rail

Quand la Bretagne se fait un rail : droguée du train.

de NHU Bretagne
Publié le Dernière mise à jour le

C’est au printemps 1857 que le premier train arrive à Rennes et en 1865 il viendra jusqu’à Brest.
Enfin le rail venait nous sauver de notre isolement. De l’est bien sûr. Le train venait désenclaver la Bretagne. Pour nous apporter le progrès, nous sortir de nos chemins creux.
Et c’était globalement vrai.

Et depuis un siècle et demi, nos administrateurs font une fixette sur le train. Une véritable drogue, très coûteuse.
Ce sont eux qui nous droguent au train.

C’est nous qui payons le rail.

Comme la fameuse ligne LGV place la gare de Rennes à seulement 1h30 de la gare de Montparnasse, pour un milliard d’euros d’argent public, il fallait bien montrer aux enclavés de l’extrême ouest qu’on dépensait aussi de l’argent pour leur train local. D’autant plus facilement quand ce n’est pas l’argent de celui qui décide de le dépenser.

A propos ce cette LGV bretonne. Saviez-vous qu’elle était plus rapide en 1989 qu’en 2016 ?

Un million d’euros la réfection d’un seul kilomètre.

Kemper – Brest ce sont soixante douze kilomètres en train. Douze mois de fermeture de la ligne et 77,8 millions d’euros d’argent public plus loin, nous y voici.

Plus d’un million d’euros le kilomètre d’aménagements pour gagner une poignée de minutes. Histoire de mieux saisir ce chiffre, cela équivaut à soixante treize années de travail au tarif du smic net actuel. Pour un seul kilomètre de voie ferrée. Déjà existante, juste à améliorer.

Seulement environ 145000 trajets sont vendus chaque année sur cette ligne ferroviaire. Dans ce calcul, il faut imaginer le passager qui prend ce train chaque jour, aller et retour. A lui seul, il compte donc déjà pour dix trajets par semaine …

rail

Budget de la réfection de la ligne ferroviaire Kemper – Brest

Mais ce n’est pas tout.

Ou pas assez ! C’est le Conseil Régional de quatre des cinq départements bretons qui a aussi réglé la facture des études préliminaires de la rénovation de ce tronçon. Pour la coquette somme de cinq millions d’euros.

Le train, une drogue dure.

Une drogue on vous dit. Une drogue dure même. Une vraie addiction. Quand on a le nez dedans, on ne peut plus s’arrêter.

Pour cette coquette somme on vous propose neuf trajets entre Kemper et Brest chaque jour. Autant dans l’autre sens. Prix affiché sur oui.sncf.fr à 9,00 euros le ticket.

Nos administrateurs shootés au rail ne le savent sans doute pas, mais il existe d’autres moyens de transport pour relier ces deux villes finistériennes. D’ailleurs les 145 000 trajets annuels revendiqués par la SNCF et ses alliés sur ce tronçon ont bien dû trouver une autre solution pendant l’année d’interruption due aux travaux.

Rail ou route.

Et là NHU Bretagne est très heureux de vous annoncer un truc de ouf : il y a une voie express, toujours gratuite, entre Kemper et Brest. Ouverte dans les deux sens. Sur cette quatre voies, circulent des bus FLIXBUS, une compagnie privée allemande. Et de OUIBUS, une filiale de la …. SNCF ! Cinq aller et retour quotidiens, plus rapide que le train, et seulement pour 5,00 € le trajet.

Mais les dealers du rail, que d’aucuns appellent lobbies, font suffisamment pression sur qui de droit, pour que l’argent public continu à financer une SNCF en quasi faillite.

Un chiffre d’affaire cumulé global de 37 milliards d’euros en 2016 sur l’Hexagone. Des dettes autour de 52 milliards. Et cela malgré des subventions de toutes parts pour plusieurs milliards d’euros.

rail

Pourquoi, il n’y a qu’un train pour aller de Brest à Kemper

L’affiche caricaturale pour l’apothéose.

Un cliché d’un autre siècle pour symboliser « Brest et Quimper de nouveau réunis« . Pour être précis, il aurait fallu ajouter  » … de nouveau réunis par le train« . Parce que pendant l’année de fermeture de la ligne de chemin de fer à une seule voie, il y avait toujours la ligne de chemin de goudron à quatre voies.
Qui a toujours réunie Brest et Kemper.

