Pour l’abolition des Droits de l’Homme et le rétablissement de l’esclavage !

Pour l’abolition des Droits de l’Homme et le rétablissement de l’esclavage !

NHU Bretagne n’est pas là uniquement pour les douceurs sucrées. Nous voulons être aussi, dérangeants, caustiques, piquants, impertinents, corrosifs … Nous pensons que c’est aussi de cette manière que l’on amène le débat, l’éveil, voire la colère et l’emportement … pour ou contre.
Notre tout dernier Rédacteur nous plaît, beaucoup, depuis un moment déjà. Jean Michel TRUONG n’est pas Breton, ne vit pas en Bretagne : nul n’est parfait 🙂 Mais souvent, ce qu’il dit, et il le dit toujours très bien, est valide pour la Bretagne et pour nous qui y vivons.
Voici sa première participation, et nous le remercions beaucoup d’avoir accepté que nous diffusions ce texte.
Attention esprits sensibles : on vous a prévenu !

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Avant, il y avait les esclaves.

Et puis, leurs propriétaires calculèrent que c’était du travail trop cher : il fallait les nourrir et les loger de la naissance à la mort, eux et leurs chiards. Mieux valait leur payer un salaire – le minimum nécessaire à l’entretien et à la reproduction de la force de travail – proportionné au nombre d’heures effectivement travaillées. Ils virèrent leurs esclaves et leurs chiards. Les niais appelèrent ça « Émancipation » et se réjouirent de cette avancée des Droits de l’Homme.

A partir de là, les propriétaires ne cessèrent de réduire toujours davantage ce « minimum nécessaire » en reportant sur l’État la charge des coûts annexes : l’éducation, la santé, la famille, le chômage, la retraite… Les niais appelèrent ça « Progrès social » et se réjouirent de cette avancée des Droits de l’Homme.

Ensuite, Monsieur Gattaz au nom des propriétaires exigea qu’on aille plus loin dans le « Progrès social » en supprimant toute contrainte sur le travail, comme les limites au licenciement ou la notion même de « minimum nécessaire ». Les niais appelèrent ça « Émancipation des entrepreneurs » et se réjouirent de cette avancée des Droits de l’Homme.

Aujourd’hui, Monsieur Macron décide de viser hardiment le stade ultime du « Progrès social » en supprimant toutes les aides à la personne et aux ménages – allocations logement, chômage après la première année, RSA, aides pour l’emploi, etc. – et en les remplaçant par une allocation unique largement insuffisante pour assurer l’entretien et la reproduction des « bénéficiaires ». Les propriétaires pourraient ainsi disposer d’un réservoir de gueux prêts à accepter à n’importe quel prix n’importe quel job précaire, pour compléter leur allocation au niveau nécessaire à leur survie et à celle de leur famille. Les niais appellent ça « Revenu universel d’activité » et se réjouissent de cette avancée des Droits de l’Homme.

Stop au Progrès social !

Exigeons l’abolition des Droits de l’Homme et le rétablissement de l’esclavage !

© copyright 2018 Jean-Michel Truong

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A propos de l'auteur

Jean Michel TRUONG
Jean Michel TRUONG 1 articles

Jean-Michel Truong est né en 1950, en Alsace. Après des études de psychologie et de philosophie, il devient enseignant et chercheur à l'Université de Strasbourg, consultant en transferts de technologies avancées et, bien plus tard, enseignant à l'École centrale de Paris. Il a fondé et présidé Cognitech, la première société européenne d'intelligence artificielle. Depuis 1991 il vit en Chine où il conseille des entreprises européennes de haute technologie. Il est l'auteur de plusieurs romans et essais devenus cultes, dont Reproduction interdite (Plon), Le Successeur de pierre (Denoël), Eternity Express (Albin Michel) et Totalement inhumaine (Le Seuil). Reprendre – Ni sang ni dette est son premier essai politique.

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2 commentaires

  1. Régine
    octobre 01, 12:58 Répondre
    Grâce à la newsletter je viens de découvrir NHU Bretagne. Je parcours d'un oeil l'ensemble des sujets pour me faire une idée et je m'arrête, interdite, devant ce titre qui me fait bondir. Effet voulu, ouf ! la note en exergue me prévient de la provocation. J'ai apprécié, qu'en un style grinçant, J.M. Truong fasse une observation d'une pertinence ciselée, acide, mais hélas vraie. Si les analyses politiques étaient ainsi rédigées, peut être qu'elles aideraient davantage, le commun des mortels, à méditer, comprendre où on en est et se dire qu'il est temps de relever ses manches.

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