L’Europe fédérale est pour vous une « contagion » ou la Démocratie en marche ?

L’Europe fédérale est pour vous une « contagion » ou la Démocratie en marche ?

Recomposition de l’Europe et pouvoir régional.

Le pouvoir central français et ses médias affiliés ont beau feindre de ne rien voir, on assiste bien à une recomposition de l’Europe. Recomposition lente certes, mais profonde et durable.
Il y a eu le Brexit britannique et il y a l’Écosse aspirant à sa souveraineté. L’archipel des Iles Féroé va voter pour son accession à l’indépendance au printemps 2018. Il y a eu le référendum en Lombardie Vénétie, dans le nord de l’Italie. Plus récemment, la Catalogne bien sûr. Et enfin le vote historique des Corses, qui unis, ont plébiscité une plus large autonomie de leur île vis-à-vis du pouvoir central français.

C’est le sens de l’Histoire, d’aller vers plus de démocratie.

C’est sans doute aussi une nécessité impérieuse, voire vitale, des personnes à faire face à une mondialisation destructrice.
En Europe, peu d’états sont aussi arc-boutés sur leur passé jacobin hyper centralisé que l’Hexagone.
Les gouvernements qui se succèdent à Paris depuis longtemps savent mieux que quiconque la fragilité de cette construction artificielle de l’état français. Il en est en construction d’un état comme en vaisselle : plus c’est fragile et plus il faut redoubler de précautions et d’emballage.
Les administrateurs régionaux dans l’Hexagone, très bien informés par les Préfets, savent que s’ouvre en ce moment une période pour eux inquiétante. Même s’ils redoublent de « discrétion » sur ce qui se passe hors nos frontières, ils savent que l’on sait.
L’une et indivisible redoute ce qu’ils nomment une « contagion ».
Contagion qui est en fait l’expression d’une véritable démocratie. Mais pour certains la démocratie est une maladie. Qui peut se communiquer par le phénomène de contagion.

Qu’en est-il en Bretagne ?

Le 14 Décembre dernier, Loïg CHESNAIS-GIRARD, Président de la RAB* a déclaré ceci :

« La combinaison d’une Europe fédérale et d’une République régionalisée : un projet qui fait de nos différences un atout. Voilà le projet que nous pouvons défendre et que je propose aux Bretonnes et aux Bretons« .

Magnifique. Bravo. De tout cœur avec vous, Président. On le souhaite depuis tant d’années.
Mais passé ce satisfecit précoce, plusieurs questions et remarques nous viennent. Et nous font douter.

Pourquoi maintenant ?

Certes, mieux vaut tard que jamais. Il est permis de penser qu’une réelle prise de conscience s’empare tout à coup, de nos administrateurs régionaux.
Depuis tant d’années que vous êtes en place, rien, ou presque. Tout à coup, une révélation.
Mais c’est bien sûr !
Comment avons-nous pu être aveugles à ce point durant tout ce temps ?
Pourquoi n’avons-nous pas écouté celles et ceux qui nous demandent, qui nous exhortent depuis longtemps, de penser à « la combinaison d’une Europe fédérale et d’une République régionalisée ».
Les deux mots « Europe fédérale » dans la bouche d’un Président de région, ne fut-elle qu’administrative, dans l’Hexagone, est déjà une quasi prouesse en soi. « République régionalisée » peut aller à l’encontre du dogme de la « République une et indivisible« .

Que pèsent quelques mots du Président de la RAB* à ses seuls concitoyens « régionaux » face au dictat de l’État central : rien !

« Un projet qui fait de nos différences un atout ».

Bon ce n’est qu’un projet. Ouf ! Selon les dictionnaires de langue française, « le terme projet désigne ce que l’on a l’intention de faire« .
Dans le principe même d’un projet est contenu la possibilité de ne pas aller jusqu’au bout, la réussite.
« Voilà un projet que nous pouvons défendre« .
Dans peu de mots, deux fois le mot « projet ». C’est vous dire si c’est sûr. On est prévenu : je vous avais bien dit qu’il ne s’agissait que d’un projet.
Nous aurions préféré « que nous allons/devons défendre ». Voire « que nous défendons ». Les politiques choisissent toujours leurs mots, les pèsent, avant de les dire. Là ils peuvent. Ce n’est qu’un projet, pouvant être défendu.

