guerre du vin en Bretagne

La guerre du vin en Bretagne

de Christophe M. JOSSO

Le Landerneau viticole en région administrative en « guerre » contre la Bretagne nantaise.

Guerre du vin en Bretagne.
Réflexions personnelles suite à la lecture d’un article de Mediacités – Nantes du 19 février 2024).
On y apprend une mauvaise nouvelle : le Landerneau viticole en région administrative a déclaré la « guerre » à la Bretagne nantaise.
Je précise que je ne suis pas membre du Syndicat des Vignerons de Bretagne (SVB) puisque je ne suis pas vigneron professionnel, et encore moins son porte-parole, je ne suis qu’un amateur qui s’intéresse à la tradition viticole dans mon Pays de Guérande (publication d’articles historiques), on cultivait la vigne dans ma famille à la limite de la Loire-Atlantique et du Morbihan, d’où une passion ancienne pour la viticulture. Je tiens juste à donner mon avis sur des propos qui m’ont profondément choqué.

guerre du vin en Bretagne
Médiacités Nantes prend partie pour la partition de la Bretagne et contre sa réunification

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Le parti pris du journaliste.

Cet article commence sur un ton méprisant, que l’on retrouve fréquemment dans le « journalisme » de la presse provinciale (subventionnée…), une presse où il est de bon ton de dénigrer systématiquement les partisans de la réunification.

On peut y lire que des vignerons nantais « oeuvrent depuis plus de 10 ans à défendre la “bretonnitude” de leurs vins, à coups de gwen [sic] ha du (le drapeau breton) sur leurs étiquettes et de stands de dégustation dans les manifs “réunionnistes” »… Réduire les revendications nantaises à ce militantisme breton, qu’il prend soin de discréditer, montre que le journaliste se contrefiche des raisons réelles qui motivent les Nantais. Leur motivation profonde est pourtant tout à fait sérieuse en viticulture, il s’agit de la dimension terroir de nos vins bretons.

Il se fait évidemment le relais moutonnier de la propagande des « paysdelaloire », puisqu’il est mentionné dans son texte que « faute d’antenne de l’INAO en Bretagne, le choix se fera entre celle de Nantes et celle d’Angers… ».
Or, confondre région administrative et Bretagne réelle relève de la malhonnêteté intellectuelle et d’un alignement sur la politique jacobine officielle en matière de découpage administratif.

La guerre du vin en Bretagne

Avec un peu de bonne volonté et d’honnêteté, il n’est pourtant pas bien compliqué de distinguer « région administrative » et Bretagne. Le Pays basque et sa culture n’ont pas disparu avec la création des départements lors de la Révolution, l’Alsace et sa culture n’ont pas disparu lors du dernier découpage des régions administratives, de même pour la Provence et la Gascogne qui n’ont pas cessé subitement d’être occitanes avec la création de la « Région Occitanie »…
Nier l’appartenance de la Loire Atlantique à la Bretagne, ce n’est rien d’autre que du révisionnisme historique.
Notre passé, notre patrimoine, notre culture, notre gastronomie et notre identité locale ne se sont pas évanouis le jour de la création des régions administratives en 1956.

L’Association des Vignerons Bretons

L’article porte sur la réaction des néo-vignerons de l’AVB Association des Vignerons Bretons, après la création récente du SVB Syndicat des Vignerons de Bretagne, porteur d’un projet intéressant d’IGP Bretagne. « Les vignerons de Bretagne [sic] hostiles au projet du muscadet breton » dit encore le journaliste sur le même ton ricaneur très pro… alors que les appellations du Muscadet (elles existent déjà !) ne sont absolument pas concernées par la création d’une IGP Bretagne (c’est décidément très pro…).

On constate une nuance entre les noms de ces deux organisations.
Dans le nom de l’Association des Vignerons Bretons il y a « vignerons bretons », et c’est étrange puisqu’ils ne sont pas tous bretons d’origine.
On devine une volonté de se faire passer pour Breton pour paraître enraciné dans un terroir (la communication sur le vin s’appuie sur la notion de terroir).
Avec le réchauffement climatique, la Bretagne est maintenant considérée comme un Eldorado viticole qui commence à attirer des viticulteurs d’autres régions : la terre est moins chère…

Dans SVB, il y a « vignerons de Bretagne », ce qui a l’avantage de ne tromper personne sur l’identité des membres. Les vrais Bretons sont des gens ouverts, nul doute que les Bretons d’adoption sont et seront toujours accueillis chaleureusement dans ce groupement … Enfin, ceux qui ne réinventent pas une pseudo « Bretagne » en fonction de leur fantaisie, de leur idéologie ou de leurs petits intérêts.

Un viticulteur normand veut se faire passer pour Breton, et c’est à rire !

Il y a un Normand, installé sur les bords de Rance, qui ose se présenter comme le premier viticulteur breton professionnel… un sacré culot tout de même. Et pour faire local (il le croit) il a donné un nom « breton » à son vin (« Ar hir gwini »), un nom grotesque avec des fautes que ne ferait pas un débutant en première année d’apprentissage. Pour information (mais il s’en fiche, le breton n’est pour lui qu’un élément de marketing), la forme de l’article devant un mot commençant par un « h- » n’est pas « ar » mais « an », et l’adjectif breton ne se place pas avant le nom qu’il qualifie mais après… Il ne sait pas non plus qu’on ne parle pas breton en Ille et Vilaine mais un patois gallo-roman comme en Normandie ! C’est un exemple typique et caractéristique de la démarche de ces gens, qui illustre parfaitement l’état d’esprit de l’Association des Vignerons Bretons pour profiter de l’image bretonne pour exister.

guerre du vin en Bretagne
Le drapeau du vignoble nantais et ses hermines bretonnes

La guerre du vin en Bretagne

Cet article parle donc d’une « guerre de l’ombre qui se joue actuellement autour de l’appellation “Vins de Bretagne” ».
Ce serait donc une « guerre » !
Première chose à se demander : qui a lancé les hostilités ?
Est-ce les vignerons nantais qui revendiquent légitimement leur identité historique (Marches de Bretagne) et leur terroir (Massif armoricain / Climat océanique franc = climat breton) ?
Ou est-ce les néo-vignerons de la région administrative, qui ont exclu d’office la Loire-Atlantique de la Bretagne au mépris de notre histoire et de notre culture commune ?

