Es-tu Penn ar Bed ou Finistère ?

Es-tu Penn ar Bed ou Finistère ?

C’est étonnant comme un territoire peut être très différemment considéré selon le nom qu’on lui attribue !

Prenons par exemple (mais tout à fait au hasard, bien entendu) cette partie occidentale de la péninsule de Bretagne.
En breton, son nom est Penn ar Bed et en français Finistère.

En breton, le mot « penn » signifie littéralement « tête » et « bed » veut dire « monde« . Quand on dit « penn ar bed » on veut donc exprimer un endroit qui est à la « tête du monde. Autrement dit, au début du monde. Parce que de tous temps, les bretons ont considéré le début de leur territoire, comme le début du monde d’alors, l’Europe. De ce début du monde, dos à l’océan Atlantique, la Bretagne regarde vers l’est ce vieux continent qui commence, là devant elle. Quoi de plus normal pour un pays entouré d’eau salée sur trois de ses côtés et près de 2700 kilomètres de côtes.

A l’opposé, ceux qui sont sur notre est, et on ne peut pas leur en vouloir pour cela, pensent être au centre, au coeur de ce monde. Et toutes les périphéries deviennent alors des « fins du monde » ou « finis terrae » en latin. Ainsi le début du monde des bretons devient la fin des terres pour d’autres.
Depuis des siècles, et la géographie du continent européen s’imposant logiquement, deux visions existent. Et les deux sont tout à fait recevables bien sûr.

Penn ar Bed, le début du continent européen

Penn ar Bed, début du monde

Penn ar Bed ou Finistère ?

Donc ces deux façons de nommer la péninsule de Bretagne sont totalement opposées, et ces deux manières de considérer ce même territoire breton ne peuvent que produire des réactions diamétralement différentes.

Pour nous bretons, salés d’océan jusque dans notre beurre, les territoires vers l’est ont toujours été des contrées lointaines; et c’est sans doute encore vrai, sinon nos édiles ne chercheraient pas par tous les moyens à « nous mettre à moins de trois heures de Paris » à force de voie ferrée rapide. Et pour tous ceux qui vivent à l’est de la Bretagne, dans cet Hexagone hyper-centralisé où ce qui est mieux se passe en « Ile de France », ne peuvent avoir qu’une seule vision : plus on s’éloigne du coeur et plus on se refroidit, dans ces extrémités lointaines, ces finistères. Il y en a plusieurs bien sûr, en périphérie de cet Hexagone aux six angles ou coins lointains, mais au premier regard de cette géographie physique, la péninsule de Bretagne apparaît d’évidence comme la fin la plus lointaine. Vue sous cet angle, à juste titre.

Finistère, Finis Terrae, la fin d'un continent

Ou Finistère, la fin du continent ?

Mais de Bretagne, est-on nécessairement obligé d’avoir cette même lecture de notre géographie, et d’en supporter les conséquences ?
Alors, vous êtes Penn ar Bed ou Finistère ?

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Rémy PENNEG
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3 commentaires

  1. Ericco
    novembre 28, 14:37 Répondre
    Bonjour, Je vous donne un commentaire d'une habitante dOuessant "quand je suis tristounette je suis Finistère quand je suis heureuse que mes enfants viennent me voir je suis Penn ar bed... Pourrait on dire qu'un non breton voit la Bretagne du continent et un. Breton... De la. mer..?? Merci de votre réponse Kenavo E. Donars
    • La Rédaction
      novembre 28, 19:07 Répondre
      Bonsoir et merci de cet intéressante remarque. Il est évident que la vision est différentes de nos îles occidentales. En Bretagne on a trop oublié, et on l'occulte trop encore, que nos richesses les plus importantes ne sont pas vers l'est mais vers l'ouest. Notre pays est une terre d'eau salée, depuis toujours. Notre Mer Celtique, et le Channel, furent dans notre passé plus des traits d'unions que des obstacles. L'océan qui nous baigne sur trois de nos façades est une mine d'or (algues, énergies, pêche, tourisme, etc ...) qui n'intéresse que trop peu un pouvoir trop centralisé et trop tourné vers l'est. On ne peut pas lui en vouloir d'une certaine façon : il n'est pas directement au contact de nos vents, de nos marées, de nos courants. Ce pourquoi on peut et on doit par contre lui en vouloir, c'est qu'il nous oblige, d'une certaine façon là aussi, à regarder vers où lui il regarde. Et ne pas nous encourager à regarder vers notre nature. Notre nature, en Bretagne, c'est de construire un pays maritime qui compterait plus sur la scène internationale. Nous sommes le plus important champ d'algue d'Europe et le dixième au monde. Nous sommes à la porte du plus important couloir maritime du monde. Nous avons 2700 kilomètres de côtes, plus que l'Allemagne. Plus que le Portugal. On en fait quoi de ces atouts énormes que bien des pays nous envient ? Oui bien sûr, les Bretons sont plus conscients de cela que des non Bretons, mais pas tant que cela selon nous. Pour que nous nous sentions Penn ar Bed (début du monde face à nous, donc l'Europe), plus encore, et moins Finistère ("excentré" comme on nous l'a entré dans le crâne, coincé dans un cul de sac en quelque sorte) nous devons encore et encore travailler sur Nous-Mêmes (NHU veut dire Ni Hon-Unan, c'est à dire Nous- Mêmes) pour en prendre plus conscience. C'est à nous de le faire, sans compter sur les autres qui ont d'autres priorités. NHU Bretagne veut y participer, très modestement. Merci de nous suivre et donc d'y participer également.
  2. Francine THIEFFIN
    février 07, 12:30 Répondre
    Bonjour. J"ai adoré cet article de Mr Rémy Penneg, tellement exact et portant en lui l'explication tout à fait réélle qu'en nommant les choses (finistère VS penn ar bed) on leur attribue un rôle différent? La grande histoire du "signifiant" et du "signifié". Un peu comme le verre a moitié plein et le verre à moitié vide ( en parlant du même objet) donc deux façons bien différentes de tout envisager.

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