Brest et Quimper isolés, enclavés … que le train vient enfin sauver et réunir !
Retrouvez les affiches quasi coloniales des compagnies de chemin de fer de leurs débuts en Bretagne. Rien n’a changé. La Bretonne a toujours la coiffe et Brest est toujours synonyme de marin à pompon rouge. Caricature inexacte de surcroit : la coiffe bigoudène n’est pas la coiffe de Kemper.

Sources

oui.sncf, fr.ouibus.com, flixbus.fr
letelegramme.fr/dataspot/sncf-le-brest-paris-plus-rapide-en-1989-qu-en-2016-17-02-2017-11405003.php
ressources.data.sncf.com/explore/dataset/frequentation-gares/?sort=nom_gare
contrepoints.org/2017/08/01/285766-sncf-derriere-resultats-quasi-faillite

Soutenez votre média breton !

Nous sommes indépendants, également grâce à vos dons.

A lire également

5 commentaires

Christian Rogel 13 décembre 2017 - 1h28

Ce n’est qu’une manière de voir, car le raccourcissement sur les trajets sans arrêts est nettement supérieur à « une poignée de minutes ».
Ce sera aussi très pratique pour aller aux expositions de la Fondation Leclerc, à Landerneau (la gare est proche)..
On pourra préférer ne pas changer de mode à Quimper ou faire un Morlaix-Landerneau-Châteaulin, plus pratique que le bus et pas plus cher.
L’existence de machines diesel et à alimentation électrique fait espérer le retour d’une liaison Brest-Nantes.

Répondre
La Rédaction 13 décembre 2017 - 20h29

Pour la poignée, cela dépend aussi de la taille de la main 🙂 Mais cela reste une poignée de minutes ! Là où on vous suit c’est que cet argent aurait peut-être été plus judicieusement dépensé sur d’autres lignes bretonnes. Ceci dit, cet article n’est qu’une vision, une proposition. Mais ça fait quand même cher le kilomètre … A galon. NHU Bretagne

Répondre
SEB 19 janvier 2018 - 2h06

J’ai utilisé la ligne Flixbus debut decembre pour faire le trajet Morlaix – Rennes le w end des transmusicales . C’etait la premiere fois que je decouvrais cette ligne . Le verdict est sans appel 2h40 en bus pour 9euro contre 2h en train avec des tickets autours de 40 euro ( prix du dernier moment je precise ) …. Je valide completement ! De là a faire un trajet beaucoup plus long en bus , je ne dis pas que j’irai jusque là . Mais voilà je pense que je n’ai pas besoin d’en dire + , les chiffres que j’ai cités parlent tout seul je pense ! Confort des bus rien a redire . De plus les prix de la sncf sont tout simplement du racket et un « shmilblik  » incomprehensible (excusez moi l’expression )……Un Brest Paris ( destination que j’evite 😉 ) doit etre au alentour de 90 euro le w end si pris au dernier moment …………Completement d’accord avec cette article : la SNCF est une escrocrerie !

Répondre
Evreh 24 février 2018 - 14h09

Effectivement la réfection de la ligne sans son électrification n’a guère de sens. La continuité avec les lignes venant de Rennes et de Nantes permettrait des trajets type Vannes-Brest, Quimper-Saint-Brieuc, Quimperlé-Morlaix… Et pas que Quimper-Brest!
C’est tout l’ouest Bretagne que ça irriguerait!
Concernant la route, ça sature parfois près de Lorient, Nantes, Rennes… Mais ça ne saturera jamais à Brest ni à Quimper?

Répondre
Filotrans 12 novembre 2021 - 9h43

Bonjour,
Je pense au contraire que ce soit un bien que cette ligne ait été rénovée malheureusement sans son électrification.
Ces dernières décennies, je pense que beaucoup
d’investissements ont été réalisés dans la région
pour les infrastructures routières au détriment de lignes ferroviaires locales qui ont aujourd’hui disparues et qui pour certaines pourraient encore rendre bien des services…..

Répondre

Une question ? Un commentaire ?

Recevez chaque mois toute l’actu bretonne !

Toute l’actu indépendante et citoyenne de la Bretagne directement dans votre boîte e-mail.

… et suivez-nous sur les réseaux sociaux :

Notre mission

NHU veut faire savoir à toutes et tous – en Bretagne, en Europe, et dans le reste du monde – que la Bretagne est forte, belle, puissante, active, inventive, positive, sportive, musicienne…  différente mais tellement ouverte sur le monde et aux autres.

Participez

Comment ? en devenant rédacteur ou rédactrice pour le site.
 
NHU Bretagne est une plateforme participative. Elle est donc la vôtre.