On note que le nouveau syndicat est « ouvert à tous les vignerons de Bretagne », ce qui tranche radicalement de l’ostracisme pratiqué par les dirigeants de l’Association des Vignerons Bretons à l’encontre de leurs collègues de la Bretagne nantaise…
Il importe de distinguer ces responsables des membres de leur association. Car il y a forcément parmi eux des passionnés intéressants, et des gens qui aiment sincèrement la Bretagne. On apprend, mais on le savait déjà, que « l’inimitié la plus tenace envers ce projet d’IGP [Bretagne] vient des vignerons bretons… de Bretagne (administrative), ouvertement hostiles au projet ».
L’ Association des Vignerons Bretons (ou plutôt ses dirigeants) « n’envisage “absolument pas” de rejoindre le syndicat lancé en Loire-Atlantique ».
Alors, espérons que les membres de l’Association des Vignerons Bretons réfléchissent un peu et que cela change, dans l’intérêt de tous et de la Bretagne.

Julien Lefèvre

L’un des coprésidents de l’Association des Vignerons Bretons, Julien Lefèvre (22), affirme sans le moindre scrupule, qu’un vigneron nantais (et donc breton) « manque de légitimité » pour porter un projet IGP Bretagne. Un peu violent je trouve et complètement loufoque. C,’est également un comble quand on sait que les principaux projets en région administrative ne sont pas portés par des Bretons, à commencer par son collègue coprésident…
Si un type, dont la culture bretonne doit probablement se limiter aux clichés qu’il partage avec les touristes, ose me dire que je ne suis pas Breton, comment dois-je réagir ?

Ces néo-vignerons voudraient empêcher que les vignerons nantais utilisent leur identité historique et traditionnelle de manière à ce qu’ils n’aient plus accès à leur marché traditionnel, au marché du vin breton. Or, le marché historique du Vignoble nantais c’est bien la Bretagne historique. Certes, on n’y produisait pas de grands vins qui s’exportaient comme c’était le cas d’autres vignobles plus célèbres (sauf sous forme d’eau de vie avec les négociants hollandais, une eau de vie locale qui était nommée « Fine Bretagne » au XXe siècle), les vins nantais ont trouvé – depuis toujours – leur principal débouché dans le reste de la Bretagne, et ça ne changera pas.

Seuls des ignares oseraient contester cette réalité historique.

Historiquement, l’initiative agricole en Bretagne est déjà venue du Pays nantais (engrais issus des sucreries nantaises, école d’agriculture…). La ‘Société d’Agriculture de Bretagne’, créée officiellement en 1757, fut la première société de ce genre dans le royaume. C’est Jean Gabriel Montaudouin (issu d’une famille d’armateurs nantais) qui présente l’année précédente aux États de Bretagne un mémoire appelant à la création d’une société dédiée à l’agriculture (sur le modèle irlandais). Il est soutenu par le botaniste nantais François Bonamy qui a contribué également à la mise en place de la société.

Étaient-ils illégitimes eux aussi ?
Faut-il réécrire l’Histoire pour l’adapter au découpage administratif actuel ?
C’est pourtant ce que fait Pierre Guigui dans un mauvais livre au sujet du « renouveau » du vin breton, avec un ton lyrique qui accentue le grotesque de ses propos anhistoriques, extrait : « La première fois que j’ai séjourné un peu longuement en Bretagne, j’ai cherché quelques produits locaux pour satisfaire mes papilles : cidre, moules… Mais question vin, ce fut la cale sèche. A croire que les Bretons n’auraient consommé que des vins… achetés à d’autres provinces ou en provenance d’Algérie… Comment est-il possible que des Bretons n’aient pas bu une production locale ?… La question a envahi mon esprit comme une litanie, et le vin breton est devenu une quête ».

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Le Berligou, le vin que buvait Anne de Bretagne à la cour dans son Château des Ducs de Bretagne à Nantes


Faut-il aussi supprimer le mot Bretagne en Loire Atlantique ?

Oui apparemment, il faudrait supprimer le nom de la Bretagne, car il serait « illégitime » chez nous comme le prétendent les dirigeants de l’Association des Vignerons Bretons. Alors que faire des noms de commune de Loire-Atlantique : Fay-de-Bretagne, Montoir de Bretagne, Sainte Reine de BretagneVigneux de Bretagne, ou des lieux comme le Sillon de Bretagne, la Tour de Bretagne, le Château des ducs de Bretagne (situé à Nantes, capitale historique de la Bretagne) ?
Et la nantaise Anne de Bretagne porte t-elle aussi un nom « illégitime » ?
Quant au ‘Berligou’, cépage et vin des Ducs de Bretagne, cultivé et produit dans la demeure de campagne des ducs près de Nantes, faudra t-il supprimer toute mention des Princes de Bretagne à son sujet ?
Les vignerons bourguignons ont le droit de faire référence à leurs ducs dans toute leur communication sur leurs vins, mais pas les vignerons nantais d’après la censure viticole.

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La Loire Atlantique est en Bretagne : c’est marqué dessus 🙂

L’identité du Vignoble nantais.

