Du syndrome de Stockholm au syndrome de bécassine.

Du syndrome de Stockholm au syndrome de bécassine.

Avant d’évoquer le syndrome de bécassine, faisons connaissance avec le syndrome de Stockholm.

Le syndrome de Stockholm a été décrit pour la première fois en 1973 par le psychiatre suédois Nils Bejerot.
En fait l’origine de ce phénomène psychologique est à chercher dans une prise d’otages dans la capitale suédoise le 23 Août 1973. Jan Erik Olsson, évadé de prison, tente de commettre un braquage dans une banque juste avant l’ouverture des guichets. Après quelques péripéties, il est rejoint par Clark Olofsson, un co-détenu dont il a exigé, entre autres conditions, la libération. Ces deux malfrats détiendront quatre otages durant six jours, retranchés dans la banque.
Lors de la charge de la police le 28 Août, les otages se comportent étrangement. En effet, ils font preuve d’empathie et même d’estime pour leurs ravisseurs. Ils iront jusqu’à prendre leurs ravisseurs dans leurs bras à leur libération, et prendre leur défense lors du procès. C’est le syndrome de Stockholm.

Le syndrome de Stockholm est donc ce phénomène d’abandon de son identité par crainte de l’autorité.

Déjà en 1940, mais sans le nommer syndrome de Stockholm, le psychanalyste américain avait décrit ce syndrome, que nous adapterons à la Bretagne sous le nom de syndrome de Bécassine. Dans son ouvrage La Peur et la Liberté, il décrit la vénération de l’enfant envers un père despotique et autoritaire ainsi que son identification avec lui, comme un moyen d’échapper à l’angoisse que lui provoquerait la confrontation ainsi que pour éviter le sentiment de culpabilité que lui procurerait le fait de le haïr. Il décrit ce même phénomène dans la relation que le citoyen d’un régime despotique peut entretenir avec le dictateur. L’amour ou la vénération deviennent ainsi des palliatifs qui résolvent « magiquement » toute la complexité conflictuelle de la situation. Ce même type de relation a été constaté chez certains « collabos » envers les forces d’occupation pendant la guerre.

Dominé et dominant.

Paul Roazen, un autre psychanalyste américain mort en 2005, décrit également ce syndrome. Ainsi, ce que nous nommerons en Bretagne le syndrome de bécassine, est ce phénomène d’adoption de la pensée dominante. Phénomène allant jusqu’à une identification avec ses représentants. Les mêmes ressorts psychologiques produisent les mêmes effets. Dont l’absence de courage de contredire les valeurs proposées, voire imposées. Également le besoin de se flatter en acceptant de rejoindre la communauté dirigeante.
On retrouve également souvent ce type de comportement de soumission dans les violences conjugales et la maltraitance enfantine.

Le syndrome de bécassine.

D’aucuns trouveront hasardeux cette comparaison avec le syndrome de Stockholm. Certes, mais les ressorts du syndrome de bécassine sont en Bretagne globalement bien les mêmes. Évidemment il ne s’agit aucunement d’une soumission envers des malfrats preneurs d’otages dans une agence bancaire. Plutôt envers des personnes (trop) bien sous tous rapports. Donc plus difficilement repérables.
Ainsi le syndrome de bécassine est un processus d’attachement des Breton(ne)s vis à vis de leurs « ravisseurs ». Évidemment, le mot « ravisseurs » n’est pas à prendre ici au sens premier. D’ailleurs il peut être remplacé par « parents », « supérieurs » ou « dirigeants ».

syndrome-de-bécassine

Le syndrome de bécassine en Bretagne

Nous couper du monde et nous caricaturer.

