été voté par…20,8 % des députés, 14,9% ayant voté contre et…64,9% tout simplement absents! »

Autre texte de loi, la même semaine, également important : le vote définitif de la loi contre le séparatisme.

49 voix pour, 19 contre, 5 abstentions. 73 députés sur 577. Je vous laisse faire le calcul.
La quasi-unanimité de la « classe politique » (Je dois faire un effort pour éviter le lapsus de clavier d’intervertir le « l » avec un « r ») s’était émue, interrogée, révoltée contre le manque de civisme des électeurs lors des dernières élections régionales, avec un taux de participation de 35 %. Il y a pourtant là une différence de taille entre le statut de citoyen(ne) et celui de député(e). Pour la première catégorie, voter est un droit. Avec la liberté de l’utiliser ou pas. C’est un principe difficilement discutable.

✅ Loi contre le séparatisme, confortant les principes républicains.

Pour les représentants du peuple, c’est un devoir.

Au moins moral. Alors même qu’une partie des députés veut rendre le suffrage obligatoire, force est de constater que eux s’exonèrent largement de toute contrainte dans le domaine, alors que leur responsabilité est fondamentale. S’il y a une catégorie qui devrait être obligée de voter, c’est bien aux représentants des deux chambres qu’il faudrait l’appliquer.
Dans le même temps, le Président de l’Assemblée Nationale, Monsieur Ferrand, demande – et obtient – que le pass sanitaire ne s’applique pas dans l’hémicycle. Ni en salles de commissions, puisque cela réduirait, de fait, l’exercice démocratique en privant de débat et de vote certains députés. Il lui suffirait de regarder les bancs vides en face de lui pour se rendre compte que la démocratie, une des constantes vitales de notre République, présente un indicateur de si faible participation qu’elle est bien en phase terminale.

Notre République est d’ailleurs tellement malade que visiblement elle ne se souvient même plus de son identité. Laquelle se résume normalement en trois mots : « Liberté, Égalité, Fraternité ».

Nous avons connu un temps durant lequel cet ADN de principe figurait en tête de toutes les déclarations officielles de la République, de tous les discours présidentiels.
Désormais elle est remplacée par la devise : « SEUL LE PRONONCÉ FAIT FOI ». (en majuscules et en rouge, difficile de ne pas en comprendre la primauté).
Cette affirmation, qui vit le jour en pied de page des discours du Ministre de l’Intérieur Sarkozy, est progressivement devenue, sous sa présidence, puis celle de F Hollande, la devise sur tous les documents de l’État, puis aujourd’hui celle assumée du Président de la République, de la République même. On pourrait en discuter l’origine supposée, mais c’est peut-être un coup à se faire publiquement salement maquiller le portrait à la truelle ou se retrouver douloureusement avec le compas dans l’œil selon la théorie la plus en vogue.
Qu’importe.

Cela veut simplement dire que la simple parole du Président vaut « Foi » incontestable.

C’est tellement vrai qu’immédiatement après son dernier discours, ses ministres, ses partisans, et la presse unanime commentaient ses mots comme ayant déjà force de Loi avant même le moindre débat parlementaire. Puisqu’il est interdit d’évoquer une dictature, ce qui est légalement fondé, nous ne sommes tout de même plus très loin de l’exercice d’une autocratie.
On attendrait d’un homme comme Emmanuel Macron, qui se veut providentiel et depuis quelques mois d’une compétence médicale expresse, qu’il sorte la République du coma, qu’il soit le héros pratiquant un électrochoc salutaire à une démocratie agonisante. C’est exactement le contraire qui le sert, lui et ses projets de grandeur supposée.
La troisième cause des artificiels soubresauts de la presque dépouille de la République est une forme de quasi nécrophilie présidentielle.

De Marc LOUBOUTIN dans nos colonnes.

