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En Bretagne, tu es Black Friday ou Green Friday ?

de Rémy PENNEG

En Bretagne, Black Friday ou Green Friday : quel vendredi choisis-tu vraiment ?

Chaque fin Novembre, la même question revient, presque comme un rituel : seras-tu du côté du Black Friday, ou préféreras-tu son alternative plus responsable, le Green Friday ?
En Bretagne, cette réflexion prend une dimension particulière, car nos choix de consommation influencent directement notre environnement, notre économie locale et même notre manière d’habiter notre pays.
Ce « Gwener Du », devenu incontournable pour beaucoup d’enseignes, interroge pourtant de plus en plus de Bretonnes et de Bretons.

Le Black Friday : un phénomène importé… devenu difficile à ignorer

À l’origine, le Black Friday n’avait rien d’un marathon commercial. Il suivait simplement Thanksgiving, célébré chaque quatrième jeudi de novembre aux États-Unis. Le lendemain, appelé « Vendredi Noir », marquait le début des grandes soldes, souvent synonymes de bouchons monstres autour des centres-villes. Rapidement, ce terme a évolué pour désigner une journée entière de promotions agressives. Puis, comme souvent, le phénomène a traversé l’Atlantique.

En Bretagne, le Black Friday s’est imposé à partir de 2014.
Les enseignes l’ont largement adopté, car ce moment leur permet d’écouler des stocks ou d’attirer des foules juste avant Noël. Cependant, ce succès commercial repose sur un mécanisme simple : créer un sentiment d’urgence. Dès lors, même les consommateurs les plus prudents peuvent se laisser entraîner.

Mais à quel prix ?
Car si les rabais semblent séduisants, ils encouragent l’achat impulsif. Tu finis parfois par acheter un produit que tu n’avais pas prévu d’acquérir. Et, souvent, tu achètes parce que « c’est maintenant ou jamais », alors que tu n’en as pas réellement besoin.

Pourquoi le Black Friday pose autant de questions en Bretagne ?

En Bretagne, la culture du bon sens, de la sobriété et de la durabilité entre en contradiction directe avec la frénésie du Black Friday. Nos campagnes comme nos villes portent les traces d’une réflexion écologique de plus en plus forte. De plus, beaucoup de Bretonnes et de Bretons privilégient déjà l’artisanat, la réparation, la seconde main ou les circuits locaux.

Or le Black Friday s’inscrit dans une logique opposée.
Il entretient l’idée que consommer plus rend heureux. Il pousse à croire que la valeur d’un objet dépend uniquement de son prix. Et, surtout, il encourage des comportements de court terme, alors que les enjeux environnementaux exigent au contraire une vision à long terme.

Par ailleurs, cette avalanche de promotions dévalorise le travail des artisans locaux. Comment rivaliser avec des prix cassés par des multinationales ou des plateformes géantes ? En Bretagne, soutenir les circuits courts a pourtant un impact réel sur notre économie. Chaque achat local est un geste qui irrigue nos commerces, nos ateliers et nos emplois.

L’alternative : le Green Friday, ou Gwener Glaz

Face à ces dérives, le Green Friday, ou Gwener Glaz en breton, s’impose comme une réponse constructive. Ce mouvement encourage à consommer moins mais consommer mieux. Il valorise des produits durables, réutilisables, locaux ou réparables. Et il invite chacun à réfléchir avant d’acheter.

Depuis 2017, plusieurs études montrent que les dépenses liées au Black Friday diminuent légèrement chaque année. Cela signifie que la prise de conscience progresse. Beaucoup refusent désormais d’être pris dans un tourbillon commercial. Beaucoup préfèrent acheter moins et vivre mieux.

Le Green Friday propose donc un autre regard sur cette période. Il rappelle que ton pouvoir d’achat est aussi un pouvoir d’agir. En choisissant d’acheter moins, tu envoies un signal clair : tu refuses de cautionner une économie fondée sur la surproduction, le gaspillage et la pollution.

En Bretagne, choisir la cohérence plutôt que la frénésie

L’enjeu n’est pas seulement économique. Il est aussi culturel.
La Bretagne s’est construite sur une attention particulière à son environnement. La mer, les sols, les bois, les rivières : ces éléments ne sont pas des décors. Ils font partie de ce que nous sommes. Ils nous nourrissent, nous inspirent, et nous rappellent notre responsabilité.

Refuser le Black Friday en Bretagne, ce n’est pas être rabat-joie. C’est agir en cohérence. C’est dire que nos achats doivent respecter le pays que nous aimons. C’est affirmer que la Bretagne mérite mieux que des objets jetables et des produits low-cost fabriqués dans des conditions opaques.

En plus, adopter le Green Friday peut devenir un levier collectif. Lorsque tu expliques ton choix, tu inspires ton entourage. Et lorsque plusieurs personnes adoptent la même démarche, une dynamique se crée. Un mouvement naît.

Concrètement, comment passer au Green Friday ?

Tu n’as pas besoin de changer radicalement de vie. Quelques gestes simples suffisent.

  • Avant d’acheter, demande-toi si tu en as vraiment besoin.
  • Privilégie la qualité plutôt que la quantité.
  • Soutiens les créateurs et artisans de Bretagne.
  • Choisis la seconde main, le réemploi, la réparation.
  • Évite les achats déclenchés uniquement par une réduction.
  • Prends le temps de comparer et de réfléchir.

Ces gestes paraissent modestes, mais ils ont un impact majeur lorsqu’ils deviennent collectifs. Ils permettent aussi de redonner du sens à chaque achat.

Penser au-delà d’une seule journée

Le véritable enjeu n’est pas seulement le Black Friday. L’enjeu, c’est notre rapport à la consommation tout au long de l’année. Pouvons-nous consommer différemment ? Pouvons-nous acheter moins mais mieux ? Bien sûr que oui.

En Bretagne, cette réflexion prend encore plus de force. Car consommer local, c’est préserver notre économie. Réparer, c’est transmettre un savoir-faire. Recycler, c’est participer à la protection de notre environnement. Et ralentir, c’est simplement reprendre le contrôle.

Le Green Friday n’est donc pas un refus. C’est une proposition.
C’est un chemin vers une consommation plus humaine, plus durable, plus consciente.

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Black Friday – Gwener Du – Vendredi Noir
Green Friday – Gwener Glaz – Vendredi Vert

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2 commentaires

Yann-Baol 28 novembre 2019 - 13h11

Ras les moustaches de l’anglo-americano-vocabulaire de consommation.
Ni green ni black … no… nothing ! GAST !!

Répondre
Anne Merrien 28 novembre 2025 - 11h41

Gwenervezh (durée du vendredi) conviendrait mieux.
Prenañ a ran : j’achète régulièrement
O prenañ emaon : je suis en train d’acheter, là, maintenant.
Un anglicisme traduit reste un anglicisme.

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