Vu des « provinces » : le suprémacisme de la langue française.

Vu des « provinces » : le suprémacisme de la langue française.

Le suprémacisme linguistique.
Les mots ont un sens, et il ne faut pas en avoir peur.
Et très souvent, une certaine (bien)pensance s’emploie à caractériser tel ou tel mot dans un cadre étroit. A dessein bien sûr. Veuillez m’excuser de la comparaison, mis c’est un peu comme un Acteur ou une Actrice qui s’est, et qu’on a, enfermé dans un rôle. Puis qui ensuite, a bien du mal à être perçu comme pouvant jouer d’autres rôles.

Le suprémacisme.

Quel vilain mot n’est-ce pas !
La définition du mot suprémacisme est la suivante. Le suprémacisme est une idéologie de supériorité et de domination. Cette idéologie affirme la supériorité d’un sexe sur l’autre par exemple. Ou d’une couleur de peau, d’une civilisation, d’une religion, d’une classe sociale. Également d’une langue.
Très majoritairement ce mot est utilisé pour parler de la prétendue supériorité d’une couleur de peau. Et très majoritairement aussi, ce terme est employé pour caractériser certaines minorités blanches aux États Unis d’Amérique.

Cachez-moi ces suprémacismes que je ne saurais voir !

C’est vrai que c’est bien de savoir que cette quasi déviance n’existe que chez les autres. Pas de cela chez nous, voyons !
Pourtant, ce suprémacisme, même si notre bien-pensance le nomme autrement, existe autour de nous en Europe et dans l’Hexagone. En fait on nous a tellement inoculé ce terme que comme devant quasi uniquement être le « suprémacisme blanc américain », qu’on ne pense même plus à sa vraie définition. Donc, aux autres suprémacismes qui nous entourent.

Le suprémacisme linguistique.

Le pouvoir central dont le siège social est à Paris, et qui administre « ses provinces » de l’Hexagone, exerce depuis longtemps un suprémacisme linguistique. Le suprémacisme de la langue française est érigé en doctrine d’état dans ce pays.
Évidemment je vais choquer certains d’entre vous en juxtaposant ce vilain mot avec « langue française ». Mais c’est à dessein.
Diantre, que nenni, la langue française n’exerce pas un tel suprémacisme. Quel ignoble amalgame faites-vous là ! Rendez-vous compte de ce que vous proférez : la langue de Molière. La langue des lumières …
Soit, mais l’un n’empêche pas l’autre.

Vu de nos territoires originels.

Selon que nous soyons Corses, Basques, Bretons, Alsaciens … le suprémacisme de la langue française ne nous a pas été imposé à la même époque. Pour que nous cessions d’être ce que nous étions, et qu’on devienne, de gré ou de force, exclusivement français, le pouvoir central a usé et abusé du suprémacisme de sa langue. Quitte à faire disparaître toutes les autres. Ce suprémacisme n’avait d’ailleurs aucun autre but. Il fallait le plus rapidement possible éradiquer nos langues originelles. Rapidement et totalement.
Nous ne rappellerons pas ici les méthodes ignobles et souvent violentes qui furent utilisées pour nous couper la langue. La nôtre. Pour nous en imposer une autre.

Existait-il d’autres méthodes pour que nous parlions tous la langue du vainqueur ?

C’est vrai que tous les pays colonisateurs européens de l’époque avaient un peu les mêmes méthodes pour imposer leurs langues. Que ce soit l’Angleterre, l’Espagne, le Portugal, voire la Hollande. Ces états ne sont pour la plupart que des conglomérats de nations qui furent annexées par la force. Une seule langue, celle du dominant, devenait alors un des ciments de l’édifice en construction. Dès lors, les colonies, qu’elles furent toutes proches (Corse, Bretagne …) ou plus exotiques (Algérie, Mali, Indochine …), devaient se plier à cette idéologie du plus fort.

Mais aujourd’hui, au XXIe siècle ?

