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Réseaux ferroviaires gallois et breton : autonomie là-bas et vol ici !

de Christian GUYONVARC'H
Publié le Dernière mise à jour le

Désormais au Pays de Galles, avec lequel la région Bretagne a un accord de coopération depuis 2004, la totalité du réseau ferré et des gares, tous les trains et les personnels qui les font fonctionner sont sous l’entière responsabilité du gouvernement gallois.

C’est une extension du statut d’autonomie politique et budgétaire dont le Pays de Galles dispose depuis 1999.

A titre de comparaison, dans le domaine ferroviaire la région Bretagne, réduite à quatre départements, a seulement pour compétence de par la législation française

  • l’achat à 100% des TER (trains express régionaux). Mais sans même en être propriétaire (oui, ça en France c’est possible)
  • et le financement intégral de leur entretien et de leur fonctionnement au quotidien. Mais sans avoir aucune compétence sur les personnels de la SNCF qui s’en occupent.

Cette compétence légale limitée dans le domaine ferroviaire n’empêche nullement l’État et la SNCF d’exiger de la région Bretagne qu’elle participe au financement de tous les travaux de construction. Ainsi que ceux d’entretien ou de remise en état des rails et des gares qui se trouvent sur son territoire… Alors que la loi française n’a pas donné aux régions les ressources budgétaires pour cela.

Lisez aussi : https://nation.cymru/news/wales-railway-services-now-nationalised-by-the-welsh-government/?

C’est toujours Paris qui décide …

Donc, concrètement, quand il a fallu sauver voici quelques années la voie ferrée entre Landerneau / Landerne et Kemper / Quimper, voie unique (deux trains ne peuvent pas s’y croiser) et non encore électrifiée, eh bien la région Bretagne a été contrainte de puiser dans son bas de laine et de sacrifier d’autres politiques. Faute de quoi l’État et la SNCF, dont c’est pourtant la compétence, n’auraient pas mis un euro dans cette opération…

Et si la région Bretagne n’avait pas consenti à payer pour un projet qui n’est pas de sa compétence de par la loi et pour lequel elle n’avait pas de budget dédié, eh bien aujourd’hui il n’existerait plus aucun moyen de se déplacer en train entre le nord et le sud du Finistère, un département de près d’un million d’habitants. Ainsi, le chantage de l’État a donc fonctionné.

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Le Dragon gallois tient tête à Londres quand notre Hermine bretonne semble se coucher devant Paris

Le jacobinisme français, c’est aussi cela …

« Moi l’État, je décide, et toi la région, tu paies!… et tu te tais! Sinon je ne te donnerai rien et ma part du financement, je la réserverai à ton voisin. »
Regardons les choses en face: seul un statut d’autonomie politique et financière pour la Bretagne (une Bretagne réunifiée) pourra changer la donne.
Un « petit » élément de contexte à ne pas négliger: l’Assemblée nationale (eh oui c’est son nom) et le gouvernement du Pays de Galles ont à leur disposition un budget annuel de 19,765 milliards de livres sterling, soit environ 22,5 milliards d’euros.

Pour une population de 3 millions d’habitants.

Pour que l’information soit honnête, je précise que les budgets affectés aux collectivités locales passent aussi par le budget du Parlement et du gouvernement gallois. Mais il faut noter que cette situation a pour avantage de permettre aux autorités galloises d’appliquer une péréquation financière au bénéfice des collectivités locales les plus pauvres.

Lisez ici le budget du Pays de Galles (en anglais)

Le budget annuel de la région Bretagne (à quatre départements) est de moins de 1,7 milliard d’euros. Pour une population de 3,3 millions d’habitants (hors Loire-Atlantique).
22,5 milliards d’euros pour trois millions d’habitants au Pays de Galles contre 1,7 milliard d’euros pour 3,3 millions d’habitants en région Bretagne.

Vous avez compris ce qui cloche en Bretagne?…

Et c’est un ancien rapporteur général du budget de la région Bretagne (de 2012 à 2015) qui vous pose la question.

(Titre et illustrations de NHU Bretagne)

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