Cette identité c’est d’abord et également les Marches de Bretagne, issues d’une histoire mouvementée entre le Duché de Bretagne et son puissant voisin. D’ailleurs ces marches bretonnes sont encore bien ancrées dans la mémoire collective dans la région du Vignoble nantais. Alors, devrait-on interdire aux vignerons nantais de faire référence à leur passé historique, un passé local bien visible à Clisson / Klison (l’une des forteresses des Marches) ?

L’identité du Vignoble nantais c’est aussi la frontière douanière (marquée par la ‘Pierre de Bretagne’ d’Ingrandes) entre la Bretagne (province d’État) et le Val de Loire jusqu’à la Révolution. Cette frontière a eu des conséquences très  importantes dans l’histoire viticole (des deux côtés). D’après l’étymologie celtique de son nom, Ingrandes (49) indique une limite qui date de la protohistoire entre un peuple armoricain (les Namnètes), c’est-à-dire un peuple à l’identité maritime (« Aremorica » en celtique = « [pays] près de la mer »), et les peuples de l’intérieur des terres, sans contact direct avec l’Océan.
Le mot « Bretagne » appartient-il à des gens d’aussi petite culture en matière de Bretagne, et à des vignerons qui ne sont même pas tous bretons ?
Il faudrait qu’ils aillent jusqu’au bout de leur bêtise …
L’ignorance crasse en matière d’histoire et de culture bretonne fait des ravages dans le Landerneau viticole…

Confusion dans les labels

Julien Lefèvre ajoute que le projet du nouveau syndicat serait « aux antipodes de celui de l’AVB, engagée autour de l’interdiction des pesticides de synthèses… ».
Mais c’est un argument d’une parfaite mauvaise foi.

Le Syndicat des Vignerons de Bretagne n’a pas pour objet de faire la promotion de tel ou tel type de viticulture ou de vinification. En effet, il est totalement neutre à ce sujet et ne prend pas parti. Le Syndicat des Vignerons de Bretagne est ouvert à tous, sans esprit sectaire, chacun est totalement libre. Le but de cette organisation n’est pas de s’y chamailler mais de réunir autour d’un projet breton.

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Carte de Bretagne des productions gastronomiques en 1929


La seule et unique dimension qui importe pour ce nouveau syndicat, c’est le territoire breton dans son intégralité, ou plus précisément le terroir breton. Seul compte l’attachement à ce terroir et à notre tradition viticole. Ainsi qu’à la Bretagne, à son Histoire, à sa culture et à sa gastronomie.
Dans un univers viticole où la notion de terroir a pris une importance considérable, ça ne devrait pas être bien difficile à comprendre. Un terroir ça ne s’invente pas, ce n’est pas une marque commerciale. Un terroir s’appuie sur une Histoire longue et sur une tradition viticole. On ne peut pas tricher avec ce mot.
L’objectif du Syndicat des Vignerons de Bretagne est donc de réunir l’ensemble des vignerons de la Bretagne historique autour du terroir breton.

Car il existe bien un terroir breton.

Est-ce politiquement incorrect de l’affirmer ?
Les anciens vignobles de la presqu’île de Rhuys / Rewiz (Gros plant) et de Redon (Muscadet) ne sont pas séparables du Vignoble nantais, le vignoble de Pénestin / Pennestin (56) appartient à celui du Pays de Guérande / Gwerrann (44). Il est complètement absurde de vouloir les séparer par des limites administratives récentes et imposées d’ailleurs. Le SVB Syndicat des Vignerons de Bretagne n’a pas pour objet d’œuvrer contre les méthodes viticoles des néo-vignerons de la région administrative, il serait parfaitement malhonnête de le laisser croire. L’AVB devrait donc éviter d’inventer n’importe quel prétexte fantaisiste (les pesticides) pour écarter le nouveau syndicat.  

On ne comprends pas très bien le lien de ce pseudo argument avec le projet IGP. Comme son nom l’indique clairement, l’appellation IGP Indication Géographique Protégée, identifie un produit agricole par son origine géographique. L’IGP protège les produits agricoles ou alimentaires dans les caractéristiques qualitatives dépendant essentiellement ou exclusivement du milieu géographique des produis qui ont une histoire et une tradition dans leur terroir (on en revient donc à la notion de terroir).
Pour le bio, il existe d’autres labels, et on est aussi d’avis qu’il faut aller dans ce sens; l’agroécologie c’est bien le sens de l’Histoire, mais c’est un tout autre sujet.

Mais qui sont dons les gens de l’AVB Association des Vignerons Bretons ?

Du coup, on s’interroge.
L’AVB Association des Vignerons Bretons une organisation militante qui excommunie les vignerons qui penseraient mal ?
Les vignerons nantais qui ont créé le nouveau syndicat seraient-ils des pestiférés avec qui on ne se mélange pas ?
On aimerait le savoir.
Si l’AVB Association des Vignerons Bretons est une association de vignerons bios, très bien. Alors, pourquoi n’est-ce pas clairement affiché dans le nom de cette association, le nom aurait pu être « Association des Vignerons Bios de la Région Bretagne ». Là il n’y avait plus de problème, ni sur une identité bretonne de ses membres, ni sur le type de viticulture, ni sur le territoire géographique !

Le sectarisme de l’Association des Vignerons Bretons

On ne peut pas deviner d’après son nom qu’une Association des Vignerons Bretons exclue tous ceux qui ne pratiqueraient pas la « bonne » viticulture. On dirait que les adeptes de la très ésotérique viticulture biodynamique (cas de ces deux coprésidents de l’AVB Association des Vignerons Bretons ) rejettent les autres vignerons comme des mécréants, n’est-ce pas un peu sectaire ?

Est-il normal d’induire le grand public en erreur sur la nature de cette association (ça a été mon cas jusqu’à présent), et de faire un hold-up sur la viticulture bretonne ?
Contrairement à l’AVB, le Syndicat des Vignerons de Bretagne est donc ouvert à tous et n’exclut personne. Il est parfaitement apolitique, et est compatible avec tous les types de viticultures. A chacun ensuite de pratiquer et de faire librement la promotion de sa propre méthode selon ses très légitimes convictions. Et tant mieux si c’est une viticulture agroécologique.