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Á propos de l'Auteur

Marc LOUBOUTIN
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Quinquagénaire résolument misanthrope. Auteur fantôme. Ancien Lieutenant de police démissionnaire en 2001. Et ancien de plein d'autres métiers ensuite et même avant d'ailleurs

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1 Comment

  1. Juhela
    juillet 28, 07:30 Reply

    Oui la république française est moribonde. Il nous faut trouver des solutions avant qu’une guerre civile n’éclate. Je dis que : La compétence de chaque petit pays, à taille humaine de proximité des habitants, devrait être utilisée à partir de leur intelligence collective et de leurs possibilités sur leur terrain. Les pays des bords de mer, les pays de plaine, de montagne, les pays sont tous tributaires de leur latitude et de leurs ressources propres. Mais tous nous devons traiter de manière particulière les mêmes besoins fondamentaux. Je pense à l’instruction, à la santé, à l’art de vivre, à l’économie, à l’organisation de la vie par une administration locale tournée vers ses administrés plus que vers un état central qui ne sait plus que la même taxe n’a pas les mêmes effets au Nord qu’au Sud, en ville ou en campagne, et ceci n’est qu’une toute petite chose perdue au milieu d’un énorme fatras qui aurait fait le bonheur de Kafka et qui a fait celui des humoristes comme Coluche.
    La mise en place de conventions citoyennes, à l’image de celle mise en place sur le climat pour faire fonctionner l’intelligence collective, est un bon exemple de la manière de faire des lois. Au départ les citoyens tirés au sort ayant accepté de s’engager, ont travaillé durant presque une année. Ils ont été rémunérés. Ils ont été informés par des spécialistes du sujet traité. Ils ont réclamé des compléments d’information. Ils ont pu explorer toutes les données du problème. Du même coup, ils étaient formés au management, ce qui peut déboucher sur une compétence professionnelle. En raison du tirage au sort, aucun d’eux n’était suspect de conflits d’intérêt: à savoir « je te paie pour que tu fasses des lois qui m’avantagent» (cf les lobbies : tabac, chasseurs, pesticides, OGM, etc). Pourquoi ne pas démultiplier cette première expérience? Par exemple pour mettre en place une convention citoyenne sur la décentralisation dans chaque région ?
    Comment fonctionne une convention citoyenne ? Ça peut sembler très compliqué. Mais ceux qui ont participé à celle sur le climat ont réalisé un important travail qu’ on peut consulter sur le site du gouvernement ou/et sur leur page :
    https://www.facebook.com/ConvCitoyenne.
    Leurs préconisations n’ont malheureusement pas plu au gouvernement, sans doute pour des raisons de faisabilité dans l’immédiat, ni à son appareil d’Etat qui regarde les pays sans les voir, juste pour se faire élire ou pour être nommé à un poste important; naturellement on peut supposer que les mesures préconisées ont carrément déplu aux lobbies qui nous enfument pour nous faire consommer toujours plus parce qu’ils y gagnent beaucoup d’argent.
    Cette aventure a eu le mérite de montrer l’efficacité de l’intelligence collective et de montrer dans quelles directions aller. Nous devrions y réfléchir sérieusement. Il me semble que c’est le début d’une nouvelle manière de faire de la politique.
    IL FAUT ÉVITER DE REPRODUIRE INDÉFINIMENT CE QUI NE MARCHE PAS.
    Nous pourrions envisager une suite. L’abstention, quelles que soient ses causes, est devenue le parti majoritaire du pays. Notre démocratie ne fonctionne plus. Le système actuel a fait son temps. Il est figé et il rate tout ce qu’il entreprend. Les candidats qui se présentent après avoir éliminé leurs adversaires, à l’intérieur comme à l’extérieur de chaque parti, se présentent à nous comme des stars de flonflons, vigoureusement armés de petites phrases sensées faire mouche à la télé, et qui sont par ailleurs indéfiniment exploitées par les journalistes pour démultiplier leur audience tout en organisant notre enfumage. De tonitruantes promesses ne sont jamais tenues.
    Faudrait-il supprimer les élections présidentielles ? Faut-il supprimer les élections d’élus qui vivent bien et même grassement, pour les plus hauts placés qui ont su au fil de leurs carrières se faire voter des rentes à vie avec l’argent de nos impôts? La suppression des partis est-elle envisageable ? Tous n’ont-ils pas fait la preuve de leur insuffisance en dépit de leur « science » parfois bien réelle ?
    Les conventions citoyennes et la décentralisation pourraient-elles avantageusement les remplacer, coupant du même mouvement l’herbe sous le pied des lobbies, des conflits d’intérêt, des idéologies partisanes, des guéguerres de clans qui occupent les journalistes, et qui par la même occasion, consomment du temps de nos cervelles en les détournant de ce qui est important pour chacun là où il vit ? Si oui, comment faire ?
    La balle est désormais dans le camp de notre intelligence collective. A nous de mettre en place les structures capables de la faire fonctionner, sous forme d’étude, de réflexions puis de directives, de règlement et de lois.

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