Breton(ne) tu dois aller à Paris

Breton(ne) tu dois aller à Paris

Toujours cette farouche volonté de nous mener à Paris

On entend et on lit un peu partout et depuis trop longtemps une même ritournelle. « Il faut absolument mettre la Bretagne à trois heures de la capitale en train ».
Et on ne précise pas de quelle capitale européenne il s’agit. Mais comme il s’agit de voie ferroviaire et de trois heures, il faut en déduire qu’il s’agit de Paris.
Allez, entre nous, faisons un petit sondage et posons nous les bonnes questions ?

A Paris, pour y faire quoi ?

De multiples raisons peuvent nous envoyer à Paris.
► Loisirs : cette capitale européenne est une incontestable destination touristique. Pour un week end ou plus longtemps, on peut en effet souhaiter y aller. Pour visiter de beaux musées, apprécier l’architecture ou y faire du shopping.
► Famille : l’émigration bretonne depuis longtemps à participé à peupler Paris. Et il paraît encore, pour de trop nombreux Bretons et Bretonnes, plus aisé de trouver un emploi dans ce grand bassin d’activités. On peut donc souhaiter aller y visiter de la Famille.
► Travail : on a trop tendance à penser qu’en dehors de la Bretagne, il serait plus facile de trouver un emploi. Pourtant le chômage n’est pas plus important en Bretagne que dans l’Hexagone. Trouver un emploi est plus aisé dans la plupart des pays du nord de l’Europe qu’en Bretagne. Mais nous subissons en Bretagne les politiques et contraintes de Paris, pas celles de Dublin ou du Copenhague. Autre point qui peut nous entraîner vers Paris pour raison professionnelle, ce sont les courts déplacements pour aller rencontrer d’autres responsables dans les nombreux sièges sociaux de grandes entreprises ou des étrangers qui ne connaissent trop souvent de l’Hexagone que sa plus grande agglomération.

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Nous réclamons plus de lignes internationales directes au départ des aéroports de Bretagne

Et combien de fois allez-vous à Paris chaque année ?

Mais ceci étant dit, vous qui lisez cet article, que ce soit pour raison de loisirs, de Famille ou de travail, combien de fois allez-vous chaque année vers cette destination ? Celle-là même que d’aucuns essayent absolument, à coups de grands projets et de milliards d’euros, de mettre à trois heures en moyenne de tout point de Bretagne ?
Certains professionnels s’y rendent plusieurs fois par mois, mais parmi les 4,6 millions d’habitants que compte la Bretagne, une très, très large majorité n’y va jamais.
Il faut une bonne heure en avion pour s’y rendre. Et la Bretagne dispose de huit aéroports rabatteurs aux mains quasi exclusives de Air France.
Mais depuis des décades, on nous ressasse avec une constance incroyable que ce serait tellement mieux si on pouvait y aller en train en trois heures. Transport aux mains exclusives de la SNCF.
C’est un peu comme s’il n’existait point de salut pour un Breton désireux de voyager que de se soumettre aux monopoles des deux compagnies d’état toutes puissantes.

Et si toute cette volonté et cet argent, public en général, donc le nôtre, étaient plutôt employés autrement ?

► A proposer à la Bretagne des lignes aériennes vers le monde, toute l’année. Avec une tarification ouverte à la vraie concurrence. Comme c’est le cas, partout ailleurs en Europe.
Pourquoi, moi, habitant Nantes, Rennes, Brest ou Lorient, je n’aurais pas envie de me rendre plutôt à Londres, Madrid ou Strasbourg. Il existe en Europe des centaines de grandes villes qui offrent aussi des musées magnifiques. Mais aussi du travail, des boutiques. Et où on a, de plus en plus d’ailleurs, des Amis et de la Famille.
► A améliorer notre mobilité intérieure et les liaisons à travers la Bretagne. Là où nous vivons toute l’année.. C’est là que nous avons surtout nos Familles et nos Amis, nos relations professionnelles et nos loisirs. Pour faire du shopping et aller au théâtre, nos grandes agglomérations ont tout ce qu’il faut pour ne pas mourir de désespoir.
Cette carte ci-dessous des grands flux de mobilité en Bretagne. Hormis l’axe occidental Brest Kemper et l’axe oriental Saint Malo – Rennes – Nantes, aucun flux nord sud.

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Flux de mobilité en Bretagne

Notre système centralisateur hexagonal effréné nous parle d’Europe à longueur de temps.

Mais ce même système fait tout pour nous confiner dans cet espace hexagonal. Comme s’il ne fallait pas avoir trop de possibilités de mobilité et de transports pour aller au-delà de ces frontières.

Il est, par exemple,  inconcevable que la liaison médiane de voie rapide Châteaulin Rennes ne soit toujours pas totalement à quatre voies. Quand avec ce même argent, le nôtre, on investit pour que nous puissions aller plus vite de Rennes à Paris.
Il est tout autant inconcevable que nous ne puissions prendre un vol direct de nos plus grands aéroports bretons vers plus de capitales européennes.
Il en sera ainsi tant que nous subirons des décisions trop lointaines.

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Rémy PENNEG
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1 commentaire

  1. aventurier
    juillet 24, 10:56 Répondre
    C'est une volonté politique, à fortiori, un centralisme Parisien... En France, tout est accès sur Paris, avec près de douze millions d'habitants dans la Capitale Région ! Sur un petit territoire bien évidemment ! Comparez aux autres régions, c'est inhumain d'entasser une population, une économie avec une mobilité qui demeure une catastrophe au quotidien en Île-de-France... Merci pour votre article de fond. Kenavo ar we chall. Aventurier

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