Et à ce sujet on peut d’ailleurs encore s’interroger : n’y aurait-il pas comme une petite contradiction entre la viticulture vertueuse qu’ils défendent et le fait de se réjouir du réchauffement climatique pour enfin réaliser son rêve de vigne et de vin ?
Car à lire les innombrables articles de presse sur le soi disant « renouveau » viticole dans le Finistère, les Côtes-d’Armor ou l’Ille-et-Vilaine, on a vraiment l’impression que c’est une aubaine…
C’est pourtant une catastrophe écologique, humanitaire ET viticole, mais ça fait rabat-joie de le rappeler. N’insistons pas !
Donc, quand ils osent parler de la « sincérité » des vignerons nantais, je ris !

Loïc Fourure

L’autre coprésident a un propos encore plus scandaleux : d’après lui, le fondateur du syndicat « a fait ça seul, dans son intérêt et celui de ses copains, pour pouvoir mettre une hermine sur ses bouteilles, pour mieux les vendre »…
C’est assez violent et insultant. Dans la bassesse on ne fait pas mieux, il ne se rend même pas compte de l’ignominie de ce qu’il raconte. C’est repris des propos tout aussi consternants de Gérard Alle, l’ancien président de l’ARVB (Association pour la Reconnaissance des Vins de Bretagne) qui disait dans une conférence à Kemper (Ti ar Vro, 12 juin 2021, 17mn30) : « [les Nantais] sont intéressés par cette question du vin breton parce que ça leur permettrait… d’aller sur le marché du tourisme en Bretagne… un marché très juteux »…

Cela démontre qu’il y a eu une réflexion collective entre dirigeants de l’AVB Association des Vignerons Bretons et de l’ARVB (son président actuel, un Bourguignon…, est président d’honneur de l’AVB, on peut deviner les connivences).
L’intérêt des vignerons nantais pour le terroir breton (leur terroir), et leur « démarche » manqueraient de « sincérité », osent prétendent ces grands spécialistes et amoureux de la Bretagne…
Leur seule et unique motivation serait donc le « fric » (pour rester dans leur registre vulgaire), alors que l’appropriation du marché du vin breton par des néo-vignerons – pas toujours Bretons – de la région administrative serait parfaitement désintéressée…

On croit rêver, c’est le monde à l’envers, le ridicule ne tue pas !

Dans le discours inversé et délibérément provocateur de l’AVB Association des Vignerons Bretons, des vignerons n’auraient pas, ou plus, le droit d’accéder à un marché vieux de plusieurs siècles.
Mais c’est évidemment le contraire qui se passe. Ces gens veulent s’approprier le marché du « vin breton » pour eux seuls. Il leur faut éliminer la concurrence du vignoble historique de la Bretagne. Ils ont une démarche absolument mesquine et égoïste. Ils excluent non seulement les viticulteurs professionnels déjà installés du Vignoble nantais, mais ils excluent aussi toute la Loire-Atlantique, ainsi que tous les projets similaires aux leurs dans ce département, ceux-là ne seraient donc ni nantais, ni bretons.

Ils savent qu’ils ne pourront pas faire de meilleurs vins qu’en Bretagne nantaise qu’ils devront vendre leurs vins beaucoup plus chers que ceux du Vignoble nantais, que la viabilité de leurs projets est incertaine. Ils comptent sur l’attachement profond des Bretons aux produits régionaux pour se développer et sur le tourisme de masse. Ils ont bien réfléchi à leur projet collectif, leur réussite dépend du marketing identitaire, or, ce marketing identitaire est bancal puisqu’ils nient la réalité historique et qu’ils s’inventent un terroir imaginaire déconnecté de l’histoire viticole de la Bretagne.
Prennent-ils les consommateurs bretons pour des imbéciles et des naïfs ?
Personne ne sera dupe de la supercherie.
Mais s’en rendent-ils compte ?

Quelle identité viticole fictive pour la région administrative ,

Ils veulent encore « dessiner une identité à ces nouveaux vins bretons » (leurs vins).
Là on est dans le registre du comique. Car comment pourrait-il y avoir une identité viticole « région administrative » différente de la Bretagne nantaise ? Cela démontre des faiblesses dans leur connaissance du terroir, voire de bases scientifiques et historiques élémentaires sur la notion de terroir. Ces gens vivent dans un monde imaginaire, une Bretagne imaginaire.
La Bretagne historique partage à l’évidence la même géologie armoricaine, le même climat breton, le même passé historique, la même identité culturelle bretonne, tout ce qui constitue un terroir. Et la Bretagne nantaise ne fait plus que du Muscadet et du Gros-plant, elle se diversifie, avec les mêmes cépages qui sont et seront utilisés dans les autres départements bretons, la distinction ne pourra donc pas se faire non plus par les cépages.
Tout leur discours au sujet d’une soi disant identité viticole « région administrative Bretagne » est complètement creux, vide de sens, grotesque.
Mais il faudrait être sympa et faire semblant d’y croire.

Contester l’identité bretonne de la Loire Atlantique

Si l’un des responsables de l’AVB Association des Vignerons Bretons conteste l’identité bretonne de la Loire-Atlantique, il va falloir que ce savant vigneron nous explique en quoi Fougères / Felger serait plus bretonne que Clisson / Klison (deux forteresses des Marches de Bretagne). Puis en quoi Rennes / Roazhon (capitale choisie par les rois de France) serait plus bretonne que Nantes / Naoned (capitale choisie par les ducs de Bretagne). Enfin en quoi la région de Saint-Brieuc / Sant Brieg (moins de 10 % de toponymes bretons) serait plus bretonne que la région de Saint-Nazaire (plus de 30 % de toponymes bretons). Et en quoi Morlaix / Montroulez serait plus bretonne que Guérande / Gwerrann (deux villes de la Bretagne bretonnante) ?