Le sentiment de dépendance pouvant aller jusqu’à provoquer de la gratitude.
Les repères des « otages » sont perturbés. Jusqu’au point où des « otages » préfèrent collaborer avec l’autre partie. Pour certains, cette stratégie amène au développement de sentiments positifs à leur égard. Nos « ravisseurs », nos manipulateurs, nous ont convaincu, au fil des siècles, que nous n’étions bons à rien. Sauf peut-être à produire de la chair à canon dans des guerres lointaines décidées par d’autres. Au fil du temps, nous nous sommes mis à les croire. Ils nous ont coupé du monde, sauf pour nous caricaturer. Tant et si bien que le monde ne nous considère que peu, au mieux. Au pire, le monde ignore jusqu’à notre existence même. Nous pensant incapables d’exister par Nous-Mêmes, nous avons préféré aimer nos « ravisseurs ». Ils nous humilient parfois, nous menacent et nous expropient … mais ce doit être pour notre bien.

En cela la caricature bécassine fut, et pour certains encore, est l’incarnation de ce syndrome de … bécassine.

Aucun autre peuple d’Europe n’est à ce point capable de s’auto-caricaturer, de s’auto-humilier, que les Breton(ne)s.
Bécassine nous ridiculise mais nombre de Breton(ne)s l’aiment bien.
Le syndrome de bécassine c’est aussi une dépendance psychologique sous l’emprise d’une situation abusive et répétitive. D’où une perte de nos moyens, de notre bon sens, de notre objectivité, de nos valeurs. Finalement de notre capacité à nous défendre. D’ailleurs, au fil du temps, nous ne percevons plus aucune raison de nous défendre, et nous acceptons la situation de dépendance.
Par crainte de nous confronter à l’inconnu que nos « ravisseurs » nous ont tant décrit comme mauvais pour  nous, nous préférons courber l’échine et subir leur subtile et insidieuse domination.

Sortir du syndrome de bécassine.

Ce ne seront sûrement pas nos « ravisseurs » qui ont aideront à en sortir. Ils ont trop intérêt à nous maintenir dans cet état de dépendance psychologique, voire physique. Parmi les nôtres, autour de nous, nombreux sont celles et ceux qui sont ainsi presque subjugués. Donc incapables de comprendre leur situation. Pour les aider à sortir de cet syndrome de bécassine, il faut de la pédagogie. Un peu comme pour ré-éveiller des personnes qui ont été sous l’emprise d’une secte.
Nous devons, à nouveau, imaginer et penser par Nous-Mêmes.
#CroirePlusEnNous est impératif et urgent.
Nous n’avons plus à craindre nos « ravisseurs » et devons cesser, immédiatement, de les écouter. Leurs discours nous sont nocifs.
Avant cette « prise d’otages » nous étions Nous-Mêmes.
Redevenons-le !

Libérons-nous de nos entraves.

Comme un adolescent doit prendre son indépendance à un moment. Ou comme une Femme soumise par un compagnon doit oser fuir le domicile. La Bretagne doit recouvrer son libre-arbitre et rompre sereinement ses entraves.

Merci à philippe.drenntel.over-blog.com pour le dessin et à Jacques Yves LE TOUZE pour l’idée.

 

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Rémy PENNEG
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3 Comments

  1. Coëtmeur Daniel
    février 28, 17:23 Reply

    Demat deoc’h, Bonjour à toutes et à tous,
    Je n’ai pas besoin d’aller voir un Psychiatre ! Je n’ai pas du tout le Syndrome de Bécassine !!!
    Daniel Coëtmeur
    35000
    Rennes

  2. André Ropars
    février 28, 22:53 Reply

    Bravo à Jacques-Yves Le Touze, tout cela est très juste. Je vois que tu y crois encore. C’est bien, mais par ou commence-t-on pour libérer les Bretons de leurs chaînes psychologiques malgré eux. Moi j’ai abandonné…

  3. Michel Chauvin
    mars 03, 17:47 Reply

    « La plus grande faiblesse des Bretons ,disait l’Académicien Breton Michel Mohrt,est leur affectivité ,qui les rend peu objectifs » J’y ajouterais leur invraisemblable naïveté. qui leur confère une capacité d’acceptation du présent ,qui annihile en eux ,toute velléité contre ce Jacobinisme Français qui nous opprime.
    Mikaël ar C’hozh

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