Nous ne croyons plus au Tad Nedeleg (Père Noël).

Les prochaines élections régionales sont prévues en 2021. Et le temps passe très vite.
Face aux tremblements de terres et répliques de Catalogne, d’Écosse, de Corse … l’état central retranché à Paris doit commencer à prendre ses dispositions. Car la contagion ne doit pas s’étendre à l’Hexagone. Il devient urgent de prendre au sérieux ce qui ne doit pas devenir une pandémie de démocratie.
Surtout dans les territoires hexagonaux les plus « fragiles ». En cas d’infection sanitaire, il faut protéger plus les populations à risque. Il en est de même en cas d’infection démocratique.
Pour Paris la Corse est déjà perdue. Par son Histoire et par son insularité, le peuple corse est une population à risque.

La Bretagne, par son Histoire et sa péninsularité, l’est également.

Les préfectures et leurs services de renseignements le savent mieux que quiconque. En effet, les récents évènements démocratiques en Catalogne, en Écosse, en Corse et autres, ont beaucoup plus de résonnance en Bretagne qu’ailleurs dans l’Hexagone. Face à cette prise de conscience et à ce « pourquoi pas nous ? » d’une partie de plus en plus importante de la population bretonne, il n’y a pas beaucoup de réactions possibles pour l’État central qui nous administre.

D’abord feindre d’ignorer.

C’est une méthode vieille comme le monde, très utilisée aussi dans le monde animal. Mais cette méthode n’empêche pas le « mal » de se propager.

Puis lutter contre.

C’est rapidement efficace, mais trop visible. Même quand on dispose de l’appui inconditionnel des médias, cela se voit grâce aux réseaux sociaux.

Enfin, s’en emparer.

Selon nous, c’est à cette manipulation que nous assistons, par cette déclaration citée en début de cet article. C’est la méthode la plus douce. Plutôt que laisser « s’égarer » les Citoyens, comme cela s’est passé en Corse, vers d’autres mouvements non contrôlés, l’État central, par ses relais locaux, va s’afficher comme représentatif de ce besoin d’Europe fédérale et de République régionalisée. Pour tenter de regrouper autour de lui toutes ces brebis avant qu’elles n’aillent vers une herbe plus verte.

  • RAB Région Administrative Bretonne
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3 commentaires

  1. Pascaloo35
    janvier 05, 13:41 Répondre
    Avec une Bretagne historique alors (à 5 départements) plutôt qu'une vision et des ambitions administrative, Pour cela consultez le peuple...un référendum local serait bien non?. Un politique doit faire le job, si ce n'est lui, cela sera un autre, un peu de courage diantre!
    • La Rédaction
      janvier 05, 15:39 Répondre
      On a que le personnel politique que l'on mérite, disait quelqu'un. Pour nous il n'y a qu'une Bretagne bien sûr. Vous avez le mot qui manque à beaucoup de nos politiques, à trop d'entre eux : le courage. C'est tellement plus confortable de rester dans son confort et ses privilèges que de prendre des risques avec un vision d'avenir autre pour son territoire. Cela se fera en Bretagne comme cela est déjà en cours ailleurs en Europe. Regardez ce qui se passe aujourd'hui même en Corse. Merci de votre commentaire, merci de nous suivre, et rejoignez-nous aussi sur nos réseaux. A galon.
  2. Dwrdan
    janvier 06, 14:49 Répondre
    ....plus qu'une "démocratie/ture" à la sauce franco- parigo-jacobine, c'est pour moi le constat dune première "prise de conscience" de la majeure partie de... mes compatriotes/Ma kenvroidi, en Région Armoricaine, et dont me réjouis -après tant et tant d'années de ...laxisme!- au plus haut point !!!;* Mais " LES FRUITS PASSERONT-ILS LA PROMESSE DES FLEURS ...???", notamment aux plans économico-géopolitico (B5)-socio-culturels, mais aussi -ET SURTOUT- aux niveaux Constitutionnel-Législatif -Administratif,etc... -enfin propres à La République Fédérale de Bretagne /Republik Gevreadel Breizh, dans l'U.E à terme, et au sein d'une immense structure Confédérale, extrapolant LARGEMENT le petit Hexagone, sur tout ce que dessus !!! affaire à suivre...ha-buan- ha buan...!!!

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