Mystère.
Ils sont où leurs arguments géographique, historique, ethnologique, linguistique, viticole, gastronomique… qui justifieraient notre effacement de la Bretagne ?
Et pourront-ils aussi nous expliquer tout cela en langue bretonne ?
Étant donné les fautes ridicules qu’ils font dans leur « breton », on en doute. C’est un emploi uniquement symbolique. Car du breton ils s’en fichent éperdument. C’est juste pour la vitrine et pour faire breton.
D’ailleurs on le constate dans la devise de l’ARVB Association pour la Reconnaissance des Vins de Bretagne: « Bevet gwin Vreizh ». En effet, il n’y a pas de mutation consonantique dans le complément du nom (génitif : « vin DE Bretagne »). Et si on faisait de « Breizh » un adjectif (c’est un nom…) il faudrait que le mot qui le précède soit féminin pour qu’il y ait mutation, or « gwin » (vin) est masculin…

guerre du vin en Bretagne
Les Longues Vignes s’essayent à la langue bretonne 🙂 Ridicule !!

S’accaparer une identité

Et l’identité maritime de la péninsule armoricaine, veulent-ils l’interdire aussi à nos vins blancs secs nantais, produits phares de la gastronomie bretonne des fruits de mer.
Serait-ce aussi une identité usurpée, réservée à eux seuls ? Il semble que oui, selon eux !
On leur conseille un autodafé avec tous les livres sur la Bretagne, son Histoire, son histoire viticole, sa culture, les classiques sur sa gastronomie…etc… du passé faisons table rase !

Au contraire de l’AVB Association des Vignerons Bretons, le SVB Syndicat des Vignerons de Bretagne s’inscrit complètement dans la tradition et l’histoire viticole de la Bretagne. Dans le prolongement de la distinction traditionnelle entre les deux catégories de vins dans le « Creu de Bretaigne » (comme disaient nos Ducs). Et en effet, une distinction était pratiquée au Moyen-Âge dans la fiscalité du duché breton, et qui s’est perpétuée dans la province de Bretagne jusqu’à la Révolution. Ainsi, on distinguait les petits vins de pays de consommation locale (dit « vins bretons », comme ceux du Pays de Guérande / Gwerrann en Loire-Atlantique) des vins de meilleure qualité (qualité commerciale) de l’appellation nantaise.

Mauvaise foi des néo-vignerons.

Les néo-vignerons de la région administrative utilisent l’expression « vin breton » sans avoir la moindre idée de sa signification historique. Un détail sans doute…
Le nouveau Syndicat des Vignerons de Bretagne n’est évidemment pas concerné par les appellations nantaises actuelles : elles existent déjà. Le Syndicat des Vignerons de Bretagne s’intéresse à tous les autres vins produits en Bretagne. Donc une démarche qui repose sur la diversification du Vignoble nantais, ainsi que sur le développement de la viticulture dans le reste de la Bretagne (en raison du réchauffement climatique et de la libéralisation du droit de plantation).

De même, le Syndicat des Vignerons de Bretagne est profondément attaché à la notion de terroir.
Le terroir dans toutes ses dimensions, c’est sa raison d’être. Et le terroir breton, c’est la péninsule armoricaine et les influences maritimes qui vont avec. Parmi eux, la riche géologie du Massif Armoricain, le climat océanique, une histoire et une culture commune, une identité bretonne forte et bien identifiable…
Tout cela nous le partageons, la réalité géographique et historique est têtue, n’en déplaise à certains.      

Pourquoi, Loïc Fourure, autre coprésident de l’Association des Vignerons Bretons, dit : « on se sent attaqués » [sic]. ?
Tandis que son collègue coprésident hargneux ajoute : « on ne va pas se laisser faire ».
Mais qui « attaque » dans cette affaire ? Ceux qui s’inscrivent depuis toujours dans un terroir traditionnel et une très longue histoire du « Cru de Bretagne ». Ou ceux qui s’inventent un pseudo terroir en écartant d’un revers de main l’histoire viticole de la région ?

La guerre du vin en Bretagne

Une IGP Bretagne

L. Fourure et J. Lefèvre tiennent encore un discours inversé, puisque l’idée d’un projet IGP Bretagne a déjà quelques années derrière elle.
C’est Maxime Chéneau, vigneron professionnel à Mouzillon (44), qui en est l’initiateur, en commençant à y penser dès 2010. Un article dans Le Point mentionne ce projet dès 2014.
L’idée fait petit à petit son chemin chez les vignerons professionnels du Comité des Vins Bretons (créé en 2011) et des Vignerons Artisans de Bretagne (créé en 2015). Elle a ensuite été proposée en 2018 aux vignerons amateurs de l’ARVB Association pour la Reconnaissance des Vins de Bretagne (d’où est issu l’AVB) lors de leur Assemblée Générale de 2018 (à Sarzeau / Sarzhav 56). donc longtemps avant la création de l’Association des Vignerons Bretons (créée en 2021).
Le projet est présenté une nouvelle fois, début 2022, au bureau de l’Association des Vignerons Bretons, sur le site du Lycée de Kerplouz (Auray / An Alre). L’idée avait semblé les intéresser, mais c’était trop tôt pour eux car aucun vigneron de la région administrative n’avait encore produit de vin.

