Et si on s’occupait Nous-Mêmes* de notre patrimoine en Bretagne ?

Et si on s’occupait Nous-Mêmes* de notre patrimoine en Bretagne ?

Patrimoine en Bretagne.

Le Grand Palais parisien va bénéficier d’un programme de rénovation entre 2020 et 2024, année des Jeux Olympiques … parisiens également. Et ce pour un coût prévisionnel de près de 436 millions d’euros.
Ce Grand Palais parisien a été construit en 1900 pour l’Exposition Universelle de l’époque. Le budget actuel prévoit 137 millions d’euros pour la restauration du monument historique. Également quelques 225 millions pour son ré-aménagement. Enfin une poignée de 44 autres millions serviront à la refonte de la muséographie.
D’autres sources évoquent, quant à elles, un budget de 466 millions d’euros. Trente millions d’écart, vous me direz, ça va ça vient ! Après tout il ne s’agit que d’argent public. Donc du vôtre. Et là, l’état central ne va pas chipoter non plus. Il est à noter sur la marque de luxe Chanel apporte son mécénat pour quelques 25 millions d’euros.
Un hebdomadaire français révélait récemment que l’ex directeur de ce Grand Palais disposait de quelques 400 000 euros de budget de taxis.
Combien coûterait la rénovation du Phare d’Ar Men au large de Enez Sun (île de Sein) ici en photo ?
Nous ne comparons pas ce phare de Bretagne avec le Grand Palais parisien, bien sûr. Juste cette question bassement financière.

L’État central conduit.

C’est la DRAC qui « conduit la politique culturelle de l’État« , dont fait partie le patrimoine. La DRAC ou Direction Régionale des Affaires Culturelles. Il s’agit donc bien de l’État central qui mène « sa » politique dans « ses » provinces. Ce n’est pas le territoire qui gère son propre patrimoine, ou si peu. Cette DRAC est d’ailleurs directement placée sous l’autorité du préfet de région administrative et de ses collègues les préfets départementaux. Tout est bien cadré, pour ne pas dire cadenassé.
Les domaines de compétences sont nombreux : cinéma, archéologie, archives, cirque, ethnologie, langue française, monuments historiques, multimédia, musées, théâtre … L’Hexagone est riche d’un patrimoine très important et sur les dix milliards de budget du Ministère de la Culture, à peine un demi est consacré au patrimoine.
Et Stéphane BERN, le people parisien et ami des monarques, s’échine à nous faire gratter pour espérer une vingtaine de millions d’euros supplétifs.
Pour notre patrimoine, comme pour le sauvetage en mer, la septième puissance économique du monde fait la manche.

patrimoine

Patrimoine et culture : tout pour Paris et rien pour la Bretagne et le reste de l’Hexagone

Et la Bretagne là-dedans ?

La Bretagne possède le plus important patrimoine mégalithique du monde. Également le plus important patrimoine religieux d’Europe. Le patrimoine en Bretagne est donc très riche et varié. La Bretagne est aussi terre de châteaux, et sur nos 2700 kilomètres de côtes maritimes, des dizaines de phares subissent les assauts des vagues et des vents.
La sauvegarde de nombreux monuments, en Bretagne comme ailleurs, est trop souvent l’oeuvre de particuliers et d’associations qui donnent sans compter. Les administrations locales font ce qu’elles peuvent avec des budgets qui se restreignent de toutes parts. La DRAC participe également, et bien sûr, à maintenir le patrimoine en Bretagne.

Autonomie de décision.

Mais pourquoi faut-il que ce soit l’État central, dans ses ministères parisiens trop lointains, ou dans ses préfectures trop fermées, qui décident de presque tout ? Une vraie assemblée de Bretagne, de personnes élues directement, au plus proche, ne serait-elle pas en capacité de décider quel budget consacrer à nos chapelles, à nos phares, à nos châteaux, à nos écluses.
Si nous gardions la part de nos impôts pour le patrimoine de Bretagne, au lieu de la verser à l’État central pour ses dépenses somptuaires et ses abus ?
La plupart des démocraties modernes en Europe font confiance à leurs territoires pour ce genre de sujet.
Le patrimoine en Bretagne, lui aussi, subit le centralisme exacerbé d’un pouvoir central replié sur lui-même et au bord de l’implosion.

*Nous-Mêmes : NHU est l’acronyme de Ni Hon-Unan qui signifie « nous-mêmes » en langue française.
Photo de Pascal MOREAU.

#CroirePlusEnNous

 

Lire également à ce sujet :

Patrimoine : Ile de France et Bretagne, deux poids, deux mesures …

Patrimoine mondial de l’Unesco : aucun site en Bretagne.

 

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A propos de l'auteur

Rémy PENNEG
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"Essayer ou ne rien faire". Quand on aime la Bretagne corps et âme, à un moment, il faut essayer d'agir et de créer pour participer, même très modestement, à son rayonnement et à son avenir. Avec l'aide avisée d'une poignée de volontaires, nous créons NHU Bretagne.

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1 commentaire

  1. Padrig
    septembre 23, 10:31 Répondre
    Demat, Ne gomprenan ket ho jedadur : Si la Bretagne bénéficie de 3% du budget de la culture et l'Ile-de-France de 68% ça fait presque 23 fois plus de budget pour l'Ile-de-France et non pas 9% ? Ceci dit bien sûr ar gwir zo ganeoc'h, il n'y a aucune équité dans la répartition des budgets et les fonds seraient bien mieux gérés par nous-mêmes.

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