Le désert médical, un mal qui grignote la Bretagne.

Le désert médical, un mal qui grignote la Bretagne.

Un désert médical s’installe en Bretagne.

Le désert médical devient de plus en plus courant en Bretagne.
Force est de constater que nous assistons depuis un temps certain à l’installation de déserts médicaux dans toute la Bretagne.
Nous pensions ce mal réservé à d’autres contrées reculées. Mais cela fait déjà plusieurs années que cette défaillance sanitaire et sociale se répand en Bretagne.

C’est de plus en plus patent pour les généralistes.

Ces derniers disparaissent purement et simplement de territoires entiers. Ils y furent installés comme médecins de famille. Puis ils partent en retraite et ne sont pas remplacés. Pour les médecins spécialistes, il faut aller consulter dans nos grandes agglomérations. Et les délais, quelle que soit la spécialité, sont le plus souvent compris entre trois et huit mois.

Cette raréfaction de médecins généralistes pose évidemment de nombreux problèmes.

La population bretonne est vieillissante, comme un peu partout en Europe occidentale. Elle nécessite donc un accès aux soins plus important. Et cette raréfaction de médecins généralistes entraîne le contraire sur des régions entières de Bretagne.
On nous dit, à longueur d’information, qu’il faut privilégier le circuit court. Circuit court en toutes choses, pour mieux consommer et moins polluer par exemple. Or la distance à parcourir pour aller consulter son médecin généraliste s’allonge de plus en plus.
Cette absence de médecins généralistes sur certains territoires en Bretagne engorge les services d’urgence. Le médecin de la commune est le premier consulté. Faute d’un médecin généraliste proche, pour beaucoup de malades, c’est direct aux urgences les plus proches. Voilà une des raisons pour lesquelles les services d’urgence sont, et seront, de plus en plus dépassés. Avec le coût financier public que cela entraîne.

désert médical

Désert médical en Bretagne – Dans le cercle bleu, Plogonnec/Plogoneg

Cette carte de 2012 montre très bien les zones rouges du désert médical s’installant sur l’ensemble du pays.
La moyenne de densité de médecins généralistes est de 83,9 médecins pour cent mille habitants (Source DREES2013 ‘SNIIRAM CNAM) Insee RP2012).
En Bretagne les disparités sont nombreuses : 34,9 à Pont de Buis et 102,8 à Brest dans le Finistère. Seulement 47,1 à la Guerche de Bretagne (35) et 56,3 à Guingamp (22). Mais 109,8 à Arradon (56) et 93,4 à Nantes en Loire Atlantique.
La métropolisation ne fera qu’aggraver ces disparités. Un pays moderne de la taille de la Bretagne ne peut accepter ces conditions.

D’un point de vue sanitaire, cette situation qui empire n’est plus admissible.

Il existe des solutions, plutôt coercitives …

Méthodes qui ne nous semblent ni judicieuses ni adaptées, comme :
– De rendre obligatoire l’ouverture permanente d’un cabinet de médecin généraliste dans chaque commune. Et cela en fonction de la densité de population.
– Contraindre l’installation de jeunes médecins généralistes en priorité dans les territoires démunis. Ceci pendant par exemple leurs cinq premières années d’exercice.
– Refuser l’ouverture de cabinets de médecine générale dans des zones déjà bien pourvues.
– Créer des maisons médicales (les anciens dispensaires) à plusieurs communes afin de mutualiser l’offre des soins et d’en réduire les coûts.
– Penser à un camion médical itinérant pour assurer une présence régulière d’un médecin sur une ou plusieurs communes.

Ces solutions sont souvent imposées par « le haut », l’État central et ses administrations.

Ou d’autres solutions, plus adaptées et respectueuses des Citoyen(ne)s et des médecins.

– Rechercher le médecin manquant grâce aux moyens de communication actuels, dont numériques. Ne pas attendre.
– Proposer aux candidats des conditions attrayantes de travail et de vie, au sein de la collectivité.
– Prendre un soin tout particulier de ce Citoyen de la commune … pas tout à fait comme les autres. Le médecin généraliste est la personne qui soigne, aussi bien souvent nos maux physiques que psychologiques. C’est la personne qui veille, jour et nuit, sur la santé de toute une commune. La personne qui veille sur tous, jeunes comme vieux. Sur les moins aisés comme sur celles et ceux qui le sont plus. Sans distinction de couleur de peau, d’opinion politique ou de tout autre différence.

La prunelle de vos yeux.

Cette personne, le médecin généraliste de votre commune ou de votre quartier, vous devez en prendre soin comme la prunelle de vos yeux … Même s’il ne s’agit pas d’un ophtalmologue !
Ces solutions, dont certaines à inventer ou à copier d’autres pays, sont proposées par « le bas », par les Citoyens.

Plogonnec recherche un médecin généraliste.

En plein Porzay, bassin agricole aisé de Cornouaille en Bretagne, cette commune de quelques cinq mille personnes n’a plus de médecin généraliste. Ce médecin vient de partir en retraite bien méritée. Les médecins généralistes les plus proches ont déjà des charges de travail et des horaires très chargés. La commune de Plogoneg fait partie pour les froides statistiques administratives, du « bassin de vie » de Douarnenez. Et ce « bassin de vie » possède une densité de médecins généralistes de seulement 69,8. Donc bien en-dessous de la moyenne que nous évoquions plus haut.
Cette commune doit en aucun cas devenir un désert médical, un de plus en Bretagne.

NHU Bretagne et l’Association KEMBERIÑ se mettent à la disposition de Plogonnec.

Nous proposons aux habitants de Plogonnec notre aide pour participer à la recherche d’un médecin généraliste. Nous mettons à votre entière disposition notre site internet et l’ensemble de nos réseaux sociaux pour vous aider dans votre recherche.
Pour aider ces cinq milles personnes à retrouver un médecin généraliste et à éviter de tomber dans un désert médical, partagez cet appel et diffusez cet article.
N’hésitez pas à nous contacter pour apporter vos idées, votre aide … contact@nhu.bzh

Source : http://carto.observatoire-des-territoires.gouv.fr

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Née à Quimper, l'association Kemberiñ a pour devise : "penser, rassembler, agir". Elle a pour objectif d'être un laboratoire d'idées axé sur des actions concrètes dans l'intérêt général de la Bretagne, avec comme premier champ d'action la Cornouaille. Elle est fondée sur l'idée de confluence (Kemberiñ signifie "confluer" en breton et est aussi l'éthymologie de Quimper/Kemper), c'est à dire de réunir les forces vives au-delà des idéologies sur le territoire. Ses actions seront la production d'études et d'enseignement au niveau local, l'organisation des systèmes d'entraide au niveau économique, la priorité donnée à la recherche et au développement ainsi que la diffusion des idées.

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1 commentaire

  1. lucie
    avril 15, 15:58 Répondre
    Les maisons médicales représentent la seule alternative face aux départs non remplacés de médecins en zone rurale. L'embauche de personnel administratif mutualisée permet ainsi d'assurer la paperasserie toujours plus importante exigée par les caisses d'assurance maladie, mutuelles etc, qui se déchargent de leur travail sur les médecins , et fusionnent leurs centres pour limiter l'embauche...cherchez l'erreur..

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