Étrange, ils se sentent maintenant « attaqués » par un projet qui n’était pas un secret, plus vieux que leur association, plus anciens que leur reconversion dans la viticulture. Certains n’ont décidément pas peur du ridicule !
Ils ont créé une nouvelle association professionnelle sans même avoir cherché à se rapprocher des organisations déjà existantes en Bretagne, malgré les tentatives nantaises (c’est bien ce qu’on appelle de la mauvaise foi, il me semble).
C’est à se demander si la création de l’Association des Vignerons Bretons n’a pas pour seul et unique objectif de s’opposer par tous les moyens aux organisations professionnelles bretonnes et au projet IGP Bretagne à cinq départements ?
Et c’est en effet ce qu’ils veulent. D’ailleurs, ils ne s’en cachent pas : créer une IGP sans la Bretagne nantaise, pour des raisons mercantiles très éloignées de la notion de terroir.

Comment pourraient-ils justifier de l’exclusion de la Bretagne nantaise du terroir breton ?
Quels pourrraient être leur arguments géologique, climatique, historique, identitaire … qui justifieraient en terroir breton amputé d’un 1/5e ?
La Bretagne n’est pas née en 1956 lors de la création des régions administratives. Comment créer une IGP sans s’appuyer sur une histoire et une tradition viticole, l’histoire viticole de la Bretagne qui a commencé il y a presque deux millénaires ?
Leur « terroir », sans référence scientifique et historique, serait un produit de leur imagination, une « tromperie » comme ils disent. Du grand n’importe quoi mais ils ne s’en rendent même pas compte.

Un courrier osé adressé au légitime Syndicat des Vignerons de Bretagne…

Ces gens ont fait pire, ils ont écrit dans un courrier surréaliste au président créateur du Syndicat des Vignerons de Bretagne : « notre association est la seule légitime, pour représenter le vignoble breton » . Donc, le Comité des Vins Bretons et Vignerons Artisans de Bretagne, créés longtemps avant l’Association des Vignerons Bretons ne le seraient pas…
La création récente du syndicat n’est que l’étape administrative nécessaire pour concrétiser un projet IGP qui a mûri durant plusieurs années. Ils n’ont pas daigné participer aux débats avec les vignerons nantais durant toutes ces années, puis ils feignent ensuite « une grande surprise » d’être conviés à l’assemblée constitutive du syndicat.

Ils ont aussi dans ce courrier des exigences d’une absurdité abyssale.
Ils « invitent » en effet les vignerons nantais à « cesser immédiatement » l’utilisation de symboles bretons.
Ils n’ont honte de rien, ça fait un peu dictature à mon goût. Ainsi, ils veulent nous interdire d’utiliser nos propres symboles, à commencer par l’hermine.
Nous autres de Loire Atlantique, nous aurions fait main basse sur ce symbole locale dont l’origine remonte aux Ducs de Bretagne. C’est pratiquement présenté comme de la fraude. Ils ne savent même pas que c’est en Loire Atlantique que l’on trouve le plus de communes ayant un blason herminé en Bretagne, et de loin, près d’une commune sur deux, c’est dû à la présence des Ducs de Bretagne dans leur capitale de Nantes.

Proportion à comparer avec les Côtes-d’Armor (département de Julien Lefèvre) où c’est une commune sur cinq, et l’Ille-et-Vilaine (13 % …).
Vont-ils exiger que les gendarmeries de Loire-Atlantique, ou de la Creuse changent leur blason herminé ?
Et la commune de Sainte-Hermine en Vendée, doit-elle être rayée de la carte, et faut-il aussi censurer son blason herminé ?
Et que faire des blasons herminés des communes de Mortrée (Orne) ou de Vétheuil (Val-d’Oise), etc…, ou d’ailleurs comme en Grande-Bretagne ?
Tout cela il faudrait l’éradiquer, est-ce aussi de la fraude ?

Julien Lefevre et Loïc Fourure de l’Association des Vignerons « Bretons ». Le Télégramme/Bertrand Le Bagousse
Julien Lefevre et Loïc Fourure de l’Association des Vignerons « Bretons ».
Le Télégramme/Bertrand Le Bagousse

La censure chtimi dans le vignoble breton?


De quel droit, le très cocasse Loïc Fourure, qui est originaire du nord de la France, voudrait interdire à des Bretons l’usage d’un symbole breton ? C’est complètement délirant !
Un Chti, qui n’y connaît visiblement pas grand-chose à la Bretagne, décide de qui est breton et de qui ne le serait pas. Également de qui a le droit d’utiliser un symbole breton en Bretagne et de qui n’en aurait pas le droit.

Dans son parler pittoresque on lui dirait : « Ch’est tout carabistoulles chu qu’ té dis ! ».
De même pour le « triskell », qui n’est pas un symbole breton mais un très ancien symbole celtique commun aux autres régions celtiques d’Europe, et dont ils voudraient nous interdire l’usage aussi. Le « triskell » est-il la propriété privée de l’Association des Vignerons Bretons, et veulent-ils contrôler son usage par les Bretons ?

guerre du vin en Bretagne
Celtic Bulles – Gwin Fest du Château de la Bretonnière en sud Bretagne et le Triskell que l’Association des Vignerons dits Bretons veut interdire



Y aurait-il « tromperie », comme ils disent, si les quelques vignobles de Cornouailles britannique et du Pays de Galles utilisaient eux aussi le « triskell » ?
Les deux coprésidents de l’ Association des Vignerons Bretons veulent encore nous interdire l’usage du drapeau breton, dont ils ne connaissent visiblement rien de l’histoire et du symbolisme, l’une des bandes noires représente la Bretagne nantaise… Cela va jusqu’à l’interdiction du mot « Bretagne », et même de sa version bretonne « Breizh », un mot qui est pourtant bien attesté en Loire Atlantique dans le breton de Guérande.

Un sketch de Dany Boon pas vraiment drôle.

