agriculture ou choc des cultures

L’agriculture ou le choc des cultures

de Yvon OLLIVIER

L’agriculture ou le choc des cultures

L’agriculture ou le choc des cultures
Le cri qui monte de nos campagnes se fait entendre jusqu’à Paris
Le pouvoir des villes alors s’interroge : mais comment peuvent-ils encore défendre leur modèle agricole et remettre en question ce que l’on a jugé bon pour eux ?

Les forces dominantes – je veux parler ici du pouvoir des villes- sont gouvernées par deux représentations collectives majeures :
Le sacro-saint libre échange, expression de l’argent roi.
Et la certitude que l’humanité est en péril et que la transition écologique doit s’imposer à ceux qui ont pollué sans compter.

Ces représentations sont si puissantes qu’elles aboutissent à la situation paradoxale actuelle.
Les productions agricoles à moindre coût sont les bienvenues sur nos marchés, alors que nos paysans pollueurs sont soumis à des normes et à des contrôles plus drastiques.
N’ont-ils pas dégueulassé leur campagne si belle par ailleurs ?

Entre les villes et les campagnes, on ne se comprend plus.

On ne parle plus la même langue. Les gens des villes tiennent à leur cadre de vie et aiment à jouir de nos campagnes.
Ils ont la dent dure pour ceux qui troublent leur repos.

L’agriculture ou le choc des cultures

Ceux des campagnes y travaillent et s’efforcent d’y vivre.
Si la révolution productiviste a abîmé le lien que les paysans entretenaient avec leur terre, ils l’aiment néanmoins et ne conçoivent pas vivre ailleurs. Bien sûr, on peut leur faire reproche d’avoir joué le jeu de la production à outrance et du libre-échange, mais n’est-ce pas ce que l’on a exigé d’eux ?

Les gens des villes ne voient dans nos campagnes qu’un cadre de leur vie passionnante, lorsque que ceux des campagnes y voient leur terre.

Les lieux de travail des uns sont les lieux de vacances des autres

Ceux des villes, qui n’ont jamais charrué la moindre parcelle, ont la leçon facile pour les « bouseux » qui ne comprennent rien aux nécessités de l’heure.
Ne seraient-ils pas un peu « attardés » comme les amateurs de festoù-noz ?

Je me souviens des déclarations des Verts voulant en finir avec l’esprit du CELIB en Bretagne, comme si un peuple n’avait pas le droit d’espérer vivre au pays décemment et devait se résoudre à la mobilité mondialiste. Les donneurs de leçons se sentent si forts qu’ils ne rechignent pas aux pires anachronismes.

Même la langue des « bouseux » n’a pas droit de cité pour les insoumis des villes.
Il faudra m’expliquer comment LFI La France Insoumise peut saboter le développement de Diwan pour mieux défendre les écoles islamiques comme Averroès.

Les « bouseux » n’ont qu’un seul tort, ils sont d’ici !

Les bien-pensants sont en train de les jeter dans les bras de l’extrême droite.

L’avenir n’est pas dans la haine ou la rancœur, mais dans le lien retrouvé entre le peuple et sa terre.
Tout est affaire d’esprit.
Seuls les peuples enracinés sont capables de prendre soin de leur terre.

La Bretagne comme un rêve
« Plus on est enraciné, plus on est universel », Charles Le Goffic, poète breton

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2 commentaires

L A New 27 janvier 2024 - 18h44

Il est, à mon avis, caricatural de vouloir séparer notre société entre un monde urbain qui n’aurait jamais charrué et un monde rural presque idéalisé. Les lignes de fractures sont diverses, nombreuses, politiques, religieuses, communautaires, régionales…..soumises au dictat des réseaux, d’un complotisme galopant qui empêche les réalités environnementales d’être comprises, qui nuit à toute vérité scientifique….

Le Monde agricole ne peut y échapper, il suffit de lire la biographie du nouveau patron de la FNSEA, de constater la pollution des algues vertes quand la seule santé de chacun exigerait qu’on accorde crédit aux analyses scientifiques relayées par les associations de consommateurs. Entre un patron d’une entreprise hors sol et un paysan soucieux de la survie des sols, de la biodiversité et de la santé humaine….il y a un choix à faire. Le XXème siècle est derrière. Il faut oser.

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Jacques 30 janvier 2024 - 16h28

Texte intéressant…

Mais il faut surtout comprendre que les Occidentaux, encore plus les Européens, vivent dans un monde parrallèle de la réalité…

Les médias et les politiques veulent créer une réalité qui doit s’imposer au monde réel…

Les paysans ne valent pas mieux, certes ils ne sont pas responsables de tout mais en même temps ce ne sont pas non plus de « gentils bons sauvages ». Il faut aussi sortir de cette image issu de JJ Rousseau et qui fut l’un des moteurs du colonialismes…

En Bretagne, les paysans défendent peu l’identité bretonne, la langue, l’histoire et les institutions…

On a très rarement vu des paysans bretons demander une gestion bretonne, une autonomie ou même l’indépendance..

Les payans bretons aiment sortir le drapeau national breton mais uniquement pour protester contre leurs maîtres parisiens… Ils n’ont aucune envie d’avoir l’économie agricole dans les mains des Bretons…

En fait, ils sont eux aussi dans le système… Ils ne veulent en aucun cas le changer… Seulement, que leur système chérie leur donne un peu plus d’argent…

Pour l’exemple de Diwan…
Oui, l’attitude antibretonne et mondialiste des verts ne surprend pas…
Oui, LFI est un opposant à la langue bretonne. En préfèrent l’arabe.

Mais actuellement, c’est le parti Socialiste qui attaque Diwan… Et dans leurs cartons, tout comme LFI, ils comptent bien présenter à terme l’identité bretonne comme un frein à l’accueil des migrants… Sous entendu, si on défend l’identité bretonne, c’est qu’on est raciste…

A un moment, il va falloir se préparer à mettre les points sur les « i » avec ces socialistes…

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