✅ Prolétariat : travailleurs pauvres sur-représentés chez les agriculteurs bretons

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Les agriculteurs bretons en précarité.

Lorqu’on évoque les classes populaires, on pense aux ouvriers, aux familles mono-parentales qui vivent dans des conditions précaires, ou aux salariés au salaire minimum à temps partiel. Ne nous y trompons pas : en France, il existe les indigents que l’on voit, dont on parle, ceux qui revendiquent à juste titre.

En revanche, hormis le Parti Breton qui est très mobilisé sur le sujet, le monde politique n’évoque presque jamais les agriculteurs, qui sont souvent sur-endettés, qui ne se versent pas ou peu de salaire et qui travaillent davantage et plus tardivement que les autres actifs.

Selon l’INSEE, en 2019, il y a quatre fois moins d’agriculteurs qu’il y a quarante ans.

La proportion est ainsi passée de 7,1 % des actifs, à 1,5 %. En 2019, 55 % des agriculteurs ont plus de cinquante ans. 13 % des agriculteurs ont plus de soixante ans, contre 3 % des personnes en emploi. Les agriculteurs constituent, et de loin, le groupe socio-professionnel comportant proportionnellement le plus de seniors en activité.
D’après l’INSEE, la très grande majorité des agriculteurs travaillent le week-end en plus de la semaine. En 2019, 88 % d’entre-eux travaillaient le samedi et 71 % les dimanches.

Travailler plus …

Les agriculteurs déclarent un temps de travail hebdomadaire bien supérieur à celui de l’ensemble des personnes en emploi, soit 55 heures par semaine en moyenne, contre 37 heures pour les personnes en emploi !
De plus, du fait d’un nombre de congés très réduit et inférieur à 25 jours, la durée annuelle effective de travail des agriculteurs excède de 65 % celle du reste de la partie active…
En 2018, le revenu d’activité moyen des non-salariés de l’agriculture était de 1.210 euros par mois. L’INSEE considère que 20 % des agriculteurs ne se versent aucun salaire. En outre, 10 % des non-salariés agricoles percevaient moins de 370 euros mensuels.

Le niveau des retraites des agriculteurs demeure aussi, quant à lui, très faible.

La pension moyenne, au terme d’une carrière complète, est de 730 euros par mois. D’importantes inégalités subsistent entre les femmes et les hommes. La pension des anciens chefs d’exploitation pour une carrière complète est de 855 euros par mois. Alors que celle dont bénéficient leurs conjoints collaborateurs, qui sont pour la plupart des femmes, est de 597 euros, soit un montant inférieur de 30 %. L’absence de reconnaissance du statut des conjointes comme travailleuses agricoles contribue à les pénaliser au moment du calcul de leur retraite.
Enfin, selon l’INSEE, les ménages agricoles ont, en Bretagne, un niveau de vie plus faible que dans l’ensemble des régions de province. Les revenus des plus modestes sont hélas comparables, mais ceux des ménages les plus aisés sont nettement plus en retrait en Bretagne.

Conclusion.

Historiquement, en Bretagne, l’immense majorité du monde du travail était constitué de petits paysans. Davantage que dans les autres régions Françaises, car la relative « normalisation » économique n’est intervenue qu’au début des années 1960 en Bretagne. Notre monde paysan était miséreux et misérable. Combiné à une forte démographie, la seule porte de sortie résidait dans l’émigration, essentiellement en France, voire à l’étranger (Etats Unis et Canada notamment).

La Bretagne reste aujourd’hui la première région agricole Française.

Revenus plus faibles que la moyenne (lorsqu’ils existent !), moyenne de départ à la retraite plus tardive, durée hebdomadaire de travail beaucoup plus importante, congés annuels réduits à la portion congrue, travail six jours sur sept, parfois tous les jours de la semaine : les « damnés de la Terre » sont malheureusement bien constitués par le monde paysan…

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Erwan LE GARLANTEZEC
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1 Comment

  1. Penn kaled
    avril 16, 09:07 Reply

    Votre analyse est correcte ,cependant en ce qui concerne la diminution du nombre d’agriculteurs ,c’est un phénomène général à l’ensemble des pays industrialisés .En Bretagne elle a sans doute été plus tardive qu’ailleurs ,d’un point de vue cynique , nous avons rattrapé notre retard ,mais il est à craindre que l’hémorragie n’est pas encore finie .C’était aussi un souhait de certains acteurs de l’agro alimentaire bretons que je ne citerais pas ,vu qu’une concentration des exploitations leur permettait de réduire leurs couts de fonctionnement et aussi de vendre davantage d’intrants et d’aliments du bétail ,vu que les les grands élevages deviennent de moins en moins autonomes .

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