Agriculture bretonne en perdition

Agriculture bretonne en perdition

Agriculture et agroalimentaire en voie de disparition en Bretagne ?

La Bretagne est le premier territoire européen si on combine agriculture et agroalimentaire. Pourtant tous les secteurs (viande bovine, production laitière, viande porcine, volailles …) de cette incroyable richesse sont pourtant en perdition.

La place de la Bretagne dans l’Europe :

► Huitième sur vingt sept pays européens pour les volailles avec quelques 556000 TEC.
Allemagne 1,66 million TEC, Grande Bretagne 1,55 M.TEC et Pologne 1,33 M.TEC …
(Tonne Equivalent Carcasse)
► Porc en nombre de millions de têtes (2012).
Allemagne 48, Espagne 43, Danemark 30, Pays Bas 25, Bretagne 15, Italie 12, Grande Bretagne et France 10, etc …
► Bovin : 156400 tonnes de viande bovine (2013),
► Légumes : 105000 tonnes de pommes de terre, 273000 tonnes de choux fleur, 217000 tonnes de tomates (Belgique 245000), 29300 tonnes d’artichaut, 9200 tonnes de brocolis, 8400 tonnes de poireaux
► Alimentation animale : 8,2 millions tonnes.
(Chiffres donnés à titre indicatif)

Et notre concurrence internationale ?

Comment se fait-il que tous ces secteurs de production agricoles soient en crise grave en Bretagne. Alors que nos concurrents allemands, espagnols, néerlandais et danois se portent globalement bien. Et nous prennent chaque jour des parts de marché ?
Comment se fait-il qu’un territoire aussi puissant que la Bretagne au niveau agricole et agroalimentaire soit en proie depuis des années déjà à des complications inextricables que personne ne semble pouvoir, voire vouloir, régler ?

Agriculture bretonne : production porcine

Production porcine en Europe

Quand un système ne fonctionne plus, il faut en changer.

Depuis des lustres, l’agriculture bretonne et toute son agroalimentaire ont été enfermé dans un cadre productiviste forcené. Ce système a eu ses heures de gloire, mais n’a pas su évoluer lorsque les conditions des marchés changeaient. La mondialisation impose chaque jour un peu plus ses conditions concurrentielles exacerbées. Et le système franco-français imposé à notre agriculture est trop rigide, trop complexe. En outre il est trop lourd, trop centralisé, pour permettre à une des toutes premières agricultures européennes de continuer à s’imposer.
L’État central, les banque et les corporations professionnelles sont bien liées les unes aux autres et tiennent fermement les Exploitants agricoles dans un cadre serré. Cadre englué dans les lourdeurs administratives, les normes et réglementations empilées. Les Exploitants agricoles dans un tel système sont poings et mains liés, endettés jusqu’au cou, et intégrés, pour ne pas dire prisonniers, du crédit à l’alimentation animale, du tracteur à la vente du produit fini.

Agriculture bretonne

La Bretagne dispose d’une agriculture des plus performantes en Europe

Libérons nos énergies

Ce cadre franco-français trop rigide et hyper-centralisé est unique en Europe et est devenu pour nos Agriculteurs un véritable piège.
Condamnés à produire des produits de masse que des dizaines de pays dans le monde savent maintenant produire mieux et moins chers.
Et condamnés à rembourser les banques des trop lourds emprunts que le système les a convaincu de contracter pour être toujours plus performants.
Condamnés à dépendre par contrat de coopératives pour leurs approvisionnements de tous genres. Jusqu’au fioul domestique.
Encore condamnés à dépendre d’une mutuelle tueuse pas très sociale.
Les grands ensembles trop uniformes et trop concentrés n’ont jamais donné de bons résultats à long terme. C’est pour cela que les grandes barres d’immeubles HLM de banlieues et l’URSS n’ont pas tenues. L’agriculture bretonne, une des plus puissantes d’Europe, doit se libérer de ses tutelles devenues inutiles et encombrantes à notre époque où la mondialisation et le monde connecté exigent autonomie et rapidité de décision.

Cure de désintox

Car l’agriculture bretonne est totalement intoxiquée et dépendante. Parce que des dealers la tiennent sous perfusion en permanence. Juste à la limite de l’overdose. Certains sont dans un tel désarroi que seul le suicide leur permet d’échapper à cette mainmise. Car aucun des dealers qui vit grassement de cet état de dépendance n’a intérêt à réduire son trafic. Et toute amélioration de la santé des filières concernées ne pourra venir que d’elles-mêmes.
D’abord prendre conscience de sa dépendance. Puis la reconnaître comme telle. Enfin entreprendre une longue cure de désintoxication.
Petit à petit, penser autrement ses activités et adopter de nouvelles méthodes pour moins dépendre de ce carcan d’un autre âge.

Bref, le système agricole breton actuel ne parvient même plus à faire vivre correctement et décemment ses Agriculteurs. Qui souvent en famille, travaillent deux fois trente cinq heures par semaine pour souvent moins d’un smic. Or les Agriculteurs ne veulent plus vivre de subventions. Par contre de leur travail acharné et de la qualité de leurs productions.

Agriculture et Bretagne

Bretagne, pays de l’agriculture

De nouvelles orientations …

Par exemple le gouvernement irlandais met en place de gros moyens pour convaincre ses Agriculteurs et ses Pêcheurs de quitter les productions de masse subventionnées. Afin de s’orienter vers une agriculture raisonnée et biologique. Parce que le marché des productions de qualité se développe très vite dans le monde. C’est à dire que les premières places seront à prendre pour le demi siècle à venir. La Bretagne n’y prendra sa place que si elle le veut elle-même.

Trop timidement, des Agriculteurs et des Pêcheurs commencent à commercialiser des productions de plus haute qualité en circuit-court. En particulier ce qu’on appelle le locavorisme. Toutefois cette orientation très valorisante du travail et du produit agricoles ne pourra pas à court et moyen terme donner une aisance financière suffisante à une famille d’exploitants agricoles.

#CroirePlusEnNous

En fait la Bretagne agricole doit surtout et le plus vite possible se débarrasser de ses sangsues qui la tiennent exsangues. Parce que les Agriculteurs bretons sont parmi les meilleurs d’Europe et nos terres sont riches. Également parce que nous avons tout en mains pour réussir la métamorphose de notre agriculture.
Ne laissons plus les autres décider pour nous et lançons ce nouveau défi breton.

#CroirePlusEnNous

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