Les temps ont changé. Les esprits se sont ouverts … mais pas partout malheureusement.
Les colonies exotiques ont repris en mains leurs destins respectifs, et leurs langues originelles. Pour la plupart en gardant l’héritage de celle de l’occupant. Il en est de même pour les colonies proches. La Grande Bretagne et l’Espagne par exemple, ont cette intelligence de bannir ce suprémacisme linguistique pour laisser leurs territoires développer à nouveau leurs langues originelles et natives.
Et dans l’Hexagone aux langues multiples, rien n’est fait pour que nos langues originelles continuent à vivre. Les aides apportées par le pouvoir central et ses administrateurs dans les territoires ne sont que des soins palliatifs. Soins et aides obtenus sous la pression des populations. L’extinction de nos langues est différé, tout au mieux. Cette extinction est le seul but du pouvoir central en place à Paris depuis longtemps. Quelle qu’en soit sa couleur politique.

Mais le pays des Gaulois fait de la résistance !

Du Danemark, pays assez similaire à la Bretagne en termes de population et de superficie, le président français fustige ses compatriotes : « Les Gaulois sont réfractaires au changement« .
Qu’à t-il raison !
L’État qu’il préside depuis un an est aujourd’hui le seul d’Europe à perpétuer ce suprémacisme linguistique sur son territoire.
Ce pouvoir central parisien s’est tellement déconnecté du quotidien de ses sujets, que de ses châteaux et sous les ors de la République, il est deveneu hors-sol et aveugle.
Ce suprémacisme de la langue française appartient au passé, au vieux monde.
Il doit être combattu avec la même fermeté que celui qui sévit aux États Unis et ailleurs.

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Rémy PENNEG
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3 Comments

  1. Alan-E
    septembre 03, 11:06 Reply

    Excellent article mais surtout utilisation pertinente du mot ‘ suprémacisme ». Terme qui renvoie aussi à la purification ethnique qui n’est pas obligatoirement une purification par élimination physique. Lobotomiser, formater nos cerveaux en forme d’hexagone tricolore … Notre capacité de résistance est tout de même incroyable ! XXI é siècle nous sommes toujours vivants ! Breizh hag hor yezh evit an dazont atav.

  2. planetpanet
    septembre 04, 06:28 Reply

    toujours cette position de victimes . pourquoi se comparer au dom-tom
    il n’y a jamais eu d’esclaves bretons .
    j’avais cru comprendre que ce journal était pour une Bretagne positive

    il ne tient qu’a nous de faire vivre notre langue et pour ça on a le reseau des écoles diwan

    maintenant même le français souffre de la suprématie de l’anglais américain
    effet de la mondialisation
    toujours le plus fort qui bouffe le plus faible

    • La Rédaction
      septembre 04, 09:14 Reply

      Bonjour. Mais où avez-vous lu que l’article parle de DomTom et d’esclavage ? Lisez ce qui est écrit au lieu de l’imaginer. Bretagne Positive ne veut pas dire béate ou naïve ou crédule. Etre positif c’est être réaliste, lucide, pragmatique, conscient et savoir dire ce qu’on a sur le cœur. Oui, la langue française fait subir son suprémacisme aux autres langues qualifiées de « minoritaires » qui sont pour nous les originelles, et qui pour la plupart étaient là avant. Ce n’est pas parce que dans une certaine logique c’est « toujours le plus fort qui bouffe le plus faible » qu’il faut laisser faire et subir sans bouger. Oui Diwan est là et tant mieux. Bravo à tous celles et ceux qui se démènent pour Diwan. Mais Diwan n’,empêchera pas la disparition de notre langue. Diwan la retardera. Pour sauver le breton, le corse, le basque … il faut faire plier l’état central et mettre vraiment les moyens pour inverser la courbe. Comme en Écosse, au Pays de Galles, en Catalogne, au Pays Basque sud … Merci de votre commentaire.

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