Même la représentation d’un phare, oui j’ai bien dit : un phare, un des « éléments évocateurs de la Bretagne » comme ils disent, nous est interdit par ces gens-là : la Loire Atlantique est décidemment un département très à part en Bretagne., contrairement aux autres ce ne serait pas un département maritime, et il n’y aurait donc pas de phares…
Là ils ont atteint un summum dans l’absurdité, pour ne pas dire un autre mot, même notre identité maritime (accord Muscadet / gastronomie marine) ils veulent nous l’interdire !!!
Tout cela n’est rien d’autre qu’un dénie de la réalité historique, la négation de l’Histoire de Bretagne.
Jusqu’où ira cette inquisition viticole ?
Leur fatwa contre la Bretagne nantaise va les faire connaître un peu mieux en Bretagne, ces gens-là vont se faire une belle réputation, il faudrait les y aider en rendant public leur courrier pitoyable…

Le contexte est celui d’une économie viticole libérale.

Avant de faire de gros investissements, un entrepreneur doit réfléchir à la faisabilité et à la viabilité de son projet, sans exiger évidemment une interdiction de la concurrence locale pour augmenter ses chances de réussite ! Ils se sont convaincus,
À TORT, que leur réussite (en période de crise de la viticulture et de consommation du vin) dépend de l’interdiction de la concurrence de la Bretagne nantaise.
Cette stratégie commerciale très polémique n’est-elle pas un peu suicidaire ?
Pour vivre de leur rêve, ces néo-vignerons – pas toujours bretons je le répète – voudraient empêcher que les vignerons nantais utilisent leur identité historique et traditionnelle. Leur business plan est basé sur une situation artificielle de monopole, d’où leur agressivité envers ceux qui ne se conforment pas à leur caprice viticole. Il me semble évident que leur réussite ne dépend que d’une seule chose : la qualité de leurs vins, et non d’une attitude aussi insultante envers le midi de la Bretagne, à eux de faire la démonstration qu’ils peuvent faire de bons vins, c’est ce qu’on leur souhaite.

On a donc bien compris la motivation de ces gens-là …

Une certitude, la Bretagne ils s’en fichent, l’exclusion d’un cinquième du territoire breton en est une preuve suffisante.
On avait déjà remarqué leur grand intérêt pour l’histoire viticole de la Bretagne, lors de la présentation du livre d’Alain Poulard et Marcel Jussiaume sur le « Berligou – Le vin des Ducs de Bretagne » au Festival Interceltique de Lorient en août 2022 … aucun d’entre eux n’était venu…
C’est pourtant un livre remarquable qui a obtenu le prix spécial du jury du concours international World Cookbook Awards « gourmand » de cette année-là. Ils avaient aussi brillé par leur absence au colloque organisé à Redon par l’Institut Culturel de Bretagne en octobre 2022 sur « Le vin en Bretagne ».
On comprend bien qu’il soit compliqué de se présenter au milieu culturel breton en excluant la Bretagne nantaise, le révisionnisme ça passe mal chez nous. Sans doute que l’accueil n’aurait pas été très chaleureux. La région administrative n’est pour eux qu’une page blanche qui leur appartiendrait, où ils pourraient inventer une viticulture déconnectée de la réalité historique. C’est bien à l’opposé de la notion de terroir viticole.

Ne seraient-ils que des opportunistes ayant flairé le bon filon?

On leur renvoie donc leur compliment, à chacun de juger de la justesse historique, de l’honnêteté et de la sincérité des arguments des uns et des autres …
Il semble bien qu’ils veulent mettre le grappin sur un marché très ancien (Moyen-Âge) et prometteur de nouveau (avec tous les produits de terroir), et nous exproprier de notre terroir traditionnel.

Les néo-vignerons de la région administrative se forgent une image détestable qui se retournera à l’évidence contre eux, leur outrance ne les sert pas. Ils ont fait un pari risqué : le révisionnisme historique.
C’est un très mauvais calcul, c’est leur choix, un choix très polémique qui restera très polémique. Pas vraiment convaincu que ça leur fasse une bonne publicité chez les amoureux de la Bretagne et les gens ayant un minimum de culture. Ils se décrédibilisent en effet eux-mêmes par leur agressivité et leur mesquinerie, laissons les s’enfoncer … Leur aventure commence très mal…

Non, la Bretagne n’est pas une page blanche.
On ne cèdera jamais rien !
Bevet Gwin Breizh.

Christophe M. Josso
du Pays de Guérande
Bretagne méridionale

Titre, sous-titres et illustrations NHU Bretagne

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11 commentaires

Anne Merrien 15 mars 2024 - 12h10

1. Il vaut mieux s’abstenir d’utiliser le mot « patois » à propos du gallo, c’est péjoratif.
2. « limites administratives (…) imposées d’ailleurs » : hélas, ce n’est pas tout à fait vrai. Le grand ouest est un projet nantais qui concurrence la Bretagne à cinq depuis les débuts de la régionalisation. Le Conseil départemental de la Loire-Atlantique refuse d’organiser un vote de sa population sur son changement de région de rattachement, alors qu’il peut légalement le faire depuis 2005.

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christophejosso 15 mars 2024 - 16h33

Le « gallo » est un dialecte gallo-roman, tout comme le « bigouden » ou le « guérandais » sont des dialectes bretons, j’aime mon patois breton de Guérande mais je n’ai pas l’intention d’exiger un statut de langue et sa réconnaissance officielle. Et puis il n’existe aucune limite linguistique qui permet de séparer le « gallo » rennais du « mainiot », aucun faisceau d’isoglosses ne passe par le frontière politique de la Bretagne. Les limites de la région administrative nous ont bien été imposées par l’Etat jacobin, sans aucune consultation démocratique. Et le sujet de mon article c’est le révisionnisme historique chez les vignerons « bretons » de la région administrative !

