Politikos à Rennes, le festival politique qui nous coûte un pognon de dingue

Politikos à Rennes, le festival politique qui nous coûte un pognon de dingue

Politikos, le premier festival international du film politique imposé par Paris à Rennes et à la Bretagne.

La nouvelle vient de tomber : Rennes devra organiser Politikos. Organiser et payer. Pendant quatre jours du 1er au 04 Novembre 2018.
Politikos est une association loi 1901 fraîchement créée dont on retrouve des noms connus au Conseil artistique : Nathalie St Cricq, Bernard Poignant, Mazarine Pingeot, Daniel Cohn-Bendit, Franz Olivier Giesbert, Frédéric Mitterrand, etc … Président d’honneur : Edmond HERVE, ancien maire de Rennes.
C’est surtout le nom qui est international. Il y a en fait extrêmement peu d’invités non français. Juste de quoi mériter le mot, plus sérieux.
La programmation annonce quelques quarante films et documentaires en projection durant ces quatre journées. Également une exposition et une librairie avec dédicaces privilégiées.

Il y a le prix …

Le Prix Politikos 2018 sera décerné par un jury composé d’une dizaine d’Étudiants de grands instituts de politique sous la présidence de Frédéric Mitterrand.
Parmi les invités « de marque », Denis Podalydès à qui on doit le bide cinématographique brittophobe Bécassine, le couple people Julie Gayet et François Hollande, spécialistes du cinéma politique. Et tant d’autres qu’on à tellement hâte d’écouter.
Un tel évènement, aussi exceptionnel, offert par Paris, ne pouvait se dérouler qu’en un lieu au nom prédestiné : le Couvent des Jabobins.

Et il y a le coût.

On nous explique en permanence qu’il faut serrer la ceinture de nos budgets culturels en Bretagne. Mais là, sur « recommandation » d’un ministère de la culture français(e) on trouve rapidement plus de trois cent mille euros. La région administrant quatre de nos cinq départements de Bretagne trouve 190 000 euros. Le département d’Ille et Vilaine en déniche trente mille. Quand à Rennes Métropole, ce sont cent mille euros qui seront consacrés à recevoir ce beau monde qui a tant oeuvré pour la Bretagne et son image. Seule la Ville de Rennes n’a pas souhaité se plier à la « recommandation » venue de Paris d’héberger ce festival qui nous manquait tant. Ces quelques 320 000 euros d’argent public représentent donc plus de 50% du budget global.

La culture de l’entre-soi imposée.

La « recommandation » de ce festival par Paris n’a donné lieu à aucune concertation sur Rennes avec les acteurs culturels existants.
On devrait tous être heureux de voir un nouvel évènement culturel s’organiser en Bretagne, à Rennes. Mais celui-ci sent le parachutage, pour reprendre un terme de ces milieux d’affairistes politiques. Il s’agit plus, semble t-il, d’un rassemblement des mêmes, des déjà trop vus; que d’un véritable festival.

Et pour que leur rassemblement d’anciens soit réussi, il faut de l’argent.

Et bien ce sera le vôtre, Mesdames, Messieurs. L’État central prend actuellement des mesures d’austérité pour nous tous. Nos administrateurs régionaux sont obligés de couper dans les budgets, dont ceux de notre culture, en Bretagne.
Mais là, les ordres ont dû tomber d’en Haut : vous allez devoir trouver 320 000 euros en Bretagne.
Et ce serait très intéressant de connaître l’origine des 280 000 autres euros du budget. Un seul Partenaire officiel semble t-il : EDF. L’argent public, qu’il soit jeté par le pouvoir central ou les provinces, c’est toujours le nôtre.

Réussite ou bide ?

J’espère, très sincèrement que ces quatre journées seront une vraie réussite. Une réussite populaire qui verra se croiser dans les salles de ce bel endroit qu’est le Couvent des Jacobins de très nombreux participants et visiteurs. Quitte à payer.
Mais je me méfie toujours de la première édition d’un évènement, comme de la première crêpe à tourner sur la billig. Elle est trop souvent ratée, et donnée au chien. Surtout quand c’est Paris qui « l’offre ». Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai peur de la suite du scénario. Si c’est un bide, ce sera en Bretagne à Rennes, qui aura payé pour plus de moitié; et pas à Paris. Si c’est une réussite, pour des raisons diverses, la prochaine édition sera « désenclavée » à Paris.

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