Le volailler breton Doux va finir par y laisser ses plumes.

Le volailler breton Doux va finir par y laisser ses plumes.

Doux, de crises en regroupements.

Depuis les graves ennuis économiques du leader européen de la volaille, et sa dernière restructuration, on l’avait presque oublié.

Doux a été regroupé avec Gastronome en 2016 au sein du groupe français Galliance. Cette dernière structure est le pôle volaille de Terrena. Terrena c’est aussi Paysan Breton, Père Dodu, les magasins Gamm Vert et bien d’autres marques. Terrena est la première coopérative agricole polyvalente de l’Hexagone et affiche plus de cinq milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Doux, créé à Port Launay (près de Kastellin/Châteaulin en Cornouaille) en 1955, a vécu la belle époque. L’époque où le volailler breton produit de la volaille de grande consommation, en devenant le leader européen. Puis ce sera la période de la conquête des marchés émergents. Du port de Brest en général, des cargos chargés de poulet congelé quittent la Bretagne pour les pays arabes. Les subventions européennes à l’exportation affluent.

Mais le monde change et la concurrence va vite.

Plus vite que le volailler breton.
Les pays arabes produisent leur propres volailles à moindre coût. Le Brésil devient un autre concurrent tout aussi féroce sur son marché national de plus de deux cent millions de consommateurs. Également à l’export. Les taux d’imposition trop élevés en Hexagone sont un handicap majeur face à la mondialisation.
doux

Doux le volailler breton à l’export

Le marché européen consomme de plus en plus de volailles de qualité quand Doux continue à produire des volailles ordinaires et des produits panés à bas coûts. La situation s’aggrave encore avec les crises sanitaires et la cessation d’importation de nombreux pays. Le consommateur européen est de plus en plus demandeur de volailles bio, et l’Irlande, pays peuplé comme la Bretagne, l’a mieux compris que nous.
La consommation mondiale de viande de volaille augmente de près de quatre millions de tonnes par an. Mais notre production bretonne n’est plus adaptée. Elle aurait dû se réorienter il y a déjà plusieurs années.

Doux perdrait depuis un moment déjà environ 800 000 euros chaque semaine.

De 2200 salariés en 2014, ce sont aujourd’hui 1293 salariés qui sont à nouveau inquiets de leur sort. La production de volailles a déjà été déduite de 14% en 2016.
Les récentes faiblesses de la concurrence internationale et les nouveaux produits plus qualitatifs que Doux va lancer bientôt permettront-ils de passer ce nouveau cap difficile ?
Ou la situation est-elle trop grave pour que Terrena envisage de sauver l’entreprise bretonne ?
Nous serons fixés dans les tous prochains mois.

Précédent Redeo, le fournisseur breton de l'électricité la moins chère.
Suivant Aider le multilinguisme en Bretagne avec Lafayette

A propos de l'auteur

Rémy PENNEG
Rémy PENNEG 206 articles

"Essayer ou ne rien faire". Quand on aime la Bretagne corps et âme, à un moment, il faut essayer d'agir et de créer pour participer, même très modestement, à son rayonnement et à son avenir. Avec l'aide avisée d'une poignée de volontaires, nous créons NHU Bretagne.

D'autres articles qui devraient également vous intéresser

En Bretagne on ne balance pas son porc, on les additionne !

Regroupement coopératif porcin nécessaire. La Bretagne est un des plus importants producteurs de porcs en Europe. En se situant entre les Pays- Bas et l’Italie par exemple. Et bien devant

Vu de Bretagne : mais que faites-vous de tout notre pognon ?

En vingt ans, vous nous avez pris le double de pognon. Pognon, où es-tu ? En 1997 le montant des impôts et taxes payés par les ménages de l’Hexagone et

La blockchain libérera t-elle nos nations invisibles ?

Une anecdote En 94, alors que j’étais vendeur dans un hypermarché informatique surnommé la Foire permanente de l’informatique, les gens nous faisaient remarquer, qu’en France, on avait le Minitel et

0 commentaire

Pas encore de commentaire.

Soyez le premier ! Commentez cet article !

Laissez un commentaire