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Anne Merrien 15 mars 2024 - 17h36

D’après le Robert :
PATOIS du radical patt- (->patte) exprimant la grossièreté, le marmonnement, le mouvement des lèvres.
Parler local employé par une population généralement peu nombreuse, souvent rurale et dont la culture, le niveau de civilisation sont généralement jugés inférieurs à ceux du milieu environnant (qui emploie la langue commune).
DIALECTE convient mieux :
Variété régionale d’une langue possédant assez de caractères spécifiques pour être considérée comme un système linguistique en soi (une langue fonctionnelle).

S’il n’y a pas de consultation démocratique, c’est parce que le Conseil départemental de la Loire-Atlantique refuse de l’organiser. L’Etat n’est pas le seul responsable.

A part ça, j’adhère à votre article.

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Christophe Josso 15 mars 2024 - 21h40

Je suis très agacé par ces militants gallos qui veulent annexer le Pays de Guérande, plus qu’agacé, pire que ça… « Dialecte » c’est la mot sociolinguistique qui convient, il faut bien avoir quelques termes scientifiques pour nommer les réalités scientifiques (la dialectologie c’est passionnant, c’est très différent que de réclamer un statut de langue pour tout dialecte, sous-variété de dialecte, badume : ça c’est faire de la politique). La création des régions administratives c’était en 1956 pour ce qui nous concerne, il n’y a pas eu de consultation démocratique en 1956, 1972, 1982…, on nous a bien imposé une Bretagne amputée et les paysdelaloire (summum de l’absurdité administrative).

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Anne Merrien 16 mars 2024 - 11h17

Ce n’est pas parce qu’il n’y a jamais eu de consultation de la population, qu’il ne pourrait pas y en avoir une aujourd’hui. Tout dépend du bon vouloir du Conseil départemental de la Loire-Atlantique, puisque la loi permet un tel vote consultatif depuis 2005. C’est une avancée démocratique qu’on n’utilise pas ! Justement parce que le Conseil départemental de la Loire-Atlantique n’a jamais fait de demande à l’Etat pour changer de région. Seul des vœux alambiqués ont été émis, qui mélangeaient Réunification et fusion des deux régions.

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Christophe Josso 16 mars 2024 - 16h25

Je ne réponds plus, le sujet c’est le « vin breton » !

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Anne Merrien 16 mars 2024 - 17h06

Ar brouenn gant ar brezhoneg :
patois : trefoedaj, brizhyezh
dialecte : rannyezh
N’eo ket an hevelep tra.

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Glenn 17 mars 2024 - 10h00

Bonjour,
en effet, le sujet n’est pas de savoir si le Gallo est un patois (une variante dialectale du Français), ce qu’il est par ailleurs de part et d’autre de la frontière historique de la Bretagne. Je suis impressionné par la connaissance du monde de la vigne en Bretagne qui est démontrée dans cet article. La question est de savoir si les vins bretons sont connus par le Grand public et surtout par celui des amateurs de vins. Je ne sais pas si la Bretagne dispose de cépages autochtones car je ne connais que le muscadet dont le cépage est le melon de Bourgogne et le Gros plant dont le cépage est originaire des Charentes. Cependant, la querelle entre le syndicat et l’association qui semble se réduire à une tempête dans un verre de vin trouvera son épilogue par une segmentation qui se fera au niveau de la qualité. Que les vignerons de Bretagne fassent comme dans d’autres vignobles (Le Languedoc), un véritable pacte pour faire grandir leurs vins et ces escarmouches se règleront. C’est cette voie qui a été choisie il y a plusieurs années par certains vignerons du Beaujolais qui souhaitaient être associés à l’image valorisante des vins de Bourgogne.
O lenn an istor-man, ar sec’hed zo deuet din ha poent bras eo mont da zistoufan ur voutailhad gwin gwen. Trugarez evit ho testenn ha Yec’hed mat!

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Christophe Josso 17 mars 2024 - 12h34

Merci. Il y aura, c’est certain, une régulation par la qualité, mais aussi par le prix : qui va acheter un petit vin « breton » au double ou triple du vin de la Bretagne nantaise ? Après un temps de curiosité, les consommateurs reviendront vers le vignoble breton historique. Il y aura beaucoup de déception chez ces néo-vignerons, des faillites probables après de gros investissements. Mais il ne faut pas s’y tromper, l’IGP Bretagne est très importante, si elle se fait sur 4 départements c’est fichu pour le Vignoble nantais. Ces mesquins de l’AVB, commencent à parler de fraudes dans l’utilisation de symboles bretons en Bretagne nantaise, un article récent parle de faire appel à la Répression des fraudes… s’en est à ce point-là ! Pa glasker e kaver gwinoù dispar e Gwinieg Naoned, traoù dianav a rankehe bout anaouet muioc’h, ned eus ket namet Muskadig ! Yec’hed mat deoc’h !

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Anne Merrien 17 mars 2024 - 15h17

Je crains que les vignerons du vignoble nantais ne soient pas tous sur la même longueur d’onde, entre ceux qui se reconnaissent dans la Bretagne et ceux qui se reconnaissent dans les vins de Loire, ces derniers ayant l’administration et les élus de leur côté.

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Christophe Josso 17 mars 2024 - 19h08

La lourde propagande des paysdelaloire a fait son effet ; en région administrative, les gens ne se rendent pas compte du tout de cette pression quotidienne énorme (je vois bien la différence, puisque je suis guérandais et que j’habite près de Vannes). C’est ce qui arrivera s’ils arrivent à créer une région « grand-ouest », on sera alors tous à égalité face à la propagande anti-bretonne… Il faut aussi être très courageux pour le pas suivre la norme « valdeloire », c’est très contraignant, ça peut même être risqué pour une exploitation viticole qui essaie de s’en sortir économiquement ! Donc difficile de critiquer les vignerons nantais qui ne sont pas des militants actifs de la réunification, mais il y a bien quelques courageux qui ne renoncent pas à leur identité bretonne historique.

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